La menace militaire russe contre l’Europe sera critique dès 2028, selon la sécurité polonaise.

Pour le chef du BBN, le Bureau de la Sécurité nationale polonais, les européens n’ont plus, face à la menace militaire russe, que trois à cinq ans pour réagir à la reconstruction de son outil militaire, et éviter qu’un nouveau conflit vienne frapper l’Europe, impliquant cette fois des membres de l’OTAN.

Loin d’être spécialement alarmiste, cette analyse est partagée par un nombre croissant de rapports, qui s’inquiètent des capacités industrielles et de mobilisation en Russie, alors que les Européens semblent enfermés dans une perception erronée de la menace et de son calendrier.

Alors qu’il y a quelques mois à peine, nombreux étaient ceux qui chantaient les louanges des armées ukrainiennes et du soutien occidental à Kyiv pour contenir une menace russe perçue comme en plein délitement, l’ambiance a radicalement changé, ces derniers mois, autour de ces sujets.

Entre la montée en puissance rapide et soutenue de l’industrie de défense russe, la main mise du Kremlin sur la population et l’opinion publique du pays, et le délitement, pour le coup avéré, du soutien occidental aux forces armées ukrainiennes, le pessimisme est désormais de rigueur concernant ce conflit avec, au mieux, l’espoir d’un front gelé qui permettrait à Kyiv de conserver son indépendance, si pas l’intégralité de son territoire.

La reconstruction rapide des Armées russes si le conflit en Ukraine venait à prendre fin, ou à perdre en intensité

Au-delà des responsabilités évidemment partagées autour de cette situation, entre des Ukrainiens trop sûrs de leurs forces et de la faiblesse russe, des Américains embourbés dans des considérations de politique intérieure, et des européens plus prompts à donner conseil que des armes et munitions, la fin prévisible du conflit en Ukraine, ou sa stabilisation, engendre de nouvelles inquiétudes en Europe.

Leopard 2A4 Ukrainien
Les armements européens sont certainement arrivés trop tard et en trop petit nombre, pour permettre une victoire effective de l’Ukraine face à la Russie.

En effet, si la dynamique en cours se poursuit, les armées russes pourront rapidement reconstruire leurs capacités opérationnelles une fois le conflit à l’arrêt, avec un pays entièrement tourné vers une économie de guerre, et une opinion publique sous contrôle. Dans le même temps, en dépit des promesses américaines et européennes d’un soutien jusqu’à la victoire totale de Kyiv, ni les uns, ni les autres, n’ont pris la mesure de la transformation engendrée par ce conflit sur la géopolitique européenne.

Avec une industrie de défense russe ayant multiplié par deux, parfois par trois et davantage, ses cadences de production d’équipements de défense, des armées russes ayant fait leur difficile transformation dans la douleur en Ukraine, et un Kremlin en pleine confiance, les perspectives d’une reconstruction rapide des capacités militaires russes après la fin ou le gel du conflit en Ukraine, inquiètent désormais les services occidentaux en charge de ces questions.

Trois à cinq ans pour contrer la menace militaire russe en développement, selon le Chef du Bureau de la Sécurité Nationale polonais

C’est ainsi que le chef du Bureau de la sécurité nationale (BBN) polonais, Jacek Siewiera, par ailleurs ministre délégué rattaché à la présidence du pays, s’est montré des plus préoccupés, pour ne pas dire pessimiste, lorsqu’il a été interrogé par un journaliste au sujet d’un rapport produit par le Conseil allemand des relations étrangères (DGAP) .

Selon ce document, l’OTAN disposerait d’une période de 5 à 10 ans, pour répondre à l’évolution rapide de la menace russe, et ainsi empêcher qu’une nouvelle guerre n’éclate en Europe, à l’initiative d’une Russie en pleine confiance ayant retrouvé un outil militaire suffisant pour attaquer certains pays de l’Alliance Atlantique, comme les Pays Baltes.

menace militaire russe industrie Uralvagonzavod
La production industrielle militaire russe a été multipliée par deux, parfois par trois et au-delà, depuis le début du conflit en Ukraine, selon le premier ministre russe, Mikhail Mishustin.

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