Selon une vidéo publiée il y a quelques jours, l’usine russe de Kaluga a repris la production de turbine pour de nouveaux chars T-80. Cette observation atteste de l’effort considérable fait par les autorités russes pour accroitre la production industrielle de défense, dans une stratégie à beaucoup plus long terme que celle employée par les occidentaux en Ukraine.
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Les Ukrainiens, aidés des occidentaux, tentent de gagner des batailles. Les Russes veulent gagner la guerre ! Cette phrase, un tantinet provocante, résume toutefois assez bien la dichotomie entre la vision stratégique des deux camps dans ce conflit qui dure depuis plus d’un an et demi, et qui ne montre aucun signe d’affaiblissement.
En effet, alors que le président Ukrainien Volodymyr Zelensky se démène pour obtenir le soutien occidental indispensable pour mener les opérations militaires en cours et à venir avec, au mieux, quelques mois de visibilité devant lui, la Russie, quant à elle, semble être entrée dans une gestion à beaucoup plus long terme du conflit, basée sur des paradigmes bien plus larges que ceux employés face à elle.
Pour ce faire, et nonobstant les succès des armées ukrainiennes ces dernières semaines, Moscou paraît avoir fait le choix de s’appuyer non sur la qualité de ses effectifs, mais sur l’ascendant considérable que peut avoir son industrie de défense sur son adversaire, même soutenu par l’Occident.
La stratégie russe en Ukraine vise le long terme
Déjà, en janvier dernier, nous écrivions que la réorganisation profonde de l’outil industriel de defense russe, avait le potentiel de modifier non seulement les rapports de force en Ukraine, mais surtout de faire évoluer la dynamique même du conflit.
Il s’agissait, alors, d’une analyse fondée sur plusieurs rapports convergents qui indiquaient une importante augmentation des cadences de production de chars et de blindés, notamment concernant l’usine Uralvagonzavod qui produit les nouveaux chars T-90M et qui modernise les T-72B3 et T-80BV en réserve, pour livrer jusqu’à 50 exemplaires par mois.
Depuis, cette stratégie russe à plus long terme, construite sur son puissant outil industriel militaire, est devenue plus évidente, y compris sur la ligne de front.
En effet, si la destruction de vieux T-62 ou T-55 fait parfois l’actualité pour souligner l’état de délabrement des armées russes, dans les faits, le nombre de chars modernes russes identifiés détruits ou endommagés en Ukraine, ne cesse de croitre.
Aujourd’hui, les estimations les plus optimistes estiment qu’Uralvagonzavod produirait une vingtaine de chars par mois, alors que les taux de pertes constatés semblent davantage indiquer un nombre de 30 à 35 nouveaux T-90M, T-72B3M et T-80BVM livrés aux armées chaque mois.
De nouvelles turbines pour les chars T-80 russes
C’est dans ce contexte qu’une nouvelle information, apparue il y a quelques jours, tend à en accroitre le caractère dimensionnant. En effet, selon des observations locales, il semblerait que l’usine de turbine de Kaluga, ait entrepris de produire à nouveau des turbines destinées aux chars T-80.
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