Il y a quelques semaines, un rapport de l’IFRI, au sujet des lacunes des forces aériennes françaises en matière de supériorité aérienne, fut largement commenté dans les médias. Celui-ci présentait, en effet, une situation préoccupante, concernant l’efficacité de la chasse française, uniquement équipée de chasseurs Rafale et Mirage 2000 de 4ᵉ génération, face aux autres forces aériennes européennes, ayant entamé leur transition vers le F-35A de 5ᵉ génération.
Comme c’est souvent le cas, le traitement médiatique et les commentaires ayant entouré ce rapport, sont allés bien au-delà des propos tenus dans celui-ci, même s’il est vrai que ce rapport a très certainement durci le trait, de sorte à faire passer son message, appelant à accélérer l’arrivée des drones de combat et d’un chasseur furtif, dans le cadre du programme SCAF, pour ne pas risquer un déclassement des forces aériennes françaises sur la scène européenne et internationale.
Pour les auteurs du rapport, la furtivité, et plus globalement la 5ᵉ génération des avions de combat, avaient un avantage très marqué, sur les appareils de génération précédente, aussi bien dans le domaine des frappes air-sol et de la suppression des défenses aériennes, qu’en matière de supériorité aérienne.
Dans son rapport annuel, l’Office of the Director, Operational Test and Evaluation, ou DOT&E, sur les essais menés concernant les nouveaux équipements militaires américaines, présente des conclusions pourtant très différentes. En effet, le F-15EX Eagle II a démontré, lors de ces essais, qu’il pouvait prendre l’avantage sur des appareils de 5ᵉ génération, en matière de supériorité aérienne.
Sommaire
Le F-15EX, le chasseur lourd de supériorité aérienne acheté du bout des lèvres par l’US Air Force
La Genèse du F-15EX Eagle II, a été pour le moins tumultueuse. L’appareil est dérivé du F-15QA destiné au Qatar, conçu sur la base des études réalisées au début des années 2010 par Boeing, dans le cadre du programme F-15 Advanced Eagle, et du F-15SA acquis plus tôt par l’Arabie Saoudite.
Pour Boeing, le F-15EX représentait un programme existentiel pour le maintien de ses compétences en matière de conception d’avions de combat, après les échecs successifs concernant le programme F-22 et F-35, et alors que le programme F/A-XX de l’US Navy, devant remplacer le F/A-18 E/F Super Hornet, n’était pas attendu avant 2035.
Alors que la production industrielle du Super Hornet et du Growler devait toucher à sa fin autour de 2023 à 2027, il était donc indispensable à l’avionneur, de se doter d’une nouvelle offre attractive à l’exportation, pour alimenter la chaine de production de Saint-Louis.
Bien évidemment, la carrière internationale du nouveau chasseur se devait de s’appuyer sur une commande de l’US Air Force. Initialement, celle-ci était plus que rétive à ce sujet, n’ayant d’yeux que pour le F-35A, alors que le congrès, lui, poussait pour l’acquisition du nouveau chasseur en 2019.
Un an plus tard, la situation était radicalement différente. En effet, l’arrivée du Dr Will Roper, à la tête des acquisitions de l’US Air Force, et du général Charles Q. Brown jr à la tête de l’Armée de l’air américaine, soufflèrent un vent nouveau en matière de planification, en faveur d’appareils plus spécialisés et plus industriellement répartis, que précédemment avec un omniprésent F-35A et un surpuissant Lockheed Martin à sa tête.
Toutefois, le départ de Will Roper, suite à victoire de Joe Biden de 2020, et l’arrivée de Franck Kendall jr, comme Secrétaire à l’Air Force, ramenèrent l’Us Air Force à sa position antérieure, hostile au F-15EX et très favorable au F-35A et au programme NGAD, successeur du F-22. Rapidement, celle-ci tenta de réduire au minimum le volume de F-15EX commandés, jugeant l’appareil inadapté aux engagements modernes à venir, par son manque de furtivité passive.
Une nouvelle fois, ce fut le Congrès qui intervint pour sortir le F-15EX de la tourmente, en imposant une commande de 98 appareils (plus 6 prototypes), contre 79 voulus par l’Air Force. Depuis, la position de l’Air Force est devenue plus floue, et moins radicale, en particulier maintenant que l’avenir du NGAD apparait compromis, par manque de crédits.
Le F-15EX Eagle II, un chasseur de génération intermédiaire à hautes performances
À l’instar du Rafale F4, du Typhoon Block III, du Gripen E/F ou du F-16V, le F-15EX appartient à ce que l’on pourrait qualifier de génération intermédiaire entre la 4ᵉ et la 5ᵉ génération, parfois désignée comme génération 4,5 ou 4++.
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Mr Wolf,
I’m not an expert in fighter technology and therefor I have a question that I hope you will be kindly able to help me understand.
Why when we talk about 5th generation fighters is always about furtivity and not mention all the other attributes, like system of systems, all sensor capabilities and forgetting that the 5th generation fighter carry ammunition in their internal bay and on this my humble opinion is when you have an f15 fully loaded the performance is drastically compromised.
Thank you and keep up the good work!
John
Hello John
No problem in asking questions )
Well, 5th gen has been designed with the appearance of the F-117, and the term has been especially created for the F-22 raptor. At that moment, it was said a 5th gen was stealth, has super-cruise, super-maneuverability and data fusion. With the arrival of the F-35, this definition changed only to focus on stealthiness and data fusion, as the F-35, which cannot be not 5th gen for commercial purpose, has neither super-cruise, and of course not, super- maneuverability.
The system of system was never in the definition. In fact, it is the core definition of the 6th gen, as it is the core of collaborative engagement (fighting with drones allies).
About the internal bay, it is something that only matters for stealthiness. By loading weapons in the bay, instead of under the wings, you maintain the stealthiness of the jet. On the other hand, if you carry munitions or external tank under the wings/fuselage, you strongly degrade this same stealthiness. Thats why a F_35 in « Beast mode », is not stealth, aka, it is not really a 5th gen fighter.
BR,
L’Ifri reçoit aussi des financements d’ entreprises étrangères et des institutions européennes. Son orientation est une grande intégration transatlantique.
Ses avis profitent aux États-Unis, qui veulent éviter que l’Europe développe une autonomie militaire qui réduirait leur influence.
Aux industriels de la défense européens et américains, qui ont intérêt à imposer leurs normes et leurs équipements.
À certains États européens, comme l’Allemagne, qui préfèrent une défense collective plutôt qu’un leadership français trop affirmé.
Donc à prendre avec des pincettes.
Si le f15 est supérieur, selon ses dires, au f35, le rafale est, par construction, un aeronef sans intérêt. Faire du buzz anti français, relayé par LCI, est un objectif probable.
Ca vient renforcer un faisceau d’élément qui convergeaient déjà vers ce resultats : les temoignages US sur la difficulté a locker un Rafale ( il y a deja 10/15 ans ) a cause de son SPECTRA et l’effet clignotage radar ou encore les retours égyptiens a leur reception d’un gen 4.5 ou encore la disparition des turcs dans l’espace aérien grec et pour finir l’affaire des Rafales indien qui repoussent les J20 sur la cote est au lieu du plateau népalais ( ils ont peut etre eu des infos précises sur quelqu un connaissant bien les Rafales :p).
Je prefere avoir le cul posé dans un F15/F16/Rafale/Mirage-9 avec un grosse suite de guerre electronique, une grosse maniabilité et une bonne BVR plutôt que le cul dans un jet bofbof furtif qui en plus sera peu armé ( soute oblige )
Les clients F35 (sauf Israel) sont pieds et poings liés avec les USA, car les données sont récupérées puis renvoyées ensuite vers un hub pour chaque pays client, avant de rejoindre les Etats-Unis et les serveurs du constructeur lui-même, ce qui n est pas le cas du F15EX ou le Rafale. Par contre le F15EX a une autonomie phénoménale, et un emport équivalent A-10 Thunderbolt II mais orienté supériorité aérienne. La notion de dogfight semble se limiter, l’avenir est orienté vers une plateforme de tir longue distance et la gestion de drones furtifs.La notion de chacun pour soi et tous pour les USA résume le F35
bonjour, oui bon cela reste de la simulation sur des bases , pour l’adversaire, très peu vérifiées. donc je pense qu’il faut relativiser cette étude qui à le mérite de rassurer les américains, c’est déjà bien. je me rapelle aussi avoir lu que le f22 était imbattable en combat aérien et avoir pourtant été battu par un rafale. donc tout est relatif .bon maintenant il ont trump et musk , donc la dans la connerie ils ont une sacré longueur d’avance !
Le Rafale n’a objectivement presque aucune chance contre le F-22, sauf quand les deux appareils s’entrainent au combat rapproché (cas de la photo publiée), ce qui n’est pas du tout la doctrine d’utilisation du f-22. On s’est montée la tête sur cette photo, mais cela n’a rien de sérieux.
oui peut être, à voir, mais sur la domination du mirage 200 sur le F16 il n’y a pas photo (voir mirage grec contre F16) c’est plié. alors apres les avions américains ne sont peut être paas au dessus des autres ? a voir enfin j’espère pas pour les pilotes.
oui mais normalement c’est des amis d’ou l’interet d’aller plutot voir sur les soi disant 5G d’en face c’est a dire le 57 et le 20
le f16 turc était pas vraiment ami, vu qu’il s’est pris un missile et été abattu !