dimanche, novembre 30, 2025
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le marché des avions de combat devrait représenter 250 Md$ dans de 2018 à 2027.

Selon une analyse du Think tank Forecast international, le marché global des avions de combat entre 2018 et 2027 devrait atteindre 249,3 Md$ pour 3243 appareils livrés. L’analyse prévoit que 45% de ces appareils, 1466 unités, seront des F-35 livrés aux forces américaines et à ses alliés. 11,6% seront des appareils Européens, soit 95 Typhoon, 125 Gripen et 158 Rafale. 

Il est bien évident que mener une étude prospective est un exercice difficile, et qu’il est aisé de remettre en question les valeurs produites. Mais, dans la situation actuelle, les biais choisis par l’analyste sont très contestables. Par exemple, concernant les appareils européens, il ne prend pas en compte la très probable commande allemande de Typhoon pour remplacer ses Tornado, ni aucune commande supplémentaire de Rafale, que ce soit en Egypte, en Inde, ou en Europe.

De même, les chiffres concernant la production russe et chinoise sont particulièrement critiquable. Ainsi, la Russie produit actuellement 50 nouveaux chasseurs par an pour ses propres forces, alors que son budget annuel d’équipement n’était que de 15 à 18 Md$ par an. En 2018, ce budget est passé à 20 Md$, et il est prévu qu’il croisse jusqu’à 30 Md$ d’ici 2030, alors que les besoins de remplacement de la flotte de Su27 et de Mig29 datant de l’époque soviétique ira croissante dans les années à venir.

Pour la Chine, la production en 2018 à destination des forces chinoises s’établit au dessus de 50 appareils J10/15/16 et J20, plus 15 Su35 acquis auprès de la Russie. Ce chiffre est également appelé à croitre dans les prochaines années, considérant le nombre de nouveaux projets à venir (chasseur embarqué NG, chasseur bombardier remplaçant du JH-7). Il est raisonnable d’établir un chiffre de 160 chasseurs produits par le couple sino russe chaque année sur la période, export inclus, soit 1600 appareils sur une période de 10 ans.

A contrario, le cas F-35 a été étudié avec beaucoup de bienveillance, estimant que l’appareil de Lockheed allait remporter de nouveaux marchés exports, et n’enregistrera pas de désistement de ses partenaires actuels. Or, les couts très élevés du programme et du MCO de l’appareil mènent plusieurs partenaires, comme le Royaume-Unis, l’Italie, ou le Japon, à envisager de nouvelles alternatives : Typhoon pour les britanniques, nouveau chasseur bimoteur pour le Japon.

Au final, une telle analyse est à prendre avec beaucoup de réserves, que ce soit du point de vue de la difficulté à évaluer les évolutions géopolitiques et économiques qui conditionnent beaucoup ce marché, ainsi que la possible manipulation des hypothèses, volontaires ou non, afin de renforcer l’image de référence d’un appareil, en l’occurrence le F-35. 

La disponibilité des tigres de l’ALAT a été impactée par la position allemande

Alors qu’il s’exprimait sur les difficultés que rencontre l’ALAT pour maintenir un parc d’hélicoptères de combat Tigre suffisant aux vues des besoins opérationnels, le général Charles Beaudouin, sous-chef Plan de l’armée de Terre, est revenu sur un épisode peu connu du début de vie laborieux de cet appareil. 

En effet, de 2005 à 2012, soit durant les 7 premières années d’entrée en service de l’hélicoptère d’Airbus, les autorités allemandes se sont opposées à la signature d’un contrat de maintenance cadre avec l’industriel, estimant les conditions trop défavorables. En d’autres termes, pendant ces 7 années, les besoins en terme de pièces détachées et de maintenance industrielle ont du être traitées au cas par cas par l’Alat, ce qui, évidemment, est loin de représenter une solution efficace pour garantir un taux de disponibilité correcte de l’appareil. 

Le Général Beaudouin a part ailleurs insisté sur le besoin de trouver un nouvel accord avec Airbus Helicoptersafin d’amener l’industriel à « partager le risque » et à « l’intégrer au résultat », en d’autres termes, à le payer « au résultat » et non au forfait.

Les paradigmes du « toujours moins chers » ayant servi de cadre à la conception de nombreux contrats lié au MCO des appareils français doivent, en effet, céder la place à des considérations alliant performances financières et qualitatives. 

Quoiqu’il en soit, l’exemple de l’impact d’une décision allemande sur les capacités opérationnelles de nos forces doit également être intégré aux négociations actuelles au sujet des partenariats européens en cours dans le domaine de la Défense, que ce soit avec l’Allemagne, l’Italie ou le Royaume-Unis. Les évolutions de la situation sécuritaire internationale ne peuvent plus se satisfaire d’une approche imparfaite mettant en balance les capacités opérationnelles de nos armées.

Le rythme de construction des navires chinois reste très soutenu

Depuis le mois de mars 2018, les autorités chinoises ont interdit aux industriels locaux de communiquer sur les travaux  liés à sa marine de guerre. De fait, les informations jusque là en flux tendu concernant les lancements et entrées en service des navires de l’APL, se sont faites beaucoup plus rares.

Heureusement, la Chine a également une communauté de passionnés d’équipements militaires, qui rapportent ce qu’ils peuvent voir des chantiers navals et bases aériennes. C’est ainsi que le blog EastPendulum, spécialisé dans l’actualité de Défense chinoise, a pu rapporté le lancement de 3 nouvelles corvettes Type 056 depuis le mois d’Avril, pour un total de 5 corvettes depuis le début d’année. En outre, deux destroyers lourds Type 055 et un destroyer anti-aérien Type 052D seraient, eux aussi, très proche de leur lancement.

L’industrie navale de Défense chinoise continue donc de maintenir un rythme de production très important, avec 12 nouveaux navires lancés depuis le début d’année, hors flotte sous-marine. 

Les corvettes Type 056, et leur version spécialisée en lutte anti-sous-marine Type 056A, sont des unités de défense côtière destinées à assurer la protection de la ZEE chinoise, celle-ci s’étant particulièrement étendue depuis la prise des Spartleys et des Paracelles. Ces navires de 1350 tonnes sont remarquablement bien équipées, avec un canon de 76 mm, 2×2 missiles antinavires supersoniques YJ-83 portant à 250 km, un système anti-aérien d’autodéfense FL-3000 équipé de 8 missile à guidage infrarouge TY-90, 2 canons téléopérés de 30 mm, et 2 lance-torpilles triples. Il peut mettre en œuvre un hélicoptère moyen Z9 (modèle chinois du dauphin) mais ne dispose pas de hangar. En outre, la version ASM Type 056A dispose d’un sonar de coque et d’un sonar tracté à profondeur variable.

La Marine chinoise a passé commande de 60 corvettes Type 056 et 56A, dont 39 ont d’ores et déjà été livrées en 5 ans. Il est plus que probable que les bureaux d’étude chinois aient déjà entamé la conception d’une nouvelle classe de corvette, dont la production devrait débuter à partir de 2020, concomitamment avec la nouvelle frégate qui prendra la suite des 26 frégates type 054 construites entre 2003 et aujourd’hui, sur les 30 commandées.

Avec 4 destroyers Type 052D à livrer cette année, et probablement 4 destroyers lourds livrés l’année prochaine, la croissance de la puissance navale chinoise ne cesse de croitre, et ne donne aucun signe de fléchissement. Raison pour laquelle l’ensemble de ses voisins a entrepris, eux aussi, d’augmenter et de moderniser leurs flottes militaires.

Le Pakistan acquiert des hélicoptères de combat turcs

Un an après avoir signé un premier contrat historique en commandant 4 corvettes de la classe Ada à la Turquie, le Pakistan récidive et commande 30 nouveaux hélicoptères T-129 ATAK au son constructeur turc TAI, pour un montant estimé à 1,5 Md$, le plus important contrat export de l’industrie de Défense turque signé jusqu’ici.

Le T-129 ATAK est une version locale de l’hélicoptère d’attaque léger A-129 Mangusta de l’Italien Agusta Westland. L’hélicoptère a connu le baptême du feu lors de l’intervention turc dans le nord de la Syrie, et semble, aux dires des officiels, avoir donné satisfaction. 

Ce nouveau contrat représente un évènement pour l’industrie de Défense turque, son montant étant égal à une année d’exportation de ce pays. En outre, il montre l’axe suivi par la Turquie dans le domaine, se focalisant sur les pays du Moyen-Orient et du Caucase, afin de profiter d’une solidarité sunnite tout en renforçant son rôle stratégique dans la région, conformément aux ambitions du président Erdogan. Ainsi, au delà du Pakistan, les industries turques ont signé des partenariats et des co-entreprises de défense avec l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et l’Egypte.

Pour le Pakistan, il s’agit de diversifier ses sources d’équipements, aujourd’hui soutenu principalement par la Chine suite aux tensions avec les Etats-Unis, ou la France. C’est également l’occasion de trouver des partenaires pour ses propres équipements de Défense, comme l’avion d’entrainement MFI-17 Super MushShak, dont la Turquie a acquis 52 exemplaires lors de la signature de la commande des 4 corvettes Ada.

La proposition polonaise de déploiement d’une division blindé US sur son sol fait débat

La Pologne a encore focalisé l’attention en matière de Défense en proposant aux Etats-Unis de déployer sur son sol en permanence une division blindée afin de dissuader toute initiative malheureuse russe. Le gouvernement est prêt à mettre la main au porte-monnaie, en proposant d’investir 2 Md€ pour les infrastructureset les besoins des forces US qui seraient ainsi déployées.

Toutefois, cette demande est loin de déclencher un formidable enthousiasme, que ce soit aux Etats-Unis comme en Europe. Outre Atlantique, cette proposition est perçue avec perplexité, car elle va à l’encontre des aspirations de l’administration Trump qui souhaite que l’Europe puisse assumer sa propre Défense, tout en continuant à s’équiper américain, évidemment. En outre, les couts liés au déploiement et au maintien d’une division blindée US en Europe dépasseront très vite les 2 Md€, et l’administration Trump a d’autres priorités à financer dans le budget de la Défense.

En Europe, outre le fait que cette annonce ait été faite unilatéralement par le gouvernement polonais, plusieurs chancelleries ont exprimé leurs réserves, et leurs inquiétudes concernant à la réaction de la Russie face à un tel déploiement, de nature à aggraver les tensions sur le continent.

Il y a bien évidemment un calcul politique de la part du gouvernement Polonais dans cette proposition, celui-ci ne cessant de vouloir s’attirer les bonnes grâces de Washington, et espérant prendre la place du Royaume-Unis et de l’Allemagne comme représentant US au sein de l’UE. Mais elle pointe également un véritable problème de Défense du continent qui existe aujourd’hui, et qui est le plus souvent ignorée des politiques.

En effet, aujourd’hui, les armées Européennes à elles-seules ne seraient pas en mesure de s’opposer à une offensive conventionnelle russe, les armées ayant été trop contraintes depuis la fin de la guerre froide, et les inventaires s’étant concentrés sur les conflits de faible et moyenne intensité. En outre, les récents exercices et déploiements de l’OTAN ont montré les difficultés que rencontreraient les forces américaines et d’Europe occidentale pour rejoindre la ligne de front en Europe orientale, les infrastructures de transport ayant perdues leurs capacités à déplacer rapidement des unités militaires lourdes et massives.

La demande Polonaise n’est donc pas dénuée de sens du point de vu militaire, et expose, une fois encore, la faiblesse des forces armées Européennes aujourd’hui. Dans ces conditions, il semble évident que les pays faisant face aux forces russes, les pays Baltes, la Pologne, la Roumaine, privilégient leurs liens avec les forces US et, par voie de conséquence, avec l’industrie de Défense américaine.

Boeing veut tordre le cou aux phantasmes concernant la furtivité

Lors de l’élection du président Trump, Boeing a, un temps, espéré que la période hégémonique du F-35 allait prendre fin, aux vues des réactions hostiles du président face aux couts du programme. Il semble toutefois que le couple Lockheed-US Air Force ait-eut raison de l’alliance de fait entre Boeing et l’US Navy au sujet de ce chasseur. Toutefois, ces derniers obtinrent le maintien de la ligne de fabrication du A/F 18 E/F Super Hornet pour les années à venir grâce à des commandes supplémentaires de l’US Navy, notamment de l’appareil de brouillage Growler.

Reste que Boeing est toujours hostile au F-35, un appareil qui à la fâcheuse nature de clore le marché intérieur US pour des décennies, car imposé simultanément aux 3 armées US utilisant des avions de chasse, l’Air Force, la Navy et le corps des Marines. C’est donc une question de survie pour la composante chasse de Boeing Grumman que d’amener les autorités politiques et militaires à cesser de soutenir aveuglement l’appareil de Lockheed, et de permettre aux deux acteurs de se partager le marché dans la durée.

Dans cette optique, le constructeur de Seattle a décidé de montrer les limites de la furtivité, qui reste un des seuls arguments du F-35, l’appareil ne disposant pas, par exemple, de la super-croisière, et ayant un rayon d’action restreint ; et de montrer que le dernier modèle de F18 serait un adversaire bien au niveau pour faire face à cet appareil.

En effet, le F-18 dispose d’une camera secteur frontal infra-rouge capable de détecter à grande distance des sources de chaleurs, comme un appareil de chasse. Cette méthode est entièrement passive, l’avion ciblé n’ayant aucune idée qu’il a bel et bien été détecté. En outre, ce F18 dispose d’une capacité de traitement du signal vidéo et des signaux radars très importante, lui permettant de repérer un signal radar et d’en localiser la source rapidement.

Ce que Boeing vient de démontrer, c’est que le Rafale, équipé de l’OSF (Optique Secteur Frontal) et du système de détection et d’autoprotection SPECTRA, comme les Su 30 et 35 russes, seront lui aussi un redoutable adversaire pour le F35, d’autant que le Rafale, s’il n’est pas a proprement parlé furtif, n’en reste pas moins discret, le rendant plus difficilement détectable à longue distance par radar.

Pourquoi la Roumanie semble privilégier les hélicoptères américains ?

Après la Pologne c’est la Roumanie qui semble tourner le dos à Airbus Helicopters pour privilégier les machines du constructeur américain Bell, et ce en dépit d’un plan d’investissement très important de la part d’Airbus.

Comme pour la Pologne, nous fustigeons le manque de solidarité européenne, et le désintérêt de ces pays pour la construction de l’Europe de la Défense. Comme pour la Pologne, nous oublions de regarder que la Roumanie a demandé l’intervention de l’Otan pour renforcer sa puissance militaire dissuasive sur le front sud-est comme en mer noire. Car comme pour la Pologne, ce sont les Etats-Unis qui fournissent l’essentiel du contingent de l’OTAN déployé en Roumanie.

Il faudra bien admettre que, faute de puissance militaire convaincante sur le théâtre centre Europe, la France et son partenaire allemand ne pourront que ramasser les miettes des contrats d’armement laissés par les Etats-Unis. Ainsi, ce Week-end, la Pologne a présenté un plan d’investissement de 2 Md€ pour permettre aux Etats-Unis de déployer en permanence une division blindée sur son territoire. Ceci en dit long sur le rôle du prix d’un programme de 50 Caracal dans la politique Polonaise, par ailleurs de plus en plus défiante vis-à-vis des institutions européennes.

L’Europe de la Défense, à savoir une initiative au niveau européenne visant à renforcer les capacités de coopération militaire et industrielle, et à agir en matière de Défense comme une nation, et non un amas de nations hétéroclites, ne pourra pas se créer par un accord de construction commun à 27, comme longtemps espéré. Comme pour la constitution de l’Europe, il sera nécessaire à un petit nombre de pays organisés autour du couple franco-allemand, de construire une offre de Défense « Alternative » qui s’imposera par capillarité aux autres pays dans le temps.

C’est également le seul moyen de parvenir à faire évoluer le rapport de force dans l’OTAN, en proposant un partenaire fédérant plusieurs états et armées agissant comme une seule force, capable de prendre la main sur les problématiques de défense de l’Europe, tout en remplissant les engagements de chaque pays dans l’alliance…

Annulation de la classe de SNLE Boreï-B au profit de Boreï-A supplémentaires

La classe de sous-marins nucléaire lanceur d’engin Boreï représente un important symbole pour la construction navale russe, et pour l’industrie de l’armement russe dans son ensemble. En effet, c’est le premier représentant de la doctrine stratégique russe post-soviétique. Jusqu’à l’entrée en service du premier sous-marin Boreï en 2013, la flotte de SNLE de la Marine Russe n’était composée que de sous-marins Delta III et Delta IV, ainsi que de quelques Typhoon, tous issus de l’ère soviétique.

L’année dernière, le général Gerasimov avait annoncé le début des travaux de conception concernant le Boreï-B, une version améliorée de la classe Boreï-A, elle même une évolution de la classe Boreï. C’est cette dernière étude qui est annulée, et remplacée par la commande de 6 sous-marins Boreï-A supplémentaires, pour atteindre en à terme une flotte de 11 Boreï-A et 3 Boreï.

Cette annonce intervient également alors que le ministère de la défense russe a publié une vidéo montrant un tir de 4 missiles Boulava, les missiles qui équipent les Boreï et qui connurent de nombreuses difficultés de mise au point. Chaque Boreï emporte 16 de missiles balistiques intercontinentaux nucléaire d’une portée estimée au delà de 9000 km. Les forces russes disposent d’une dissuasion nucléaire à 3 composantes :

– La composante terrestre équipée de missiles balistiques de différentes portées comme l’ICBM RS-28 Sarmat ou le missile de courte portée Iskander

– La composante navale reposant sur ses 14 SNLE mais également sur les SSGN Oscar 2

– La composante aérienne opérant des bombardiers à long rayon d’action Tu-160, Tu-95 et Tu-22M3 et plus récemment de Mig-31 équipé du missile hypersonique à capacité nucléaire Kinzhal.

Les dernières déclarations des autorités russes font apparaître un effort important pour maintenir une  force stratégique de premier plan, capable de s’opposer voir de surpasser les forces américaines, en nombre et en technologie. 

Le T-50 (Su-57) aurait effectué des missions de tir en Syrie

Le ministre de la Défense russe, Sergei Choïgou, a présenté lors d’une réunion le 25 mai, une série de photos sensée montrer un T-50, le prototype du Su-57, larguer un missile de croisière Kh-59Mk2 depuis sa soute interne. Plus étonnant, cette série de clichés est présentée comme ayant été prise en Syrie.

Dans les faits, rien ne permet de confirmer si ce tir à bien eu lieu en Syrie, ou s’il ne s’agit que d’une action de communication en réponse à la première utilisation du F-35 en mission de combat par Israël. Mais cela semble confirmer l’avancée du programme, et le respect de la date de première livraison pour début 2019.

Plus intéressant, ces images permettent de confirmer les informations concernant les 4 soutes internes du Su-57. L’avion dispose en effet de 2 soutes situées entre les deux moteurs et destinées à recevoir des munitions de grande taille, comme le Kh59Mk2 qui mesure 4,2 mètre de long pour 40 cm de diamètre, à raison de 2 missiles par soute. Il dispose également de deux soutes latérales destinées à recevoir des missiles air-air d’autodéfense à courte portée, à priori également 2 par soute. La capacité d’emport de 4 missiles de croisière et 4 missiles d’autodéfense en soute interne est une caractéristique assez exceptionnelle et très utile, puisque l’appareil ne dégradera pas sa furtivité en raison des emports sous voilure, tout en conservant une capacité de frappe et d’autodéfense très importante.

Les deux soutes principales permettent également d’emporter des missiles antinavires, ou des missiles air-air à longue portée. L’appareil disposant d’un rayon d’action très important de 1750 km, cette capacité d’emport interne est de nature à accroitre l’efficacité opérationnelle de l’appareil. Pour rappel, le rayon d’action du F-35A n’est que de 1000 km, avec une capacité d’emport en soute inferieure.

La Turquie menace de représailles et cas d’embargo sur le F-35

Après l’annonce du sénat américain qui demandait la suspension des livraisons de chasseurs F-35 à destination de la Turquie, le gouvernement turc ne pouvait rester sans réagir, d’autant que son crédo politique est le retour à une Turquie forte et indépendante.

La première réponse est venue par le canal diplomatique, la Turquie annonçant qu’elle répondrait par des représaillesà cette mise sous embargo, sans toutefois préciser la nature de ces représailles. Il est toutefois probable qu’il s’agirait dans un premier temps de l’expulsion des effectifs américains présents sur les bases OTAN turcs.

Plus intéressant, l’article parut ce weekend dans la presse d’état turc qui annonçait qu’en cas d’embargo sur le F-35, la Turquie pourrait se tourner vers le Su-57russe. Les autorités turcs n’ont pas confirmé cette information, ni ne l’ont ils formellement démentie non plus. Sachant que la presse Turque aujourd’hui est sous  strict contrôle de l’Etat, il est peu probable que cet article ne soit sorti sans l’approbation du gouvernement.

Il faut rappeler que des discussions seraient en cours entre les autorités turques et russes concernant le soutien de ces derniers au programme TF-X de chasseur de 5eme génération turc, un programme très ambitieux, et impossible à réaliser par l’industrie de Défense turque actuellement, qui n’a à son actif que la construction d’un avion d’entrainement à turbopropulseur.

Une rupture de ban de la Turquie avec l’Otan et les Etats-Unis ne serait pas sans poser d’importants problèmes à l’armée turque, principalement équipée de matériels occidentaux. Toutefois, depuis son accession au pouvoir, le président Erdogan a fortement promu l’industrie de Défense nationale, et l’autonomie industrielle du pays, de sorte à pouvoir, aujourd’hui, assurer l’entretien, voir l’évolution, de la majorité de ses équipements, sans avoir recours à l’industrie occidentale.

Mais il est également clair que si, dans une telle hypothèse, la Turquie venait à se rapprocher de la Russie, voir du couple Sino-russe, cela constituerait un important changement de contexte géopolitique en Europe et au Moyen-Orient, et l’émergence de menaces importantes pour l’OTAN et l’UE, en premier lieu desquels le conflit larvé entre la Turquie et la Grèce, qui reprendrait sans aucun doute.

La manœuvre Grecque visant à louer deux frégates FREMM à la France, navires équipés de missiles de croisière longue portée capables de frapper l’intégralité du territoire turc en cas d’agression, n’y est surement pas indifférente.