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Le Pentagone veut supprimer l’entité centrale contrôlant le programme F35

Dans une lettre du 27 mars 2018 au Congrès de Etats-Unis, le Pentagone a signifié son intention de diviser l’entité unique en charge du programme F35, en entités propres à chaque force armée (Air Force, Navy et Marines). Cette mesure aurait pour objectif d’améliorer l’interaction entre les armées et l’industriel, et de réduire ainsi les coûts de maintenance très importants de l’’appareil de Lockheed, mais également d’augmenter sa disponibilité très insuffisante aujourd’hui. En procédant ainsi, le Pentagone souhaite transférer une partie des opérations de maintenance du périmètre de l’industriel vers les forces armées elles-mêmes, et espère ainsi réduire les coûts de main d’œuvre et les délais de maintenance du F35.

Contrairement aux annonces du chef d’Etat-major de l’US Air Force la semaine dernière, il y a bel et bien un important problème quand aux coûts de maintenance et d’évolution du F35 pour le Pentagone. Et cette mesure est présentée comme la clé de voute du programme destiné à ramener ces coûts à des niveaux acceptables.

Si, en effet, le transfert d’une part importante de l’effort de maintenance vers les forces armées devrait permettre une baisse pouvant atteindre 30% des coûts actuels de maintenance, du simple fait des coûts de main d’œuvre inferieurs pour les armées que pour l’industriel, il est peut probable que la mesure parvienne à faire baisser la note finale au delà de 15-20%. En effet, les armées pourront fournir la main d’œuvre  directe, mais seront toujours dépendantes des pièces détachées fournies par l’industriel. En outre, les évolutions de l’appareil, qui dépendent entièrement de l’industriel, représentent 30 à 40% des frais de maintenance globaux. 

Enfin, il est peu probable que l’industriel conserve les tarifs actuels en matière de pièces détachées, puisqu’il devra compenser une importante baisse de son chiffre d’affaire du fait de ce changement de procédure. Pour toutes ces raisons, il est probable que la baisse effective par heure de vol de cette mesure plafonne à 15%, 20% dans le meilleur des cas, ramenant l’heure de vol de 61.000 $ à 50.000 $.

Mais cette baisse ne vaudra que pour l’US Air Force, L’US Navy et le Marines Corps, pas pour les clients exports du F35. En effet, les infrastructures à mettre en place pour effectuer ces opérations de maintenance sont hors de portée des forces aériennes européennes, qui n’opèrent pour la plupart qu’une centaine d’appareils, ou moins. En outre, afin de faciliter les négociations, Lockheed a distribué des exclusivités territoriales de maintenance aux premiers pays acquéreurs, comme au Royaume-Unis pour la maintenance des F35 en zone Europe Nord, et l’Italie pour la zone Europe Sud. Les forces aériennes européennes ayant fait le choix du F35 ne devraient donc pas voir les bénéfices des opérations d’optimisation de la maintenance du F35, et continueront à financer, au prix fort, chaque heure de vol du chasseur américain. 

68% des équipements de l’armée indienne seraient obsolètes

Un collectif d’officiers et de responsables de la Défense indienne a publié un article dans « The economist » sur l’état très préoccupant des armées indiennes. Selon eux, 68% des équipements de l’armée indienne seraient obsolètes(« vintage » dans le texte), et seulement 8% des équipements seraient « modernes » (« top of the art » dans le texte). Ainsi, alors que la Chine opère des appareils très modernes comme les J10, J15, Su35 et le chasseur furtif J-20 dans sa force aérienne, l’Inde utilise encore massivement des vénérables mais obsolètes Mig21 datant des années 60, et des Jaguars datant des années 70. En attendant l’entrée en service des 36 Rafale commandés à la France, dont la livraison débutera en 2019, elle ne peut se reposer que sur ses 250 SU-30 MKI et la soixantaine de mirage 2000, tous deux des appareils dessinés dans les années 80.

La situation n’est pas meilleure pour la Marine, qui opère un porte-avion non opérationnel, des sous-marins défaillants jusqu’à l’entrée en service des premiers sous-marins Scorpène conçus par Naval Group, et des destroyers et frégates datant, eux aussi, des années 70. Enfin, pour l’armée de terre, elle continue d’utiliser des copies des T-80 soviétiques, et des véhicules de combat d’infanterie BMP-2 datant des années 60.

Si l’armée indienne avait réussi à prendre l’ascendant sur les forces pakistanaises en 65, et à résister tant bien que mal à l’offensive chinoise en 1962, il est peu probable qu’elle y parvienne aujourd’hui, eu égard l’état d’obsolescence des forces.

L’Inde est un paradoxe très difficile à comprendre, pour nous, occidentaux. En situation quasi-permanente de conflit avec le Pakistan, et de plus-en-plus confrontée aux velléités chinoises en zone indopacifique et dans l’Himalaya, elle reste empêtrée dans des conflits de lutte de pouvoir, figeant de nombreux programmes d’équipement de ses forces, pourtant indispensables.

Les négociateurs français en ont fait l’expérience avec le contrat MMRCA, portant sur la livraison de 18 Rafale construits en France, puis la fabrication de 106 Rafale sous licence en Inde. En dépit de l’insistance de l’armée de l’air Indienne pour s’équiper le plus rapidement possible de plusieurs escadrons de Rafale, le ministre de la Défense de l’époque n’a eu de cesse que de fermer toutes les portes de négociation avec le consortium Rafale, de sorte que le contrat dû finalement être annulé, et remplacé par un commande sur étagère de 36 appareils construits en France. Ce contrat est lui-même attaqué depuis quelques mois par l’opposition indienne, au prétexte qu’il serait trop cher, alors qu’il ventile sur seulement 36 appareils toutes les adaptations particulières à l’armée de l’air indienne, comme la capacité d’emport du missile Brahmos. Alors que l’Armée de l’Air Indienne espérait qu’une nouvelle commande de 36 appareils serait annoncée lors de la visite du président Macron en Inde en mars 2018, il n’en fut rien, du fait de ces attaques.

L’armée de l’Air indienne veut tellement s’équiper massivement en Rafale qu’elle a pousser le gouvernement à remettre en cause l’appel d’offres destiné à remplacer les Mig21 de l’IAF par un appareil monomoteur, et qui avait vu le F16 américain et le Gripen suédois se hisser en final. Il est remplacé par un appel d’offre moins restrictif,  permettant à des appareils multi missions moyens, comme le Typhoon, le F18, le Mig35 et, évidemment, le Rafale, de participer. Or, le Rafale avait déjà battu tous ces appareils lors de l’appel d’offre MMRCA, et les industriels français du consortium Rafale ont pu massivement investir dans l’industrie indienne en raison de la clause d’offset de 50% liée au contrat initial de 36 appareils. De fait, le consortium Rafale dispose aujourd’hui non seulement d’un appareil déjà sélectionné par l’IAF et qui entrera en service en 2019, mais également des infrastructures industrielles pour mettre en œuvre la politique de « Make in India » du président Moodi.

Partout dans le Monde, la victoire serait acquise pour le Rafale … mais pas en Inde … Les Etats-Unis ont ainsi lancé une offensive massive pour amener l’Inde à s’équiper de matériels américains et, par là même, rejoindre l’alliance occidentale face à la Chine, organisée autour de l’US Navy. L’avenir du Rafale en Inde ne se jouera donc pas sur les performances ou le prix de l’appareil, mais bel et bien sur l’attachement Indien à sa politique de non-alignement, qu’elle a maintenue depuis son indépendance.

Le S-400 s’exporte très bien

En peu de temps, le système anti-aérien longue portée russe S-400 est devenu un produit star pour les exportations d’armement russes, devenant même un produit de « conquête de marché », comme c’est le cas en Turquie.

Ainsi, l’agence Tass a publié un article sur l’entrée en service du premier régiment chinois équipé du Système S-400, moins de 3 mois après le début des livraisons à la Chine. Concernant la Turquie, le président Erdogan a lui-même indiqué que le calendrier de livraison des systèmes S-400 commandés à la Russie allait être accéléré pour débuter en 2019. Quand à l’Inde, pourtant adversaire déclaré de la Chine, l’accord concernant l’achat de 5 systèmes S-400 devrait être finalisé sous peu (avec les réserves qui se doivent s’agissant de l’Inde)

Dans un discours du 13 février 2018, le président Turc Erdogan a clairement posé la nouvelle feuille de route qu’il compte mettre en œuvre : «Ceux qui pensent que nous avons effacé de nos cœurs les terres dont, il y a cent ans, nous nous sommes retirés en larmes, ont tort », a lancé ReceiptS4 Erdogan devant son parti, l’AKP. « Nous disons à chaque occasion que la Syrie, l’Irak et d’autres endroits de la carte de nos cœurs ne sont pas différents de notre propre patrie. Partout où l’appel à la prière est entendu, nous luttons pour qu’un drapeau étranger ne soit pas brandi. Les choses que nous avons faites jusqu’ici ne sont rien en comparaison des attaques encore plus grandes que nous prévoyons dans les prochains jours.». 

Or, l’Epire Ottoman du début du 20èmesiècle couvrait une grande partie du Moyen-Orient actuel, mais également d’une partie de la Bulgarie, de la Macédoine et du nord de la Grèce, ainsi que la Lybie. On comprend dés lors pourquoi le nombre d’incidents en mer Egée avec la Grèce a augmenté de prés de 450% en 2017. On comprend également que la Turquie n’arrêtera pas l’opération « Rameaux d’Olivier » en Syrie, et qu’elle l’étendra probablement au Kurdistan Irakien.

Dans ce contexte, et alors que la moindre déclaration d’un leader européen contre les positions russes entrainent des attaques vigoureuses des autorités Turques, mais également la publication de documents compromettant la sécurité des forces déployées en Syrie, le choix du système S-400 par les autorités Turcs s’apparente aux prémices d’une rupture de ban avec l’OTAN. Insensible aux critiques et menaces venant des occidentaux, le président Erdogan attend peut-être que l’OTAN elle-même l’exclu de l’alliance, pour éventuellement rejoindre une alliance de circonstance avec la Russie et l’Iran, et éviter ainsi un mouvement de contestation de la part des militaires restant, pour beaucoup, attachés à l’Alliance Atlantique.

On peut toutefois s’interroger sur l’absence de réaction de l’OTAN comme de l’UE face aux provocations sans cesse plus grandes des autorités turques…

La nouvelle version de l’Exocet améliore significativement les performances du missile français

La famille du missile anti-navire MM40 Exocet s’enrichit d’un nouveau standard, déjà entré en service sur certaines unités de la Marine nationale. Le MM40 Block3C disposerait d’un nouvel autodirecteur capable de discerner ses cibles, c’est à dire de reconnaître et frapper les cibles ayant la plus grande valeur militaire. Cette capacité est également intégrée aux nouveaux missiles américains LRASM remplaçant les Harpoons, et les NSM Norvégiens, présentés comme des missiles ne nouvelle génération.

La Marine Nationale va recevoir 15 nouveaux missiles MM40 B3C d’ici 2020, probablement pour équiper les deux dernières FREMM (8 unités chacunes), et les missiles MM40 B3 actuellement en service seront progressivement portés à ce standard. En revanche, il n’est pas fait allusion aux missiles AM39 tirés par les Rafales M ou l’Atlantique 2, ni aux SM39 lancés à partir des sous-marins nucléaires français. Il est toutefois probable que ces deux versions soient également portées à ce standard, qui apporte un avantage opérationnel décisif.

Le missile MM40 a une portée supérieure à 200 km, et une vitesse de croisière subsonique élevée. Il s’écoule donc un délai supérieur à 10 minutes entre le lancement et l’impact, délai durant lequel la configuration de la cible peut évoluer. C’est précisément dans ce domaine que le MM40 B3C apporte une forte valeur ajouté, puisqu’il est capable d’identifier sur un ensemble de cibles, celle qui présente le plus d’intérêt (un porte-avions, un navire d’assaut, un pétrolier ravitailleurs..). 

Pour identifier les cibles, le missile consulte une base de données interne de silhouette infrarouge, base de données enrichie par la Marine Nationale qui déploie des navires et des aéronefs sur toutes les mers en permanence. 

A noter que Français et Britanniques travaillent ensemble à la construction d’un nouveau missile, un temps identifié par le nom Perseus identifié par l’acronyme FMAN/FMC pour Futur Missile Anti-Navire/Futur Missile de Croisière, qui remplacera à la fois les missiles de la famille Exocet (AM39, SM39 et MM40) et les missiles de croisières SCALP utilisés par l’Armée de l’Air et l’Aéronavale française, à horizon 2030. Il était donc nécessaire de moderniser les Exocet (et les SCALP) pour maintenir les performances opérationnelles des armées françaises jusqu’à la livraison du nouveau missile.

La Russie va mettre en service son dernier modèle de missile anti-aérien longue portée

Selon le ministère de la Défense Russe, les tests du nouveau missile anti-aérien 49N6 longue portée, qui équipera les batteries du fameux système S-400, sont entrés dans leur phase finale, et le missile devrait commencer à être livré aux unités opérationnelles d’ici la fin de l’année. Ce missile portera la portée maximale du S-400 à 400 km contre les avions, les missiles de croisière et les « véhicule de réentrée atmosphérique manœuvrant  », à savoir les ogives des missiles balistiques. Ce missile équipera également le nouveau système S-500 qui remplacera les S-300 dans la défense anti-missiles balistiques, et qui annonce une portée supérieure à 2000 km.

S’il y a bien un domaine dans lequel la technologie Russe est sensiblement supérieure à la technologie occidentale, ce sont les missiles sol-air. Et ce n’est pas un phénomène récent ! Pendant la guerre du Vietnam, les SA-2 et SA-3 Nord-Vietnamiens infligèrent de lourdes pertes aux appareils américains, notamment aux formations de B-52 qui devaient bombarder Hanoï et Haiphong. Plus tard, ce furent les appareils israéliens qui firent la difficile expérience des batteries SA-6 et des missiles portables SA-7 égyptiens en 1973, lors de la guerre du Kippour.

Aujourd’hui, la Russie met en œuvre pas moins de 6 systèmes terrestres différents :

  • le S-400 pour la défense anti-aérienne en profondeur (jusqu’à 400 km)
  • le S-300 pour la défense anti-aérienne et anti-missile jusqu’à 300 km, bientôt remplacé par le S500
  • Le système BUK, défense anti-aérienne et anti-missile jusqu’à 40 km
  • Le Système TOR, défense antiaérienne mobile, jusqu’à 15 km
  • Le Système Pantsir, système de défense anti-aérienne à très courte portée très mobile capable d’intercepter avions, hélicoptères, missiles, drones et obus/roquettes d’artillerie
  •  Enfin, la Russie met en œuvre de nombreux modèles de canons anti-aériens automoteurs à guidage radar allant de 23 mm à 57 mm, et les forces d’infanterie et blindées russes disposent d’un nombre très important de missile MANPAD (SA-18 et SA-24)

A titre de comparaison, les Etats-Unis n’en utilise actuellement que 3 (THAAD anti-missile, Patriot PAC-3 anti-aérien longue portée, et Stingers MANPAD), comme la France (SAMP/T longue portée, Crotale courte portée, Mistral MANPAD). 

Au delà du nombre de systèmes, c’est également par leur organisation que la Russie est très efficace : Chaque système est connecté aux autres, échangeant données d’engagements et cibles, et le tout fonctionne sur un principe multicouche redondant.  A ce titre, le seul système S-400 intègre, dans les unités russes, plusieurs types de radars et de missiles utilisés selon les cas.

La redondance des systèmes de détection et d’interception au sein d’un même système donne également une grande souplesse d’utilisation et d’évolution aux systèmes russes. Ainsi, il a été « facile » aux unités russes d’ajouter des radars en bande UHF, capables de détecter les avions dits « furtifs » comme le F22 ou le F35, en complément des radars haute-fréquence déjà en fonction. De fait, le réseau de Défense anti-aérienne russe est d’ores-et-déjà en mesure de détecter et d’engager les appareils furtifs, au même titre que les appareils de générations plus anciennes. 

Il est intéressant de noter qu’en 1990, lors de la conception du Rafale, les membres de l’Etat-major de l’Armée de l’Air, et les ingénieurs de Dassault, avait choisi de ne pas investir dans la furtivité, qu’elle jugeait trop cher et contraignante, et qui allongeait la durée de conception et les coûts de l’appareil, alors que, selon elle, les progrès des radars et du traitement du signal rendrait cette technologie inopérante en 2020/2025. Elle préféra donc miser sur un appareil capable de mener des incursions à très basse altitude et grande vitesse, équipé d’armes tirées à distance de sécurité, donnant naissance au Rafale et au missile SCALP, lui-même très furtif. L’histoire semble leur donner raison.

Les pays baltes demandent l’aide des Etats-Unis

En amont de la rencontre des trios chefs d’Etat des pays Baltes avec le président Trump à Washington, Dalia Grybauskaite, la présidente de Lituanie, a expliqué sur le radio publique nationale LRT, qu’ils demanderaient au président américain l’intensification de la protection et de la présence des forces US sur leurs sols. Les pays baltes redoutent des actions russes sous le seuil de conflictualité permettant le recours à l’article 5 de l’Alliance Atlantique, notamment en raison de la très importante minorité russe vivant dans ces trois pays, et effectivement plutôt « mal traitée » par les autorités baltes, bien que la situation se soit grandement améliorée depuis l’intervention de l’UE. Le scenario le plus craint serait une intervention russe pour venir en aide à une révolte de ces minorités, sur le modèle du Donbass ukrainien, ou de l’Ossétie du Sud géorgienne.

Malgré l’augmentation sensible des budgets des armées des Etats baltes, respectant tous la règle des 2% édictée par l’OTAN, ils restent incapables de mettre en œuvre des équipements comme une flotte de chasse, ou des chars lourds, susceptibles de s’opposer efficacement à une offensive conventionnelle russe, et donc de jouer une rôle dissuasif. 

Comme tous les pays à faible PIB, les pays baltes ne parviennent  plus à s’équiper de matériels neufs et modernes, tant les prix ont atteint des niveaux élevés. En fait, prés de la moitié des pays de l’UE sont désormais contraints de s’équiper d’une majorité d’aéronefs ou de blindes d’occasions (Lituanie, Lettonie, Estonie, Bulgarie, Hongrie, République Tchèque, Slovaquie, Croatie, Slovénie, Portugal ..) et plusieurs pays font face à d’évidentes difficultés pour renouveler leurs équipements, comme la Grèce, ou l’Espagne. Ces pays deviennent ainsi de plus en plus dépendant des Etats-Unis pour leurs Défense, et deviennent, à leur corps défendant, un important potentiel de vote aligné sur les Etats-Unis dans les processus européens.

Pourtant, l’Union Européenne a la possibilité de concentrer une partie de son action pour traiter ce problème, de manière simple et efficace. En intégrant le retour sur investissement fiscal sur sol européen dans le périmètre des prestations européennes, l’UE pourrait organiser un programme d’équipement des pays européens répondant à ces critères (faible PIB, mauvais rapport équipement/militaire), en proposant un financement sur 20 ans des équipements fabriqués en Europe à plus de 75%, et abondés à hauteur de 35% par le pays (ou les pays fabricants) sur la base des retours sur investissements liés à l’exécution du programme, et un abondement de 15% de l’UE elle-même. A des fins d’équités, les pays ne répondant pas aux critères bénéficieraient également de l’abattement de 35%, mais d’un abondement de 5% uniquement de l’UE.

Cette mesure favoriserait les entreprises européennes alors qu’aujourd’hui, ce sont les entreprises américaines qui remportent de nombreux succès eu Europe.

Ainsi, selon ce modèle, un avion comme un mirage 2000 neuf, modernisé au niveau des appareils de catégorie équivalente comme le Gripen ou le F16, qui couterait donc 35 à 40 m€ l’unité, pourrait être proposé à ces pays pour 2 millions d’Euro par an par appareil, entretien inclus. A ce tarif, des pays comme la Lettonie pourraient disposer d’un escadron de 15 appareil et assurer eux-mêmes leur défense aérienne.

Un tel modèle permettrait également de déduire 40 à 50% des investissements en matière d’équipement de Défense des décomptes en matière de dette publique, permettant à tous les pays européens d’augmenter jusqu’à 50% leurs budgets consacrés à l’acquisition des équipements de Défense, pour peu qu’ils soient conçus et fabriqués en Europe.

Les Tornado allemands ne seraient plus aptes à participer aux missions de l’OTAN

Selon le magazine Allemand Des Spiegel citant un rapport de la Luftwaffe, les avions Tornado allemands ne seraient plus en mesure de participer aux missions de l’OTAN, et notamment aux missions nucléaires. Depuis son entrée en service dans la Luftwaffe en 1982, les Tornado allemands avaient la capacité à transporter la bombe nucléaire gravitationnelle B61. Selon ce rapport, les appareils ne seraient plus aptes à communiquer avec les infrastructures OTAN de communication, et donc d’être intégré au dispositif aérien de l’alliance. 

Cette « fuite » intervient dans un cadre particulier, alors que le chef d’état-major de la Luftwaffe, qui s’était ouvertement et avec insistance prononcée en faveur du F35, et ce alors même que le gouvernement allemand, l’avait déjà une première fois rappelé à l’ordre. 

La fuite de ce rapport n’est certainement pas le fait du hasard. Depuis quelques semaines, le camp F35 s’est mis en ordre de bataille pour ramener l’Allemagne dans le droit chemin, et lui faire renoncer à commander des avions Typhoon pour remplacer ses Tornado. Et le principal argument avancé en faveur du F35 repose sur la possibilité d’utiliser la bombe gravitationnelle nucléaire B61. À noter que cet argument est également utilisé en Belgique pour imposer le F-35 face au Typhoon et au Rafale, et ce, en dépit des prix de maintenance exorbitants de l’appareil.

Il est toutefois intéressant de constater que la majorité des soutiens en Allemagne en faveur du F35 provient de la Luftwaffe elle-même, et plus spécifiquement de son État major, très imprégné des doctrines OTAN.

Car, contrairement à la France, l’Allemagne n’a pas la capacité à construire son propre appareil, au mieux, peut-elle participer à une coopération pour en construire un, comme ce fut le cas avec le Tornado et le Typhoon. Or, les alliances changent à chaque génération, ne permettant guère un attachement à un constructeur, ni une collaboration dans la durée, comme c’est le cas entre l’armée de l’air (et l’aéronavale) française et Dassault Aviation.

Au-delà de ce point, cette fuite, et l’argument utilisé, alors que l’Allemagne fait partie des pays signataires des accords contre les armes nucléaires, montre la puissance et les méthodes des soutiens du F35, et ce, malgré les dizaines de milliers d’emplois en Allemagne en jeux.

Le Royaume-Uni choisi le Boxer

Finalement, l’appel d’offre n’aura pas durée longtemps. Moins d’une semaine après l’annonce d’une compétition pour choisir le modèle de véhicule de combat d’infanterie qui équipera l’armée britannique, le ministère de la Défense britannique a annoncé que son choix s’était porté sur le programme Boxer, que les britanniques avaient quitté il y a 12 ans. Après les australiens, c’est donc un nouveau succès pour le VCI issu d’une coopération entre l’industrie allemande et hollandaise, et une déception pour Nexter et son VBCI 2 qui avait pourtant été évalué positivement, il y a quelques années par les forces britanniques.

Décidément, les entreprises de défense françaises peinent à exporter en Europe et, plus globalement, dans tous les pays occidentaux. Hormis le canon automoteur CAESAR, qui a connu plusieurs succès (et c’est bien la moindre des choses tant il est performant), et quelques contrats d’hélicoptères, si les équipements français parviennent à donner satisfaction lors des tests, ils ne passent pas le cap de la décision politique. En cela, le choix de la Belgique de rejoindre le programme SCORPION est exceptionnelle et devrait être bien plus valorisée par les autorités françaises.

Les raisons de ces échecs sont multiples : un manque de soutien ou d’investissement politique (beaucoup moins sensible depuis J.Y Le Drian et Florence Parly), des équipements manquant de performances sur les théâtres européens, car optimisés pour les théâtres africains, ou des erreurs en matière de pilotage des offres.

Mais plus que tout, ces échecs sont liés à un conservatisme excessif des industries de défense françaises, dans leurs gestions de leur image et dans leur communication. En consultant les blogs et sites britanniques depuis l’annonce de la compétition pour 800 VCI, on peut remarquer que tous les leaders d’opinion étaient en faveur du Boxer.

Pas la majorité, tous. Comme ils l’avaient fait avec le Leopard 2, les Allemands ont patiemment rallié un nombre important de figures publiques et semi-publiques, dont beaucoup de journalistes et blogueurs Défense, en présentant le Boxer comme un VCI très supérieur aux autres, de sorte qu’aucune compétition ne soit nécessaire. Ajoutons à cela une intervention au bon moment des autorités allemandes, comme ils l’avaient fait en Norvège pour la compétition concernant les sous-marins, et le sort de la compétition était scellé. 

Il faut noter que cette méthode n’est pas l’apanage des allemands ; les suédois et surtout les américains l’utilisent avec succès depuis de nombreuses années, expliquant ainsi le soutien apporté en faveur du Gripen et surtout du F35 en Europe. Il est plus que temps que l’industrie de Défense Française sorte de ses paradigmes qui, s’ils étaient effectivement efficaces dans les années 70, ne sont plus en mesure de faire face à la pression américaine ou allemande.

La Malaisie voudrait commander deux sous-marins supplémentaires

La Marine Royale Malaisienne prévoit d’acquérir deux sous-marins supplémentairesen plus des deux sous-marins Scorpene déjà livrés par Naval Group. La livraison des nouveaux sous-marins serait prévue lors du 14eme plan d’équipement des forces armées 2031-2035, et du 15eme plan 2036-2040. L’extension de la flotte de sous-marins fait suite aux renforcements des différentes marines de la zone indopacifique. Le Scorpene de Naval Group, opérationnel dans la marine malaisienne depuis 2009, est donné favoris, sans toutefois qu’une confirmation en ce sens ai filtré.

La zone indopacifique devient, depuis quelques années, une poudrière en puissance, avec des marines et des forces aériennes qui se renforcent sans discontinue, portées par des économies plutôt florissantes, et entrainées par l’effort extraordinaire de la Chine pour construire une force navale de classe mondiale, capable de s’opposer à l’US Navy et à ses alliés. De fait, chaque marine de la région a entrepris d’importants programmes de modernisation et d’équipements :

  • Australie : 12 sous-marins océaniques Shortfin Barracuda – Frégates AA et ASM de nouvelle génération
  • Japon : Extension de la flotte sous-marine à 20 unités – Destroyer porte-aéronefs izumo – 24 destroyers
  • Inde : 6 sous-marins Scorpene (+4 ?) – Nouveau porte-avions STOBAR – 
  • Malaisie : Nouveaux sous-marins Scorpene – Corvettes lourdes Gowind
  • Vietnam : sous-marins russes 683.6 Improved Kilo – Corvettes Guepard
  • Corée du Sud : 8 Sous-marins  AIP Son-Won-il – 16 frégates – 12 destroyers 

Il y a désormais plus de sous-marins dans la zone indopacifique que sur la zone Europe-méditerranée- Atlantique Nord, qui fut le point central de l’affrontement naval entre l’occident et l’est pendant la guerre Froide.

De fait, l’US Navy concentre désormais plus de la moitié de ses moyens dans cette zone, et moins de 20% en zone Europe, méditerranée.

En étudiant les forces aériennes et terrestres, on constate que, là encore, le centre de gravité de la concentration de forces s’est largement déplacé vers le Pacifique, avec plus de la moitié des avions de combat mondiaux évoluant dans cette zone, ainsi que les 2/3 des véhicules de combat blindés.

Ces chiffres sont liés aux frictions entre la Chine, le Pakistan et l’Inde, ainsi qu’entre les deux Corées. Mais c’est avant tout la croissance de la force militaire chinoise, tant maritime, aérienne que terrestre, associée à des revendications territoriales peu justifiée et imposée par le fait accompli, qui aura amené la majorité des pays de ce théâtre à devoir renforcer leurs forces militaires, plus particulièrement leurs forces navales. Il est d’ailleurs très probable que, à court et moyen terme, ce phénomène ne fasse que s’amplifier.

L’Union Européenne veut fluidifier les déplacements de troupes sur son territoire

Lors du déploiement des unités de l’OTAN en Pologne et dans les Pays Baltes, suite à l’augmentation des tensions avec la Russie, et la création de la 1ere armée de la Garde forte de 600 chars face à ces pays, les unités firent face à de nombreuses difficultés pour rejoindre leurs positions. Par exemple, il aura fallut plus de 2 semaines au bataillon Striker de l’US Army pour être déclaré opérationnel.C’est la raison pour laquelle l’Union Européenne qui, fédèrent l’ensemble des pays formant la ligne de front avec la Russie , a décidé d’entreprendre un programme visant à faciliter le déplacement d’unités militaires, et notamment d’unités militaires lourdes, entre les pays appartenant d’abord à l’Espace Schengen, puis à l’ensemble de l’Union.

Un des objectifs de ce projet sera d’uniformiser les contraintes d’infrastructure de transport pour l’ensemble des pays, afin de permettre le déplacement des unités logistiques, comme les transports de chars, souvent bloqués par des routes trop étroites ou des ponts trop bas. Beaucoup de journalistes et commentateurs de l’actualité internationale de Défense estiment que les tensions actuelles entrainent un glissement vers une seconde guerre froide. Il faut reconnaître qu’entre les programmes de réarmement et de modernisation des armées américaines, russes, chinoises, et les rhétoriques guerrières de plus en plus usitées par les chefs d’Etats, il ne fait que peu de doute que l’occident d’un coté, et la Russie, la Chine, l’Iran, le Pakistan (et la Turquie) d’autre part, sont entrés dans une logique de conflit larvés.

Toutefois, peut-on parler de guerre froide ?

A la fin des années 40, lors de la création de l’OTAN puis du Pacte de Varsovie, les deux blocs étaient totalement opaques l’un pour l’autre : les échanges commerciaux étaient réduits au minimum, les contacts entre les peuples également. Nous sommes donc dans un environnement très différent, les échanges commerciaux avec la Russie et surtout la Chine étant à un niveau très élevé, et le nombre d’expatriés réciproques tout au élevé. Il est bon de rappeler que les entreprises françaises sont les premiers investisseurs étrangers en Russie, ou des groupes comme Renault, Auchan ou la Société Générale sont devenus des acteurs majeurs de l’économie du pays. Inversement, le nombre de touristes russes et chinois est essentiel pour le tourisme français, surtout au niveau de la capitale.

De même, de nombreux pays européens, dont l’Allemagne, dépendent presque intégralement du gaz russe. Cette situation inédite crée un contexte très différent de ce que fut la guerre froide, et il serait erroné d’essayer d’appliquer les paradigmes de cette époque pour piloter la décision aujourd’hui.