Le concept de porte-avions léger Lightning-Carrier de l’US Navy jugé concluant lors des essais

Au plus fort de l’effort américain pour la reconquête des iles du Pacifique, l’US Navy alignait une vingtaine de porte-avions lourds de la classe Essex, ces navires constituant le corps de bataille naval américain pour contrer et détruire la puissante flotte nippone. Pourtant, une grande partie des missions de l’aéronavale américaine, dans le Pacifique comme dans l’Atlantique, qu’il s’agisse de l’escorte des convois navals ou d’appuyer les forces amphibies lors des assauts, furent menées à partir des 9 porte-avions légers de la classe Independence et des 50 porte-avions d’escorte de la classe Casablanca. Longs de 190 mètres pour un déplacement en charge de 15.000 tonnes, les porte-avions légers de la classe indépendance mettaient en oeuvre 35 appareils Hellcat et Avenger, contre 28 pour les porte-avions d’escorte de 10.000 tonnes, afin de tenir en respect les menaces aériennes, navales et sous-marines visant les convois ou les forces débarquées.

Avec l’arrivée des premiers jets embarqués à la fin des années 40, les dimensions des porte-avions furent rapidement revues à la hausse, passant de 250m et 30.000 tonnes pour la classe Essex, à 300 mètres et 55.000 tonnes pour les porte-avions lourds de la classe Midway. Quant aux porte-avions légers ou d’escorte, ils quittèrent le service, incapables qu’ils étaient d’accueillir efficacement, du fait de leur tonnage limité, les nouveaux appareils. Dans les années 60, l’US Navy s’était définitivement débarrassée de ce type de navire pour se doter exclusivement de porte-avions lourds. La France et la Grande-Bretagne, pour leur part, développèrent des modèles de porte-avions moyens aux dimensions plus réduites que les navires américains, mais capables de mettre en oeuvre des chasseurs embarqués modernes, avec les classes Clemenceau et Hermes, des navires de 35.000 tonnes et de 270 mètres.

avec un déplacement de seulement 32.000 tonnes, le Clemenceau était moitié moins lourd que ses contemporains de l’US Navy. C’est toujours le cas aujourd’hui avec le Charles de Gaulle et ses 45.000 tonnes, face aux 90.000 tonnes des Nimitz.

Alors que les avions de combat embarqués devenaient, aux fils des années, de plus en plus lourds et performants, le concept de porte-avions léger semblait anachronique au début des années 70, tout du moins jusqu’à l’émergence du couple formé par les porte-avions britanniques de la classe Invincible et du Sea Harrier, la version navale embarquée du chasseur à décollage et atterrissage court et vertical de Hawker Siddeley, couple qui démontra son efficacité lors de la guerre des Malouines en 1982. Longs d’à peine 207 mètres pour un déplacement de 20.000 tonnes, les porte-avions de la classe Invincible remirent le concept de porte-avions léger au gout du jour, et inspirèrent de nombreuses forces navales qui entreprirent de se doter d’une chasse embarquée en s’appuyant sur les mêmes paradigmes. Dans le même temps, en s’inspirant du Skijump développé par les britanniques, les soviétiques développèrent un modèle de porte-avions de taille intermédiaire dépourvu de catapultes mais équipé de brins d’arrêt, la classe Kuznetzov, et s’appuyant sur des avions de combat classiques mais disposant d’un excellent rapport poussé poids au décollage, tel le Mig-29 et le Su-33. Ces deux approches sont aujourd’hui largement employées, que ce soit par les marines occidentales en s’appuyant sur le Harrier et désormais le F-35B, ou par les marines russes, chinoises et indiennes avec des approches dérivées du Kuznetzov.


Le reste de cet article est réservé aux abonnés

Les articles en accès intégral sont accessibles dans la rubrique « Articles Gratuits« . Les abonnés ont accès aux articles Analyses, OSINT et Synthèse en intégralité. Les articles en Archives (plus de 2 ans) sont réservés aux abonnés Premium.

A partir de 6,50 € par mois – Sans engagement de durée.


Related posts

Meta-Défense

GRATUIT
VOIR