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Le chef d’Etat-major de l’US Air Force dit espérer que le cout de la maintenance du F35 s’aligne sur celui du F16

Points clés : 

Faisant suite à un rapport de l’US Air Force qui concluait que si les couts de maintenance du F35 ne baissaient pas de 38%, l’US Air Force allait devoir abaisser de 590 unités son objectif d’achat de l’appareil, le Chef d’Etat-Major de l’US Air Force a déclaré qu’il avait pour objectif d’aligner le prix de la maintenance du F35 sur celui du F16. La déclaration du CEMAA de l’US Air Force est très intéressante, car très significative de la stratégie de communication de l’industrie de Défense US, de Lockheed et de l’US Air Force.

Le rapport en question, un rapport officiel et archivé, identifie les couts de maintenance du F35A comme beaucoup plus élevés que prévu, remettant en question la cible de 1763 appareils que l’US Air Force veut acquérir. En décortiquant les chiffres transmis dans ce rapport, on parvient à déterminer que la maintenance du F35 pour une heure de vol coute actuellement 60.000 $, un chiffre extraordinairement élevé, susceptible de faire fuir de nombreux clients et prospects. En outre, ce rapport précise qu’il n’y a, pour l’heure, aucune piste pour à réduire ces couts de manière significative. Enfin, même en réduisant de 38% les couts de maintenance du F35, objectif de calcul qui, selon le rapport, permettrait d’éviter de devoir réduire le nombre d’appareils, ces couts resteraient très élevés, à 37.200 $ l’heure de vol, un peu plus de 30.000 €, soit plus du double de ceux du Rafale, pourtant bimoteurs.

Suite à cela, le CEMAA de l’US Air Force est monté au créneau pour annoncer que son objectif était de parvenir à un cout de maintenance pour le F35 identique à ceux du F16. Or, cette annonce est éminemment ambiguë pour les raisons suivantes :

  • Il ne précise pas le périmètre ni le modèle du F16 dont il parle. En effet, les couts de maintenance des F16 Block15 Belges et ceux du dernier modèle de F16, le F16Block70 Vyper, sont du simple au triple. 
  • Il ne définie aucune valeur numérique, et laisse ainsi libre cours aux interprétations, sans se positionner sur le fond, les couts de maintenance et les pistes pour les faire baisser.
  • Il parle d’un objectif qu’il se fixe (Our initial target), qui était celui initialement fixé au programme F35 lors de sa conception. Le programme F35 devait effectivement être dans une gamme de prix comparable au F16, et était destiné à le remplacer. Mais depuis, les prix de conception, de construction, et de maintenance, ont explosé. Alors que le F35 devait initialement viser un prix unitaire de 50 millions de $, il est aujourd’hui proposé à plus du triple, pour la version A, la moins chere. En d’autres termes, cet objectif n’est nullement contraignant, ni même d’actualité.

Dans les faits, cette déclaration du chef d’Etat-major de l’US Air Force n’est autre qu’une habile manœuvre de communication, permettant d’éluder totalement la question principale du problème, et de donner des éléments de langages aux soutiens du programme, sans aucun engagement de la part des autorités américaines, ni de Lockheed.

Au final, l’US Air Force sera déjà très satisfaite si les couts de maintenance du F35 baissaient à 37.000 $ par heure de vol, lui permettant d’atteindre son volume de flotte cible sans augmentation de l’enveloppe maximum acceptée. Quand aux conséquences pour les clients Européens et Asiatiques de l’appareil de Lockheed, force est de constater que ce paramètre n’est guère pris en compte, assurés qu’ils sont d’imposer leur avion à de nombreuses armées de l’air alliées.

La question principale concernant ce dernier point reste posée : Pourquoi les armées de l’air de ces pays sont à ce point fédérées autour du F35, dont le prix ahurissant impose des réductions de flotte drastiques, et dont les performances sont loin d’être décisives face au Rafale, au Typhoon ou au JAS-39 Gripen E/F, des avions très sensiblement plus économiques à l’achat et à la possession?

La Russie a entamé la construction d’une ville dédiée aux technologies de Défense

Le Ministre de la Défense Russe, le général Viktor Shoigou, a présenté son projet de création d’une ville dédiée à la Recherche, au développement et à la production d’équipements de Défense, à l’image des technopoles militaires de l’époque soviétique, comme l’était Nijni Novgorod. Un projet pilote, baptisé ‘Era’, à d’ores et déjà été lancé sur les rives de la mer noire, proche de la ville de Anapa, un choix attractif pour les ingénieurs et scientifiques russes. L’objectif de M Shoigou est d’attirer les talents issus des meilleures écoles et universités russes, et de leurs procurer un environnement favorisant les interactions et la productivité, tout en maitrisant les questions de sureté et de logistique.

Si le « Proof of Concept » est efficace, le général Shoigou envisage de répliquer le projet. 

L’industrie de Défense Russe est la principale industrie exportatrice en Russie, exception faite de l’industrie pétrolière/gazière. Elle emploie 1,2 millions de personne, pour un chiffre d’affaire estimé à 30 Md$ par an. C’est également un des rares domaines d’excellence russe. Il suffit de constater le succès des systèmes anti-aeriens S-400, des chasseurs polyvalent Su35 ou des chars de bataille T90 à l’export cette année pour s’en convaincre. 

C’est également un pilier de la reconstruction nationale dans la narrative du gouvernement, et les succès des équipements russes, en opérations extérieures, lors de compétitions militaires ou à l’export, sont très régulièrement traités dans les journaux télévisés nationaux. Les biathlons de chars ou d’avions de combat sont même retransmis en direct sur certaines chaines nationales, et commentés tels des évènements sportifs.

C’est enfin un des principaux leviers économique et social de l’Etat, qui contrôle ainsi certains cycles économiques du pays, en investissant notamment les recettes issus des exportations énergétiques du pays.

De fait, et comme aux Etats-Unis, l’Industrie de Défense Russe est considérée comme un acteur central de l’action économique de l’Etat. Alors que le budget des armées sera encore réduit à 2018, le budget dédié à la conception et l’acquisition des équipements de Défense sera, lui, augmenté. Le GPV 2019-2027 russe, l’équivalent de notre LPM, a ainsi défini une trajectoire budgétaire amenant les investissements annuels en matière d’équipements de Défense à plus de 30 Md$ par an, soit prés de 50% du budget total des armées.

Ce rapport très élevé (France 20%), démontre sans aucun doute, que la Russie applique les principe de Défense à Valorisation Positive, compensant le budget des armées par les recettes fiscales engendrées par la l’industrie de Défense. C’est ainsi qu’un pays ayant le PIB de l’Espagne parvient à faire peser une importante menace sur toute l’Europe, qui a un PIB 12 fois supérieure , et une population 4 fois plus importante, que la Russie.

Le second porte-avions chinois commencera ses essais à la mer en Avril

Le second porte-avions de la marine chinoise Type 002  entamera ses tests à la mer au mois d’avril, de cette année, et entrera en service avant la fin de l’année, selon le CEO des chantiers DSIC, qui ont construit le bâtiment. Le navire de 55.000 tonnes, dérivé de la classe Kuznetsov Russe, est le premier porte-avions intégralement construit en Chine, dans l’impressionnant délai de seulement 2 ans. Des rapports indiquent que la construction du 3eme porte-avions chinois, un modèle conçus et fabriqué en Chine, et disposant de catapultes électromagnétiques, et identifié comme Type003, aurait commencé au mois de Novembre 2017. Des photos du l’Ilot de ce nouveau modèle sont également apparues sur Twitter. 

A noter que l’Etat-Major de la Marine de l’APL a indiqué qu’il escomptait recevoir son premier porte-avions a propulsion nucléaire, et opérant également des catapultes EM, pour 2025. Le rythme de production de l’industrie militaire navale chinoise est extrêmement élevé et peu se synthétiser comme ceci :

  • Porte-avions : 2 à 3 ans
  • Bâtiment d’assaut (TCD, LHD) : 1 par an
  • Destroyer Lourds type 055 : 2 par an
  • Destroyer Moyen Type 052 : 2 à 3 par an
  • Frégates type 054 : 3 par an
  • Corvettes Type 056 : 4 à 5 par an
  • Pétroliers Ravitailleurs : 1 par an
  • Guerre des mines : 2 par an
  • Sous-marins d’attaque : 2 à 3 par an
  • Sous-marins lanceur d’engins : 2 à 3 ans

Si l’on considère que la durée de vie moyenne d’un bâtiment est de 25 ans dans l’APL, le format de la Marine chinoise en 2040 sera donc celui-ci :

  • 10 à 12 Porte-avions 
  • 25 bâtiments d’assaut (TCD, LHD) 
  • 50 Destroyers Lourds (type 055 ) ou croiseurs
  • 70 Destroyers Moyens (Type 052) 
  • 75 Frégates (type 054)
  • 100 + Corvettes (Type 056) 
  • 25 Pétroliers Ravitailleurs
  • 50 bâtiments de Guerre des mines 
  • 65 Sous-marins d’attaque
  • 10 à 12 Sous-marins lanceur d’engins 

Ce format est a peu prés égal à celui de l’US Navy (dans son nouveau format définie par le FYDE 2025) associée à ses alliés locaux (Japon, Corée du Sud, Australie). Mais pour arriver à cet équilibre, l’US Navy devrait se déployer intégralement dans le Pacifique et l’Océan Indien, laissant l’Atlantique aux flottes européennes et Canadiennes.

En outre, cette production est basée sur la production de bâtiments en rythme annuel ces deux dernières années. Il fait peu de doute que l’outil productif chinois évoluera dans les années à venir, pour accroitre sa production si le besoin s’en faisait sentir.

Quoiqu’il en soit, il est plus que probable que, sauf réaction très sensible des Etats-Unis, l’US Navy perdra sa position de marine hégémonique dans les années à venir, et pourrait même perdre sa première place dans le classement des marines mondiales à partir de 2030.

MBDA va recruter 1.200 collaborateurs en 2018.

Avec un carnet de commande de plus de 16 Milliards d’euro, 4,1 milliards d’euro de prises de commande en 2017 pour 3,1 milliards d’euro de facturation, le missilier Européen annonce un plan de recrutement de 1.200 collaborateurs en 2018, soit plus de 10% d’effectifs supplémentaires en un an. Le rapport commandes domestiques sur commandes exports est également excellent, avec 1,6 Md€ de commandes par les pays actionnaires du groupe (France, Royaume-Unis, Italie et Allemagne), alors que les commandes exports se sont élevées à 2,5 Md€.

L’industrie de Défense française est en excellente forme, et de nombreux plans de recrutements massifs ont été annoncés par Naval Group, Thales, Dassault, MBDA et Nexter. Dans ce contexte, une étude précise des conséquences socio-économiques de l’augmentation des commandes, et notamment des commandes domestiques, permettrait de modéliser de manière précise et indiscutable, les équilibres qui définissent l’écosystème défense français, notamment en ce qui concerne le retour fiscal des investissements publics.

Une telle étude permettrait de changer profondément les paradigmes qui régissent la planification de Défense et l’effort de Défense, et permettrait de faire de cet écosystème, non plus un cout, mais une source de revenu pour l’Etat. C’est la Défense à Valorisation Positive, qui a été décrite dans le projet Socle Défense.

L’Ukraine a signé un accord préliminaire pour commander 55 hélicoptères à Airbus Hélicoptères

L’Ukraine a signé un accord préliminaire avec Airbus Hélicoptères en vue de commander 55 voilures tournantes, H125, H145 et H225 Super Puma, à destination des forces de police, de garde frontière et des services d’urgence. La répartition exacte des unités n’est pas encore connue, mais cette commande sera effectivement la bienvenue à Marignane, alors que le site historique de Aerospatiale continue de subir les conséquences de la baisse des commandes dans le domaine offshore. Le premier ministre Ukrainien, Volodymyr Groysman, a souligné que la France était un partenaire stratégique fiable pour l’Ukraine, qui soutient la souveraineté ukrainienne.

On peut se demander pourquoi les industriels occidentaux ne s’intéressent pas d’avantages à l’industrie aéronautique et de Défense Ukrainienne ? Ce pays de 46 millions d’habitants, dispose, en effet, d’un savoir faire hautement valorisable, que ce soit au niveau des équipements terrestres, aériens ou navals, ainsi que dans le domaine des missiles. La main d’œuvre est qualifiée et économique, et les infrastructures de production sont nombreuses. 

Face à l’augmentation des prix unitaires des équipements de haute technologie occidentaux, ne serait-il pas judicieux de s’appuyer sur cette capacité de production, pour proposer des équipements destinés au second marché, comme les pays africains, qui pour l’heure ne considèrent que les offres chinoises ?

A l’image de ce que fit Renault en Roumanie lorsque le groupe lança la marque Dacia, qui aujourd’hui représente une part très significative des ventes, des groupes de Défense comme Dassault, Airbus, Thales, MBDA, Safran ou Nexter, pourraient largement bénéficier d’une stratégie plus étendue intégrant les productions ukrainiennes. Car, si la France ne le fait pas, les Turcs et les chinois, eux, ne manqueront pas de le faire…

La nouvelle doctrine « Gerasimov » a été présentée

Le Chef d’Etat-major des armées russes, le général Valery Gerasimov, a présenté l’articulation de la doctrine militaire russe pour les années à venir. Très connus pour la « doctrine Gerasimov » basée sur l’extension du périmètre de conflit vers les volets digitaux, communication et médiatiques, le général russe a, cette fois, présenté une doctrine à haute conflictualité, avec l’utilisation massive de drones de combat, de missiles de croisières et de dispositifs spatiaux, toujours associés à des opérations de propagande, de pressions politiques et cyber.

L’intervention du général Gerasimov est intéressante à plus d’un titre. D’une part, elle acte le retour des conflits stratégiques, états contre états, avec pour objectif la destruction des infrastructures de l’adversaire. Bien que ce ne soit pas relayé dans l’article, il a qualifié les « nouvelles armes » russes comme les missiles hypersoniques ou le planeur Avangard, d’armes stratégiques de dissuasion ne nécessitant pas de charge nucléaire. On comprend dés lors que l’objectif de ces équipements est, bel et bien, de porter des frappes profondes à visée économique, politique  ou industrielle, sans franchir le seuil de conflictualité nécessitant l’utilisation d’armes nucléaires.

C’est par exemple le cas du drone sous-marins Status-6 Poseidon, présenté comme capable de traverser l’atlantique pour porter des attaques sur les cotes de l’adversaire. Un tel dispositif pourrait efficacement bloquer les ports militaires et civils sur la façade atlantique des cotes américaines et européennes, toujours sans utiliser de charge nucléaire.

D’autre part, la dimension « hybride » de la doctrine est passée au second plan, n’apparaissant que comme des outils complémentaires pour préparer l’entrer ou la sortie de crise. Il faut dire que, si la doctrine de guerre hybride a rencontré de vrais succès en Géorgie, Moldavie mais surtout en Crimée, elle a également montré ses limites dans le Donbass.

On retiendra de cette intervention que la Russie anticipe désormais des conflits majeurs, de haute-intensité, et s’étendant dans le temps. Comme les Etats-Unis, et comme la Chine … 

La Marine Sud-Coréenne est intéressée par les sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda de Naval Group

Le Think Tank en charge de l’étude de l’option SNA pour la Marine Sud-Coréenne a rendu un rapport selon lequel le Barracuda de Naval Group, qui remplacera les Rubis de la Marine Nationale au cours de la décennie à venir, constituait le meilleur choix. Le sous-marin nucléaire français est jugé performant et sur par les sud-coréen, et présente l’avantage de fonctionner avec un réacteur utilisant de l’uranium faiblement enrichie. Or, la Corée du Sud est tenue de ne pas utilisé d’équipements à uranium enrichie à vocation militaire, et doit se limiter aux applications civiles ou à l’utilisation d’uranium faiblement enrichie. Il n’est pas précisé si des contacts ont déjà été pris avec la France, mais l’opération est jugé performante en terme militaire et abordable du point de vue économique.

Jusqu’à présent, aucun des pays occidentaux construisant des sous-marins nucléaires n’en a jamais cédé à autre Etat.  Mais les lignes bougent … D’une part, du fait de la Russie, qui a déjà loué des SNA à la Marine Indienne, et qui est en discussion avec d’autres états pour faire de même. La Chine a également fait savoir qu’elle proposerait prochainement des SNA sur le marché Export. D’autre part, la France est engagée dans l’accompagnement du projet de SNA Brésilien, avec d’importants transferts technologiques et industriels. Or, dans le domaine de sous-marins nucléaires, la France, et Naval Group, dispose d’un savoir-faire et d’une expertise reconnus. Ainsi, les SNA Rubis sont les plus petits sous-marins nucléaires d’attaque jamais construits, et ont à plusieurs reprises montré des performances très élevées.

Par ailleurs, le rapport performances/Prix des SNA français est sans équivalent en occident. Ainsi, le SNA barracuda de la classe Suffren qui équipera la Marine nationale, jaugeant 5300 tonnes, et emportant torpilles, missiles antinavires et missiles de croisière, est donné à un tarif unitaire de 1,2 MD€, soit 30% de moins qu’un sous-marin de la classe Astute britannique, et plus de 50% de moins qu’un sous-marin de la classe Virginia américain.

Or, un sous-marin nucléaire d’attaque présente de nombreux avantages vis à vis des sous-marins classiques, même équipés de systèmes AIP permettant de rester en plongée plus de 3 semaines. Ainsi, un SNA n’a nullement besoin de faire surface tout au long de sa mission, et n’est limité dans la durée de celle-ci que par les capacités en vivre du bâtiment, et la pression psychologique sur l’équipage. Actuellement, ces missions durent en moyenne 60 à 70 jours. En temps de guerre, un SNA pourra rester plus de 3 mois en plongée.

En outre, un SNA n’a pas à économiser son énergie une fois en plongée, comme c’est le cas des sous-marins à propulsion classique. Ils peuvent effectuer des traversées océaniques en plongée à grande vitesse, chose impossible à un SSK.

Enfin, un SNA dispose d’une importante capacité de production électrique, ce qui, aujourd’hui, est devenue une caractéristique très recherchée pour alimenter les équipements informatiques toujours plus nombreux, et plus énergivores.

En revanche, la mise en œuvre de SNA induit également des inconvénients, parmi lesquels nous pouvons citer la difficulté à former un équipage capable de piloter un navire à propulsion nucléaire. D’autre part, les pompes du circuit de refroidissement du réacteur émettent un son faible mais continue, même a bas régime, et peuvent révéler la position du submersible. Enfin, la procédure de remplacement de la matière fissible du réacteur, si elle est peu fréquente, reste une procédure complexe, dangereuse, et nécessitant des savoir-faire rares..

Quoiqu’il en soit, pour de nombreuses marines, les bénéfices d’un sous-marin nucléaire surclassent très largement les inconvénients. Raison pour laquelle les 3 Marines Occidentales disposant de la technologie pour construire et opérer des SNA, les Etats-Unis, le Royaume-Unis et la France, ont toutes trois cessé d’utiliser des sous-marins à propulsion classique.

Le leader nord-coréen Kim Jong-un se dit prêt à mettre toutes les armes nucléaires nord-coréennes sur la table des négociations

Lors de sa visite surprise en Chine, durant laquelle il s’est longuement entretenu avec le président Chinois Xi Jinping, le leader nord-coréen, Kim Jong-un a annoncé être prêt à totalement dénucléariser la péninsule Coréenne, pour peu que les Etats-Unis et la Corée du Sud fassent de même. Selon la presse chinoise, le président chinois s’est dit disposé à soutenir cette initiative. Le président Trump et le leader nord-Coréen sont convenus d’une rencontre historique, probablement avant la fin Mai, pour tenter de négocier une solution à la crise qui oppose Corée du Nord, Corée du Sud et Etats-Unis depuis des décennies, qui s’était sensiblement intensifiée ces dernières années.

Après s’être copieusement insultés par voix de presse et sur Twitter, les leaders américains et nord-coréens vont donc, espérons-le, peut-être trouver un terrain d’entente pour faire baisser la pression dans la péninsule coréenne. Il est remarquable que ce possible apaisement trouve sa source dans le rapprochement de circonstance entre les deux Corées pendant les jeux olympiques d’hiver de cette année, qui se sont tenus en Corée du Sud, et qui auront vu une délégation mixte coréenne.

Quoiqu’il en soit, le revirement de situation est aussi brutal qu’inattendu. Mais pour la première fois depuis la fin de la guerre de Corée, la Corée du Nord dispose aujourd’hui de nombreux atouts dans son jeu diplomatique :

  • Elle a montré qu’elle disposait d’armes nucléaires et de vecteurs à longue portée capables non seulement de frapper la Corée du Sud, mais le Japon, les bases américaines d’Okinawa et de Guam, et même le sol américain.
  • Elle est à l’initiative de l’apaisement, tranchant d’ailleurs avec le discours martial tenu jusqu’à il y a peu.
  • En dépit des sanctions mondiales, l’économie nord-coréenne s’est améliorée, les problèmes alimentaires, ou encore de stock de médicaments, et pour autant que l’on puisse le juger, l’adhésion de la population nord-coréenne à son leader est plutôt importante
  • Enfin, il ne faut pas négliger le fait que Kim Jong-un a été éduqué en Europe, notamment en Suisse, et qu’il est assez empreint du style de vie occidental.

En renversant la dynamique comme il l’a fait ces dernières semaines, il peut non seulement obtenir des compensations très substantielles du camp occidental, mais également de la Chine qui, bien qu’étant dans une dynamique d’affrontement avec les Etats-Unis, n’appréciait pas ne pas être maitresse du calendrier des évènements. En outre, la dénucléarisation de la péninsule coréenne serait, pour la Chine, et également pour la Russie, un avantage stratégique, surtout si l’accord spécifie un retrait si non total, en tout cas massif, des américains de Corée du Sud.

Loin d’être le poupon cruel présenté pendant des années, Kim Jong-Un pourrait bien avoir très finement mené l’accroissement de tensions, pour en obtenir les compensations politiques et économiques les plus importantes.

La Pologne confirme l’achat du système antiaérien américains Patriot PAC-3.

Les autorités polonaises ont confirmé le 28 mars la signature d’une commande de prés de 5 Milliards de $ auprès du missilier Raytheon, pour 2 batteries de missiles Patriot Pac-3 MSE. Les négociations de ce contrat avaient rencontré plusieurs difficultés, notamment du fait que la facture totale dépassait de beaucoup l’enveloppe initiale du projet. Les batteries anti-aériennes et anti-missiles doivent entrer en service en 2022.

Bien que moins médiatisé que le contrat Caracal annulé en 2026 par les autorités polonaises, ce contrat Patriot est également très contestable. En effet, le choix s’est effectué sur Raytheon alors que le prix proposé lors de l’appel d’offres n’avait aucun rapport avec le prix d’exécution du contrat. La France et l’Italie propose le système SAMP/T Mamba utilisant le missile Aster sur le même segment que le Patriot. Les performances de ce système sont égales voir supérieures à celles du Patriot, qui n’est capable de proposer une défense 360° que depuis sa dernière version MSE.

A la différence du contrat Caracal qui fit vertement réagir les autorités françaises, et qui entraina la détérioration des relations franco-polonaises pendant prés de 2 ans, Paris semble ne pas vouloir réagir à ce contrat. Il faut dire que, parallèlement, Naval Group propose son Scorpene équipés du missile de croisiere MdCN à la Pologne, et a des chances sérieuses de succès, car seule offre à proposer un missile de croisière tirés à partir de sous-marins.

Quoiqu’il en soit, Raytheon aura fait un véritable carton plein en Europe avec le Patriot, en étant sélectionné par les 4 pays Européens ayant lancés un appel d’offres sur le sujet ces dernières années : L’Allemagne, la Suède, la Roumaine et la Pologne.

L’arrivée prochaine du missile Aster 30Block1NT, spécialement conçu pour intercepter les missiles balistiques de portée intermédiaires jusqu’à 5000 km, et utilisable sur les unités navales comme les frégates FTI ou PPA, pourra, espérons le, inverser la tendance dans les années à venir. 

Le Royaume-Uni lance les consultations pour l’acquisition de 800 véhicules de combat d’infanterie.

Le Ministère de la Défense britannique a annoncé cette semaine avoir lancé officiellement les consultations en vue d’un appel d’offres pour acquérir 800 véhicules de combat d’Infanterie 8×8. 5 constructeurs ont été consultés, dont Nexter qui propose le VBCI 2, qui vient de remporter un important succès au Qatar. Les véhicules blindés proposés seront évalués lors d’une campagne d’essais qui se tiendra cet été, pour une entrée en service début 2020. Comme pour la France, l’armée britannique prévoit d’utiliser ses VCI en coordination avec un char léger, l’Ajax, et un véhicule de transport de troupe polyvalent, le Mastiff.

Le VBCI avait déjà été évalué par l’armée britannique en 2014, avec succès. Mais finalement, la décision fut prise de lancer un appel d’offres plutôt que de procéder par un accord entre états. Il est probable que l’Allemagne n’est pas été indifférente à cette décision.

Quoiqu’il en soit, le VBCI 2 a des arguments sérieux à faire valoir face à ses concurrents, et notamment l’excellente tenue de son grand frère, le VBCI, au Mali. Plus lourd de prés de 4 tonnes, pour un poids total de 32 tonnes, du fait du renforcement des protections notamment contre les IED et les roquettes anti-char, le VBCI 2 reste très mobile grâce à un moteur de 600 Cv, 50 de plus que le VBCI.

Toutefois, pour détrôner le Boxer allemand, il faudra aux négociateurs français changer de méthode d’approche. Comme le Léopard 2 avant lui, le Boxer s’est construit une réputation de « meilleur blindé de sa catégorie », alors même qu’il n’a pas été utilisé massivement au feu, ni déployé en Opex. Et nous l’avons vu, les Leopard 2A4 Turcs ont connu des succès très relatifs et des pertes importantes lorsqu’ils furent (mal) utilisés en Syrie, alors que les Leclerc Emirati ont donné pleine et entière satisfaction au Yemen.