Que se passe-t-il en mer d’Azov ?


L’information est passée relativement inaperçue : la flotte russe à redéployer 6 corvettes lance-missiles de la flotte de mer Caspienne vers la flotte de la Mer Noire, renforçant sensiblement la capacité de feu présente, et notamment la capacité à lancer des missiles Kalibr.

Cette manœuvre s’intègre dans une reprise des affrontements dans le Donbass entre forces régulières ukrainiennes, et forces insurgées pro-russes, ainsi que dans une intensification des manœuvres en mer d’Azov.

Ces éléments laissent craindre une manœuvre amphibie visant à capturer la cote ukrainienne entre le Donbass et la Crimée, de sorte à créer un continuité territoriale. Le sud est de l’Ukraine étant partiellement russophone, les forces russes pourraient s’appuyer sur cette population pour contenir les réactions populaires hostiles, comme ce fut le cas en Abkhazie. En outre, le calendrier est favorable pour Moscou, avec une OTAN affaiblie par les attaques de D.Trump, une UE elle aussi affaiblie par la montée des nationalismes et l’émergence de gouvernements ouvertement favorables à la Russie, et une Turquie sur le point de la crise ouverte avec Washington au sujet des F-35. Et ce ne sont pas les quelques dizaines de Javelin livrés par les Etats-Unis aux forces Ukrainiennes qui seraient en mesure de s’opposer aux forces russes basées sur ce front, par ailleurs très largement renforcées ces derniers mois par des matériels neufs et modernisés, comme les T72B3M.

On peut d’ailleurs s’interroger sur la portée d’une telle opération, car en cas d’effondrement (probable) des forces ukrainiennes, la tentation de pousser jusqu’aux rives du Dniepr, voir jusqu’à la Moldavie, sera certainement importante, avec une ville comme Odessa qui représente un port majeur et un site industriel stratégique pour la construction navale. 

Enfin, on ne peut pas ignorer que la Russie affectionne les opérations militaires en fin d’été, de sorte à profiter d’un front figé par l’hivers, et d’un puissant argument de négociation, le gaz.

En l’absence de données objectives sur le renforcement des forces terrestres à la frontière ukrainienne, il ne s’agit là que d’un concours de circonstances inquiétant. Mais si ce renforcement intervient, il y a fort à craindre qu’un conflit sévère secourra une fois de plus l’Europe.

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