dimanche, novembre 30, 2025
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D.Trump quitte le sommet de l’OTAN avec des exigences absurdes


On pouvait s’y attendre, le sommet de l’OTAN à Bruxelles les 11 et 12 juin ne s’est pas bien passé. Et c’est un euphémisme … Le ton était donné depuis quelques semaines, et les attaques incessantes de l’administration US contre ses alliés, en particulier contre l’Allemagne, accusée de subornation et d’enrichir la Russie.

Et lors de la réunion du 12, qui devait être consacrée aux relations avec l’Ukraine et la Géorgie, les tensions furent telles que les représentants des deux pays ont été priés de quitter la salle, pour que la réunion puisse se poursuivre uniquement entre membre. C’est alors que le président Trump posa, en quelque sorte, un ultimatum aux pays européens les plus riches, exigeant qu’ils consacrent 2% de leur PIB à leur Défense d’ici la fin de l’année, faute de quoi les Etats-Unis prendront leurs responsabilités « we are doing our own thing »dans le texte.

Pour conclure, comme si ce n’était pas assez, il a précisé que l’objectif des pays de l’OTAN ne devra pas se limiter à 2%, mais viser les 4% de PIB.

Ces exigences sont aussi incohérentes qu’elles sont absurdes…

D’une part, le président Trump ne peut ignorer qu’aucun gouvernement européen ne pourra céder à ses édits, sous peine de créer une extraordinaire bronca populiste dans leur pays. 

D’autre part, il n’est tout simplement pas possible juridiquement pour un gouvernement démocratique européen, par ailleurs membre de l’UE et de la zone euro, d’augmenter ses dépenses de défense ainsi, unilatéralement, avec un délais aussi court.

Ajoutons à cela que la majorité des armées européens, France inclus, ne sauraient tout simplement pas quoi faire d’une telle hausse de crédit à si court terme, en tout cas rien faire de cohérent. Elles pourront évidemment commander des équipements, mais l’industrie de Défense se retrouverait incapable de produire dans les délais, et dans tous les cas, toutes les armées européennes peinent aujourd’hui à recruter.

Quand à l’objectif de 4%, il n’a tout simplement aucune matérialité, amenant le budget Défense cumulé des pays européens à prés de 600 Md$/an, presque 10 fois le budget de la Russie. Que feraient les pays européens d’un budget plus ou moins égal à celui des Etats-Unis ? Que ferait la France de 8 porte-avions, l’Allemagne de 6000 chars, ou le Royaume-Uni de 1000 avions de combat ?

Car c’est ce que permettrait de financer une Europe à 4%…

Ce serait d’ailleurs un très mauvais signal envoyé au monde, et une course aux armements encore plus rapides que celle en cours actuellement ne manquerait pas d’émerger. Cela entrainerait également une véritable panique en Russie, qui mécaniquement renforcerait sa Défense, et se rapprocherait de la Chine encore d’avantage.

Ces points ne peuvent être ignoré, ni par les gouvernants européens, ni par les conseillés du président Trump. Les exigences de celui-ci ressemblent dont d’avantages à la préparation d’une sortie de l’OTAN des Etats-Unis, ou en tout cas une tentative de le faire par l’administration Trump. Il faut noter que le congrès US a déjà fait savoir qu’il s’opposait à une sortie de l’OTAN, confirmant par là même que l’hypothèse est bien sur la table.

Il est peu probable que les contre-pouvoirs très puissants aux Etats-Unis ne laisse le président Trump aller au bout de son projet, mais il n’en demeure pas moins que cela représente la plus grande crise existentielle pour l’OTAN depuis sa création, crise renforcée par l’attitude de plus en plus détestable de la Turquie (mais c’est un autre sujet).

Il apparaît donc indispensable, dans des délais courts, que les pays européens, y compris la Grande-Bretagne, prennent les décisions qui s’imposent pour pouvoir assurer la protection du continent sans avoir recours à la puissance militaire des Etats-Unis. Un noyau dur de pays européens, par exemple les 12 pays de l’alliance ou l’Europe des 15, sur la base d’une initiative des 3 grandes nations Européennes (Allemagne, France, Grande-Bretagne), pourrait constituer le cadre et définir les objectifs communs d’une alliance européenne de Défense équilibrée et autonome.

Bientôt une nouvelle classe de frégates chinoises

Le 20 juin dernier, les chantiers chinois lancèrent la 30èmefrégate de la classe type 054A destinée à la marine de l’APL, dont la première unité a été lancée en septembre 2006. Cette frégate de 3600 tonnes est, comme les précédentes, à vocation essentiellement ASM, grâce à un système sonar de coque et tracté (à partir de la 11eme unité) et un hélicoptère ASM. Elle dispose également d’une capacité d’autodéfense renforcée, grâce à ses 32 VLS équipé de missiles HQ16 comparables aux Aster15, et de ses 8 missiles antinavires C802, comparables aux exocets MM40. Si la Type054 n’est pas la plus moderne des frégates du moment, elle n’est est pas moins bien équipée, bien armée, et fiable. Elle a d’ailleurs été choisie par la marine Pakistanaise, qui en a commandé 4 unités.

Si la commande chinoise porte sur 30 exemplaires, il est toutefois possible que 2 unités supplémentaires soient construites avec d’entamer la construction de la classe Type054B, la nouvelle frégate chinoise destinée à entrer en service à partir de 2020. Cette nouvelle frégate sera plus lourde (4000 à 5000 tonnes selon les sources), et disposera d’une propulsion Electrique d’une puissance totale de 20 MW, alimentée par des moteurs diesels, en lieu et place de la propulsion CODAD des Type 054A. Il est également probable qu’elle disposera non pas de 32 mais de 48 VLS, et emportera des missiles surface-air plus performants, comme le DK-10A (dérivé du missile air-air PL-12) ou des versions ultérieures du Buk comme le HHQ16 C/D. Elle disposera en outre d’un lanceur octuple FL-3000N de missiles très courte porté, et de missiles de croisière et antinavire YJ-85, version supersonique largement amélioré du C802. 

Si les Type054A étaient initialement destinée à remplacer les frégates Type053, les Type054B sont, elles, destinées à accompagner la monté en puissance de la marine chinoise. Elles assureront la protection ASM des grandes unités de l’APLN comme les porte-avions Type001 et Type 002, les LHD Type 75, les LPD Type 071 et les grands destroyers Type055. Cette stratégie n’est pas sans rappeler celle de l’US Navy dans les années 80/90, avec les frégates ASM O-H Perry et Knox. 

C’est également le 15eme navire lancé par l’industrie navale chinoise, qui a dépassé les 100.000 tonnes lancés depuis le début de l’année. Cette extraordinaire productivité est la conséquence d’immenses chantiers de modernisation et d’extension des chantiers navals chinois, permettant une production intensive de navires de combat à un rythme qui n’est pas sans rappeler le rythme américain des années 80, en pleine course aux armements avec l’URSS.

Le tableau ci-dessous montre la production prévue de la dotation de l’APLN en 2020 et 2040 face à la Marine Américaine.

USChinanavies Actualités Défense | Constructions Navales militaires | Contrats et Appels d'offre Défense

On le voit, la Marine Chinoise en en phase de rattrapage de l’US Navy, rattrapage qui s’effectuera sur la période 2020-2040. Si l’APLN restera distancée en matière de navires d’assaut et de SNA, elle compensera par une flotte de frégates et de corvettes très supérieure, et par un nombre très élevé de sous-marins à propulsion conventionnelle. Il s’agit là de navires plus adaptés à des missions défensives ou de contrôle de zone qu’à la projection de puissance, ce qui correspond parfaitement aux objectifs connus de l’APL et du gouvernement chinois à l’international. 

Quoiqu’il en soit, en 2040, la Marine Chinoise aura très largement les moyens de contenir et de maintenir à distance l’US Navy sur l’ensemble de la zone Indopacifique.

Un expert US met en doute la pertinence du programme FFG(X)

Dans un rapport remis aux services de recherche du Congrès, l’expert Défense Ron O’Rourke tacle sans ménagement le programme FFG(X). Selon lui, le lancement précipité de ce programme ne s’appuie pas sur une analyse effective des besoins de l’US Navy, mais sur les opinons d’experts, par nature subjectives.

Il fait un parallèle avec le lancement du programme LCS, arguant que si le programme avait fait l’objet d’une analyse méthodique, il n’aurait pas connu le destin qu’est le sien, arrêté après 20 unités construites contre 50 prévues, et des navires aux performances trop insuffisantes pour pouvoir être déployé en zone de combat.

Et force est de constater que les arguments de M O’Rourke ont beaucoup de sens.  En effet, aujourd’hui, l’US Navy dispose de plus de 100 croiseurs (classe Tironderoga) et destroyers lourds (classe A.Burke), des navires très performants dans deux domaines : la défense anti-aérienne et la projection de puissance à terre.

En revanche, l’un comme l’autre sont peu performants en matière de lutte anti-sous-marine. En outre, un destroyer ou une frégate ne peut simultanément assurer une mission de lutte ASM et de protection anti-aérienne, les schémas de mission étant très différents.

Le programme FFG(X) devrait donc essentiellement se concentrer sur des frégates capables d’assurer leur autodéfense contre des attaques aériennes et des navires de surface, mais avant tout disposant d’un important potentiel anti-sous-marins. Or, lorsque l’on regarde les 5 finalistes sélectionnés, la lutte ASM est loin d’être la fonction la mieux représentée.

En effet, la lutte ASM ne nécessite pas un navire de trop gros tonnage, même si sa mission est océanique. Ainsi, la FREMM de Fincantieri est particulièrement lourde (7000 tonnes), alors qu’une navire de 4000 tonnes suffirait largement. En revanche, le navire doit pouvoir mettre en œuvre un sonar remorqué, une flute, un sonar d’étrave ou de coque, et un hélicoptère gréé pour la lutte ASM, et ce par mer formée. Les coques issues du programme LCS sont peu adaptées pour ce besoin.

Dés lors, quand 3 des 5 finalistes sont d’ores et déjà hors jeux vis-à-vis d’une analyse basique des besoins, et ne sont présents que sur des considérations industrielles, ont peu évidemment douter de la pertinence du programme et de son cahier des charges.

Car, sans entrer dans les détails, le navire qui répondrait le mieux aux besoins de l’US Navy aujourd’hui serait un navire de la classe 4000 tonnes, conçu par un bureau d’étude très expérimenté en ASM, disposant d’une suite sonar complète, d’une forte capacité d’autodéfense et de détection, pour compléter la capacité de protection du dispositif naval, et d’un hélicoptère embarqué gréé ASM de catégorie 9-10 tonnes. Le navire doit être par ailleurs économique pour pouvoir être produit en quantité (1 escorteur ASM / destroyer ou croiseur).

En d’autres termes, il s’agit non pas de la FREMM, mais de la FTI, qui répondrait admirablement aux besoins exactes de l’US Navy.

Le drone de combat à long rayon d’action russe entamera bientôt ses essais

S’il est bien un domaine dans lequel l’industrie de défense russe est pour le moins discrète, c’est le développement de ses drones de combat aériens, ou UCAV pour Unmanned Combat Air Vehicle. Deux projets sont pour l’heure connus :

  • le projet d’UCAV de reconnaissance armée Sokol/Tranzas de 5 tonnes
  • le Projet Okhotnik (chasseur) de Sukhoï de 20 tonnes

C’est ce dernier projet qui aujourd’hui, nous intéresse, puisque le constructeur Suckhoi annonce que le prototype pourra entamer ses essais en vol d’ici la fin de l’année

On sait très peu de chose de ce projet, si ce n’est qu’il s’agit d’un drone de combat furtif, d’une masse de 20 tonnes, et qu’il est destiné à collaborer avec le Su-57. Propulsé par le moteur Saturn Al31F qui équipe le Su-27 et le Su-30, il atteindrait la vitesse subsonique élevée de 1000 km/h, pour un rayon d’action impressionnant de 6000 km.

Avec cette annonce, la Russie montre qu’elle a bien l’intension de rester dans la course, face aux projets américains et surtout chinois, cette dernière développant aujourd’hui pas moins de 7 programmes d’UCAV furtifs parallèlement.

Cela montre également que, si l’Europe et la France avait de l’avance dans le domaine avec le démonstrateur Neuron, celle-ci va rapidement s’étioler si le projet FCAS, initialement franco-britannique et prévu pour être opérationnel en 2030, est intégré au projet franco-allemand SCAF avec une date de mise en en service reportée à 2040.

Si tel est le cas, l’Europe risque de reproduire le scénario des drones MALE, comme de nombreux autres sujets, ou nous fument initialement très en avance, pour se retrouver déclasser par manque de conviction.

Les tensions mondiales font naitre des inquiétudes sur l’approvisionnement en minéraux

Les Etats-Unis dépendent intégralement des importations pour les 17 minéraux constituant les terres rares, indispensables dans la conception de nombreux composants de haute technologie, donc pour l’industrie de l’armement. Or, c’est la Chine qui détient, à ce jour, 95% de la production de ces métaux. 

Alors que les tensions sur fond de guerre commerciale s’accentuent entre la Chine et les Etats-Unis, de nombreux experts s’inquiètent des conséquences de cette dépendance, et appellent les Etats-Unis à réorganiser sa chaine d’approvisionnement pour ces minéraux plus que précieux. Car en effet, si la situation devait venir à se tendre davantage entre les deux superpuissances, la Chine pourrait bien être tentée de suspendre l’approvisionnement des Etats-Unis, d’autant qu’elle-même peut compter sur la Russie pour fournir les hydrocarbures et les denrées agricoles dont elle manque.

La situation n’est pas meilleure pour les pays Européens, tout aussi dépendant que les américains dans ce domaine. Si l’Europe n’a pas de raison immédiate d’envisager une confrontation avec la très distante Chine, on ne peut exclure un scénario de bipolarisation opposant l’Occident et une alliance Sino-russe, aux conséquences toute aussi problématiques. 

Il est donc indispensable, pour les Etats-Unis comme pour l’Europe, de mettre en œuvre des solutions pour diminuer voir supprimer la dépendance aux terres rares chinoises. Plusieurs pays disposent de ces précieuses ressources : Le Brésil, l’Australie, et plusieurs pays africains, dont l’Afrique du Sud, la Tanzanie, le Malawi, et le Mali. Nombres de ces pays, notamment les plus pauvres, sont courtisés plus ou moins intensément par les compagnies minières chinoises et américaines, mais étonnamment pas ou peu par les compagnies européennes. 

Alors que l’Europe cherche à se doter d’une solution de Défense autonome, la question des matières premières, et plus particulièrement des terres rares, devra être traitée rapidement, faute de quoi cette dépendance commerciale risque fort de se transformer en dépendance stratégique.

Le drone terrestre armé Uran 9 se révèle très décevant en opération

Présenté au public lors de la parade militaire du 9 mai 2018 sur la place rouge, le drone terrestre armé Uran 9 a été déployé en Syrie pour être testé en situation de combat, comme c’est devenu la règle pour de nombreux nouveaux équipements russes. Alors que le BMPT Terminator 2, T72B3M ou le Su-57 ont, semble-t-il, donnés toute satisfaction, le Uran 9 s’est, lui révélé très décevant, pour ne pas dire totalement inutile. 

En effet, alors que le drone est sensé pouvoir évoluer à plus de 2,9 km de sa station de contrôle, il n’a pu dépasser les 50 m sur le terrain. Même problème pour son système d’armes, qui a montré des délais d’engagement beaucoup trop long, et une distance d’engagement réduite des 2/3 par rapport aux attentes.

Pour couronner le tout, le Uran 9 a la très fâcheuse habitude de perdre la connexion avec la station de contrôle, avec des délais de rétablissement allant de moins d’une minute, à une heure et demi .

Autant dire que, si le projet n’est pas purement et simplement abandonné, il devra retourner dans les mains des ingénieurs pour fiabiliser son fonctionnement et résoudre l’ensemble de ces malfonctions rédhibitoires. 

Il est intéressant de constater que l’information a été rendue publique, une pratique assez nouvelle pour l’industrie de défense russe. Cela ne fait que renforcer la crédibilité des rapports élogieux sur les équipements qui, eux, ont donné satisfaction en zone de combat.

Comment évoluera la marine russe dans les prochaines années

Le ministère russe de l’Industrie et du commerce vient de publier son rapport sur la construction navale jusqu’en 2035 en Russie. Aujourd’hui, 90% des productions des quelques 60 chantiers navals russes sont liés à la Défense, et la croissance de ce secteur, stratégique pour Moscou, est donc dépendante des capacités d’investissements du ministère de la Défense russe, lui même dépendant des recettes fiscales du pays, donc de la croissance et surtout du prix des hydrocarbures sur le marché mondial. C’est la raison pour laquelle le rapport étudie 3 scénarii, conditionnés par une seule variable d’entrée, le prix moyen du baril de pétrole :

  • Le premier scénario, dit « pessimiste », se base sur un baril à 40$ et une croissance molle de 1,2%. Dans ce cas, l’essentiels des investissements de la Marine russe se concentreront sur le renforcement de la « mosquito fleet », en cours actuellement, composée de patrouilleurs, vedettes lance-missiles et corvettes pour la défense côtière, ainsi que dans le renforcement de la flotte sous-marine, avec notamment l’entrée en service du futur sous-marin nucléaire Husky. Le renforcement de la flotte de surface n’interviendra pas avant 2035.
  • Le second scénario, dit scénario « novateur », envisage un pétrole à 60$ le baril, engendrant une croissance moyenne de 2%. Dans ce cas, la construction de la flotte côtière sera terminée en 2022, et sera suivi de celle de la flotte de haute mer, avec un rythme moyen d’un navire à un navire et demi par an.
  • Le dernier scénario, dit scénario « optimiste »,  évoque un baril à plus de 70% et une croissance supérieure à 3% sur la période, permettant d’entamer la construction de la flotte de haute mer dès 2020.

Les scénarii 2 et 3 sont, dans les faits, très proches, et probables, dans la mesure ou le prix du baril, après une importante chute en 2014 amenant le prix du baril à moins de 35$, est entré dans une tendance haussière forte, dépassant  aujourd’hui les 70$ pour le baril de Brent. Avec la mise à mal de l’accord iranien, et les inflexions saoudiennes pour soutenir les cours et donc restaurer ses recettes fiscales, cette tendance ne semble pas donner de signe de fléchissement sur le moyen ou long terme.

Les évolutions futures du cours mondial du pétrole Brut auront une influence majeure sur la capacité de la Russie à construire une flotte de haute mer.
Les évolutions futures du cours mondial du pétrole Brut auront une influence majeure sur la capacité de la Russie à construire une flotte de haute mer.

Parmi les programmes phares pour la reconstruction de la flotte de haute mer russe, aujourd’hui équipée de croiseurs et destroyers hérités de l’époque soviétique et modernisés avec plus ou moins de succès, quatre sont particulièrement notables :

  • le programme Super Gorshov, un destroyer de 7000 tonnes dérivé des frégates Admiral Gorshov actuel, dont 8 unités sont prévues par la GPV 2018-2025.
  • Le programme Lider, un destroyer lourd à propulsion nucléaire, comparable aux Type 055 chinois, destinés à devenir la colonne vertébrale de la flotte de haute mer russe
  • Le programme de LHD de 14.000 t dérivé de l’étude Priboy, dont la construction devrait débuter en 2021
  • Enfin, le programme de porte-avions, qui pour l’instant n’a pas de matérialité, mais qui sera très probablement lancé si les cours du pétrole se maintiennent.

Le rapport indique également que plusieurs chantiers navals ont subi de profondes améliorations ces dernières années, afin d’augmenter le tonnage des bâtiments pouvant être produits. Il précise également que de nombreux problèmes restent non solutionnés, notamment en matière de qualité des productions. Les problèmes rencontrés lors des essais à la mer des frégates Gorshov, navires d’assaut Ivan Green, et des sous-marins Iassen et Lada, confirment les difficultés que continue de rencontrer l’industrie navale russe. Selon le rapport, le manque de sécurisation des budgets et de planification sont une des causes principales de ces dysfonctionnements. 

Quoiqu’il en soit, on le comprend, la construction et le renforcement d’une flotte de haute mer, est loin d’être une priorité pour les armées russes, qui privilégient naturellement les forces terrestres et aériennes, ainsi que sous-marines, des domaines dans lesquels elles excellent. Ce besoin est d’autant moins urgent que la Chine, elle, investi massivement dans ce domaine, et construit une flotte susceptible de poser d’importants problèmes à la puissance navale américaine.

Les choix qui président à la conception de la classe Lider confirme ces choix, puisqu’en privilégiant un navire à propulsion lourd et fortement armé, la Marine russe pourra mettre en ouvre une stratégie corsaire plutôt qu’une stratégie de flotte, à l’image de celle employée par la Marine allemande pendant la seconde guerre mondiale, sans succès ceci dit.

Le nouveau missile air-air longue portée R-37M bientôt opérationnel dans les forces aériennes russes

Voilà une information qui risque bien de poser aux forces aériennes de l’OTAN des problèmes comparables à ceux générés par l’entrée en service des missiles Kinjal et Zircon. 

Le ministère de la Défense russe a annonce que les tests du missile R-37M étaient sur le point de se terminer, sous-entendant que le missile pourrait prochainement commencer à être déployé dans les unités de chasse russe. Or, avec une portée excédant les 300 km et une vitesse terminale de mach 6, le R-37M apparaît, lui aussi, comme un game changer dans la guerre aérienne, et qu’il est de nature a sensiblement affaiblir la supériorité aérienne occidentale.

En effet, ce missile, qui équipera les intercepteurs MIG-31, mais également les chasseurs Su-30 etSu-35, et le Su-57, est conçu pour intercepter et détruire les grands appareils de soutien utilisés par l’OTAN : Awacs, Ravitailleurs, P8 etc.. 

Avec une telle allonge et cette vitesse élevée, il représentera donc une menace très importante pour ces appareils indispensables au déploiement de puissance de l’OTAN. Il y a deux semaines, le Défense Comittee britannique soulignait que 80% de la puissance militaire de l’OTAN était aérienne, et un tel missile serait donc de nature à très sensiblement la réduire, et donc, par le fait, de réduire l’ensemble de la puissance militaire de l’alliance.

Comme pour le missile air-air chinois PL-15 (400 km), le missile hypersonique antinavire Zircon ou le missile hypersonique Kinjhal, l’objectif de ces équipements est de repousser au delà de la zone d’efficacité les équipements majeurs occidentaux, de sorte à conserver l’avantage dans les domaines de force, la force mécanisée pour la Russie, et la Marine chinoise.

Comme l’ecrivait Sun Tsu « Ne négligez pas de courir après un petit avantage lorsque vous pourrez vous le procurer sûrement et sans aucune perte de votre part. 

Plusieurs de ces petits avantages qu’on pourrait acquérir et qu’on néglige occasionnent souvent de grandes pertes et des dommages irréparables. »

Les petits avantages ne cessent de s’accumuler …

Passer d’une planification « temps de paix » à une planification «risque de guerre »

Un article du site National Interest nous amène à nous interroger sur la nature de la planification Défense, et des changements en cours du fait de l’accroissement des risques de conflits. Il montre que le nombre de bombardier stratégique B-21 prévu pour l’US Air Force ne devrait pas être de 100 appareils,comme prévu, mais de 164 appareils, de sorte à bénéficier effectivement de 100 appareils opérationnels, chiffre présenté comme minimum pour traiter conjointement les risques chinois et russes.

Depuis l’effondrement de l’Union Soviétique, la planification militaire avait peu à peu considéré le risque de conflit majeur comme très improbable, pour ne pas dire impossible. De fait, les abaques permettant de calculer les volumes et formats des armées ont été revus, en ignorant certains facteurs comme l’attrition de guerre, ou le besoin de saturation. C’est ainsi que le nombre d’appareils de chasse de l’armée de l’air française a été petit à petit ramené à 185 appareils, moins de la moitié du nombre d’appareils en 1990. Pourtant, la situation sécuritaire aujourd’hui, les risques de conflits majeurs, ou les besoins de projection de puissance, sont très proches de ceux existants post-1985 (fin de la crise des euromissiles et arrivée de Gorbatchev).

Il est d’ailleurs intéressant de constater que, alors que les forces russes se renforcent chaque année de manière très substantielle, il y a en Europe, de nombreux détracteurs du renforcement de la Défense, au prétexte que la Russie ne représenterait pas une menace pour les pays européens.

En France, la LPM 2018-2025 a été conçu sur la base de la revue stratégique 2017, elle même contrainte par le LBSDN 2013, qui ne considérait pas la menace russe comme avérée. C’est la raison pour laquelle les formats des 3 armées furent définis en réduisant la composante haute-intensité au profit des capacités de projection de force, l’objectif étant de pouvoir effectuer à nouveau une opération comme « Serval » ou « Harmattan » si le besoin se faisait sentir.  Malheureusement, la situation aujourd’hui est tout autre. 

La Russie entame la modernisation de sa défense anti-aérienne

Cela peut sembler paradoxal, considérant les performances actuelles des systèmes anti-aériens russes, mais la GPV2018-2027 russe (plan décennal d’équipements de défense) a défini comme l’une des priorités la modernisation des systèmes de Défense anti-aérienne de l’armée de terre russe

Cette Défense est décomposée vers 3 acteurs : les forces stratégiques et spatiales qui opèrent les systèmes longues portées comme le S-400 et le futur S-500, la marine, et l’armée de terre qui exploite les certains systèmes S-300, les systèmes BUK, TOR et Pantsir, ainsi que les canons antiaériens.

Ces derniers sont destinés à protéger les forces russes, et notamment les forces mécanisées. Elles doivent donc être à la fois mobiles et intégrées, de sorte à pouvoir faire face aux tirs de saturation, missiles de croisières furtifs et drones, tout en évitant des tirs amis. 

La modernisation portera sur les systèmes S-300 protégeant les nœuds logistiques, les Buk atteignant 100 km de portée se déplaçant à l’échelon de la division pour couvrir son déploiement, et les systèmes TOR portant à 20 km, déployés à l’échelle de la brigade, voir du régiment, de sorte à constituer une protection en bulles successives, disposant chacune de capacités de détection et de capacités d’engagements propres. L’objectif de cette modernisation est de réduire le nombre de couche, tout en intégrant l’intercommunication des systèmes, de sorte à optimiser la détection et la réponse en fonction de la menace, de sa nature et de sa dangerosité.