Si la construction de l’aéronavale embarquée chinoise et la démonstration de force des porte-avions de l’US Navy face à l’Iran focalisent l’attention médiatique, il est une troisième puissance aéronavale en devenir dont la trajectoire ne doit pas être ignorée. La Marine indienne, en effet, aligne deux porte-avions de 45 000 tonnes, l’INS Vikramaditya et le nouveau INS Vikrant, ce dernier étant le premier porte-avions de conception entièrement indienne.
Et New Delhi n’entend pas s’arrêter là, puisqu’un troisième, voire un quatrième porte-avions sont prévus dans les années à venir. Pour remplacer, à partir de 2035, les MiG-29K qui équipent aujourd’hui l’INS Vikramaditya, l’Indian Navy pariait jusqu’à présent sur le programme TEDBF, premier chasseur embarqué national. Mais alors que celui-ci semble devoir glisser de plusieurs années, une rumeur semble prendre de l’ampleur dans la presse spécialisée indienne : celle d’une nouvelle commande de 31 Rafale M, après les 26 appareils commandés en 2025 pour armer l’INS Vikrant.
Les MiG-29K indiens dépassés par le tempo de la chasse embarquée chinoise
Historiquement proche de l’Union soviétique, puis de la Russie, l’Inde s’était tout naturellement tournée vers les avionneurs russes pour armer ses premiers porte-avions, eux aussi de conception soviétique, après s’être émancipée de la Grande-Bretagne dans ce domaine dans les années 2000, pour remplacer l’INS Viraat (ex-HMS Hermes) et ses Sea Harrier.
C’est ainsi qu’en 2013 entrèrent en service simultanément l’INS Vikramaditya, ex-Amiral Gorshkov, un croiseur anti-sous-marin porte-aéronefs de la classe Kiev soviétique transformé en porte-avions STOBAR de 45 000 tonnes, c’est-à-dire équipé d’un tremplin et de brins d’arrêt, et une flotte d’une quarantaine de MiG-29K, comparables à ceux qui armaient le porte-avions Admiral Kuznetsov de la flotte russe.
Toutefois, le véritable remplaçant du Viraat, retiré du service en 2017, ne fut pas le Vikramaditya, mais l’INS Vikrant, le premier porte-avions entièrement conçu et construit en Inde. Déplaçant lui aussi 45 000 tonnes, il est sensiblement plus moderne que son prédécesseur, mais a conservé la configuration STOBAR.
Le véritable changement, autour de l’INS Vikrant, n’est pas à chercher dans sa taille, sa surface de pont ou sa propulsion, mais dans sa flotte de chasse. En effet, à l’issue d’une compétition qui s’étala sur plus de cinq ans, le Rafale M français sortit vainqueur de sa confrontation contre le F/A-18 E/F Super Hornet de l’américain Boeing, alors que le MiG-29 porté au standard MiG-35 proposé par Rosoboronexport n’arriva même pas en finale.
Les performances décevantes du chasseur embarqué russe finirent de convaincre l’amirauté indienne de la nécessité de le remplacer à bord de ses porte-avions par son successeur désigné, le Twin Engine Deck-Based Fighter (chasseur bimoteur embarqué, littéralement), ou TEDBF, à partir de 2035, alors que, dans le même temps, Pékin avait déjà entamé les essais du J-35 de 5e génération à bord de son nouveau porte-avions CATOBAR (catapultes et brins d’arrêt), le Fujian.
Face à un TEDBF incertain, la marine indienne évalue une commande de 31 Rafale M supplémentaires
La conception du TEDBF fut naturellement confiée à l’avionneur national HAL. Toutefois, le calendrier annoncé dans les années 2020, pour une entrée en service en 2035, laissa perplexe bon nombre d’observateurs. En effet, ce même HAL avait rencontré de nombreux problèmes et imposé d’innombrables délais autour du programme Tejas de l’IAF (Indian Air Force), un chasseur monomoteur léger bien moins complexe qu’un bimoteur embarqué, obligeant celle-ci à faire évoluer son modèle avant même de recevoir les appareils de série.
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