En mars 2026, l’Armée de l’Air et de l’Espace a fait l’expérience, grandeur nature, d’un problème qu’elle avait anticipé de longue date, sans pouvoir y répondre, le coût réel d’une défense antidrones quand chaque interception de vecteurs bon marché mobilise des munitions haut de gamme.
Derrière l’anecdote des soixante Shahed abattus aux abords du Golfe, et de la baisse des stocks de MICA, c’est toute la chaîne de tir française qui s’est mise en mouvement pour rétablir un ratio coût/effet soutenable et combler la faille entre un canon difficile à utiliser sur des drones, et des missiles performants mais bien trop chers et longs à produire.
L’annonce, à quelques jours d’intervalle, de l’installation d’une Liaison 16 sur les hélicoptères de combat Tigre envoyés pour protéger les EAU, puis du développement d’un effecteur léger guidé laser antidrone attendu pour 2027 pour équilibrer l’équation économique et industrielle face aux drones d’attaque, matérialise ce tournant. Au-delà de l’urgence, cet Aculeus LG ouvre un rééquilibrage potentiel stratégique entre la menace des attaques saturantes de drones comme les Shahed, et les moyens pour s’en prémunir.
Les Rafale contraints d’utiliser leurs MICA face aux drones iraniens
À la mi-mars, les Rafale basés à Al Dhafra auraient abattu près de soixante drones kamikazes de type Shahed 136 qui visaient les Emirats Arabes Unis et le Qatar, en application des accords de défense liant Paris à Abu Dhabi et Doha. L’intensité des tirs a mis en évidence une asymétrie économique marquée connue depuis l’apparition des drones d’attaque Shahed, chaque interception mobilisant un MICA valorisé entre 600 000 et 700 000 €, pour une cible de quelques dizaines de milliers d’euros. Au total, la facture des seules munitions engagées dépasserait quarante millions d’euros, illustrant un rapport coût/échange défavorable face à des effecteurs adverses peu onéreux mais efficaces et destructeurs.
Face à cette pression opérationnelle, la DGA, l’agence de l’armement française, a déclenché des mesures d’urgence. Ainsi, la liaison L16 a été intégrée sur l’EC665 Tigre en moins de trois semaines par DGA Essais en vol, une performance ramenant un jalon classiquement étalé sur douze à dix-huit mois. Ainsi doté, les Tigre sont pleinement intégrés à la bulle de défense multicouche française. Quatre Tigre équipés de cette L16, ont été déployés aux Émirats arabes unis fin mars, après des commandes notifiées en quarante-huit heures et le renfort d’ingénieurs de l’armement projetés au plus près du besoin.
A peine deux semaines plus tard, le 15 avril, le DGA Patrick Pailloux a annoncé un contrat confié à Dassault Aviation pour adapter la conduite de tir du Rafale afin d’intégrer des roquettes de 68 mm en mode air-air, pour intercepter ces drones. En parallèle, une étude d’intégration d’un panier à roquettes à guidage laser, avec des munitions notamment fournies par Thales dotées de capacités air-air, a été lancée, pour une disponibilité annoncée dès l’été.
À la mi-mars, les Rafale basés à Al Dhafra auraient abattu près de soixante drones kamikazes de type Shahed 136 qui visaient les Emirats Arabes Unis et le Qatar, en application des accords de défense liant Paris à Abu Dhabi et Doha. L’intensité des tirs a mis en évidence une asymétrie économique marquée connue depuis l’apparition des drones d’attaque Shahed, chaque interception mobilisant un MICA valorisé entre 600 000 et 700 000 €, pour une cible de quelques dizaines de milliers d’euros. Au total, la facture des seules munitions engagées dépasserait quarante millions d’euros, illustrant un rapport coût/échange défavorable face à des effecteurs adverses peu onéreux mais efficaces et destructeurs.
Face à cette pression opérationnelle, la DGA a déclenché des mesures d’urgence. Ainsi, la liaison L16 a été intégrée sur l’EC665 Tigre en moins de trois semaines par DGA Essais en vol, une performance ramenant un jalon classiquement étalé sur douze à dix-huit mois. Ainsi doté, les Tigre sont pleinement intégrés à la bulle de défense multicouche française. Quatre Tigre équipés de cette L16, ont été déployés aux Émirats arabes unis fin mars, après des commandes notifiées en quarante-huit heures et le renfort d’ingénieurs de l’armement projetés au plus près du besoin.
A peine deux semaines plus tard, le 15 avril, le DGA Patrick Pailloux a annoncé un contrat confié à Dassault Aviation pour adapter la conduite de tir du Rafale afin d’intégrer des roquettes de 68 mm en mode air-air, pour intercepter ces drones. En parallèle, une étude d’intégration d’un panier à roquettes à guidage laser, avec des munitions notamment fournies par Thales dotées de capacités air-air, a été lancée, pour une disponibilité annoncée dès l’été.
Reste qu’à l’exception des missiles air-air traditionnels, MICA sur Rafale, Mistral sur Tigre, l’offre d’interception à courte et très courte portée pour ces aéronefs était relativement faible, en dehors du canon de 30 mm, peu adapté pour intercepter des cibles aussi petites et lentes que les Shahed, obligeant l’appareil à de nombreuses manœuvres pour réaliser la passe canon nécessaire. Face à une attaque de plusieurs drones, le canon n’est donc pas une alternative viable.
Cette bascule vers des effecteurs abordables est donc remontée au niveau doctrinal. À l’automne 2025, le général Jérôme Bellanger avait rappelé qu’il étudiait l’adaptation d’armements à bas coût pour contrer des menaces type Shahed, jugeant inenvisageable d’épuiser les munitions les plus coûteuses sur de telles cibles. Le besoin d’une capacité dédiée de courte portée s’est, de fait, imposé comme prioritaire, bien avant l’épisode iranien.
L’arrivé de l’Aculeus LG peut redéfinir l’intérêt de l’équation drones en saturation qui inquiète tant
Le 23 avril 2026, la DGA a officialisé le développement d’un missile guidé laser de 68 mm, présenté comme solution antidrone. Dénommé Aculeus LG, il est destiné aux Rafale et aux Tigre pour intercepter drones et munitions rôdeuses. Des essais sont planifiés en juin 2026, avec une production jugée probable à partir de 2027 en cas de succès. L’objectif est de livrer rapidement aux deux plateformes un effecteur efficace à courte et très courte portée.
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