Le Rafale M a la préférence de la Marine Indienne face au Super Hornet

Si Dassault Aviation et la Team Rafale ont connu deux années fastes en 2021 et 2022 en matière d’exportation, avec la vente de presque 180 avions Rafale neufs à la Grèce, l’Egypte, les Emirats Arabes Unis et l’Indonésie, plusieurs autres négociations sont régulièrement évoquées comme avancées proche d’une conclusion, avec par exemple la Serbie et l’Irak. Mais le plus important potentiel d’exportation de l’avion français dans les mois et années à venir, repose sur l’Inde, avec la compétition MMRCA 2 pour 57 ou 114 avions pour l’Indian Air Force, ainsi que la compétition qui oppose depuis prés de 2 ans la version navale de l’appareil, le Rafale M, au F/A-18 E/F Super Hornet de Boeing, pour équiper les porte-avions de la Marine Indienne. Cette compétition porte sur 26 appareils devant servir de solution intérimaire dans l’attente de l’entrée en service du Twin-Engined Deck Based Fighter, ou TEDBF, un programme mené par l’agence indienne de l’armement DRDO pour concevoir et construire un chasseur moyen embarqué moderne de facture nationale d’ici la fin de la décennie.

Pour départager les deux appareils, la Marine Indienne a mené une méticuleuse campagne d’essais, afin d’évaluer les performances du Rafale M comme du Super Hornet, en particulier pour déterminer leurs capacités à être efficacement mis en oeuvre à partir d’un porte-avions STOBAR, c’est à dire ne disposant pas de catapultes comme les navires américains et français, mais d’un tremplin ou Skijump, comme c’est aujourd’hui le cas de l’INS Vikramaditya, et du nouveau porte-avions INS Vikrant. Les quelques clichés publiés par la presse indienne au sujet de ces essais qui se sont tenus sur la base aéronavale de Goa, avaient montré que le Rafale M se satisfaisait très bien de ce dispositif, et pouvait même prendre l’air dans une configuration proche de celle employée à bord du Charles de Gaulle. Depuis, les Etats-Unis et Boeing n’avaient pas ménagé leurs efforts pour tenter d’influencer l’opinion publique indienne, avec d’importantes campagnes de presse ventant les mérites de son appareil, là ou Dassault Aviation était resté, à son habitude, particulièrement discret.

Le Rafale a montré d’importantes capacités d’emport lors des essais sur la base aéronavale de Goa, en prenant l’air à partir d’un Skijump d’essais en configuration lourde, avec un missile AM39 exocet, deux bidons subsoniques de 2000 litres, deux Mica EM et deux Mica IR, soit une configuration identique à celle mise en oeuvre à bord de Charles de Gaulle pour les missions anti-surface.

Le rapport concluant cette campagne d’essais a été transmise aux autorités indiennes il y a peu, et selon la presse indienne, les résultats sont sans appels : Pour la Marine Indienne, le Rafale M répond mieux à ses besoins que le Super Hornet, l’appareil français ayant été jugé « plus apte à satisfaire les exigences opérationnelles et les critères de la Marine Indienne », ouvrant la voix à un arbitrage final des autorités indiennes, désormais très probablement en faveur du chasseur embarqué français. Cela représenterait également un important succès pour Dassault Aviation, qui n’a jamais à ce jour exporté d’avion de combat naval destiné à opérer à partir d’un porte-avions, alors que le dernier chasseur naval conventionnel occidental exporté pour cette mission n’était autre que le F-4 Phantom 2, le marché ayant été capté, ces 5 dernières décennies, par des chasseurs à décollage et atterrissage court ou vertical, le Harrier/Sea Harrier et le F-35B.


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