L’hypothèse du chantage nucléaire se concrétise à Pékin sur le dossier Taïwanais

Dès l’entame des opérations militaires en Ukraine fin février 2022, Moscou entreprit de faire croitre les tensions avec l’occident en multipliant les démonstrations de force, les exercices et les déclarations concernant l’usage possible de ses capacités nucléaires. Pour le Kremlin, il s’agissait d’empêcher les Européens et les Américains de répondre favorablement aux demandes ukrainiennes quant à la mise en oeuvre d’une zone d’exclusion aérienne mais également contre la livraison de systèmes d’armes performants occidentaux aux armées ukrainiennes. Si effectivement la « No Fly Zone » au dessus de l’Ukraine n’a jamais été mise en place, à juste titre puisque le risque d’une globalisation du conflit aurait été bien trop élevé, les européens et américains ont augmenté progressivement les quantités et les performances des materiels militaires fournis aux ukrainiens, sans que Moscou, et la menace nucléaire brandie de manière répétée, ne puissent effectivement s’y opposer.

Toutefois, les résultats obtenus semblent avoir convaincu les autorités chinoises. En effet, à l’occasion de la controversée visite de la présidente de la Chambre des Représentants américaine, la députée démocrate du Californie Nancy Pelosi, Pékin a multiplié les démonstrations de force, y compris en ce qui concerne ses armes nucléaires, ainsi que les annonces laissant entendre qu’une intervention militaire américaine pour s’opposer à l’annexion de Taïwan par la République Populaire de Chine, pourrait donner lieu à l’utilisation d’armes nucléaires, y compris stratégiques. C’est ainsi que plusieurs videos montrant le déploiement et le ravitaillement de missiles balistiques intercontinentaux DF-5 furent publiées quelques jours après la visite éclair de la parlementaire américaine à Taipei, ainsi que divers photos et videos d’autres systèmes d’armes à plus courte portée, comme le DF-16, le DF-27 et le DF-15B. Quant à la menace, elle fut portée dans la presse chinoise par différents analystes et anciens officiers de l’APL, une manière de ne pas impliquer directement l’Etat chinois tout en faisant clairement passer le message.

Le DF-5A est un missile balistique intercontinental à carburant liquide d’une portée de 15.000 km capable d’emporter jusqu’à 6 ogives nucléaires MIRV

La nouvelle posture chinoise, qui jusqu’à présent n’avait jamais, même indirectement, développé de telles méthodes, n’est en soit pas une surprise. En mai 2022, le commandant l’US Strategic Command, l’Amiral Charles Richard, avait ainsi prévenu qu’il fallait désormais s’attendre, à la vue des postures employées par Moscou dans le cadre du conflit ukrainien, à ce que la Russie, mais également la Chine, multiplient ce type de menaces et postures afin d’entraver les capacités de nuisance voire d’intervention des pays occidentaux. Il n’aura donc guère fallu attendre pour que cette prédiction se concrétise, même si, dans le cas chinois, la menace est plus indirecte que dans le cas russe, le conflit l’étant lui aussi de la même manière.


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