Un programme SCAF à deux avions séduit les syndicats allemands, à juste titre !

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Le 9 février 2026 en Allemagne le BDLI et IG Metall ont publié une prise de position appelant à une option bicéphale pour le SCAF. La proposition inclut deux NGF, une famille de drones et un cloud de combat partagé destinés à renforcer la cohérence opérationnelle. Cette initiative survient dans un contexte où la gouvernance du SCAF est restée bloquée depuis plusieurs années et où aucun accord sur le lancement de la phase 2 prévu pour décembre 2025 n’a été trouvé.

L’option de transformer le SCAF en un programme de programmes repose sur la réactivation d’E‑SCAF et sur l’idée d’un socle numérique partagé capable d’assurer l’interopérabilité opérationnelle entre NGF distincts. Elle se heurte toutefois à des contraintes temporelles fortes car la France a sanctuarisé l’entrée en service du NGF autour de 2045. La voie bicéphale propose de compenser par des gains rapides issus du socle numérique et de répartir clairement les responsabilités industrielles sur des briques critiques. Sans standards opposables et sans règles strictes de partage la duplication conduirait à des surcoûts importants et à une interopérabilité dégradée, rendant la recomposition future plus longue, plus coûteuse.

Le programme SCAF bloqué depuis 2017 par des disputes sur le partage industriel

Le Système de combat aérien du futur (SCAF) s’est enlisé depuis 2017 dans des désaccords récurrents sur le partage industriel, la gouvernance et le leadership du New Generation Fighter (NGF). Ces tensions ont produit une crise prolongée entre maîtres d’œuvre et elles ont progressivement fragilisé la trajectoire politique et industrielle du projet. Un accord sur le lancement de la phase 2 prévu pour décembre 2025 n’a pas été trouvé. La divergence de gouvernance y a été jugée trop profonde par les responsables français, allemands et espagnols.

Cette fragilisation a ravivé des options institutionnelles antérieures dont l’option dite E‑SCAF formulée en 2019 pour transformer le SCAF en un programme de programmes centré sur un socle numérique partagé et des standards d’interopérabilité. Dès février 2021 le comité d’entreprise d’Airbus Defence & Space et le syndicat IG Metall avaient avancé l’idée d’un SCAF à deux avions. Ces propositions témoignent d’une tentative ancienne de concilier souverainetés nationales et coopération européenne. Elles ont servi de base à des relances politiques et industrielles ultérieures.

SCAF engagement coopératif

Ce retour aux solutions modulaires s’appuie aussi sur des précédents industriels concrets et sur des principes d’allocation des responsabilités. Le pilier propulsion a été confié à Safran Aircraft Engines avec MTU Aero Engines comme partenaire principal et la coentreprise allemande EUMET a été créée à la demande de Berlin. Olivier Andriès a résumé en janvier 2026 le principe appliqué en déclarant « Après une négociation difficile en 2019 nous avons mis les choses au clair en adoptant le principe du ‘meilleur athlète’ ». Ce précédent montre qu’une répartition claire peut fonctionner pour des sous‑systèmes critiques.

Cependant le modèle coopératif se heurte à des contraintes calendaires nationales fortes qui pèsent sur toute réécriture d’architecture. La France a sanctuarisé une entrée en service du NGF autour de 2045. Ce verrou réduit la marge de manœuvre temporelle pour renégocier l’architecture. Un échec d’un NGF commun créerait un risque réel de trou capacitaire entre 2035 et 2045 pour la France. La nécessité de préserver des calendriers opérationnels explique le caractère sensible et contraint des discussions industrielles et politiques.

Le BDLI appelle à une option bicéphale pour débloquer le SCAF

Le Bundesverband der Deutschen Luft- und Raumfahrtindustrie (BDLI) et IG Metall ont publié le 9 février 2026 une prise de position publique qui a relancé l’option bicéphale en proposant explicitement une solution à deux avions, une famille de drones et un cloud de combat partagés. Cette déclaration formalise une pression industrielle et syndicale visant à instaurer un cadre clair et à réduire les incertitudes de planification. Le soutien coordonné d’organisations industrielles et syndicales accroît la pression politique pour débloquer l’impasse. La démarche met aussi en évidence la volonté allemande de préserver des marges industrielles nationales.

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