dimanche, novembre 30, 2025
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L’artillerie gagne en allonge dans le monde

Lors de son intervention en Syrie, les forces russes ont fait la démonstration de leur capacité en matière d’artillerie, une spécialité russe de longue date. Sans que cela ne fût une réelle surprise, les performances en matière de performances, précision et portée de leurs systèmes automoteurs ont donné à réfléchir dans les Etats-majors. En effet, là ou le Paladin américain portait à 24 km, le 2S35 Koalotsiya russe porte à plus de 70 km, avec des projectiles à guidage Glonass ou laser guidé par  un drone, un aéronefs ou un opérateur au sol.

C’est ce qui a amené l’US Army à modifier ses nouveau M109-A7 Paladin pour pouvoir tirer la nouvelle munition Excalibur M982produite par Raytheon en partenariat avec le suédois BAe System AB (ex Bofors). Si le M109-A7 peut tirer à 30 km, soit 25% plus loin que le A6, en munition standard, il peut atteindre une cible à 70 km avec la nouvelle munition à guidage GPS. Toutefois, l’utilisation de cette munition sera rare, pour ne pas dire anecdotique, puisque seule 1100 Excaliburs ont été commandé pour 2019, contre 150.000 obus de 155 mm classique, la raison étant sur prix unitaire supérieur à 50.000 $.

Il faut noter que le Français NEXTER n’est pas en reste dans ce domaine, avec l’obus guidé Katana de 155 mm qui, portant à 60 km, dispose d’un guidage mixte inertiel GPS permettant de conserver une grande précision en environnement de brouillage intense. En outre, le CAESAR a montré, tant en manœuvre d’entrainement sur le terrain en Irak, que l’association d’une grande mobilité, d’une excellente précision et d’une haute cadence de tir, permettait d’effectuer des frappes en profondeur dynamiques sous forme de raid d’artillerie, préservant la batterie des répliques adverses.

Cette approche, basée sur la mobilité et la manœuvre, est certainement aussi déterminante que l’extension de la portée

L’Europe peut-elle se protéger seule ?

Après le Danemark, c’est en Finlande que le Président Macron, en voyage officiel, est venu défendre l’idée d’une Europe de la Défense. Et il a, pour ainsi dire, associé le geste à la parole, en promettant au président finlandais Sauli Niinistö le soutien de la France en cas de besoin. La Finlande, comme la Suède, n’est pas membre de l’OTAN. Elle ne bénéficie donc pas des mesures de réassurance de l’alliance comme les Pays Baltes, la Pologne ou la Roumanie, face à la montée en puissance militaire rapide de la Russie. Helsinki a d’ailleurs entrepris, comme Stockholm, d’augmenter significativement son effort de Défense face à la menace russe.

Toutefois, et ne nous y trompons pas, si cette annonce a une portée symbolique indéniable, elle ne sera pas nature à changer les tensions ni les craintes dans cette partie de l’Europe, à moins que, évidemment, la France ne mette en jeu sa dissuasion, ce qu’elle ne fera pas, en tout cas pas ainsi.

L’annonce du président français manque, intrinsèquement, de profondeur, pour servir de base à la redéfinition d’une vision de défense européenne. D’une part, elle n’engage que la France, et de manière très vague. Une annonce similaire faite par ou au nom du couple franco-allemand aurait, ainsi, une portée et une perception totalement différente, en Finlande comme dans les autres pays européens.

D’autre part, les moyens militaires que pourrait engager la France aujourd’hui en matière de réassurance de la Finlande sont, eux aussi, plus que symboliques. Et ne parlons pas de moyens à vocation réellement défensive sur un théâtre nord européen face à un adversaire comme la Russie. Rappelons que la France n’a aujourd’hui, et ne prévoit d’avoir dans les 15 prochaines années, que 200 chars de combat, et une centaine de système d’artillerie. Même avec l’appui de l’Allemagne, qui ne dispose que de 320 chars théoriques, et 140 systèmes d’artillerie, la capacité de projection en soutien de la Finlande serait particulièrement limitée.

L’annonce du président français à la Finlande, comme son plaidoyer pour une mise en œuvre systématique d’un l’article européen 42-7 de sécurité collective renforcée, n’auront de poids que lorsque la France, et l’Allemagne, se seront engagés conjointement dans un effort visant à renforcer de manière significative leurs capacités militaires, et renforcé ainsi la dissuasion conventionnelles du continent.

Boeing concevra et fabriquera le drone tanker naval MQ-25 Stingray

Le directeur des acquisitions de l’US Navy, James Geurtz, a annoncé que l’étude et la réalisation du drone de ravitaillement embarqué MQ-25 Stingray avait été attribué Boeingce 30 aout 2018. L’avionneur de Seattle se verra donc notifié un contrat d’un montant de 805 m$ pour l’étude et la livraison de 4 prototypes,  le contrat final de 72 appareils étant, lui, évalué à 13 Md$. Le Stingray devra commencer à entrer en service en 2024.

C’est une excellente nouvelle pour Boeing qui a traversé une période de vaches maigres au profit de Lockheed, et n’a maintenu son activité chasse que grâce aux commandes de Super Hornet et de Growler de la Navy, et aux contrats exports. 

Le démonstrateur de Boeing est remarquablement classique dans son design, avec une architecture à ailes droites et plans arrières, et non en forme d’aile volante comme la plupart des UCAV présentés actuellement. Cette configuration n’est pas idéale en terme de furtivité, même si un effort à été fait pour aligner les plan horizontaux.

Elle est, en fait, liée à la fonction même du Stingray, qui est d’accompagner les avions du groupe aérien embarqué pour pouvoir les ravitailler au plus prêt de la zone d’action. Contrairement à un UCAV d’attaque, le Stingray n’aura donc pas besoin de s’approcher particulièrement prêt des systèmes de détection adverse, et sa furtivité passive n’a donc pas besoin d’être aussi poussée que pour ces derniers. En outre, une aile droite présente des avantages aérodynamiques très importants aux vitesses subsoniques basses et moyennes, et est donc très adapté à la mise en œuvre à partir de porte-avions, et à l’emport de lourde charge de carburant.

Le besoin urgent d’une solution de ravitaillement pour son groupe aérien indique également une profonde modification des conditions d’emploi du porte-avions de nos jours. Là où le bâtiment évoluait à 250/300 km des côtes il y a encore 15 ans, l’extension des portées des missiles antinavires l’oblige désormais à s’éloigner bien d’avantages, réduisant d’autant les capacités de son aviation embarquée qui, traditionnellement, n’est pas conçue pour avoir un rayon d’action particulièrement élevé. Ainsi, le Super-Hornet comme le Lightning II ont un rayon d’action inferieur à 1000 km en charge, et donc une autonomie sur zone très réduite si le bâtiment est déjà à 500 km des côtes.

C’est d’ailleurs une des grandes limitations des porte-avions à tremplin, leurs avions consommant beaucoup de carburant au décollage et ne pouvant pas décoller à pleine charge, et donc, ayant un rayon d’action encore plus limité. En outre, ils ne peuvent pas mettre en œuvre de solution de ravitaillement, fut-ce-t-elle par drone.

Le Danemark veut participer rapidement et pleinement à l’Europe de la Défense

Lors de la visite officielle du président Macron au Danemark, le premier ministre Rassmussen a annoncé que son pays souhaitait rejoindre et participer rapidement et pleinement à l’initiative d’Europe de la Défense. Alliant le geste à la parole, la Marine Danoise a annoncé qu’une de ses 3 frégates anti-aériennes de la classe Iver Huitfeldt, de puissants bâtiments de 6600 tonnes équipées de 56 missiles SM-2, participera à l’escorte du porte-avions français Charles de Gaullelors de sa première campagne 2019, en Méditerranée et Océan Indien.

Cette annonce a une portée politique et symbolique très importante. En effet, le Danemark est traditionnellement un pays très atlantiste, et il n’avait jusque là, jamais fait preuve d’un intérêt avéré pour les initiatives franco-allemandes. Or, le premier ministre Rasmussen a évoqué, lors de sa déclaration, un partage es taches naturel entre l’OTAN et l’Europe de la Défense, ce qui est à l’opposé de la position jusque là défendue par Copenhague, et la plupart des pays européens membres de l’OTAN.

Il s’agit donc d’un basculement important, qui pourrait préfigurer d’une prise de conscience plus large en Europe, et notamment en Europe du Nord. 

Reste que, pour émerger, l’Europe de la Défense doit avant tout se construire sur le couple franco-allemand, qui devra être mesure de bâtir une offre de défense suffisamment attractive et rassurante pour créer une dynamique à l’échelle de toute l’Europe.

Mais, à 9 mois d’élections européennes qui s’avèreront cruciales pour l’avenir de l’Union, les initiatives pour renforcer la Défense européenne par les européennes ne peuvent qu’être bienvenues 

La Marine chinoise va dépasser les Marines européennes en 2025.

Alors que la 28eme frégate de Type 054(modèle 054A) vient d’être admise au service par la Marine de l’Armée Populaire de Libération, les efforts déployés par Pékin pour se doter d’une flotte de haute-mer de classe mondiale ne cessent de s’intensifier.

Le format de cette flotte est présenté dans une infographique publiée par les services chinois, et est impressionnant :

  • 3 porte-avions dont 1 porte-avions à catapultes
  • 12 croiseurs de Type055
  • 26 destroyers anti-aériens Type052D
  • 15 destroyers ASM type 052 et 956 modernisés
  • 26 frégates type 054 et 054A
  • 24 frégates type 054B
  • 4 LHD type 075
  • 6 LPD Type 071

En comparaison, en Europe, Grande-Bretagne et Norvège compris, nous aurons :

  • 3 porte-avions lourds dont 1 à catapultes
  • aucun croiseur ou destroyer lourd
  • 28 destroyers anti-aériens
  • 24 destroyers ASM
  • 42 frégates
  • 6 LHD
  • 2 LPD

Il n’y a que 20 ans, la Marine chinoise était une marine limitée à des forces d’autodéfense côtières et de garde côtes. En 25 ans, elle aura rattrapé, et dépassé, l’ensemble des forces navales européennes. Il faut noter qu’il en va de même avec les forces aériennes. Il faut noter également que 50% de la flotte chinoise en 2025 aura moins de 10 ans, alors que 50% de la flotte européenne aura plus de 15 ans. 

Cette comparaison montre également que les marines européennes passent totalement à coté du retours des croiseurs, aucun bâtiment de ce type n’étant prévu ni même imaginé à ce jour dans nos contrés. Or, la capacité à emporter d’un nombre très important de missiles variés est, aujourd’hui, un des meilleurs moyens pour mettre ne œuvre ou contrer les stratégies de déni d’accès, à l’exception du sous-marin. 

Il est également indispensable de garder en tête que le format européen précité est un format, pour l’heure, définitif, et qu’il n’est pas question de l’augmenter. En revanche, le format chinois est un format intermédiaire, et en 2030, il y aura probablement autant de nouveaux bâtiments vis-à-vis de 2025 qu’il n’y en aura en 2025 vis-à-vis d’aujourd’hui.

De fait, lors de la décennie à venir, et en l’absence d’une réaction forte à l’échelle européenne, l’Europe, en tant que continent sera militairement déclassé, comme le seront, naturellement, tous ses membres.

La stratégie chinoise au Moyen-Orient préfigure les ambitions du pays

Outre sa puissance économique, militaire et navale, la puissance américaine repose sur son réseau d’alliances particulièrement dense. Ainsi, sur les 10 plus grandes puissances économiques mondiales, 5 sont des alliés très proches de Washington (Japon, Allemagne, Royaume-Unis, France et Italie), alors que la Chine ne peut se prévaloir que de liens avec Moscou (N°10 au classement)

Mais Pékin n’a nullement l’ambition de se satisfaire de cette situation, et développe, avec son projet de route de la Soie, un réseau d’alliances de plus en plus important, notamment au Moyen-Orient et en Afrique. Comme toujours avec la Chine, les choses sont faites dans le temps long, sans effets d’annonces ni d’exploitations médiatiques, contrairement aux Etats-Unis, ou à la Russie. Pour autant, la présence chinoise au Moyen-Orient ne cesse de s’accroitre, que ce soit dans les monarchies du Golfe, en Irak, à Djibouti ou en Iran. 

L’Iran fait d’ailleurs l’objet d’un intérêt très particulier de la part de Pékin, qui continuera à acheter le pétrole et le gaz iranien malgré les sanctions US. Ce soutien est toutefois, comme pour Moscou, parfaitement maitrisé et contrôlé pour ne pas déclencher la colère des Saoudiens, ni des israéliens. C’est la raison pour laquelle les contrats de ventes d’armes à Téhéran restent limités, et confidentiels. Ainsi, ni Moscou, ni Pékin n’a autorisé à la vente de systèmes anti-aériens de déni d’accès à Téhéran, alors que les deux sont en lice dans ce domaine en Arabie Saoudite, au Qatar ou aux Emirats Arabes Unis.

Il sera nécessaire à la Chine, cependant, d’amener un des pays de la Région à lui ouvrir des accès pour pouvoir déployer des forces suffisantes, qu’elles soient terrestres, navales et aériennes. La base de Djibouti, si elle constitue un point d’appuis intéressant, ne pourra être utilisée en cas de dégradation de la situation, en raison de la présence américaine et française. Les généreux prêts consentis par Pékin aux capitales régionales pourraient bien être, comme ce fut le cas dans le pacifique et en Asie du Sud-Est, un moyen de pression très important à moyen terme. 

Il ne faut pas oublier, dans ce paysage, la Turquie d’Erdogan, qui se dirige à marche forcée vers l’isolement économique et politique, et qui pourrait bien voir en la Chine, plus qu’en la Russie, le partenaire idéal, tant du point de vue économique que politique et militaire, pour encaisser une rupture de ban avec l’occident. 

Pour approfondir le sujet, lire l’article en anglais (4 min) – Lisez le, il est excellent !

https://nationalinterest.org/feature/how-china-trying-dominate-middle-east-29922?page=0%2C1

Quand la Russie bande ses muscles

L’exercice de rentrée des forces armées russes promettait d’être massif, puisque Viktor Choïgou l’avait présenté comme « le plus important exercice depuis 1981 ». Et, en effet, Vostok-2018(Vostok signifiant Est, Zapad ouest nrlr) impressionne par ses chiffres : 300.000 hommes, 1000 aéronefs, 900 chars … En un simple exercice, la Russie mobilise deux fois plus de personnels et de matériels que l’Europe dans son intégralité pourrait mobiliser en 60 jours. Il faut également le comparer avec les 13.000 hommes, 250 chars et 70 aéronefs de l’exercice Zapad 2017 (chiffres officiels russes, les occidentaux estimant plutôt 100.000 hommes mobilisés) qui fit couler beaucoup d’encre en Europe.

Cette exercice aura pour but de faire monter la pression sur le potentiel militaire effectif russe, et donc sur le poids de la Russie sur la scène internationale. Parallèlement, il enverra un message aux puissances asiatiques qui, aujourd’hui, ont tendance à ne considérer que la Chine et les Etats-Unis comme acteur de ce théâtre.

Car, si ces chiffres se confirment dans les faits, cela repositionnera la Russie comme puissance militaire mondiale, et non régionale comme beaucoup d’analystes se plaisent à la qualifier, car aucun pays, Etats-Unis et Chine compris, n’ont mené des exercices de cette ampleur ces 15 dernières années.

Parallèlement, un nombre important de bâtiments de guerre russes a mis le cap vers la méditerranée orientale, en provenance de la mer noire mais également de la flotte de la Baltique. Au total, ce sont deux destroyers, quatre frégates et 3 corvettes, accompagnés de 2 sous-marins diesels (connus) et d’un tanker, quoi croisent au large de la Syrie, avec une puissance de feu de plus de 50 missiles Kalibr. Deux hypothèses sont données concernant ce déploiement de force :

  • Une prochaine frappe sur les poches de résistance de l’ASL dans la région d’Idlib.
  • L’interdiction de la zone pour empêcher de nouvelles frappes occidentales, dans le cas d’une nouvelle utilisation d’armes chimiques (réelle ou orchestrée)

Toutefois, on ne peut non plus exclure l’anticipation de regain de tensions en Turquie, amenant cette dernière à fermer les détroits accédant à la Mer noire. Ainsi positionnée, la flotte entière pourrait rapidement rejoindre Sevastopol avant un verrouillage turc, et disposer ainsi d’une force importante en mer noire, et d’une certaine liberté d’action.

On comprend, dans ces conditions, que l’Ukraine maintiennent ses investissements de Défense au delà de 5% du PIB pour l’année prochaine …

La Russie développe-t-elle un avion à décollage vertical ?

Les annonces de programme de Défense russe se succèdent à un rythme effréné depuis quelques années, alors même que les ressources des forces armées sont sous contrainte. De fait, la lecture avisée de ce qui relève de la communication industrielle, de l’intox politique et de la réalité des programmes est très difficile à réaliser.

On peut, ainsi, se rappeler des 2000 chars T-14 pour 2020 annoncés en 2015, ou des 17 destroyers nucléaires de 17.000 tonnes Lider pour 2025 annoncés en 2017. En France, beaucoup de nos médias et politiques avaient pris pour argent comptant l’annonce du Kremlin concernant la construction de BPC russes grâces aux plans récupérés lors de la coopération concernant les Mistrals.

Que penser, dans ce cas, de l’annonce selon laquelle la Russie développerait un programme d’avion à décollage vertical« sous les ordres directs du président Putin » ? 

Nous sommes, évidemment, réduits aux simples conjectures tant les pistes sont brouillées. D’un coté, le calendrier des nouvelles constructions concernant l’aviation militaire est connu depuis plus d’une décennie avec les programmes PAK, et ce calendrier ne fait aucune référence à un avion VSTOL. 

En revanche, deux arguments font poids vis-à-vis de la véracité de l’annonce :

  • La demande internationale pour un appareil VSTOL est favorable, d’autant que le seul appareil bénéficiant de cette capacité, le F35B, est à la fois cher et difficile à acquérir (les EAU ou le KAS n’ont toujours pas eu l’agrément pour acquérir des F-35A). L’augmentation du nombre de LHD dans les marines du monde ouvre, de fait, un marché plus qu’intéressant pour la Russie : Inde, Pakistan, Vietnam, Egypte, KSA … Or, nous avons déjà établi que le modèle d’équipements des forces russes repose en grande partie sur ses capacités à exporter. 
  • D’autre part, bien qu’elle continue de communiquer sur son porte-avions Storm de 90.000 tonnes, tout en acceptant l’idée qu’une version à 45.000 tonnes serait plus accessible, l’Etat-Major et l’industrie navale russe savent que la réalisation de telles bâtiments est aujourd’hui hors de portée. En revanche, la réalisation de LHD est plus réaliste, et correspondrait d’ailleurs d’avantages aux besoins opérationnels des forces russes. Un tel appareille permettrait donc aux forces navales russes de remonter en puissance plus rapidement, selon un modèle comparable à celui de la Grande-Bretagne, de l’Italie ou de l’US Marines Corps.

De fait, l’hypothèse du développement d’un nouveau chasseur VSTOL, basé probablement sur les avancées technologiques du Yak141 et les technologies fiabilisées par le Su-57, est loin d’être incohérente. De plus, les bureaux d’études Yakovlev ont une activité très réduite depuis la conception de l’avion d’entrainement Yak-130, et un tel projet permettrait au consortium OAK, détenant Sukhoï, Mig, Tupolev et Iliouchine, de renforcer encore ses parts de marchés mondiales. 

La coopération internationale Défense est-elle efficace ?

Depuis de nombreuses années, les programmes de coopération en matière de Défense ont été légion. En Europe, la majorité des programmes majeurs ont été développés en coopération avec un ou plusieurs autre pays, et la dynamique ne semble pas s’atténuer, avec, par exemple, les programmes franco-allemands d’avion de combat ou de char de nouvelle génération.

Pourtant, la coopération a également eu très mauvaise presse ces dernières années, entre les dérives budgétaires et de calendrier comme pour l’A400M ou le Typhoon, les partenariats non équilibrés comme pour le Tigre et le NH90, des partenaires peu fiables comme les britanniques qui auront quitté pas moins de 7 programmes européens majeurs en 10 ans, ou les choix jugés contestables imposés par un partenaire, comme la configuration bimoteurs du drone MALE européen. Au final, l’observateur de l’actualité de Défense aura l’impression que les coopérations sont vouées à l’échec, et qu’elles sont donc inutiles.

C’est allez un peu vite et oublier les très nombreux succès enregistrés par des coopérations bi ou multilatérales au fils des années, de la génération d’hélicoptères franco-britanniques gazelle / lynx / puma au chasseurs jaguar et Tornado, en passant par l’Atlantic et les chasseurs de mines tripartites, les exemples de programme très fructueux sont nombreux. Certains ont même donné naissance à des collaborations permanentes par fusion, comme c’est le cas pour MBDA ou Airbus Hélicoptères, ou par intégration, une spécialité de Thales.

On peut dés lors, en analysant ces exemples, émettre une hypothèse sur les conditions de succès d’un programme en coopération :

  • En premier lieux, il faut cesser de présenter les programmes de coopérations comme un moyen de faire des économies budgétaires. Ce n’est quasiment jamais le cas, et ce pour une excellente raison : les participants veulent tous maintenir l’activité industrielle défense sur leur territoire. Cet axiome a été largement démontré par le programme Typhoon, l’Allemagne, l’Italie et la Grande-Bretagne ayant chacun dépensé, pour les besoins de conceptions, plus des ¾ de l’investissement français pour concevoir le Rafale. Les chiffres concernant le programme FREMMvont également dans ce sens.
  • Les risques d’échecs et de non respect de budget ou du calendrier sont proportionnels aux nombres d’acteurs décisionnaires au projet. Ce point a depuis longtemps été intégré par Dassault Aviation, qui a toujours imposé des partenariats se limitant à un seul autre Etat, la Grande-Bretagne dans le cas du Jaguar, ou de l’Allemagne Fédérale concernant l’Alpha-Jet. En outre, le projet doit être assumé par un unique maitre d’œuvre, comme ce fut le cas du Neuron qui, bien qu’intégrant 5 partenaires européens, a été maitrisé intégralement par Dassault. L’intransigeance franco-allemande sur l’ouverture du SCAF uniquement lorsque le projet sera définit est une application stricte de ce principe empirique. 
  • Le programme doit s’inscrire dans une vision de coopération à long terme, comme c’est le cas des programmes de coopérations confiés à des entreprises multinationales qui, dans leurs grandes majorités, se déroulent parfaitement bien.
  • Enfin, le programme doit être réparti en fonction des compétences des participants, bien qu’il faille également prendre en considération les notions de retour fiscal indispensable à l’équilibre entre les acteurs.

Au final, la coopération européenne en matière d’équipement de Défense est, avant tout, une décision politique à portée plus symbolique qu’économique. C’est donc selon cette grille de lecture qu’il faut les juger, et non sur la simple comparaison des couts. Reste que, dans le cas des FREMM, la symbolique de la coopération franco-italienne est loin d’être évidente …

Deux essais à la mer d’importance pour la marine Chinoise


Le week-end 25/26 septembre 2018 fut mémorable dans l’histoire de la Marine Chinoise. Simultanément, le premier croiseur de type 055et le porte-avions Type 002, deux fleurons de l’industrie de Défense navale chinoise, ont quitté leur port d’attache pour entamer des essais à la mer.

Pour le porte-avions type 002, second porte-avions de la Marine chinoise mais premier intégralement conçu et construit en Chine, il s’agit du second essai à la mer, après un premier essai de 6 jours mi-mai 2018, soit moins de un an après son lancement. Il faudra cependant attendre encore plusieurs années avant que le navire soit admis au service opérationnel, estimée à 2022. Ce bâtiment, dérivé du Liaoning construit initialement par les chantiers ukrainiens pour la flotte soviétique, disposent d’un tremplin et de brins d’arrêt, et est destiné à mettre en œuvre les Aéronefs de l’aéronavale chinoise comme le chasseur embarqué J-15 (dérivé du Su-33), et les hélicoptères Z-8 (dérivé du Super-Frelon) et Z-9 (dérivé du Panther). Mais la prochaine classe de porte-avions chinois, identifiée type003, sera elle d’une conception originale chinoise, disposant de catapultes (probablement électromagnétiques), et mettant en œuvre des appareils de nouvelle génération, selon toute vraisemblance une version navale du FC-31 Gyrfalcon. 

Si le Type 002 est encore très inspiré de technologies acquises ou copiées, le second bâtiment a effectuer ses essais ce week-end est le représentant de l’évolution de la puissance navale et industrielle chinoise. Le croiseur Type 055 est appelé à constituer la force de frappe de la flotte de surface chinoise. Jaugeant 12.000 tonnes, ce bâtiment de 180m emporte pas moins de 136 silos de lancement de missiles, allant du missile de croisière à longue portée CJ-10, de missiles antinavires YJ-18 et de missiles antiaérien à longue portée HHQ-9, ainsi que de missiles d’autodéfense HQ10. Le navire est également équipé d’un canon de 130 mm, d’une multitude d’équipements d’autodéfense passifs et actifs, d’un radar de détection évolué en bande X et en bande P, permettant la détection d’appareils furtifs. En outre, le Type 055 dispose d’une impressionnante capacité énergétique, ses 4 turbines à gaz fournissant jusqu’à 112 MW, pour propulser la navire à 30 nœuds, mais également fournir la puissance électrique de futurs systèmes d’arme à énergie, comme le Rail Gun ou le Laser.

Bien qu’il n’y ai pas beaucoup de sens à comparer les différentes classes de navire entre elles, chaque bâtiment étant conçu pour répondre à une doctrine d’emploi bien précise, le Type 055 est aujourd’hui une des plus puissantes unité de surface de combat existante, ne cédant rien aux destroyers A.Burke Flight III, ni aux très puissants Kirov russes, mieux armés mais beaucoup plus anciens.

Il y a aujourd’hui 8 croiseurs Type 055 officiellement commandés, dont 4 ont d’ores et déjà été lancé, et deux autres sont en cours de construction. Il serait néanmoins très surprenant que la classe s’arrête à 8 unités, le bâtiment étant, comme déjà évoqué, taillé pour évoluer vers de nouveaux systèmes d’armes, comme le Rail Gun testé ce printemps par la Marine Chinoise.

Avec ces 2 bâtiments en essais à la mer, la Marine chinoise revendique désormais officiellement le titre de 2eme marine mondiale, et challenger de la puissance navale US. L’Europe, elle, n’existe plus vraiment dans l’équation …