En dépit des annonces, les Su-57 et PAK DA russes rencontrent d’importantes difficultés

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Entre volontarisme commercial et fragilités structurelles, les programmes russes de 5e génération abordent le printemps 2026 dans une configuration paradoxale. D’un côté, Moscou met en scène un rebond export du Su‑57E et annonce de nouvelles ventes internationales, tout en promettant une montée en cadence sur la ligne d’assemblage de Komsomolsk.

De l’autre, des documents industriels divulgués, des volumes demeurant marginaux et un incendie sur la chaîne composites exposent des goulets d’étranglement persistants. À cela s’ajoute l’option d’une externalisation massive vers l’Inde, qui pourrait accélérer la production autant qu’elle redessine la souveraineté industrielle du programme, mais qui semble encore loin d’être acquise. Pour en saisir la portée, il faut dépasser la simple lecture des événements, pour en examiner la mécanique d’exécution.

Les cadences du Su-57 restent limitées malgré les effets d’annonce

Au-delà des effets d’annonce, plusieurs signaux concordants décrivaient, à la fin de l’année 2025, une trajectoire bien plus difficile qu’évoquée pour le Su-57 et le PAK DA. Selon des documents industriels divulgués par InformNapalm, l’incapacité à produire en Russie des composants critiques, additionnée à la dépendance vis‑à‑vis de machines de production et de pièces importées, briderait la montée en cadence. De fait, la comparaison avec les productions américaine et chinoise souligne un différentiel d’exécution, qui compromet, à court terme, toute production autonome à grande échelle des plateformes de 5ème génération.

En outre, la guerre en Ukraine a accentué une érosion démographique déjà sensible dans l’aéronautique russe, faisant émerger un point dur d’ingénierie à l’horizon 2030. Autrement dit, la disponibilité insuffisante d’ingénieurs et de spécialistes retarde la résolution des verrous techniques identifiés, et fragilise la consolidation des lignes de production comme du réseau de sous-traitance, dans un calendrier où le rattrapage paraît peu probable avant la fin de la décennie.

Su-57 usine
Assemblage d’un Su-57 pour les forces aériennes russes VKS.

Ces contraintes se manifestent dans le format réel des flottes, alors qu’à la fin de 2025, le parc de Su-57 demeurait clairsemé, avec autour de 21 appareils produits et un exemplaire potentiellement perdu. En 2024, quelque sept Su-57 auraient été remis aux forces, en six vagues. Dès lors, cette progression modeste ne dissipe ni les contraintes techniques, ni les limites industrielles, bien au contraire. Elle pèse, aussi, sur la consolidation de la disponibilité opérationnelle et sur l’émergence d’un effet d’échelle durable.

Parallèlement, l’usine S. P. Gorbunov de Kazan opère sous tension. Des documents de production publiés évoquent un retard courant portant sur sept Tu‑160 (705, 801, 401, 703, 804, 904, 905) et deux Tu‑22M (8301, 9205). Si une partie de ces charges est liée à des modernisations dont l’achèvement est visé d’ici 2026, la combinaison de ce portefeuille et des priorités nationales réduit mécaniquement les marges de manœuvre à court terme.

D’ailleurs, les faiblesses qui handicapent la production des Su-57, affectent de la meme manière l’assemblage du programme PAK DA, sensé donner naissance au futur bombardier furtif russe, successeur du Tu-95 et du Tu-160, et pendant annoncé du B-21 Raider américain.

En effet, à Kazan, le prototype statique de l’aile volante Izdelie 80, nom donné à l’équipement de ce programme, n’en serait qu’à l’installation des composants sur le prototype destiné aux seuls essais au sol. Autant dire que le premier vol de ce bombardier n’interviendra pas avant plusieurs années, et son entrée en service potentielle, si elle intervient, ne s’effectuera probablement pas avant deux décennies, face aux difficultés à produire et à trouver les composants de l’industrie, et la priorisation donnée aux équipements deja opérationnels pour répondre à l’engagement en Ukraine.

Le Su‑57E affiche ses ambitions à l’export alors qu’un incendie perturbe sa production

Si les contraintes demeurent et même s’amplifie, Moscou tente de réimprimer un certain tempo à l’export autour du Su-57E. Le 15 avril 2026, à Kuala Lumpur, Rosoboronexport a annoncé de nouveaux contrats pour le Su-57E à l’ouverture de DSA 2026, tout en présentant officiellement la version export sur le salon. L’appareil est positionné comme la solution de modernisation pour les opérateurs de Su‑30, capitalisant sur des continuités doctrinales et de maintenance afin d’élargir un carnet d’export encore embryonnaire.

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