lundi, décembre 1, 2025
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Les forces françaises peuvent-elles s’affronter aux défenses anti-aériennes modernes ?

L’institut français des relations internationales, l’IFRI, a publié une étude remarquable sur les capacités présentes et à venir des forces françaises à pouvoir s’opposer à des systèmes de défense anti-aérienne moderne, comme les systèmes russes ou chinois. Cette étude présente une vue exhaustive des systèmes de défense anti-aérienne en fonction, et à venir dans un futur proche, ainsi que les moyens dont disposerait la France pour les contrer. 

Les conclusions sont, sans surprise, inquiétantes. Même si le Rafale dispose de moyens de protection très efficaces, comme SPECTRA, sa capacité à affronter seul ces systèmes est très limitée. En outre, le stock de munitions capables d’éliminer ces menaces, comme le SCALP EG et le MdCN, sont très restreints.

En d’autres termes, en dehors d’une coalition avec des alliés disposant de puissantes solutions de brouillage et/ou de capacités SEAD, les capacités d’entrer en premier des forces françaises, pourtant considérées comme essentielles tant par les Livres Blancs 2008 et 2013, et la Revue Stratégique 2017, sont largement limitées.

C’est le même constat qui guida la rapide étude publiée en juin 2018, concernant l’opportunité de concevoir et d’acquérir un Rafale de guerre électronique, pendant français des EF-18 Growler.

Le lancement du Programme Rafale F4 créé des remous politiques en Inde

Lors du lancement officiel du programme concernant le standard F4 du Rafale, Florence Parly, la ministre des armées, a fait référence à la livraison de 28 rafales qui doit avoir lieu à partir de 2023, ainsi qu’à la commande de 30 nouveaux rafales, prévue par la LPM. Mais visiblement le message a été reçu de façon très confuse à l’internationale, plusieurs sites ayant mal interprétés les propos de la ministre.

Ainsi, beaucoup de sites spécialisés ont publié sur une nouvelle commande de 28/30 Rafale pour 1,9 Md€/2,3 Md$,alors que ce montant ne concernait que le programme de développement du nouveau standard.

Il n’en fallait pas plus à l’opposition indienne pour monter au créneau, encore une fois sur la base d’informations incomplètes ou fausses, et d’un article erroné, pour dénoncer l’écart de prix entre l’acquisition de 28 Rafales par la France, et celle de 36 Rafales par l’Inde. Au point que l’ambassadeur de France a du lui même se fendre d’un tweet, pour répondre à ces allégations et remettre les pendules à l’heure.

La Russie a exporté 30 avions de chasse en 2018

En plus des 50 avions de combat livrés aux forces aériennes nationales, l’industrie aéronautique russe a livré, en 2018, 30 chasseurs à ses clients internationaux, soit 12 MiG29M/M2 à l’Egypte, 10 Su-35 à la Chine, 4 Su-30SM au Kazakhstan, et 4 Yak-130 au Laos. Ceux sont donc 80 chasseurs qui auront, au total, été livrés cette année, soit 4 fois plus que la France n’a livré de Rafale sur la même période.

2019 verra probablement des chiffres sensiblement équivalents. 

La Darpa veut étudier la prédictivité géopolitique par le Big Data et l’IA

Sous l‘acronyme KAIROS, pour « Knowledge-directed Artificial Intelligence Reasoning over Schemes », la DARPA, l’agence d’innovations disruptives du Pentagone, développe un programme basé sur l’Intelligence Artificielle et le Big Data, dont le but est de « prévoir les grands évènements futurs », sur la base de l’analyse des évènements passés et présents, à l’échelle des Etats. 

Au delà de tout l’aspect émotionnel et de l’imaginaire que peuvent transporter de telles perspectives, il s’agit avant tout d’étudier les profils émergents dans la masse des informations disponibles, de sorte à pouvoir potentialiser les évolutions possibles, à l’image des prédictions météorologiques. Toutefois, le nombre comme la nature des paramètres a étudier  en matière de prédictions géopolitiques sont bien plus nombreux et complexes que ceux employés en météorologie, pourtant un sujet déjà très difficile et gourmant en ressources.

En revanche, si le projet parvenait à aboutir, il offrirait non seulement la capacité à anticiper statistiquement l’évolution des crises, mais de tester divers scenarios pour en évaluer l’efficacité avant d’agir.

En France, le docteur Philippe Fabry, a développé une théorie relativement comparable, appelée historionomie, selon laquelle les grandes sociétés humaines respectent des cycles prédéfinis et relativement précis dans leurs temporalités. Son approche, si elle est séduisante, est purement qualitative, et ne permet pas de potentialiser les évolutions possibles, lui faisant perdre beaucoup de son efficacité.

Reste que, aujourd’hui, et malgré des décennies d’observations et un nombre limité de valeurs numériques à prendre en compte, il reste très difficile de faire des prévisions météorologique précises au delà de 4/5 jours. La multiplicité des paramètres à prendre en compte, leur nature très disparate et parfois difficilement quantifiable, et l’absence de théories marquées dans le domaine, rendent ces travaux pour l’heure, et pour très longtemps, plus qu’expérimentaux.

A noter qu’une technologie de ce type pourrait également être transposée au niveau économique, et plus particulièrement au niveau des variations boursières. En effet, ces dernières résultent en parti des mêmes paramètres économiques, sociologiques, et politiques que l’évolution des sociétés humaines, ainsi que de certains critères relevant de la psychologie. Une telle approche remettrait dès lors en question toute l’organisation actuelle des marchés à l’échelle de la planète, créant de fait une crise d’ampleur sans précédant. 

Une seconde boite de pandore, en quelque sorte …

La France et l’Allemagne veulent se rapprocher du point de vue de la Défense

Au delà de la coopération industrielle, la France et l’Allemagne veulent renforcer leurs coopérations en matière de Défense. C’est ce qu’a indiqué la Ministre Florence Parly lors de l’annonce officielle du développement du standard F4 du Rafale, à Mérignac, le 14 janvier.

L’objectif de ce rapprochement serait d’étendre les liens et les engagements de défense entre les deux pays, au delà des accords de 1963. Un débat est en cours en Allemagne sur l’opportunité de se rapprocher de la France en matière de dissuasion nucléaire, et de ne plus dépendre de l’OTAN, donc des Etats-Unis, dans ce domaine.

Ce débat est lié au remplacement des Tornado allemands, Berlin souhaitant acquérir des Typhoon de fabrication nationale, mais Washington ayant fait savoir que l’adaptation de la bombe nucléaire traditionnelle B61 sur Typhoon n’était pas à l’ordre du jour. Un moyen très efficace (parmi d’autres) pour promouvoir le F35.

La Russie prévoit de disposer de 32 drones stratégiques sous-marins Status-6

Selon l’Agence TASS, la Marine russe prévoirait de disposer de 32 systèmes stratégiques Status-6, la torpille nucléaire océanique capable d’emporter une charge conventionnelle lourde ou une charge nucléaire de 2 Mégatonnes. Pour les déployer, elle disposerait  de 2 sous-marins spécialement modifiés de la classe Yassen ; la première unité, le Khabarovsk, est actuellement en construction. Les drones et leurs sous-marins porteurs seront, d’après l’article, répartis entre la flotte de la mer du nord, couvrant l’Atlantique Nord, et la flotte du Pacifique. 

La DARPA s’intéresse au cerveau des insectes pour l’Intelligence Artificielle

L’agence de recherche de Défense américaine, la DARPA, a lancé un appel à projet pour étudier, reproduire et appliquer les mécanismes ducerveau des petits insectes volants en matière d’Intelligence artificielle. Selon l’agence, les petits insectes montrent une optimisation exceptionnelle de leurs capacités cognitives et de traitement de leurs différents senseurs, alors qu’ils n’ont qu’un nombre restreint de neurones. Comprendre et reproduire ces mécanismes pourraient s’avérer très efficaces, tout en réduisant la consommation d’énergie des processus d’IA.

Il faut noter que d’autres expérimentations sont en cours en matière d’IA basés sur l’observation des insectes. Ainsi, de nombreux laboratoires au travers du monde se penchent sur la notion d’intelligence collective, ou d’intelligence de ruche, un domaine trouvant ses applications notamment dans les programmes d’essaim de drones.

La Chine met en alerte ses batteries de missiles balistiques antinavires longue portée

Petit à petit, la Chine monte en tension au sujet de la protection de la mer de Chine. En effet, les chaines d’Etats chinoises ont annoncé cette semaine la mise en alerte des batteries de missiles balistiques antinavires DF-26, situées sur les plateaux désertiques du nord-ouest du pays, en réponse à l’entrée d’un destroyer américain dans les eaux que la Chine estime désormais comme siennes, après avoir déployer de façon très contestée, des bases militaires sur des atolls inhabités en mer de Chine.

Selon les autorités chinoises, le missile DF26 est capable d’atteindre un bâtiment à plus de 6000 km de distance. Mais de nombreux experts occidentaux estiment que les capacités annoncées par Pékin à leur sujet, et du DF21 qui le précède, sont très largement exagérées, et que ces missiles n’ont pas de capacité à frapper un bâtiment en mouvement.

Le Pentagone inquiet des retombées du bras de fer au sujet du mur de Donald Trump

Le Pentagone craint d’être le grand perdant du bras de faire qui oppose depuis plusieurs semaines l’administration du président Trump, et le Congrès à majorité Démocrate, au sujet de la construction d’un mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. En effet, le Pentagone cherche désormais quels programmes de construction il pourrait retarder ou supprimer,si le président venait à décréter l’Etat d’Urgence, lui donnant le droit de puiser dans les fonds fédéraux, donc du Pentagone, pour construire le dit Mur.

C’est la seconde fois en quelques mois que le pentagone se voit obliger de revoir rapidement ses priorités et ses programmes. Au mois d’Octobre, en effet, le président Trump avait soudainement estimé que les forces armées américaines devaient être en mesure de faire une économie de 5% sur leurs budgets de fonctionnement, après avoir quelques mois plutôt sensiblement augmenté leurs budgets. Une situation particulièrement délicate à gérer, les armées se construisant sur un temps long, et s’adaptant mal à ce genre de rebondissement.

Le Japon va passer commande de 63 F35A et 42 F35B

Les autorités japonaises ont annoncé officiellement qu’elles allaient passer commande de 63 F35A supplémentaires, ainsi que de 42 F35B, version à décollages et atterrissages courts et verticaux de l’avion de Lockheed. Les F35A vont rejoindre les 42 appareils déjà commandés, pour remplacer une centaine de F15J vieillissants. Les F35B seront eux destinés à être déployés sur les 2 porte-aéronefs de la classe Izumo, qui seront modifiés à cet effet.

Cette décision a été prise, selon les autorités nippones, pour répondre au renforcement de la flotte de haute-mer chinoise, dont le deuxième porte-avions est en essais, et le 3eme en construction. C’est également un moyen, selon elles, de rééquilibrer la balance commerciale avec les Etats-Unis, trop excédentaire selon le président Trump.