Le dossier colombien des Gripen E pour remplacer les Kfir en fin de vie, oppose une annonce présidentielle initiale de 1,9 milliard de dollars pour une première tranche et des montants publics ultérieurs compris entre environ 3,1 et 4,4 milliards, ce qui suggère un coût unitaire apparent de 182 à 250 millions par appareil. Cet écart massif alimente désormais une enquête et des accusations d’opacité et de conflits d’intérêts.
La question est de savoir si celui-ci provient d’un changement de périmètre intégrant cellules, moteurs, munitions, simulateurs, rechanges et infrastructures, ou s’il traduit des dérives de gouvernance. La dépendance au moteur F414 et aux armements d’origine américaine, soumis au Règlement américain International Traffic in Arms Regulations, dit ITAR, ainsi qu’à d’autres équipements importés, pèse directement sur la faisabilité opérationnelle et le calendrier de mise en service.
Sommaire
De la fin des Kfir à l’ambition Gripen E, une modernisation rythmée par un calendrier politique et industriel
La modernisation engagée par Bogotá constitue l’effort le plus ambitieux de son aviation depuis des décennies, avec le remplacement des Kfir par une flotte de dix‑sept Gripen E et F. Le programme repose sur une montée en puissance progressive, un financement étalé et un calendrier qui prévoit les livraisons prévues entre 2027 et 2032. Cette temporalité longue explique la visibilité politique de l’opération autant que sa sensibilité budgétaire, car chaque tranche doit être adossée à des autorisations d’exportation et à un écosystème de soutien crédible. Dans cette configuration, l’alignement entre discours public et matérialité contractuelle devient un enjeu stratégique autant qu’un sujet d’opinion.
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Les rumeurs d’un moteur Rolls-Royce EJ230 (dérivé plus puissant du moteur de l’Eurofighter) pour le Gripen-E continuent de tourner, notamment au Canada. Une 100aine d’avions en jeu, ce qui justifierait l’investissement.
Ça ne résoudrait pas toutes les dépendances US de l’avion mais ça serait un sacré caillou en moins.
Et la puissance du moteur permettrait plus d’emport, une limite du -E soulignée par Bruno Aviation.
je n’y crois que moyennement, question de délais. En outre, sincèrement, le Gripen a les pattes beaucoup trop courtes pour le Canada. ce serait une erreur monumentale, surtout si c’est pour prendre de la distance vis-à-vis des Etats-Unis, alors que 50 % de l’armement du Gripen est américain.