dimanche, novembre 30, 2025
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L’opposition Wallons-Flamands au cœur du choix sur le remplacement des F-16 Belges

Ce week-end, le président le la N-VA, Bart De Weber, a pris des positions très tranchées contre l’offre françaiseconcernant le remplacement des F-16 Belges. Selon ses dires, l’offre française de vaut même pas qu’on la lise, car le Rafale est un avion «  qui ne sait rien faire ». Soutenant pleinement les conclusions de Steven Vandeput, le ministre de la défense belge issu lui aussi du N-VA, et lui aussi très hostile au Rafale et support inconditionnel du F-35, M De Weber s’en ai également pris à Charles Michel, le premier ministre, et supposé son allié politique, en dénigrant ouvertement son autorité et sa volonté d’étudier dans le détail l’offre française.

Dans les faits, le remplacement des F-16 est en train de virer en un affrontement entre Flamands et Wallons, les premiers très hostiles à la France et cherchant un rapprochement avec les Pays-Bas déjà équipés de F-35, les seconds plus francophiles et surtouts, très agacés de l’attitude flamande.

En outre, Lockheed a fort astucieusement choisi ses alliés industriels au sein des régions flamandes, privant les régions wallonnes de tout retour économique.

D’autre part, et ce n’est pas faute de l’avoir plusieurs fois dénoncé, si M De Weber peut se permettre de porter un jugement aussi tranchant sur les performances du Rafale, c’est clairement lié à un défaut de communication de la part du consortium Rafale vers les opinions publiques Belges. Ainsi, alors que le Rafale est très performant, évolutif, accessible et opérationnel, remplissant toutes les missions des forces aériennes et navales françaises, soit bien d’avantage de ce que le F-35 ne fait, et ne fera jamais, l’opinion publique belge est prête à écouter et assimiler les déclarations partiales et infondées de l’homme politique.

Si le travail avait été fait, de manière convenable et efficace, les déclarations du leader du N-VA auraient été reçues par un flot de raillerie sur les médias sociaux, et donc, par ricochet, dans les médias…

Le premier F-35A a été livré à la Turquie … mais ne quittera pas les Etats-Unis

Comme prévu, la cérémonie de remise du premier F-35A à l’armée de l’air turque à bien eu lieu ce 21 juin, sur la base aérienne de Luke en Arizona, et ce en dépit du vote du sénat du 19 juin interdisant le transfert de cet appareil aux forces turques.

L’appareil livré ne quittera cependant pas le sol américain, puisqu’il sera destiné, comme le second appareil qui sera livré dans quelques jours, à l’entrainement des pilotes et des techniciens de l’armée de l’air turque sur le sol américain.

Deux écoles d’affrontent dans ce dossier : d’un coté, les partisans de la ligne dure envers la Turquie, estimant que le régime d’Erdogan a déjà montré suffisamment de signes de défiances vis-à-vis de l’OTAN et des Etats-Unis pour remettre en question l’alliance avec le pays. C’est la position des sénateurs américains, et cette position pourrait bien s’imposer si la chambre des représentants entérine la proposition de loi sénatoriale. 

De l’autre, on considère que des sanctions contre la Turquie ne feraient que précipiter celle-ci vers la sphère d’influence sino-russe, engendrant un bouleversement très important de l’Alliance Atlantique et un affaiblissement stratégique majeur. C’est la position défendue par le général Mattis, le secrétaire d’Etat américain.

A cela, s’ajoute une prochaine échéance électorale en Turquie, puisque le 24 juin auront lieu les élections présidentielles et législatives dans le pays, et le président Erdogan n’est pas assuré de la victoire face à la montée en puissance de ses opposants.

La décision de ne pas sursoir à la livraison des deux premiers F-35A est donc une mesure de bon sens. Elle permet d’attendre les résultats des élections sans engendrer de sursaut nationaliste qui bénéficierait immanquablement au président sortant.

Il ne faut pas, enfin, négliger les conséquences d’une annulation de la commande turque sur le programme F-35, représentant aujourd’hui plus de 15% des commandes effectives de l’appareil. Si la Turquie était effectivement exclue du programme, qu’elle a rejoint en 2002, cela engendrerait d’importants bouleversements dans la chaine logistique et la chaine de maintenance, notamment en Europe, et l’augmentation irrémédiable des tarifs déjà exorbitants du programme.  Alors que la Grande-Bretagne et l’Italie s’interroge sur une réduction de volume concernant ce programme, l’US Navy qui n’attend qu’une opportunité pour développer son propre appareil, et l’Allemagne et la Belgique qui ne semblent pas entièrement convaincues par l’appareil de Lockheed, la sortie de la Turquie pourrait bien représenter l’élément déclencheur d’un effondrement catastrophique. Nul doute, donc, que l’écosystème du F-35 fera tout son possible pour que l’initiative du sénat n’aille pas au bout, quelques soient les résultats des élections en Turquie.

La Russie veut entamer la construction d’un porte-hélicoptères en 2021

Alors que le second navire d’assaut russe de la classe Ivan Green entame ses essais à la mer, les retours d’expériences de ce nouveau transport de chaland de débarquement russe, se voulant être la réponse de l’industrie navale russe à l’annulation du contrat les BPC français, sont plutôt mauvais, notamment concernant les qualités nautiques du bâtiment.

C’est pourquoi, la Marine russe a prévu la fabrication de deux nouveaux bâtiments de type LHD (pour Landing Helicopter Dock, porte-hélicoptères) dérivé du concept Priboy des bureaux d’étude Krylov, lors du plan d’équipements décennal 2018-2027.

Inspiré semble t il du concept Priboy, présenté il y a deux ans, le nouveau bâtiment aura toutefois des dimensions plus réduite, et un tonnage de 14.000 tonnes au lieux des 24.000 tonnes prévues.

La Russie dispose de nombreuses façades maritimes qui bénéficieraient de tels navires : mer du nord et atlantique, mer baltique, mer noire et méditerranée, océan pacifique. De tels navires augmenteraient très sensiblement les options tactiques des forces russes, et de ses importantes unités de troupe de marine. Toutefois, le déploiement de tels bâtiments ne peut s’envisager sans une importante protection aérienne et anti-sous-marine, et la Marine de haute mer russe ne sera pas en mesure d’aligner les navires nécessaires avant 2024/2025, et l’arrivée des 8 frégates lourdes Super Gorshov, la modernisation des 2 Kirov et des 3 Slava, et peut-être l’arrivé des premiers Lider.

Jusqu’à cette date, les capacités de mobilité navale des forces russes resteront limitées, essentiellement restreintes aux mers fermées comme la mer Baltique,  la mer Noire et, éventuellement, la Méditerranée.

L’US Navy ne pourra pas suivre la progression de la Marine Chinoise

C’est l’aveu d’impuissance fait par les autorités navales américaines, qui cherchent à étendre la durée de vie opérationnelle de ses croiseurs Ticonderogaet de ses premiers destroyers Burke, afin de ne pas se laisser distancer par la vitalité de l’industrie navale chinoise.

Alors que le président Trump a annoncé sa volonté de ramener le format de l’US Navy à 355 navires, contre 280 aujourd’hui, la réalité industrielle semble bien ramener les autorités américaines à une vision plus réaliste. Ainsi, le secrétaire à la Marine a du admettre que l’objectif de 355 ne serait probablement pas atteint avant 2052. Parallèlement, l’US Navy cherche à prolonger la vie opérationnelle de ses croiseurs et destroyers, amenant certains à dépasser les 50 ans. 

Il s’agit là des effets de 30 ans d’errements technico-industrielles de l’industrie navale US, qui a dépensé de véritables fortunes dans des projets trop ambitieux, sans s’attacher à consolider ses bases. De fait, après avoir du suspendre les programmes sea Wolf (3 navires), Zumwalt (3 navires) et LCS (17 corvettes), l’US Navy se retrouve sans solution pour prendre le relais de ses 24 croiseurs arrivant en bout de course, et est contrainte de continuer à construire des destroyers A. Burke, alors que les premiers exemplaires de cette classe sont entrés en service il y a 40 ans.

Pour rattraper son retard face à l’industrie navale chinoise, qui produit chaque année 2 à 4 nouveaux destroyers, autant de frégates et 5 à 6 corvettes, pour ne citer que les unités combattantes de surface, l’US Navy a du lancer en urgence le programme FFG(X), faisant appel notamment aux industries européennes pour proposer des solutions rapides et économiques pour renforcer sa puissance anti-sous-marine et ses capacités d’escorte.

Or, la situation qui apparaît aujourd’hui pour l’US Navy n’est pas un phénomène isolé, mais la conséquence d’une politique industrielle déplorable menée depuis 40 ans par les Etats-Unis. Ainsi, la situation est la même pour les véhicules blindés et les chars de combat, et, bien évidemment, la flotte de chasse. Si le programme F-35, malgré son prix, a été sorti aux forceps par l’US Air Force, il sclérosera l’industrie aéronautique pendant des décennies, en ayant capté des crédits bien trop importants, interdisant tout autre programme d’émerger.

Parallèlement, la Chine prend une dynamique inverse, avec 2 à 3 nouveaux programmes de chasse par tranche de 10 ans. Les séries sont certes plus limités, mais les appareils permettent une évolution constante et maitrisée de la progression technologique, permettant d’éviter les impasses trop couteuses. Dans les prochaines années, la Chine présentera un nouveau chasseur furtif embarqué, probablement issu du FC-31 Gyrfalcon, et un nouvel avion d’attaque furtif, destiné à remplacer les JH-7. Dans une dizaine d’année devrait apparaître le remplaçant du chasseur léger J-10, qui intègrera l’ensemble des technologies développé pour les J-20 et les deux autres appareils furtifs précités, de sorte que le Chine disposera d’un appareil furtif économique et performant. C’était l’objectif initial du F-35 .. 

Force est de constater que la Chine l’aura atteint, et pas les Etats-Unis.

Le second porte-avions chinois a terminé ses tests en mer

A peine un mois après sa première sortie en mer, le second porte-avions de la marine chinoise, et premier intégralement conçus par l’industrie locale, a terminé ses essais à la mer, selon le porte-parole des chantiers navals CSIC.

Le navire, jaugeant plus de 50.000 tonnes, devrait donc rejoindre la Marine chinoise avant la fin d’année, ou il entamera une montée en puissance opérationnelle  progressive d’un an et demi à deux ans. 

Parallèlement, la marine chinoise a continué à accroitre sa force aéronavale, avec la réception d’une dizaine de chasseurs j-15 supplémentaires cet année, et la formation d’une sixième promotion de pilotes qualifiés à l’appontage.

La montée en puissance de la force navale chinoise est, à ce titre, un exemple de planification parfaitement conçue et remarquablement exécutée, tant du point de vue industriel qu’opérationnel. Ainsi, la marine chinoise a fait réaliser une maquette grandeur nature du pont de son 3eme porte-avions, le Type 003, qui sera équipé de 3 catapultes et jaugera, semble-t-il plus de 70.000 tonnes, afin d’acquérir l’expérience nécessaire aux manœuvres de pont d’envol sur ce type de bâtiment.

Cette nouvelle classe de 2 porte-avions devrait entrer en service en 2022 et 2024, de sorte que l’APL disposera bel et bien de 4 porte-avions en 2025. Selon toute vraisemblance, une troisième classe de porte-avions indigènes, probablement le Type 004 à propulsion cette fois nucléaire, entrera en service après 2025, permettant à la Marine de l’APL d’aligner 2 porte-avions par flotte, soit 6 porte-avions, à l’horizon 2030.

Contrairement à ce que déclare aujourd’hui les autorités chinoises, il est peu probable que la Chine s’arrête à 6 porte-avions, d’autant qu’elle disposera alors d’un outil industriel parfaitement au point pour en produire d’autres, avec un cout maitrisé. Il semble plus probable que le nombre final de porte-avions s’établisse à 3 par flotte, permettant d’assure la permanence opérationnelle d’un bâtiment par flotte, et ainsi de neutraliser la capacité aéronavale de l’US Navy et de ses alliés.

L’Allemagne au cœur de la stratégie US pour imposer le F35

Le gouvernement fédéral va prochainement lancer la procédure d’appel d’offre visant au remplacement des Tornado de la Luftwaffeà horizon 2025. 4 appareils, 3 américains et un européen, sont en lice : le F15C Strike Eagle, le F18 E/F Super Hornet et F-35A Lightning II coté US, et le Typhoon d’Eurofighter coté européen.

Si la Luftwaffe, dont la majorité des cadres ont été formés en partie aux Etats-Unis, ne cache pas sa volonté de s’équiper de F35, le gouvernement fédéral, lui, donne ouvertement la préférence à l’Eurofighter.

Quand à la France, elle soutien plus qu’ouvertement le choix de l’avion européen, en ne proposant pas le Rafale, qui serait de loin le choix le plus approprié pour remplacer le Tornado dans ses missions, et en ne cessant de mettre en garde contre les effets dévastateurs que pourraient avoir l’adoption du F-35 par la Luftwaffe vis-à-vis de l’industrie aéronautique européenne, l’indépendance stratégique européenne, et le programme franco-allemand SCAF.

Ce soutien français n’est pas sans réciprocité. En effet, l’Allemagne œuvre en coulisse en Belgique pour soutenir l’offre de partenariat stratégique française, plutôt que le F-35 américain, et même face à l’offre britannique de Typhoon.

Car, au delà des prix astronomiques du F-35, à l’achat mais surtout à l’usage, avec un prix à l’heure de vol dépassant aujourd’hui les 60.000$, le choix du F-35 impose une dépendance technologique très forte vis-à-vis des Etats-Unis, et de Lockheed. 

Quoiqu’il en soit, les choix allemands, et, dans une moindre mesure, belges, constitueront très certainement un point d’inflexion pour la construction de l’Europe de la Défense, si chère à la France. Si les deux pays faisaient, contre toute attente, le choix des appareils européens, le signal donné pourrait effectivement amener plusieurs autres pays, donc l’Italie et l’Espagne, à réévaluer leurs propres politiques de dépendance vis-à-vis de l’industrie US et de sa main mise.

Que savons nous du prochain bombardier stratégique russe PAK DA

Il semble désormais acquis que le futur bombardier stratégique russe, identifié par le programme PAK DA, prendra la forme de l’aile volante, comme le B2 Spirit et le futur B21 ranger américain, ainsi que, selon toute vraisemblance, le futur bombardier stratégique chinois.

Destiné à pénétrer les espaces fortement défendus grâce à une grande autonomie et une furtivité avancée, l’appareil mettra en œuvre différents missiles de croisières et missiles hypersoniques, dont le Kinjhal déjà en service sur Mig31, ainsi que de missiles air-air d’autodéfense.

Le bombardier empruntera beaucoup d’éléments au Tu-160M, la version modernisée du bombardier soviétique, dont la soute d’armement et les moteurs.

Coté performance, le PAK DA sera un appareil subsonique élevé, avec une autonomie de 15.000 km lui procurant une allonge de 9.000 à 12.000 km avec ses missiles sans ravitaillement (qui sera bien évidemment possible)

Il disposera d’une importante panoplie de détection et de contre-mesures, avec pas moins de 5 radars AESA. Enfin, coté armement, il pourra emporter les missiles de croisière longue portée russe Kh-101 et Kh-55 et leurs versions modernisées, ainsi que le missile balistique aéroporté Kinjhal ainsi qu’un nouveau missile hypersonique ayant une portée de 1500 km qui devrait entrer en service dans les prochaines années.

L’appareil remplacera initialement les Tu-95 et Tu-22M restant en service dans les forces russes, et évoluera au coté des Tu-160M et Tu160M2 , pour un parc estimé à 120 appareils, dont 60 PAK DA.

On le voit, la Russie ne semble pas prête à renoncer à sa puissance militaire et son potentiel mondial, quoiqu’en disent certains qui s’empressent un peu trop vite à qualifier le pays de « puissance régionale ».

Le parlement sécurise la LPM avant de la voter

La LPM arrive au terme de son processus législatif. En effet, le texte a fait l’objet d’un accord de la commission paritaire mixte concernant les amendements votés par le sénat, ouvrant la voie au vote final qui aura lieu les 26 et 27 juin prochain.

Le Sénat, dont la majorité des sénateurs n’est pas alignée avec le gouvernement, aura très sensiblement renforcé le texte, et sécurisé les moyens prévus pour les forces armées. Ainsi, l’amendement visant à exclure le financement du futur Service National Universel du périmètre LPM a été adopté, comme celui attribuant les recettes des ventes d’infrastructures du ministère des armées au budget de celui ci.

Si les états-majors se félicitent de cette LPM, la première qui inverse la lente (et parfois moins lente) décrue de la force armée nationale, elle sera toutefois loin de résoudre tous les problèmes d’équipements, de performances et de format des forces armées.

Ainsi, pour l’Armée de Terre, si un important effort sera fait pour remplacer les blindés médians, les forces haute-intensité resteront particulièrement réduites, avec seulement 200 chars Leclerc et 115 Canons automoteurs. Les hélicoptères légers gazelle devront jouer les prolongations puisque les premières livraisons du programme HIL n’est prévue que pour 2028, alors que le prochain char de combat franco-allemand ne commencera pas à équiper les forces avant 2035. Pendant ce temps, les forces russes reçoivent entre 100 et 150 chars lourds par an, venant renforcer les 2500 unités en ligne, ainsi qu’une trentaine de système d’artillerie, et autant d’hélicoptères de combat et de transport.

Pour la Marine Nationale, si les premiers SNA de la classe Suffren et 5 frégates (2 FTI, 2 FREMM DA et 1 FREMM) entreront en service sur la LPM, le nombre de frégates de premier rang n’atteindra que 12 unités en 2025, alors que l’abandon de la flotte d’avisos/corvettes au profit de patrouilleurs de haute-mer, est confirmée. 

Enfin, pour l’Armée de l’Air, la LPM verra l’entré en service des nouveaux ravitailleurs A330 MRTT, de 12 nouveaux A400 M et de 3 Hercules, mais le périmètre effectif continuera de diminuer, notamment pour la flotte de chasse, avec la perte de 30 avions d’ici 2025.

On comprend, dés lors, que la LPM ne peut qu’être intégralement appliquée, faute de quoi les forces françaises perdront des pans entiers de capacités opérationnelles. Au matin de la construction de l’Europe de la Défense, rater la marche de la LPM serait rater un tournant de l’histoire.

La Chine disposera bientôt de nouveaux missiles balistiques antinavires aéroportés

A l’instar de la Russie, la Chine développe de nombreux programmes destinés à cibler les faiblesses des forces occidentales. Dernier en date, le développement de 2 nouveaux missiles balistiques aéroportés, à l’image du Kinjal KH47 russe.

Les deux systèmes, l’un dérivé du missile balistique antinavire DF-21D, identifié comme un « Carrier-Killer », l’autre dérive du DF-26, pourront être lancés à partir d’une nouvelle version du bombardier stratégique à long rayon d’action H-6 (dérivé du Tu16 soviétique datant des années 50), et sont donnés pour atteindre une portée de 3000 km.

Lorsque ces systèmes entreront en services, ils poseront un très important problème aux forces occidentales, et notamment à l’US Navy. En effet, alors que le DF-26 n’a qu’une portée de 1500 km, et permettait déjà de créer une bulle en déni d’accès autour des côtes chinoises, ces nouveaux missiles, et leurs portées de 3000 km, permettraient à l’ Chine d’interdire l’intégrabilité du Pacifique occidental aux porte-avions US. En effet, dans le contexte technologique actuel, un porte-avions ne peut intercepter des vecteurs, à 3000 km de distance. Les appareils chinois pourront donc lancer leurs missiles en dehors de l’enveloppe de défense US. Ces mêmes bombardiers pourront étendre cette portée missile de 2000 ou 3000 km, tout en conservant une couverture de chasse. De fait, la bulle d’interdiction antinavire chinoise s’étendra au delà de 5000 km, soit au delà de la portée d’un raid aérien, ou de tirs de missiles de croisières.

En outre, les DF21 et 26 étant, comme le Kinjhal, des missiles balistiques, ils atteignent des vitesses terminales hypersoniques, de l’ordre de mach 7. De fait, l’ensemble des systèmes de défense anti-aérienne, à l’exception des missiles anti-missiles balistiques, sera totalement inopérant face à une telle menace.

La vulnérabilité des porte-avions US sera d’autant plus importante que les Etats-Unis ont fait l’impasse sur un nouvel appareil embarqué, pour équiper l’US Navy de F-35C. Or, l’appareil de Lockheed souffre justement d’un rayon d’action limité, ce qui contraindra la Navy à n’utiliser que ses Super Hornet, un appareil des années 80, pour faire face aux menaces chinoises.

On le comprend, le rapport de force dans le Pacifique est en pleine mutation, et la Chine dispose de l’initiative stratégique et technologique.

Le Sénat US bloque la livraison des F-35 à la Turquie

C’est officiel, le Sénat américain a bloqué les livraisons des chasseurs F-35 à la Turquie, pourtant partenaire historique du programme, au moins jusqu’à la mi-juillet. Les sénateurs américains estiment que l’acquisition de S-400 par la Turquie est de nature à augmenter les tensions avec d’autres membres de l’Alliance Atlantique, et prennent également position contre l’emprisonnement du Pasteur Andrew Brunson, accusé de terrorisme par la Turquie.

Le gouvernement turc a immédiatement répliqué en laisser entendre qu’il pourrait se tourner vers d’autres partenaires, en particulier la Russie et son Su-57. Il a également annoncé commander des missiles antichars Kornet russe pour équiper ses forces blindées.

Mais les déclarations turques tiennent davantage des rodomontades que d’une alternative effective. En effet, l’industrie russe ne pourra construire plus de 18 à 24 Su-57 par an selon de très nombreux spécialistes, et ce nombre suffira à peine à couvrir les besoins de remplacement des Su-27 russes dans les prochaines années. C’est une des raisons qui explique que les forces russes continuent de s’équiper en Su-30/34/35 et MIG29/35, et continueront de s’en équiper encore pendant plusieurs années, malgré l’entrée en service du Su-57.

Dans ces conditions, il serait extrêmement peu probable que la Russie accepte de se séparer d’une partie de ses Su-57, surtout pour les vendre à la Turquie. Car si l’hypothèse de détacher la Turquie de l’OTAN comblerait évidement le Kremlin, Moscou est encore très loin de considérer Ankara comme un partenaire fiable, suffisamment pour lui transmettre son tout dernier appareil qui équipera les forces aériennes russes pour les 50 prochaines années. A la différence du S-400, un système certes très performant, mais prochainement supplanté par le S-500, le Su-57 intègre l’Etat de l’art de la technologie aéronautique russe.

Quand à la Chine, elle a clairement annoncé qu’elle n’exporterait pas le J-20, alors que le FC-31, sensément destiné au marché export, n’est pas encore fiabilisé, et son arrivé sur le marché n’est pas prévue dans les prochaines années.

Enfin, la Turquie espère toujours pouvoir développer son chasseur de « 5ème Génération » T-FX , avec l’aide de BAe. Mais la encore, si la Turquie s’émancipe de l’OTAN, il est fort probable que BAe se retirera de cet accord pour ne pas mettre en péril ses très nombreux contrats avec les armées US.

En d’autres termes, et quoiqu’en disent les diplomates turcs, si la décision de ne pas livrer les F-35 à la Turquie se confirmait, cette dernière n’aurait pas d’alternative dans les 10 prochaines années pour s’équiper d’appareils de ce type. En revanche, rien n’empêcherait Ankara se s’équiper de chasseurs Su-35 et de bombardiers Su-34, des appareils qui ont largement montré leurs qualités ces dernières années.