Les incertitudes de la LPM (en partie) mises en avant par le Sénat

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Dans le cadre du vote de la LPM 2019-2025 par le parlement, le sénat a émis plusieurs réservesportant principalement sur sa faisabilité et son équilibrage. Sans surprise, le sénat étant à majorité « LR », la sincérité de la loi de programmation militaire a été questionnée, notamment sur les points douteux, comme le report de l’effort sur les deux dernières années de cette LPM, hors mandat présidentiel.

La révision de la LPM en 2021 a également été un sujet d’inquiétude, avec la crainte que les objectifs soient révisés à la baisse si la croissance n’est pas au niveau des prévisions gouvernementales.  Enfin, les limites de l’effort de modernisation ont été pointées, notamment en matière de blindés et d’hélicoptères.

Réserves prises, le sénat a voté la LPM 2019-2025.

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Le ressenti vis-à-vis de la LPM à venir est très variable selon que l’on prenne un biais économique, politique, industriel ou opérationnel, ce qui explique les réactions très disparates à son encontre.

Si la LPM marque une rupture avec 20 ans de baisses de crédits, son articulation prête effectivement à inquiétude, notamment dans sa progression déséquilibrée. Mais ce qui est souvent ignoré, volontairement ou non, dans les avis portés, est que LPM est une LPM de transition, et que la reconstruction effective des armées n’interviendra qu’à partir de 2026. En effet, à cette date, et dans l’hypothèse ou la LPM soit effectivement respectée, les armées bénéficieront d’un budget global de 50 Md€ chaque année, soit 70% du plus qu’aujourd’hui, dont 12 Md€ seront dédiés aux programmes d’équipement, contre 6 Md€ aujourd’hui. De fait, la capacité réelle de reconstruction des armées ne sera à plein potentiel qu’à la fin de cette LPM, et les programmes annoncés ne font que combler les déficits opérationnels majeurs tout en permettant une montée en puissance progressive des capacités de production de l’industrie de Défense nationale.

De ce point de vue donc, si appliquée, la LPM est parfaitement équilibrée.

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En revanche, si l’on se place du point de vue de la menace, la LPM semble bien avoir une guerre de retard. En effet, en conservant le format des armées établi par le LBSDN2013, elle ne traite pas de la montée en puissance de menaces d’états, qu’elles soient russes, chinoises, iraniennes, turcs ou autre.

Ainsi, en limitant le nombre de char de combat à 200, et des pièces d’artillerie autotractée à 130, le nombre d’avions de combat à 225, celui des hélicoptères de combat à 77, et le nombre de frégates à 15, les capacités « haute intensité » françaises sont réduites au minimum, non pas pour être efficace, mais pour conserver les compétences militaires.

Cette situation n’est pas sans rappeler le plan d’armement des armées françaises lancé en 1938, qui prévoyait que les armées auraient atteint leur capacité opérationnelle optimale en 1942. 3 ans trop tard, de toute évidence.

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