Le sénat américain vote la réactivation du dispositif Prêt-Bail pour soutenir l’Ukraine

Au début des années 30, les Etats-Unis choisirent une posture internationale de neutralité, répondant à une importante volonté de l’opinion publique américaine de ne pas se laisser à nouveau entrainer dans une nouvelle guerre européenne. A partir de 1939, cependant, le Président Roosevelt imposa le dispositif Cash and Carry, permettant aux alliés occidentaux des Etats-Unis comme le Royaume-Uni et la France, de commander des materiels militaires produits par l’industrie US pour renforcer leurs propres capacités face à la montée en puissance des armées allemandes et italiennes en Europe, et japonaise dans le Pacifique, pour peu que ceux-ci soient immédiatement payés en dollar ou en or. A l’issue de la bataille de France, il devint cependant évidant pour le président Roosevelt que les Etats-Unis ne pourraient maintenir longtemps cette posture de neutralité, sans risquer de voir l’Axe s’imposer sur l’ensemble de l’Eurasie. En février 1941, alors que la Bataille d’Angleterre faisait rage, l’Administration Roosevelt proposa un nouveau dispositif financier et industriel innovant pour soutenir l’effort de guerre britannique, le prêt-bail, permettant aux alliés des Etats-Unis de recevoir des materiels militaires et civils destinés à soutenir l’effort de guerre contre l’Axe, avec des conditions de paiement particulièrement souples, soit sous la forme d’un crédit, d’une location avec restitution finale, de troc de matières premières ou de territoires.

A la fin de la seconde Guerre Mondiale, le dispositif prêt-bail, ou Lend-Lease en anglais, permit aux Etats-Unis de fournir à ses alliés pour presque 50 Md$ d’équipements, l’équivalent de 500 Md$ aujourd’hui. La Grande-Bretagne fut le principal bénéficiaire de ce dispositif avec plus de 31 Md$ d’équipements parmi lesquels plus de 350 navires, suivie de l’Union Soviétique avec 11 Md$, et de la France libre avec 3,2 Md$. Tous ces pays payèrent cher ce dispositif, en particulier le Royaume-Uni qui ne finit de payer les intérêts d’emprunt qu’au milieu des années 70, et qui perdit de nombreux avantages commerciaux et territoriaux dans cette négociation. Au total, 36 pays ont bénéficié de ce dispositif, qui joua incontestablement un rôle déterminant dans la victoire alliée sur les forces de l’Axe, et dans la réorganisation géopolitique qui suivit la fin de la seconde Guerre Mondiale.

Sur les 11.000 avions américains envoyés en Union Soviétiques, 4.700 étaient des Bell P39 Aircobra, devenu un appareil mythique des forces aériennes russes au même titre que le Il-2 Sturmovich.

De fait, l’annonce faite le Sénat américain hier concernant le vote à l’unanimité de la réactivation du dispositif Lend-Lease pour faire face à la Russie, porte une dimension tout à la fois historique et politique d’une grande importance. Si la loi venait à être votée à son tour par la Chambre des Représentants, et même s’il est peu probable que cela n’intervienne avant les deux semaines de relâche parlementaire qui débuteront mardi prochain, elle permettrait en effet de considérablement accélérer les procédures administratives permettant à l’Ukraine de commander des materiels militaires américains, tout en offrant à Kyiv une souplesse budgétaire à court terme très importante pour renforcer et équiper ses armées, y compris de materiels lourds américains comme des avions de combat, des systèmes anti-aériens et anti-missiles, des navires et des blindés. Cette loi permettrait également aux autres pays alliés d’accroitre leurs importations de materiels militaires US, y compris lorsque les engagements économiques du pays sont défavorables, afin de pouvoir, par exemple, transférer rapidement des materiels de facture soviétique à l’Ukraine.


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