Les 5 défaillances critiques des forces russes en Ukraine

Dire qu’au 7ème jour de la guerre russo-ukrainienne, les opérations ne se sont pas déroulées comme escompté par l’Etat-Major russe, tient évidement de l’euphémisme, au point que désormais, Moscou restructure ses offensives pour respecter une stratégie bien plus classique basée sur l’extraordinaire puissance de feu de l’artillerie et de l’aviation de bombardement russes. Pour autant, ces premiers jours de combat permirent, au travers de nombreuses observations largement analysées par la communauté OSINT, d’identifier plusieurs défaillances critiques touchant les forces russes engagées dans cette opération. De manière surprenante, certaines de ces défaillances touchent précisément des domaines réputés d’excellence de l’armée russe, et interrogent de fait sur la réalité de l’efficacité militaire conventionnelle des armées de Moscou tel qu’anticipé en amont de ce conflit.

La précision des frappes de missile

A l’instar de la doctrine américaine et désormais occidentale, les forces russes entamèrent le conflit par une pluie de missiles de croisière et de missiles balistiques à courte portée contre les infrastructures critiques pour La Défense ukrainienne. Pendant un temps, cette frappe initiale été interprétée comme effective, et il semblait qu’elle avait effectivement neutraliser les bases aériennes, défenses anti-aériennes et dépôts de carburant et de munitions de l’armée ukrainienne. Très rapidement, il devint cependant clair qu’en dépit de ces frappes massives, il est aujourd’hui question de 450 missiles balistiques et de croisières tirés par les forces russes et biélorusses contre des cibles ukrainiennes depuis l’entame du conflit, des problèmes d’efficacité avaient touché ces frappes, l’aviation de chasse comme La Défense anti-aérienne à longue portée ukrainienne ayant conservé de toute évidence des capacités de riposte.

Clichés satellites de la base aérienne de Chuhuiv après les frappes russes. Remarquez la piste dénuée d’impact.

La publication d’une photo satellite de la base aérienne ukrainienne de Chuhuiv au sud de Kharkiv après les frappes, montra par exemple des impacts d’une précision très discutable. Ainsi, si des dépôts de carburant ont bien été détruits, les taxiways et la piste principale restaient intactes, permettant effectivement aux avions de combat et drones ukrainiens de prendre l’air et d’atterrir, et donc de soutenir la résistance face à l’attaque russe. Ce manque de précision flagrant contraste avec celle constatée concernant les frappes occidentales récentes, contre les installations chimiques syriennes en 2018 par exemple, mais également par d’autres nations réputées moins avancées téchnologiquement, comme les frappes de missiles balistiques iraniens sur les bases irakiennes d’Al Asad et d’Idlib qui surprirent par leur précision, au point que l’hypothèse d’une assistance technologique russe fut évoquée.

Ce manque d’efficacité et de précision des frappes initiales russes jouèrent un rôle déterminant dans la capacité des forces aériennes et anti-aériennes ukrainiennes à entraver les mouvements aériens et l’appui rapproché que devaient fournir les avions de combat et les hélicoptères russes aux forces d’assaut, et engendrèrent des pertes reportées, mais pour l’essentiel non confirmées, comme par exemple celle de 2 avions de transport Il-76 sensés mener un assaut aéroporté au sud de Kyiv, handicapant grandement les chances de succès du plan d’assaut initial des forces russes.

La Défense anti-aérienne à courte portée

Avec un parc théorique de 2000 systèmes anti-aériens automoteurs à courte et moyenne portée, les forces terrestres russes étaient réputées comme étant les mieux équipées dans ce domaine sur la planète, y compris face aux Etats-Unis. Si une grande partie de ces systèmes étaient supposée ancienne voire obsolète, plus de 250 Tunguska à très courte portée, 300 systèmes TOR à courte portée, 500 Buk-M et les quelques 400 systèmes S-300 armant les brigades anti-aériennes russes, aidés des 25 régiments des forces aériennes armés de S-400 à très longue portée protégés par plus de 200 systèmes de protection rapprochée Pantsir, devaient logiquement être en mesure de créer une bulle impénétrable aux avions et drones ukrainiens.

Les systèmes TOR-M1/2 russes ont été modernisés pour répondre à la menace des drones

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