mardi, février 27, 2024

Comment répondre à la Guérilla Navale qui menace de se répandre sur l’exemple ukrainien ?

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En appliquant une tactique de Guérilla navale particulièrement efficace pour empêcher la flotte russe de prendre le contrôle de la mer Noire, la Marine ukrainienne est parvenue à remporter de nombreux succès, depuis la destruction du croiseur Moskva en avril 2022, jusqu’à celle du patrouilleur lance-missile Ivanovets, il y a quelques jours.

À l’aide de missiles antinavires, de drones navals légers et rapides, et d’une bonne dose d’imagination et de réactivité, les ukrainiens sont ainsi parvenus à couler ou endommager 40 % de la flotte de la mer Noire, à prévenir un débarquement autour d’Odessa, et même à repousser les navires russes au-delà de ses cotes.

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L’efficacité de cette tactique ne manquera cependant pas d’inspirer de nombreux autres acteurs mondiaux, et risque fort de venir menacer, dans un avenir proche, bien plus que les navires militaires russes.

La Guérilla navale au cœur de la contestation de la mer Noire par la Marine ukrainienne

Au début de l’offensive russe contre l’Ukraine, ils étaient rares, parmi les spécialistes du sujet, ceux à estimer que les armées ukrainiennes parviendraient à résister au rouleau compresseur russe plus de deux mois.

Personne, en revanche, n’a imaginé qu’après deux ans de conflit, la puissante flotte de la mer Noire russe, aurait perdu 40 % de ses unités de surface. Surtout après que la Marine ukrainienne avait sabordé l’immense majorité de ses moyens, lors des premiers jours du conflit.

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guerilla navale tarantul II Ivanovets coulé
Le patrouilleur lance-missile Ivanovets a été coulé par un drone naval ukrainien il y a trois semaine

Pourtant, au travers d’une tactique, aussi innovante qu’efficace, de Guérilla Navale, Kyiv est parvenu à empêcher la flotte russe de prendre le contrôle de la mer Noire, et ainsi de mener des opérations amphibies, par exemple, sur les plages proches d’Odessa.

Mieux encore, les faibles moyens ukrainiens, employant des drones navals légers plus bricolés que conçus comme un système d’armes, parvinrent à frapper les infrastructures navales et les navires à quai, au cœur même de la base navale de Sevastopol, en Crimée.

Si l’inventivité et la détermination des ukrainiens leur permet de résister sur les mers, comme sur terre et dans les airs, aux importants moyens des armées russes, cette nouvelle tactique va, aussi, immanquablement venir inspirer de nombreux autres pays, voire des organisations paraétatiques, pour venir contester une puissance navale supérieure adverse, y compris occidentale.

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Les risques sont donc importants, dans un avenir proche, que les marines occidentales soient confrontées, elles aussi, à ce type de menace, en particulier sur certains théâtres complexes, comme au Proche et Moyen-Orient ou en Afrique. Quelles sont, aujourd’hui, les menaces qui se profilent dans ce domaine, et comment s’en prémunir pour y faire face ?

Les quatre caractéristiques fondamentales de la Guérilla Navale Ukrainienne

La tactique employée par l’Ukraine, dans ce domaine, répond, en effet, à merveille à la classification de guérilla, puisqu’elle en reprend les quatre piliers principaux.

Accessibilité des moyens employés, une réponse du faible au fort

D’abord, celle-ci s’articule autour des moyens très limités, à la portée des faibles capacités de production d’une industrie ukrainienne soumise à la menace permanente des forces russes. Impossibles, dans ces conditions, de construire des navires militaires, et encore moins des sous-marins, pour venir contester la supériorité navale russe en mer Noire.

drone naval ukrainien Sea Baby
Les drones navals ukrainiens sont peu oénreux, faciles à contruire et peuvent être transporter et mis à l’eau de manière discrete.

Les ingénieurs ukrainiens se sont tournés vers des capacités beaucoup plus accessibles et légères, pouvant être produites à partir de moyens industriels limités, dans le plus pur style de la réponse du faible au fort qui caractérise la guérilla.

Ainsi, les drones navals ukrainiens, qui ne sont pas sans rappeler, dans l’esprit, les drones d’attaque iranien Shahed 136, sont à la fois faciles et rapides à produire, efficaces pour les missions qu’ils doivent effectuer, et particulièrement discrets pour surprendre l’adversaire.

Des frappes imprévisibles et des moyens conçus pour être le plus discret possible

La surprise est, à ce titre, au cœur de la stratégie de la guérilla navale ukrainienne, comme elle l’est de toutes les actions de guérilla. Il s’agit, pour Kyiv, de frapper la Marine russe où, et quand, elle ne s’y attend pas.

Ce fut le cas lors de l’opération qui permit de couler le croiseur Moskva, en patrouille au large des côtes ukrainiennes, sans qu’il ait jamais eu pleinement conscience de la menace qui le visait avant qu’il ne soit trop tard. Depuis, la plupart des attaques ukrainiennes, couronnées de succès, furent caractérisées par l’emploi de nouveaux systèmes, de nouvelles tactiques, voire de nouvelles cibles.

lance-roquette Dzhmil sur drone Sea baby
Lance-roquette Dzhmil sur drone Sea Baby

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Fabrice Wolf
Fabrice Wolfhttps://meta-defense.fr/fabrice-wolf/
Ancien pilote de l'aéronautique navale française, Fabrice est l'éditeur et le principal auteur du site Meta-defense.fr. Ses domaines de prédilection sont l'aéronautique militaire, l'économie de défense, la guerre aéronavale et sous-marine, et les Akita inu.

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3 Commentaires

  1. Il s’agit d’abord d’un conflit interposé entre l’OTAN et la Fédération de Russie. Les Ukrainiens ne disposent pas de suffisamment de technologies et armement pour réaliser cette « guerrilla » navale ou autre type d’attaque terrorise (= attaque de personnel et d’installations civiles ). Tout est orchestré par l’OTAN, l’Ukraine ne servant que de fournisseur de viande. Les stocks de l’OTAN de Javelin, Stinger, obus de 155mm sont à bout.
    Professionnellement, je suis ce conflit depuis 2013, m’y suis rendu en 2017 et je suis en contact avec des amis Ukrainiens de Odessa et Kharkiv. L’image décrite dans les médias occidentaux est quasi toute fausse, propagande typique. A lire: historienne Anne Morelli, l’ouvrage intitulé « Principes élémentaires de propagande de guerre « .

  2. « Ukrainiens ne disposent pas de suffisamment de technologies et armement pour réaliser cette « guerrilla » navale ou autre type d’attaque terrorise. »

    Il est clair qu’ils possèdent ces technologies, car les drones utilisés sont clairement très basiques. Pardonnez mon mauvais français.

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