Conscription ou Garde Nationale : quelle est la meilleure solution pour renforcer la masse des armées ?

Face aux besoins d’accroitre la masse des armées européennes, deux modèles s’opposent : celui de la conscription et celui de la garde nationale. Chacun d’eux offre des atouts qui leur sont propres, mais aussi des contraintes non négligeables. Dans cet article, nous étudierons ces deux approches, pour tenter de déterminer laquelle serait la plus performante en Europe, dans le contexte sécuritaire actuel.

Si traditionnellement, les armées européennes s’étaient presque toutes tournées vers la Conscription au cours de la Guerre froide, elles ont majoritairement fait le choix de la professionnalisation dans les années 90 et 2000.

Il s’agissait alors de répondre simultanément à la baisse des tensions en Europe, et de s’adapter aux besoins de projection de puissance et d’engagement distant de ces années, pour lesquelles les armées de conscription étaient mal adaptées.

Le retour des risques de conflit majeur sur le vieux continent, ainsi qu’au Moyen-Orient et en Asie-Pacifique, a considérablement transformé la nature même des missions auxquelles ces armées devront répondre dans les années à venir.

Le retour du débat sur la conscription pour accroitre la masse des armées

Concomitamment, la guerre en Ukraine a taillé en brèche la perception, pourtant très ancrée, de la supériorité opérationnelle et doctrinale des armées exclusivement professionnelles, qui souffrent d’un déficit de masse et de résilience, que l’on sait désormais des plus problématiques, alors que les conflits peuvent s’étendre sur la durée.

L’augmentation du format des armées professionnelles, que l’on pouvait considérer comme la solution de prédilection à ces besoins, est très difficile à mettre en œuvre.

Non seulement les coûts pour les états seraient considérables, mais les difficultés que rencontrent aujourd’hui les armées occidentales en matière de recrutement et de fidélisation, rendent cette hypothèse caduque.

conscription
Le service militaire a été suspendu en France en 1997, pour se tourner vers une armée exclusivement professionnelle.

Il n’est donc en rien surprenant que la question d’un retour à la conscription s’invite à nouveau dans le débat publique et politique. À ce sujet, l’ancien premier ministre français, Edouard Philippe, a ouvertement posé le sujet comme un potentiel pivot de l’élection présidentielle de 2027.

Étonnamment, le probable futur candidat a posé la question uniquement du point de vue des questions de défense, et écarté les considérations politiques qui pourtant, souvent, viennent polluer le débat, en considérant que la conscription serait un remède fantasmé aux tensions sociales dans le pays.

La conscription ayant été le socle de la dissuasion conventionnelle européenne, que ce soit pour les pays d’Europe de l’Ouest appartenant à l’OTAN, comme des pays d’Europe de l’Est appartenant au Pacte de Varsovie, pendant la guerre froide, il est naturel que l’hypothèse soit privilégiée par des hommes politiques l’ayant connu et expérimenté personnellement.

La Garde Nationale, un modèle performant pour renforcer les armées

Pourtant, il existe un second modèle, conçu pour répondre aux problèmes de masse et d’engagement de longue durée, mis en œuvre par nulle autre que la plus puissante force militaire de la planète, les Etats-Unis.

En effet, outre Atlantique, la conscription n’a que très exceptionnellement été instaurée, et toujours de manière partielle. Les armées américaines peuvent, en effet, s’appuyer sur une très puissante Garde Nationale, une force de réserve opérationnelle dirigée directement par les Etats, et coordonnée par les armées fédérales.

Garde Nationale américaine
L’US National Gard dispose de moyens très entendus, y compris en matière d’hélicoptères et d’avions de combat, et est régulièrement déployée en zone de combat outre-mer, comme c’était le cas en Afghanistan et en Irak.

Aujourd’hui, l’US National Gard est l’une des plus importantes forces militaires de la planète, avec presque 500 000 hommes, 8 divisions d’infanterie, 62 brigades de soutien ou spécialisées, et des dizaines de milliers de véhicules blindés, hélicoptères et avions de combat, y compris les plus modernes comme le F-35A.

Il convient donc, pour avoir une compréhension étendue de cette problématique qui s’impose à toutes les armées européennes aujourd’hui, d’évaluer les caractéristiques, atouts et contraintes, de ces deux approches, pour déterminer laquelle est la plus à même de répondre aux enjeux de défense du vieux continent dans les années et décennies à venir.

Garde Nationale vs Conscription : quel modèle choisir ?

C’est probablement dans le domaine des capacités opérationnelles que les deux approches diffèrent le plus radicalement, tant leur nature et structure sont opposées.


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