jeudi, mars 5, 2026

Le risque d’un déclassement américain dans la course pour la maîtrise à l’IA

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A l’heure actuelle, les États-Unis restent la première puissance dans la course à la maîtrise de l’IA grâce à leur hégémonie numérique. Mais de nombreuses inquiétudes internes face à la progression de la Chine dans la technologie de l’IA tendent à révéler de nombreuses fragilités américaines en la matière.

I- L’hégémonie américaine dans la couche physique du cyberespace

Les États-Unis ont historiquement créé un fossé numérique avec les autres puissances par leur influence omniprésente dans le cyberespace depuis sa création. Il faut rappeler que les États-Unis peuvent être considérés comme le Heartland du milieu physique du cyberespace par leur rôle historique dans le développement de ce milieu, notamment le programme ARPANET. Actuellement, environ 99 % du trafic des données du cyberespace passent par les câbles de fibre optique sous-marins. Ils peuvent être considérés comme des constructions vitales au niveau mondial. En effet, leur indisponibilité aurait des impacts négatifs considérables dans tous les domaines touchant ainsi la sécurité nationale et la vie économique de tous les États. Ceux détenant des câbles sur leur territoire disposent d’un avantage considérable pour des fins d’espionnages. Or, la majeure partie de ces câbles possède un point d’ancrage sur le territoire américain. Dès lors, cela implique que les États-Unis constituent un point névralgique du cyberespace. D’ailleurs, le pouvoir politique américain en a bien saisi toute l’ampleur. En effet, il s’agit du seul État ayant créé un organisme national, la Federal Communication Commission, afin de s’assurer de l’intégrité des câbles (câbles américains ou câbles étrangers) ayant un point d’accroche sur son territoire. Dès lors, ils disposent de nombreux data centers abritant de nombreuses données. Ces dernières étant vitaux pour la croissance de l’IA, les États-Unis en tirent bénéfice.

Le territoire américain abrite ainsi de nombreux data centers servant au cloud mondial. De cette manière, les États-Unis ont développé un arsenal législatif leur permettant de capter les données transitant sur ces serveurs. En 2013, les autorités américaines ont réclamé à Microsoft les données d’un utilisateur américain stockées en Irlande sous le fondement de la loi américaine Stored Communication Act. Afin de préserver sa réputation auprès de ses clients, l’entreprise américaine avait contesté la demande des autorités américaines. .

Le Président américain Trump a promulgué, grâce à l’appui du Congrès, le Clarifying Lawful Overseas Use Of Data Act (Cloud act) le 23 mars 2018, avant la décision de la Cour Suprême, et à la surprise générale des autres États. Ce texte dispose explicitement d’une application internationale. Chaque société américaine et leurs filiales ayant une part d’activité dans le cloud doivent transmettre les données réclamées par les autorités américaines en cas de « serious crime », quels que soient la nationalité ou l’emplacement du data center de la société américaine. Ainsi, chaque personne connectée, chaque entreprise ayant recours aux services cloud de prestataires américains,est potentiellement susceptible de voir ses données examinées par les institutions américaines.

Ainsi, les États-Unis sont une véritable cyberpuissance par le nombre d’infrastructures majeures du cyberespace installées sur leur territoire et le lawfare numérique exercé. Cette hégémonie, appuyée par les GAFAM, permet de disposer d’avantages considérables dans le développement de l’IA.

II- Les GAFAM : piliers de l’avancée américaine en matière d’IA

L’atout majeur sur lequel repose la puissance américaine en termes d’IA est le poids considérable des GAFAM en la matière. Les GAFAM disposent de toutes les infrastructures et technologies nécessaires aux travaux de recherche sur cette technologie d’avenir. En outre, le territoire américain accueille plus de 1 400 start-up spécialisées en IA. Ce vivier explique l’attrait considérable que ce lieu représente pour tous les chercheurs et innovateurs en la matière. Pour l’Union européenne, il s’agit d’une perte de 240 000 européens préférant y travailler pour l’année 2017. Pire encore, ces multinationales captent les esprits étrangers en s’implantant sur les territoires tiers. En proposant des salaires élevés et des conditions de travail idéales, les plate-formes numériques américaines parviennent à attirer les professionnels les plus prometteurs en leur sein. Les GAFAM vont jusqu’à financer les formations de haute technologie des États étrangers comme Google finançant la chaire intelligence artificielle de l’école Polytechnique en France. La volonté de l’entreprise de recruter ses futurs talents au sein de cette institution est explicite. Les étudiants les plus doués sont ainsi captés par ces dernières. Ainsi, les États dotent ces individus de compétences vitales par des formations publiques mais ne sont pas en mesure de retenir ces cerveaux.

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