vendredi, février 23, 2024

La Marine chinoise progresse 7 fois plus vite que l’US Navy, et cela inquiète les amiraux américains

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Depuis bientôt une dizaine d’années, les spécialistes occidentaux de la Marine chinoise, alertent quant aux immenses progrès réalisés par l’industrie navale chinoise, tant en termes de qualité que de quantité des navires produits.

Cette inquiétude est, depuis quelques années, reprise avec régularité par les chefs d’état-major américains, en charge de ce théâtre, alors qu’ils observent, année après année, le rapport de force progressivement s’inverser sur le plus grand théâtre aéronaval de la planète, et que les options américaines pour le contenir, sont de moins en mois nombreuses. Au point que l’on peut se demander, aujourd’hui, si face aux États-Unis, la Chine n’a pas obtenu, aujourd’hui, une situation de surprise stratégique ?

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15 grandes unités de surface chinoises contre 2 pour l’US Navy en 2023

À l’occasion de son audition par le Sénat, le 1ᵉʳ février, pour prendre la fonction de commandant en chef du théâtre indo-pacifique, le plus important poste opérationnel américain, avec celui de SACEUR qui commande l’OTAN, l‘amiral Samuel Paparo Jr a dressé un tableau dès plus préoccupant, mais pas surprenant, de l’évolution du rapport de force face à la Marine de l’Armée Populaire de Libération.

Destroyer lourd Type 055
La Marine chinosie met en oeuvre 8 destroyers lourds Type 055, alors qua la cosntruction d’un second lot de 8 nouveaux navires a débuté.

Pour poser le problème, l’actuel Chef de la flotte indopacifique, a rappelé qu’en 2023, la Marine chinoise avait admis au service quinze grandes unités de surface, croiseurs (en fait des destroyers lourds Type 055), destroyers (Type 052DL), et frégates (Type 054A), là où l’US Navy n’a admis au service que deux destroyers Arleigh Burke, l’USS Lenah Sutcliffe Higbee et l’USS Jack H. Lucas.

Il en ira de même en 2024, avec deux nouveaux Burke pour l’US Navy, l’USS John Basilone et, peut-être, l’USS Harvey C. Barnum Jr., alors que la Marine chinoise devrait recevoir une dizaine de destroyers, dont le premier Type 055 du second lot de production, ainsi que des frégates Type 054A et B.

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« Nous ne sommes pas dépassés, mais je n’aime pas le rythme de la trajectoire. », a ajouté l’amiral Paparo, même s’il se déclare convaincu que les forces américaines ont encore l’avantage sur leurs homologues chinoises. Le fait est, face au Sénat, pour prendre le commandement de l’Indo-pacifique, exprimer davantage d’inquiétudes aurait certainement été suicidaire pour l’amiral américain.

La trajectoire comparée de la Marine chinoise vs US Navy inquiète le chef de la flotte du Pacifique américaine

La trajectoire comparée concernant le nombre de navires disponibles entre les deux flottes, en effet, a de quoi inquiéter les stratèges américains, et ce, pour de nombreuses raisons. L’US Navy dispose encore d’un net avantage en termes de tonnage, ses unités de surface étant plus imposantes et mieux armées que l’immense majorité des navires chinois, mais aussi dans le domaine des sous-marins nucléaires d’attaque, six fois plus nombreux, et des forces aéronavales, amphibies et de projection de puissance.

SSn classe Virginia
L’US Navy veut amener la production de sous-marins nucléaire à 3 navires par an, deux SSN et un SSBN, pour relever le defi chinois.

Toutefois, la production de grandes unités de surface, les destroyers lourds Type 055 de 11 000 tonnes, et les destroyers antiaériens Type 052DL de 7 000 tonnes, permettra à la Marine chinoise de faire jeu égal avec l’US Navy, et même la dépasser d’ici à quatre ans.

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Dans le domaine des sous-marins nucléaires d’attaque, comme des porte-avions, il faudra certainement plus d’une décennie, peut-être deux, à Pékin venir s’aligner sur les capacités dont dispose l’US Navy, ses 48 SSN Virginia, Sea Wolf et Los Angeles, et ses 11 porte-avions nucléaires des classes Nimitz et Ford, d’autant que celle-ci vise à amener sa flotte à 65 SSN et 12 porte-avions.

Cependant, dans ces domaines, la zone d’engagement probable, autour de Taïwan, et à l’intérieur du second cercle d’iles entourant la Mer de Chine du Sud, tend à modérer l’avantage américain, en permettant à la cinquantaine de sous-marins d’attaque conventionnels chinois Type 039 et 636, ainsi qu’aux forces aériennes chinoises basées à terre, de compenser ce désavantage théorique. Ce d’autant que Pékin produit d’importants efforts pour produire de nouveaux grands navires aéronavals, ainsi que des sous-marins d’attaque à propulsion nucléaire de nouvelle génération.

La question de l’entrainement et de l’aguerrissement des équipages chinois demeure posée

Comme l’a rappelé l’amiral Paparo lors de son audition, les forces américaines peuvent encore s’appuyer sur une expérience et un aguerrissement sensiblement supérieurs à ceux des forces chinoises, en particulier dans l’espace coopératif interarmes aéronaval et amphibie. En effet, les armées américaines ont une grande expérience de ce type d’engagement, qu’elles ont pu employer, au combat, à plusieurs reprises ces dernières décennies.

Porte-avions Liaoning
Les deux porte-avions chinois actuellement en service, le Liaoning et le Shandong, ont permi à la Marine chinosie, et à son aéronavale, d’apprendre à employer ce type de moyens.

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Fabrice Wolf
Fabrice Wolfhttps://meta-defense.fr/fabrice-wolf/
Ancien pilote de l'aéronautique navale française, Fabrice est l'éditeur et le principal auteur du site Meta-defense.fr. Ses domaines de prédilection sont l'aéronautique militaire, l'économie de défense, la guerre aéronavale et sous-marine, et les Akita inu.

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