En février 2026 à Saratov, la Haute École de Commandement d’Artillerie de Saratov a officiellement reçu un 2S35 Koalitsiya‑SV destiné aux cursus des cadres. L’intégration de cet automoteur de 152 mm au sein d’une structure d’enseignement marque une étape d’appropriation des procédures de tir, de sécurité, de maintenance. Ce jalon intervient alors que Moscou cherche à moderniser ses feux terrestres, dans un contexte d’affrontements prolongés en Ukraine et d’exigences accrues en portée utile. La médiatisation récente de la plateforme dans un reportage de NTV, rattaché à un grand groupe énergétique, a éclairé sa présence aux côtés d’autres systèmes d’artillerie.
Cette arrivée dans un pôle de formation invite à mesurer les objectifs opérationnels assignés à la Koalitsiya‑SV, face aux canons européens à tube long engagés depuis 2022 en soutien à Kyiv. À l’aune de cette évolution, l’entrée du 2S35 dans les programmes d’instruction ouvre la question de sa contribution possible au rapport de forces, sur des terrains saturés de senseurs et de drones. La perspective d’une diffusion en unités opérationnelles repositionne enfin le débat sur les conditions matérielles, doctrinales, industrielles qui rendent crédible un rattrapage dans la durée.
Les canon à tube long européens tiennent l’artillerie russe en respect en Ukraine depuis 2022
Avant l’intervention en Ukraine, la Russie alignait plus de 1 600 canons automoteurs 2S3 Akatsiya et 2S19 Msta‑S, ainsi qu’environ 1 000 autres systèmes automoteurs allant du 122 mm au 240 mm. Les 2S3 et 2S19 étaient dotés de tubes de 152 mm respectivement de 27 et 37 calibres, limitant la portée utile par rapport aux pièces occidentales à tube long. La 2S19 Msta‑S affichait une cadence de 8 coups par minute pour une portée estimée entre 29 et 36 km, ce qui plaçait d’emblée un plafond tactique en contre‑batterie.
Ensuite, la longueur des tubes occidentaux de 52 calibres a produit un différentiel opérationnel net. Les PzH 2000 et le Camion équipé d’un système d’artillerie (CAESAR) ont offert une portée et une précision très supérieures à celles des systèmes russes, y compris du Msta‑S à tube de 37 calibres, avec plus de 10 km d’avance de portée. Cet écart a transformé le duel d’artillerie en permettant des frappes depuis des zones moins exposées, tout en réduisant le temps disponible pour la riposte adverse et en améliorant les effets des tirs d’interdiction.
À partir de mai 2022, l’arrivée des M777 américains, PzH 2000 allemands, Krab polonais et CAESAR français a inversé le rapport de force au profit de l’artillerie ukrainienne. Les artilleurs ukrainiens ont pu obtenir un avantage tactique en frappant plus loin et avec davantage de précision malgré un nombre réduit de pièces et de munitions. Cette bascule a pesé sur les dispositifs russes hérités, qui n’avaient pas été conçus pour tenir durablement la distance face à des adversaires dotés de munitions performantes et de calculateurs de tir modernes.
Par ailleurs, l’élévation des portées a modifié les règles de la contre‑batterie, en particulier au profit des pièces capables d’employer des obus plus réguliers à l’impact. Les Msta‑S modernisés, comme la 2S19M2 dotée de l’obusier 2A79 à tube long, ont revendiqué une portée au‑delà de 40 km et une cadence de 10 coups par minute. Toutefois, ces évolutions sont venues tard dans la séquence et n’ont pas suffi à combler immédiatement le déficit face aux PzH 2000 et CAESAR déjà engagés.
Enfin, les armées ukrainiennes alignent une cinquantaine de CAESAR, dont 19 en version 8×8 fournis par le Danemark et 32 en version 6×6 fournis par la France. En 2024, 78 CAESAR 6×6 supplémentaires devaient être financés conjointement par Paris, Copenhague et Kyiv, consolidant la masse disponible. Cette dynamique d’approvisionnement a soutenu la continuité des feux précis et la rotation des pièces, ce qui a contribué à préserver la disponibilité opérationnelle sous la pression de la contre‑batterie et des frappes russes.
D’autre part, une interview d’artilleurs russes sur Telegram a indiqué que le CAESAR était le système le plus redouté et celui qui leur a infligé le plus de pertes. Les forces russes en ont fait une priorité de ciblage, recourant aux drones d’attaque et aux missiles, ce qui a imposé une gestion prudente de l’emploi par les Ukrainiens. Dans ce cadre, la supériorité qualitative et la portée accrue se sont traduites en avantage concret à condition de limiter l’attrition par une mobilité soignée et des fenêtres de tir brèves.
Le canon automoteur 2S35 Koalitsiya‑SV veut combler l’écart face aux tubes occidentaux
Le 2S35 Koalitsiya‑SV est un canon automoteur développé pour moderniser l’artillerie russe, son entrée en service ayant été annoncée fin 2023. Les essais d’État ont été achevés à l’automne 2023, mettant fin à des retards pluriannuels. Cette séquence traduit la volonté d’introduire une nouvelle génération d’obusiers de 152 mm susceptible d’élever les standards de portée, de précision et d’automatisation. Elle vise aussi à refermer l’écart constaté sur le terrain face aux pièces occidentales à tube de 52 calibres.
D’abord, la Koalitsiya‑SV devait initialement recevoir une caisse dérivée de la plateforme Armata. En raison des retards, un châssis de char T‑90 modifié a été utilisé, ce qui constitue un compromis d’industrialisation. Cette décision facilite l’intégration d’éléments éprouvés du parc blindé mais pourrait affecter la standardisation future du programme, selon certaines évaluations. Elle inscrit surtout le 2S35 dans un écosystème industriel déjà sollicité par la production des chars T‑90M en priorité d’équipement des forces.
De plus, les réclamations de portée de l’affût 2A88 varient de 40 à 70 km, la valeur la plus haute étant jugée douteuse dans les sources ouvertes. Le fabricant mentionne la possibilité d’une configuration en 155 mm, sans paramètres tactico‑techniques publiés, ce qui laisse son niveau de maturité incertain. Ces zones grises techniques pèsent sur l’évaluation comparative avec les pièces européennes, dont les performances au combat ont été abondamment documentées depuis 2022.
Ensuite, le 2S35 repose sur un châssis de T‑90 propulsé par un turbodiesel d’environ 1 000 ch, pour une masse estimée entre 50 et 55 tonnes et un rapport puissance‑poids de 18 à 20 ch par tonne. Il dispose d’un système mécanisé d’alimentation en obus et charges propulsives donnant une cadence annoncée de 10 coups par minute. Il peut par ailleurs réaliser des séquences de tir en mode de tir à impact simultané de projectiles multiples (MRSI, Multiple Round Simultaneous Impact), atout utile pour saturer simultanément une zone malgré des fenêtres d’engagement courtes.
Enfin, la production en série aurait été engagée avant la fin formelle des essais d’État afin d’accélérer l’introduction dans l’armée. Certaines vidéos publiées en janvier 2024 ont montré quelques exemplaires, dont une séquence avec 5 véhicules, possiblement des pré‑séries révisées. L’absence de données claires sur les volumes effectivement livrés et sur la stabilité de la configuration rend toutefois difficile d’acter une disponibilité immédiate à grande échelle dans les unités opérationnelles.
Saratov intègre le 2S35 Koalitsiya‑SV dans la formation et prépare la diffusion en unités
Un 2S35 Koalitsiya‑SV est entré en dotation à la Haute École de Commandement d’Artillerie de Saratov, étape clé d’intégration dans la formation des cadres. À l’automne dernier, NTV, média du groupe Gazprom, a diffusé un reportage sur l’école présentant la Koalitsiya‑SV, ce qui confirme l’ancrage pédagogique de la plateforme. Cette présence valorise l’appropriation des procédures de tir et d’emploi en sécurité avant un déploiement élargi au sein des régiments et brigades d’artillerie.
Lors de la même séquence, le reportage a montré la diversité des matériels présents à Saratov avec les 2S7 et 2S7M Pion et Malka. Il a également mis en scène notamment la 2S43 Malva sur roues. Cette mosaïque d’équipements illustre le rôle de l’école comme centre d’apprentissage et d’expérimentation, où cohabitent des systèmes lourds à très longue portée et des obusiers plus mobiles, afin d’enseigner la complémentarité des effets au feu.
Le film a exposé des phases de formation incluant le tir direct et l’emploi de simulateurs pour les artilleurs. Il a aussi montré l’instruction sur les missiles antichars guidés Kornet et les systèmes Chryzantema‑S, ce qui renforce la polyvalence des cursus. Cette approche par la simulation et la pratique vise à ancrer les réflexes de sécurité, les séquences de préparation de tir et l’exécution rapide, indispensables pour survivre sous la menace de la contre‑batterie et des drones d’attaque.
Par ailleurs, un véhicule de commandement doté du système de conduite de tir Planchet‑M‑IR sur la base d’un camion blindé Kamaz‑43502 a été présenté. Cette mise en avant souligne l’intégration d’outils de coordination et de calcul de tir plus modernes, prérequis pour exploiter des plateformes comme le 2S35. Elle participe à la réduction de la boucle capter‑décider‑tirer et à l’optimisation des déplacements après tir pour limiter l’exposition aux frappes de rétorsion.
Dans ce cadre, l’instruction sur simulateurs et la démonstration d’outils de commandement laissent penser à la mise au point de procédures pour tirer parti de la cadence élevée et du mode MRSI. Former les cadres à Saratov facilite ensuite la diffusion des doctrines d’emploi vers les unités, en harmonisant les séquences de tir, les décrochages rapides après‑feu et la coordination entre reconnaissance et centres de conduite de tir. Ces éléments conditionnent l’efficacité réelle d’un système à longue portée.
Cependant, la présence d’un système en contexte didactique ne prouve pas son emploi massif au front. Il manque des preuves ouvertes d’un déploiement étendu le long de la ligne de front, de la réception de nouvelles séries et d’une montée en puissance stabilisée. Les estimations de production pré‑séries situées entre 12 et 26 exemplaires, et des commentaires évoquant 5 unités en 2023, entretiennent l’incertitude. L’ampleur réelle d’un basculement vers les unités opérationnelles demeure donc indéterminée.
Le char T‑90 capte les châssis et limite la montée en cadence industrielle
Le 2S35 utilise le châssis et le groupe motopropulseur du T‑90, alors que l’industrie russe peine à produire suffisamment de châssis et de moteurs. Les planificateurs doivent arbitrer entre la dotation en T‑90M et la production de Koalitsiya‑SV, ce qui constitue un jeu à somme nulle. Cette contrainte de ressources bride la montée en cadence mensuelle de la Koalitsiya‑SV et peut étaler la diffusion dans les unités sur une période plus longue que souhaité, au risque d’amenuiser l’effet opérationnel recherché à court terme.
D’autre part, les volumes de production restent difficiles à cerner. Les estimations de production pré‑séries varient entre 12 et 26 exemplaires, tandis que certains commentateurs ont évoqué seulement 5 unités en 2023. Une telle dispersion des chiffres traduit une documentation lacunaire sur la capacité industrielle réelle et sur la disponibilité des sous‑ensembles critiques. Elle rend délicate toute projection crédible de dotation, que ce soit à l’échelle d’une brigade ou d’un corps d’armée.
Par ailleurs, la production en série aurait démarré avant la fin des essais d’État afin d’accélérer l’introduction. Les premiers envois visibles pourraient toutefois correspondre à des véhicules pré‑séries révisés et modifiés, ce qui suggère une configuration non totalement stabilisée. Une telle situation génère des séries hétérogènes qui imposent des rétrofits et des ajustements techniques, pesant sur la disponibilité et la logistique des pièces de rechange, sans compter les impacts sur la formation et la maintenance.
De plus, la Koalitsiya‑SV a connu des retards pluriannuels, les essais d’État ne s’étant achevés qu’à l’automne 2023. Des sources indiquent que la production industrielle de série attendue en 2022 n’avait pas été tenue, signe d’un calendrier initial non respecté. Cette dérive réduit à court terme la capacité à recoller aux performances des systèmes occidentaux avancés, en particulier si la maturation technique et les certifications de munitions se poursuivent encore en parallèle des premières livraisons.
Enfin, la soutenabilité dépend aussi de la disponibilité des tubes. Le remplacement de l’armement dérivé du 2S19 et du 2A65 par celui du 2A36 Hiacynt‑B et du 2S5 Hiacynt‑S sur la 2S44 Hiacynt‑K a été attribué à une production insuffisante de tubes pour la Malva. Une cadence de 10 coups par minute accélère l’usure, ce qui accentue la pression industrielle pour l’usinage et le remplacement rapide des tubes. Faute de cette capacité, le potentiel du 2S35 resterait bridé dans la durée.
Le PzH 2000 allemand illustre l’effet réseau indispensable à la portée accrue
Pendant les premiers mois du conflit, les artilleurs ukrainiens ont fait jeu égal avec les Russes grâce à l’usage intensif de drones de reconnaissance et d’un système de commandement et de communication reposant sur la géolocalisation. Cette combinaison a permis de compenser des déséquilibres initiaux en masse de feux et de frapper efficacement des cibles à haute valeur. Elle illustre que l’avantage ne tient pas seulement à la portée d’un tube, mais aussi à la qualité de la chaîne renseignement‑feu.
Ainsi, l’exploitation d’une artillerie à plus longue portée impose des moyens de détection et d’acquisition dédiés, qu’il s’agisse de drones, de capteurs d’écoute ou d’observateurs avancés. Sans ces capteurs et des boucles de décision rapides, la portée supplémentaire ne se traduit pas en effets utiles. L’expérience ukrainienne avec des tubes de 52 calibres a montré que l’allongement de la portée, combiné à une meilleure précision, pouvait créer un avantage tactique net, à condition d’être soutenu par un réseau de senseurs robuste.
Le reportage de Saratov a mis en évidence des moyens de conduite de tir modernes avec le système Planchet‑M‑IR, rappelant l’effort d’intégration des outils de coordination. Par ailleurs, l’armature logicielle et de navigation compte déjà dans les modernisations russes, comme l’intégration du système automatisé de conduite de tir (ASUNO) et du système mondial de navigation par satellite (GLONASS) sur la 2S19M1. Ces briques de commandement et de contrôle sont indispensables pour exploiter une cadence élevée et des projectiles plus réguliers, tout en synchronisant les mouvements après‑feu pour échapper à la contre‑batterie.
De plus, la formation à Saratov par simulateurs et exercices de tir direct signale une volonté d’instruire les équipes sur les nouvelles capacités. Exploiter le mode MRSI, une cadence élevée et une portée étendue exige des séquences normalisées pour le tir, la dispersion, les déplacements rapides et la coordination entre la reconnaissance et les centres de conduite des feux. Cette acculturation est nécessaire pour transformer une fiche technique en avantage réel au niveau de l’unité engagée.
Enfin, la logistique des munitions conditionne l’atteinte des portées théoriques. Les 2S7 et 2S7M offrent par exemple de 37,5 à 55 km selon les munitions, avec des travaux sur de nouveaux projectiles visant des portées bien supérieures. La 2S44 Hiacynt‑K a vu sa portée croître selon les charges employées, ce qui souligne le rôle des approvisionnements adaptés. La configuration 155 mm revendiquée pour le 2S35 n’est pas validée publiquement, ce qui maintient des incertitudes sur la compatibilité et les filières d’approvisionnement.
En Ukraine, survivre impose des cycles feu‑déplacement très courts pour les systèmes lourds
Les artilleurs ukrainiens ont obtenu des effets notables en combinant drones de reconnaissance et outils de géolocalisation, ce qui a réduit l’avantage lié à la seule masse de pièces. Cet environnement de ciblage dynamique accroît la vulnérabilité des systèmes identifiables, surtout lorsque leurs fenêtres de tir s’allongent. Il impose des cycles très courts feu‑déplacement et une discipline de dispersion stricte, sous peine d’exposition rapide à la contre‑batterie ou aux drones d’attaque opérant en coordination avec des senseurs terrestres.
Par ailleurs, les forces russes ont fait de la destruction des CAESAR une priorité, employant des drones d’attaque et des missiles. Une interview d’artilleurs russes a présenté le CAESAR comme le système le plus redouté et celui causant le plus de pertes. Cette pression de ciblage illustre la menace planant sur les pièces à haute valeur et forte signature, ce qui concernera aussi tout système lourd comme le 2S35 si son emploi ne s’accompagne pas de procédures de dissimulation actives et de réductions drastiques du temps sur position.
Le 2S35 pèse entre 50 et 55 tonnes, avec un châssis de T‑90 et un moteur d’environ 1 000 ch, ce qui lui confère une empreinte logistique et visuelle supérieure à celle des obusiers sur roues plus légers. Une telle taille complexifie les manœuvres furtives et la circulation sur des réseaux routiers dégradés, surtout face à l’observation aérienne. Les retours d’expérience ukrainiens mettent en avant la mobilité et la discrétion, facteurs clés pour survivre aux cycles de détection‑frappe adverses, en particulier lorsque la menace drone est omniprésente.
De plus, l’usure des tubes devient critique sous des cadences élevées. Les décisions prises sur la 2S44 Hiacynt‑K, avec un changement d’armement probablement lié à une production insuffisante de tubes pour la Malva, rappellent la sensibilité de cette chaîne industrielle. Or, la Koalitsiya‑SV vise 10 coups par minute, ce qui requiert des capacités de remplacement et d’usinage soutenues. Sans cette profondeur industrielle et logistique, la soutenabilité au rythme du front peut se dégrader rapidement.
Enfin, les Ukrainiens emploient le CAESAR avec parcimonie afin de limiter l’exposition, une logique qui s’imposera pour tout système de grande valeur. Un 2S35 mal intégré avec un nombre insuffisant d’exemplaires, des procédures inachevées ou une logistique déficiente risquerait de produire un effet limité. Les estimations faibles de production et la concurrence pour les châssis de T‑90 laissent penser que la montée en puissance sera contrainte. L’équilibre tactique dépendra donc moins de la plateforme seule que de l’ensemble des conditions d’emploi réunies.
Conclusion
Il ressort de ce qui précède que l’avantage en Ukraine des pièces européennes à tube long repose sur la portée, la précision, la mise en réseau des feux. Le 2S35 Koalitsiya‑SV ambitionne d’y répondre avec un tube plus performant, une automatisation poussée, un mode MRSI, ainsi qu’une intégration dans des chaînes de conduite de tir modernisées. Dans ces conditions, le 2S35 peut atténuer l’écart constaté depuis 2022, sans établir une supériorité décisive tant que l’engagement massif et stabilisé ne se confirme pas.
La capacité industrielle reste critique avec la concurrence du châssis de T‑90, l’hétérogénéité possible des premières séries et l’usure accélérée liée à une cadence de 10 coups par minute. Des estimations publiques évoquent de 12 à 26 exemplaires en pré‑séries, tandis que seulement 5 unités auraient été visibles en 2023, ce qui entretient une incertitude sur la masse disponible. Les arbitrages entre chars T‑90M et Koalitsiya‑SV peuvent dilater le calendrier de dotation au‑delà du souhaité, avec des impacts logistiques et de maintenance déjà sensibles sur le terrain.
Au combat, l’avantage dépend d’abord de la boucle capter‑décider‑tirer, qui combine drones de reconnaissance, calculateurs de tir, réseaux de communication sécurisés. Le gabarit du 2S35, estimé entre 50 et 55 tonnes, impose des cycles feu‑déplacement très courts, une discipline de dispersion stricte et des procédures de dissimulation actives face à la contre‑batterie. Au total, la balance face à CAESAR, Archer, RCH 155 et PzH 2000 dépendra de la cohérence entre capteurs, doctrine, munitions et logistique, plus que de la seule performance de la plateforme.



