Le ministère de la Défense indonésien a annoncé la commande de 8 hélicoptères H225M Caracalet de 4 Bell 412EPI pour son Armée de l’Air. Les aéronefs seront assemblés par la société d’Etat PT Dingantara. Les 8 Caracals vont renforcer les 6 H225M déjà en service dans l’Armée de l’Air indonésienne. 12 pays utilisent le H225M dans le monde.
La programme FMAN/FMC passe une étape supplémentaire
Le projet Futur Missile AntiNavire / Futur Missile de Croisière franco-britannique destiné à remplacer les missiles Exocet, Harpoon et SCALP/Storm Shadow, vient de conclure sa phase préliminaire de définition du concept. Ainsi, le nouveau système aura une portée atteignant 1000 km (en version aéroportée), uns vitesse pouvant atteindre Mach7, donc classée comme hypersonique, et sera doté d’un profil furtif.
Comme le faisait remarqué le blog Le fauteuil de Colbert, on ignore toutefois si le missile pourra, ou non, être mis en œuvre à partir de sous-marins, comme l’Exocet SM39. En effet, pour l’heure, seule l’option de tir vertical en silo semble avoir été retenue. Cette option pourra également être potentiellement problématique pour les bâtiments français, qui aujourd’hui utilisent des conteneurs obliques pour les MM40. L’Utilisation de lanceurs verticaux pourraient donc se faire au détriment des autres missiles en silos, comme le missile Aster de défense anti-aérienne, ou MdCN de frappe longue portée.
Lire l’article en anglais (2 min)
L’US Army va moderniser 174 Abrams au standard M1A2
La société General Dynamics Land System a annoncé que l’US Army avait passé commande pour la modernisation de 174 chars lourds Abrams au standard M1A2. Cette commande étend celle concernant la modernisation de 431 Abrams à ce même standard passée en décembre 2017.
Le standard M1A2 dispose d’un nouveau blindage composite, de nouveaux systèmes optroniques et d’une numérisation avancée.
La Pologne et l’Ukraine s’associent pour développer un système de défense anti-aérien moyenne portée
La société polonaise WB Electronics et la société ukrainienne d’Etat UkrOboronProm ont annoncé leur partenariat visant à développer un système de défense anti-aérienne moyenne portéebasé sur une évolution du missile air-air R-27 d’origine soviétique.
Le système mobile proposera une portée de 25 à 110 km selon le type de guidage, et sera monté sur des camions JelCz 662D de facture polonaise. Aucune information n’a été donné concernant une quelconque calendrier, ni sur les systèmes de détection et de traitement attenant au système.
Le nouveau missile antichar Kornet-D entre en phase de test d’Etat
Comme le T14 Armata , le nouveau système antichar russe KORNET-D reposant sur le missile 9M133M Kornet sur le châssis du char léger BMD-4M est passé en phase de test d’Etat en ce début d’année.
Cette procédure précède l’entrée en service opérationnel de l’équipement dans les forces d’artillerie et aéroportée russe. Le missile tire-et-oublie Kornet dispose d’une portée de 10.000 m et peut être tiré en espace confiné. Il peut être équipé d’une charge militaire antichar ou thermobarique.
Plus de détails sur la Torpille drone stratégique Status-6 russe
L’agence d’Etat Tass a publié de nouvelles informations concernant la torpille-drone autonome stratégique Status-6, également identifiée comme « Poseidon » ou « Kanyon » par l’OTAN. Selon l’article, le drone serait ainsi capable d’atteindre des profondeurs supérieures à 1000 m, et une vitesse de plus de 100 nœuds, en utilisant le phénomène de super cavitation. En outre, TASS indique que le drone conserverait une importante capacité de manœuvre, le rendant ainsi impossible à intercepter.
Il faut cependant prendre avec précaution ces déclarations, car si la super cavitation est connue depuis de nombreuses années, on sait également qu’elle rend totalement sourd et aveugle le mobile, les bulles entourant la torpilles agissant comme une barrière opaque pour les sonars embarqués de la torpille. Ces capacités, si elles sont avérées, sont donc destinées à procurer des capacités évasives à l’engin.
Le renforcement militaire turc bouleverse les équilibres en méditerranée occidentale
Depuis son accession au pouvoir 2002 lorsque l’AKP obtint la majorité parlementaire en Turquie, Recep Tayyip Erdogan a entrepris un très important programme de modernisation et de renforcement de la puissance militaire turque, comme de son industrie de Défense. En 15 ans, le budget dédié à la défense turque est passé de 7 Md$ à plus de 18 Md$, une progression a peine ralentie par la crise de 2008. En livres turques, le budget est passé de 13,5 Md en 2202, à 70 Md en 2018, révélateur de la volonté très affirmée du dirigeant.
Cette augmentation se traduit dans d’importants programmes d’armements. Dans la décennie à venir, les forces turques recevront ainsi 100 F35A et probablement une vingtaine de F35B, 250 à 500 chars de combat modernes Altay de facture locale, 4 destroyers anti-aérien FT-2000 et 8 frégates polyvalentes FT-100 du programme MILGEM, 2 porte-hélicoptères d’assaut capable de mettre en œuvre les F35B, 6 sous-marins AIP Type214, ainsi que les systèmes S-400 et Patriot PAC3 de défense anti-aérienne, pour ne citer que les programmes les plus importants.
Parallèlement, la flotte de 250 F16 turcs va être portée au standard Block50+, avant d’être progressivement remplacée par le programme de chasseur de 5eme génération local co-développé avec la Grande-Bretagne, le TFX.
De fait, en 2030, soutenue par une croissance démographique élevée vis-à-vis des standards occidentaux, et une croissance économique soutenue, les forces armées turques constitueront une force de tout premier ordre en Méditerranée orientale, en mer noire, et au Moyen-Orient.
Ce renforcement massif n’est pas sans soulever de très vives inquiétudes, notamment parmi les voisins de la Turquie. Et ce d’autant que, depuis 2012, le président turc s’est donné comme mission de rétablir la Turquie dans ses frontières précédant la première guerre mondiale. Or, de nombreux pays ont intégré ces territoires depuis plus d’un siècle, d’autant plus facilement que le pays, alliée de l’Allemagne, était dans le camp des perdants, et que la majorité de ces territoires avaient été conquis par la force par l’empire Ottoman.
Ainsi, en Grèce, le renforcement Turc génère de très vives inquiétudes, dans la population comme dans les Etats-Majors. La péninsule hellénique, toujours très largement contrainte par son plan de redressement visant à apurer sa dette atteignant 170% de son PIB, peine à financer la modernisation de ses forces armées, de sorte à maintenir une situation d’équilibre avec son turbulent voisin.
L’inquiétude est d’autant plus importante que les deux pays sont membres de l’OTAN, et donc que la notion de défense collective ne pourra être invoqué en cas d’attaque turque sur le territoires ou les iles grecques, et que la résilience et la cohésion européenne en matière de Défense est discutable, d’autant que plusieurs pays européens hésiteront à intervenir face à la Turquie du fait de l’importante diaspora turque en Europe.
Ce cas pourrait bien représenter l’avènement ou la Némésis de la réalité de l’Europe de la Défense…
Lire l’article en anglais (3 min)
La Chine travaillerait déjà sur le successeur du chasseur J-20 de 5ᵉ génération
S’il est un pays qui dispose d’une vision stratégique à long terme, c’est bel et bien la Chine. Non seulement le pays développe aujourd’hui une force militaire de premier plan à une vitesse qui surprend les plus avisés des experts, mais elle ne compte visiblement pas se reposer sur ses lauriers dans les années à venir.
Ainsi, alors même que les premiers drones de combat chinois commencent leurs tests opérationnels, que le chasseur J-20 arrive dans les unités, et que le FC-31 est officiellement annoncé comme le probable futur chasseur embarqué de l’aéronavale chinoise, les ingénieurs des groupes aéronautiques auraient déjà entrepris la conception du futur appareil qui remplacera cette génération d’appareil dès 2035.
Et cela n’a rien de surprenant.
En effet, depuis 30 ans, la Chine dévoile un nouvel appareil tous les 5 ans, et une nouvelle génération tous les 20 ans. Au-delà du J-20 et du chasseur FC-31, le prochain appareil sera le bombardier stratégique HH-20 qui remplacera les H-6 en dotation actuellement, qui devrait être officiellement présenté d’ici à 2020.
En 2025, c’est le remplaçant du JH-7, l’avion d’attaque dérivé du Su-24 qui devrait entrer en service. Et en 2030, ce sera très probablement la version 5ᵉ génération du chasseur monomoteur J-10 qui entrera en service. Très logiquement, le successeur du J-20 devrait entrer en service en 2035.
À ce moment, la Chine aura une flotte composée presque exclusivement de chasseurs dits de 5ᵉ génération, et entamera donc sa transition vers la 6ᵉ. En procédant ainsi, les industries chinoises optimisent très nettement leurs ressources et développent leurs savoir-faire, sans période d’inactivité souvent destructrice pour la performance de l’entreprise.
Les armées, elles, sont dans une dynamique de progression constante, soutenue par ailleurs par un rythme d’exercices très importants, et par une réelle latitude laissée aux commandants d’unités pour développer et expérimenter de nouvelles tactiques et stratégies.
Ce rythme est à mettre en comparaison avec le rythme qui prévaut en Europe, ou l’on considère encore qu’un avion de combat a une durée de vie opérationnelle de 50 ans. C’est notamment ce rythme qui sous-tend le développement du programme franco-allemand SCAF, qui prévoit de développer un nouveau système de combat aérien pour 2040, donné pour être de 6ᵉ génération, en faisant l’impasse sur la 5ᵉ génération, car estimant que les appareils comme le Rafale ou le Typhoon ont le potentiel évolutif pour évoluer de la 4ᵉ à la 5ᵉ génération. Du point de vue opérationnel, la question peut, en effet, se débattre.
L’intérêt de la furtivité, point clé des appareils dits de 5ᵉ génération, est de plus en plus discutable, avec l’apparition de solutions de détection de plus en plus performantes. De même, la fusion de donnée, largement mise en avant par Lockheed au sujet du F35, peut s’implémenter dans un appareil existant. Ainsi, le futur standard du Rafale, le F4, portera largement sur cette capacité.
En revanche, du point de vue industriel, et du point de vue de la dynamique d’évolution et d’innovation, la logique chinoise supplante très largement la logique européenne. Et lorsque l’industrie franco-allemande donnera enfin naissance au SCAF, les ingénieurs chinois auront déjà entamé les travaux de la génération suivante, qui arrivera dans les unités en 2055, alors que le SCAF aura à peine atteint sa maturité.
Or, ce qui est vrais pour l’aéronautique, l’est également pour les forces navales et terrestres.
Il est plus que temps pour les dirigeants européens d’observer la dynamique mondiale en cours, et de prendre les mesures qui s’imposent pour que l’Europe, malgré son PIB au premier rang mondial, et sa population au troisième rang mondial, ne soit pas inexorablement déclassée dans les 25 années à venir…
Le planning des commandes de Su-57 russe dévoilé
Selon l’agence TASS, les planning des commandes du futur avion de combat de 5eme génération Su-57 russe prévoit la commande d’un appareil de série en 2019, un nouvel appareil en 2020, puis 13 appareils en 2021.
Il serait très hasardeux de considérer ce délai comme résultant de problèmes financiers ou technologiques. En effet, en 2019 et 2020, le planning de production des industries russes est déjà intégré, avec la livraison des reliquats de commandes de la GPV 2011-2020, avec notamment les Su-30SM, Su-34 et Su-35S.
La commande de 2 appareils de « présérie » sert donc tant à préparer la transition de l’outil industriel vers ce nouveau chasseur, qu’à livrer aux forces un appareil aux standards définitifs pour anticiper son entrée en service. En tout état de cause, il est probable qu’au dela de 2021, les forces russes recevront au moins une dizaine de Su-57 chaque année, comme c’est aujourd’hui le cas des Su-30 ou Su-35
La Chine serait proche d’un nouveau seuil militaire
Chaque année, l’Agence de Renseignement de la Défense (DIA) américaine fournit au congrès un rapport sur les évolutions constatées et prévisibles des grandes nations militaires. Le rapport de cette année consacré à la Chine attire particulièrement l’attention, car il considère que le pays serait en passe de franchir un seuil technologique et psychologique, amenant les militaires et dirigeants chinois à considérer qu’ils disposent des ressources et des forces, en quantité et qualité suffisantes pour défier les Etats-Unis dans un conflit régional, notamment concernant Taiwan.
Selon ce rapport, jusqu’à présent les dirigeants politiques et militaires chinois considéraient que l’outil militaire était en gestation, dans un processus de transformation pour atteindre un niveau comparable à celui des Etats-Unis. Cela expliquait l’apparente passivité chinoise sur la scène régionale et internationale. Mais les récentes reformes de professionnalisation, ainsi que la fulgurante progression technologique engagée par les armées depuis 10 ans, permettent désormais à ces même dirigeant d’avoir un niveau de confiance suffisant pour engager des actions d’envergure.
La prise de Taiwan apparait comme la plus probable, mais d’autres théâtres peuvent l’être également, notamment face à l’Inde, et en mer de Chine.Toutefois, le rapport conclut qu’aujourd’hui, rien ne laisse penser que la Chine anticipe une confrontation majeure globale, et envisage uniquement des conflits régionaux localisés.