Il y a quelques jours, des photos ont montré un J-16D en vol avec trois pods RKZ930 de brouillage, ainsi que deux missiles, première apparition publique d’une configuration armée sur cette variante. L’identité des missiles reste incertaine entre PL-15 et LD-8A, mais la configuration observée ne laisse que peu de doute quant au fait que les capacités de guerre électronique des forces aériennes de l’APL ont franchit une nouvelle étape. Tout comme pour la chasse embarquée chinoise, alors que l’image d’un J-15DT portant au moins trois pods de guerre électronique GE est elle aussi apparu il y a peu.
Le pod RKZ930 de guerre électronique présent sur J-16D comme sur J-15DT
Le J‑16D a été présenté publiquement lors de l’Airshow China 2021 à Zhuhai, comme plateforme de guerre électronique dédiée. Ses concepteurs l’ont décrit comme « irremplaçable au sein de la force aérienne« , ce qui pouvait induire un positionnement doctrinal central. Wang Yongqing, expert en chef à l’Institut de conception et de recherche d’avions de Shenyang, avait quant à lui souligné son importance pour les opérations. Peu de temps après, la télévision centrale chinoise a rapporté le début d’exercices de combat. La séquence a marqué le passage de la vitrine au terrain.
Bien que peu nombreuses, les informations publiques mirent en avant une intégration de reconnaissance, d’attaque et de défense sur une même plateforme, pensée contre des défenses aériennes avancées. L’architecture modulaire des pods RKZ930, avec un élément central entre les moteurs et des pods sous voilure, visait une adaptation par bandes de fréquences et par menace. L’objectif était de collecter, dégrader et protéger simultanément, au service d’une coordination électromagnétique de mission.
Dans ce cadre, la cellule avait été optimisée pour la pénétration et le brouillage, avec la suppression de l’IRST et du canon interne par rapport au design d’origine. Des rapports locaux situent depuis le J-16D en soutien des déploiements du chasseur furtif J‑20, pour ouvrir et sécuriser les trajectoires. Ce couplage illustre un partage des rôles où la survivabilité du groupe repose sur la supériorité électromagnétique.
Côté aéronaval, le J-15DT, le pendant embarqué du J-16D et équivalent de l’EA-18G Growler américain, fut exclusivement conçu pour des porte‑avions à catapultes comme le Fujian. Offrant une capacité d’emport supérieure au J-15 initial, le J-15DT étend l’allonge et l’autonomie de l’appareil, mais aussi la charge utile, comme le nombre de brouilleurs et de munitions.
Les catapultes autorisent, en effet, des décollages avec davantage de carburant et d’équipements, ce qui crédibilise des sorties d’escorte soutenues. Selon des analyses disponibles, des missions de ce type restaient difficiles depuis des bâtiments à tremplin comme le Liaoning et le Shandong. Dès lors, le groupe aérien embarqué du Fujian, pourra disposer d’une couverture guerre électronique organique.
Les exercices diffusés par les médias chinois en 2021, avaient confirmé le passage à la pratique et le rôle majeur assigné au J-16D. Toutefois, en l’absence d’informations de recoupement ultérieures, le statut précis de l’appareil, comme de son homologue embarqué, demeurait incertain, tout comme c’était le cas des doctrines d’emploi.
Le J‑16D observé pour la première fois avec des missiles longue portée
Une photo récente, en illustration principale, permet de lever une partie du voile sur ces sujets. Elle montre, en effet, un J-16D portant trois pods de la famille RKZ930 ainsi que deux missiles imposants sous les ailes. Il s’agit de la première observation publique d’un emport armé en vol sur cette variante. Cette configuration comprend deux pods sous voilure et un pod en ligne centrale entre les moteurs, avec des éléments en bout d’aile. Elle indique un entraînement avancé, sans établir à elle seule un statut opérationnel.
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