L’US Army a transmis au congrès une demande pour l’acquisition de 2 batteries de protection anti-aérienne Iron Domeà acquérir auprès d’Israël. L’objectif de cette commande serait d’assurer l’intérim dans l’attente d’une solution nationale, tout en renforçant et systématisant la protection des unités déployées face aux drones, obus d’artillerie, roquettes et missiles de croisières.
Le système Iron Dome, en service depuis 2011, a montré son efficacité lors des attaques massives à la roquette et au mortier du Hamas. Dans l’avenir, l’US Army considère que ces missions seront dévolues à des systèmes mixtes utilisant des lasers à haute énergie (système Skyguard) et des systèmes combinés canons/missiles SHORAD.
L’époque des « capital ships » est-elle révolue ? C’est en substance la tendance qui émerge d’une réflexion très soutenue au sein de l’US Navy, estimant que celle devrait faire évoluer son format, et intégrer une importe flotte de bâtiments beaucoup plus petits que les bâtiments actuels, et dénués d’équipage !
Dans cette vision, les bâtiments classiques, disposant d’équipages, agiraient comme des unités de contrôle et de coordination (et de maintenance ndlr ?) au profit d’une flotte de bâtiment-drones qui porteraient, eux, les décepteurs (radars, sonars) et les effecteurs (missiles, artillerie, torpilles..). Cette approche permettrait d’optimiser les moyens disponibles sur la zone de couverture, tout en réduisant le besoin humain, une denrée déjà rare aujourd’hui.
Elle répond également aux tendances fortes en cours, comme la furtivité de plus en plus importante des bâtiments comme des aéronefs, obligeants les moyens de détection soit à être beaucoup plus puissant, soit à être beaucoup plus nombreux.
C’est également, et peut-être avant tout, un moyen pour les Etats-Unis de répondre au challenge de la Chine, et de ses 1,4 Md d’individus, face aux 325 millions d’américains.
Ce serait un euphémisme que de dire que la Revue de Défense antimissile américaine était attendue avec impatience. Plusieurs fois reportées, cette étude devait proposer une étude de l’évolution de la menace balistique et des recommandations pour y faire face. Avec l’émergence d’armes de nouvelle génération, comme le planeur hypersonique Avagard russe, la tache était ardue.
C’est désormais chose faite.
Comme prévu, la revue met l’accent sur les nouveaux systèmes hypersoniques et furtifs destinés à contrer les défenses anti-missiles actuelles, comme le THAAD, ou le système naval Aegis. Pour répondre à ces nouvelles menaces, la revue envisage 3 solutions distinctes :
L’adaptation d’armes actuelles, comme le missile SM3, et le F35, pour assurer des missions antibalistiques.
Le développement de drones équipés de laser, assurant une couverture permanente haute altitude du territoire US
Enfin, le développement de solutions de détection et d’interception spatiales, une approche qui n’est pas sans rappeler l’Initiative de Défense Stratégique de Donald Reagan.
Contrairement aux années 80, le besoin et les solutions envisagées n’ont pas pour objet d’attirer l’adversaire dans une course technologique, mais de répondre à une menace avérée, et constatée, face à laquelle les systèmes actuels sont inefficaces.
La revue préconise également de nouvelles installations antimissiles, et l’évolution de la doctrine antimissile, déplaçant sa stratégie régionale actuelle vers une stratégie nationale.
Quoiqu’il en soit, si une seule conclusion devait être tirée de ce document, ce serait que les Etats-Unis semblent aujourd’hui, et pour la première fois depuis les années 60, avoir perdu l’initiative technologique en matière de Défense.
Avec la montée en puissance des forces militaires russes et chinoises, les Etats-Unis ont repris conscience de la nécessité de disposer d’une flotte logistique puissante. Or, les bâtiments du Sea Lift Command atteignent pour la plupart leur limite d’âges, faute d’avoir anticiper la résurgence de ce besoin. Conséquence, l’US Navy a dû lancer, en urgence, une étude pour concevoir une nouvelle stratégie afin de recapitaliser le Sea Lift Command.
Si, dans un premier temps, l’étude envisageait, pour réduire les couts, de ne concevoir qu’une seule coque pour l’ensemble des bâtiments de la flotte, il est rapidement apparut qu’il serait nécessaire d’en avoir au moins deux : une coque dédiée au transport de marchandise et d’équipements, privilégiant les grands espaces intérieurs, et une coques dédiées aux bâtiments à forte composante humaine, comme les navires hôpitaux, ou les navires ateliers.
Quoiqu’il en soit, le Sea Lift Command devrait désormais rapidement être en mesure d’entamer sa reconstruction, les premières commandes étant attendues pour 2023, et les premières livraisons pour 2026.
Après la Slovaquie, c’est au tour de la Bulgarie de choisir la dernière version du chasseur de General Dynamic, aujourd’hui Lockheed, le F16V, pour remplacer ses Mig-29 obsolètes. Les autorités bulgares ont confirmé être entrées en négociation exclusives avec Lockheed Martin, pour l’acquisition de 8 F-16V, et ce au détriment de Saab qui proposait son Gripen E/F, alors que l’Italie proposait elle des Typhoon d’occasion.
Le F16V se taille la part du lion sur le marché des chasseurs légers depuis sa présentation officielle en 2012. Il a été choisi par la Grèce et la Corée du Sud pour moderniser leurs flottes de F16 actuelles, par Bahreïn pour à la fois moderniser ses F16 block 40 et acquérir de nouveaux appareils, et par la Slovaquie. L’appareil est équipé du radar AESA APG-83, et est optimisé pour collaborer avec les appareils de 5eme générations (américains).
Voilà une information qui ne surprendra pas les habitués d’Analyse Défense. Dans son rapport au congrès sur la Chine, la DIA, l’Agence de renseignement de la Défense, estime probable le développement d’un troisième chasseur de 5eme génération par la Chine, un appareil destiné à remplacer le chasseur-bombardier JH-7, dérivé du Su-24 soviétique.
Ce programme de développement est cependant fréquemment abordé depuis quelques années par les spécialistes des forces militaires chinoises, et des esquisses avaient même été publiées montrant un appareil ayant ses entrées d’air sur l’extrados. Une telle configuration optimise la furtivité de l’appareil vis-à-vis des radars au sol.
2 chasseurs-bombardiers JH-7 du constructeur Xian
Depuis le début des années 80, la Chine a produit méthodiquement un nouvel appareil tous les 5 ans en moyenne :
Année 1er vol
1992
1998
2003
2012
2018
Appareil
JH-7
J11
J10
J16
J20
Selon toutes vraisemblances, les prochaines annonces chinoises devraient donc concerner le remplaçant du JH-7, le chasseur-bombardier JH-XX, entre 2022 et 2025, suivit du successeur du chasseur léger J-10, entre 2027 et 2030. Le successeur du J-16, donc chasseur multi-rôles polyvalent de 6eme génération, entrerait en service autour de 2035.
Concernant les bombardiers stratégiques, la Chine a d’ores-et-déjà communiqué sur l’imminence de la présentation du H-20, un bombardier furtif de type aile volante, successeur du H-6.
Enfin, il ne faut pas négliger les productions pour l’aéronautique navale, qui emploi aujourd’hui le J-15 entrée en service en 2012, et qui a annoncé sa préférence pour le FC-31, chasseur polyvalent de 5eme génération, pour équiper ses porte-avions équipés de catapultes.
Le FC31 aurait été sélectionné par la Marine Chinoise pour opérer à partir de ses porte-avions dotés de catapultes
De fait, le planning de production et de progression de l’aviation de chasse chinoise est d’ores-et-déjà bien établi pour les 20 prochaines années. Contrairement aux européens, la Chine a fait le choix de maintenir des appareils spécialisés, produits en plus petite quantité. Cette approche permet non seulement de disposer d’appareils très adaptés à chaque mission, mais de maintenir une dynamique d’innovation très importante, tant du point de vue industriel que du point de vu opérationnel.
En outre, si jusqu’à présent la Chine cherchait avant tout à rattraper son retard technologique sur l’occident et la Russie, elle pourra, par cette approche, rapidement disposer d’appareils neufs plus performants, voir de génération ultérieure, alors que les occidentaux n’en seront qu’à réceptionner leurs nouveaux appareils.
Maquette de ce que l’on pense être le JH-XX, remplaçant furtif du JH-7
La stratégie chinoise semble d’ailleurs commencer à engendrer des changements de comportements, notamment aux Etats-Unis. Après avoir imaginer une solution « tout F-35 », l’US Air Force comme l’US Navy ont toutes deux entamés les travaux préparatoires pour un appareil de nouvelle génération avec un calendrier beaucoup plus contracté qu’il ne devait l’être.
Selon le site armyrecognition, Nexter et Raytheon auraient procédé en Décembre 2018 à une phase d’essais préparatoire à la qualification de l’obus de précision Excalibur pour les systèmes CAESAR, à la demande des forces danoises qui ont commandé 15 exemplaires de la version « lourde » de l’automoteur français.
Cette annonce fait suite à celle des forces françaises de la Task Force Wagram, engagée dans l’opération Chammal en Irak, dont les CAESAR, par ailleurs très sollicités, ont utilisé pour le première fois au combat les obus de précision BONUS en opération pour éliminer des véhicules de l’Etat Islamique en Décembre dernier.
Concrètement, les unités russes vont continuer à percevoir des chars lourds T73B3M, T80BVM et T90M au cours de l’année, chacun étant une version largement améliorée et modernisée de blindés conçus par les ingénieurs soviétiques. En 2018, les forces russes ont ainsi perçu 150 chars modernisés, qui sont allés pour l’essentiel rejoindre les unités déployées le long de la frontière occidentale du pays. Les unités recevront également des véhicules de combat d’infanterie, de transport de troupe, d’artillerie, du génie etc..
On remarque toutefois dans cette liste l’absence de blindés de nouvelle génération, comme le T15/T15 Armata, le Kurganet-25, ou le Boomerang, ces blindés étant toujours considérés en phase d’essais.
L’institut de Recherche aéronautique du groupe chinois Chengdu Aircraft Industrial co, en charge notamment du J-20 et du J-10, a annoncé dans une publication avoir terminé la phase de développement d’un moteur Turbine-based Combined Cycle, ou TBCC, et va donc entamer la phase de test sur aéronef du système.
La technologie TBCC combine les avantages du moteur à réaction classique, utilisant une turbine, et du statoréacteur. Elle permet dés lors de construire des aéronefs pouvant à la fois assurer leurs transitions (décollages, atterrissage, prise de vitesse et d’altitude initiale), et de bénéficier des performances hypersoniques du statoréacteur.
Cette technologie est jugée stratégique, tant pour le développement d’aéronefs et de drones militaires, que pour le développement d’appareils civils.
Le missilier franco-britannique MBDA a annoncé avoir testé le missile anti-aérien léger Mistral dans un tir antinavirecontre une embarcation légère lors d’une campagne d’essais s’étant tenu à la fin de l’année 2018. Le Mistral, qui équipe de nombreux bâtiments de la Marine Nationale comme des marines alliées, pourrait dès lors être utilisé contre ce type de menace asymétrique, en complément des systèmes plus traditionnels comme le canon de 20 mm télé-opéré Narwhal.
Le Mistral avait déjà montré une versatilité importante. Lors de l’opération Harmattan en Libye en 2011, les hélicoptères tigre HAP français, chargé de protéger les gazelles Viviannes françaises, mais dépourvus de missiles antichars, avaient par 3 fois utilisé leurs mistrals pour détruire des cibles terrestres (un générateur, un check-point et un véhicule en déplacement rapide)