La Bundeswehr désespère du manque de fiabilité de ses nouveaux VCI Puma

Au début des années 1970, l’Armée de terre allemande perçut l’un des meilleurs véhicules de combat d’Infanterie de la fin de la guerre froide, le Marder. Capable de transporter 6 soldats en arme, le blindé chenillé était bien protégé, résistant aux tirs de canons de 25 mm à 200m, disposait d’une bonne mobilité avec un moteur diesel de 600 cv pour une masse de 29 tonnes soit un rapport puissance-poids de 20 cv par tonne, et très bien armé avec un auto canon de 20mm alimenté à 1250 coups, une mitrailleuse de 7,62mm G3 ainsi qu’un système de lancement MILAN, le missile antichar franco-allemand capable de détruire alors n’importe quel blindé à plus de 2 km de distance. Outre des performances remarquables qui ne cédèrent qu’au M2 Bradley en occident, le Marder fut surtout livré à plus de 2100 exemplaires à la Bundeswehr, qui disposait alors du plus puissant corps blindé en Europe occidentale avec notamment 1500 chars de combat Leopard.

La procédure visant à remplacer les Marder allemands débuta en 1994, et fut pour le moins chaotique, avec l’abandon rapide du projet Marder 2 dans le cadre du programme Neue Gepanzerte Plattformen en 2001, pour donner naissance au Puma dans le cadre du programme neuer Schützenpanzer en 2002. Toutefois, la conception du Puma, développé par Krauss Maffei Wegman et Rheinmetall, fut pour le moins difficile, notamment du fait des grandes ambitions technologiques du programme. Mieux armé que le Marder avec un canon de 30mm, une mitrailleuse 5.56mm et un lance-missile anti-char SPIKE LR d’une portée de 4 km, il est également mieux protégé avec un blindage composite et des systèmes de protection passifs et actifs, tout en transportant, comme son prédécesseur, 6 soldats en arme. Le blindé bénéficie en outre d’une vétronique de nouvelle génération, ainsi que de systèmes de communication et de commandement avancés, tout en conservant un rapport puissance-poids de 19 cv par tonne pour une grande mobilité. Il est en outre aerotransportable par avion A400M.

Fiable, bien protégé et puissamment armé, le Marder était incontestablement l’un des meilleurs VCI lorsqu’il entra en service au sein de la Bundeswehr au début des années 70.

Sur le papier, donc, le Puma, commandé à 350 exemplaires pour un prix unitaire record de 17 millions d’euro, représente le parfait successeur du Marder pour la Bundeswehr. Malheureusement, depuis son entrée en service en 2015, le blindé a surtout fait la démonstration, à plusieurs reprises, de son manque de fiabilité. Raisons pour lesquels il ne fut effectivement admis au service actif qu’en 2021, et qu’il se vit attribuer le bien peu flatteur sobriquet de Pannenpanzer, le Panzer de la panne. Et les conclusions d’un récent exercice mené par 18 Puma de la Bundeswehr est sans appel alors que, pour le major-général Ruprecht von Butler, commandant la 10ème division blindée allemande, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un « échec total ».


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