Le Congrès américain change la législation pour accroitre la production de munitions

La guerre en Ukraine a fait voler en éclats de nombreuses certitudes au sujet des conflits armés ces derniers mois, qu’il s’agisse notamment de la supériorité supposée des unités formées de professionnels sur des unités de conscrits ou de réservistes, du rôle suprême de l’aviation sur le champs de bataille, ou encore de l’obsolescence supposée du char de combat. L’un des certitudes les plus largement répandues, y compris au plus haut niveau des armées, était qu’un conflit de haute intensité, comme celui qui se déroule aujourd’hui, ne pouvait s’étendre dans la durée, la débauche de puissance de feu et de munitions de précision entrainant nécessairement l’effondrement rapide d’un ou l’autre des belligérants. Après 10 mois de combat d’une intensité oubliée depuis la guerre de Corée, force est de constater que tel n’est pas le cas, et qui si un conflit de haute intensité entraine effectivement une consommation extraordinaire de munitions et de moyens, il peut, de toute évidence, être appelé à s’étendre sur de nombreux mois, voire sur des années.

Cette révélation est venue percuter, ces derniers mois, la programmation militaire de nombreux pays, en particulier ceux qui assurent le soutien logistique et militaire des combattants ukrainiens, en envoyant chaque mois munitions et matériels afin de résister à l’agression russe. Ce soutien, toutefois, a considérablement érodé les stocks de munitions disponibles des armées occidentales, en Europe mais également aux Etats-Unis, au point que le Congrès américain s’est emparé du sujet lors des travaux concernant le budget américain de défense 2023, afin non seulement de résorber les déficits de munitions engendrés par le soutien à l’Ukraine, mais également pour se doter d’une capacité industrielle adaptée à la consommation de munitions en cas de conflit de haute intensité.

Un soldat ukrainien armé d’un missile Stinger- Aout 11, 2022. REUTERS/Anna Kudriavtseva

La mesure la plus visible prise par la Chambre des Représentants, et validée par un vote de 350 contre 80, fut d’augmenter les crédits consacrés à l’achat de nouvelles munitions pour atteindre 8 Md$ en 2023, soit le budget défense d’un pays comme la Finlande, avec une hausse de 2,7 Md€ vis-à-vis du budget initialement prévu pour cela. Mais la plus importante disposition prise par les parlementaires américains n’est pas budgétaire, mais légale. En effet, jusqu’à présent, les acquisitions de munitions étaient traitées annuellement, contrairement aux grands programmes d’armement qui, eux, faisaient l’objet d’une planification pluriannuelle. Pour répondre aux besoins à court terme afin de reconstituer les stocks, mais également pour permettre aux industriels de dimensionner leur outil productif sereinement, les représentants américains ont intégré à la Loi de Finance Défense 2023, un ensemble de mesures assouplissant l’encadrement des acquisitions de munitions, en particulier en autorisant la négociations de contrats pluriannuels dans ce domaine.


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