Le Su-75 Checkmate revient à la charge aux EAU pour tenter de sortir définitivement le F-35

Les Emirats Arabes Unis ont été identifiés comme un prospect stratégique par Rostec, et ce dès l’entame de la communication autour de ce programme. Moscou et Abu Dhabi sont en effet en discussion autour d’un programme de chasseur léger commun depuis plusieurs années, alors que l’état arabe a déjà acheté plusieurs équipements majeurs auprés des industriels russes, y compris le système anti-aérien Pantsir S-1. Avec l’annonce de l’intention émirati d’acquérir 50 F-35A auprés des Etats-Unis, les chances pour le conglomérat industriel de défense russe de s’imposer dans le pays reculèrent drastiquement. Avec la mise en attente de ce programme par Joe Biden suite à son accession à la Maison Blanche, les espoirs russes furent ravivés, et le Su-75 fut au centre de l’attention lors du salon Dubaï Air Show en novembre 2021.

Mais c’est incontestablement la commande de 80 avions Rafale auprés de la France annoncée en décembre 2021, puis l’annonce de la suspension des négociations entre Abu Dhabi et Washington au sujet des F-35 en raison du manque de progrès depuis une année, qui redonnèrent des couleurs aux ambitions russes pour son appareil vers ce client. Depuis celles-ci, les services russes multiplient les ouvertures pour tenter d’attirer les autorités émiriennes à considérer une coopération dans le cadre du developpement du Checkmate. Et d’arguments, les russes ne manquent pas, puisque selon le site DefenseNews, ceux-ci n’hésiteraient pas à proposer une co-production sur une base 60%/40% au sujet du Su-75, avec de très importants transferts de technologies à la clé pour l’industrie aéronautique et de défense émirienne, sujet d’une ambition stratégique de la part du pays.

Aujourd’hui, seul Israël a été autorisé à acquérir le F-35 au Moyen-Orient, un avantage que l’Etat hébreux fait tout pour préserver

De fait, l’offre russe semble très alléchante pour Abu Dhabi, et pourrait être interprétée comme un rapprochement entre les EAU et la Russie. Il faut toutefois se montrer prudent au sujet d’une telle interprétation. En effet, l’hypothèse la plus probable est qu’Abu Dhabi reproduirait ici la stratégie mise en oeuvre par Riyad en 2017, lorsque l‘Arabie saoudite annonça la commande de batteries S-400 auprés de la Russie après que Washington ait bloqué des autorisations d’exportation de certains materiels militaires critiques en réponse à l’intervention saoudienne au Yemen. Toutefois, quelques mois plus tard, l’Arabie saoudite a été autorisée à commander de nouvelles batteries Patriot PAC-3 et surtout l’acquisition de batteries anti-missiles THAAD, et devint le premier pays à pouvoir acquérir ce système particulièrement sensible.


Le reste de cet article est réservé aux abonnés

Les articles en accès intégral sont accessibles dans la rubrique « Articles Gratuits« . Les abonnés ont accès aux articles Actualités, Analyses et Synthèses en intégralité. Les articles en Archives (plus de 2 ans) sont réservés aux abonnés professionnels.

A partir de 5,90 € par mois (3,0 € par mois pour les étudiants) – Sans engagement de durée.


Related posts

Meta-Défense

GRATUIT
VOIR