Les Sous-marins nucléaires américains auraient été construits avec un acier de moindre qualité

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Voilà une information qui tombe plutôt mal, alors que l’US Navy est engagée dans une course stratégique avec la Marine chinoise, et que l’Australie a dénoncé le contrat pour la construction de 12 sous-marins Shortfin Barracuda français pour se tourner vers une solution nucléaire très probablement en provenance des Etats-Unis. En effet, Elaine Marie Thomas, ancienne directrice de la fonderie de Tacoma, a plaidé coupable d’avoir falsifié des compte-rendus qualitatifs concernant l’acier livré aux chantiers navals Electric Boat et Newport News Shipbuilding entre 1985 et 2017, acier utilisé pour la construction des sous-marins nucléaires de la Marine américaine.

Selon le rapport d’enquête, 240 lots d’acier de moindre qualité auraient été livrés durant cette période à ces chantiers navals, et employés pour la construction de la moitié des sous-marins nucléaires assemblés sur cet intervalle de temps. De fait, l’ensemble de ces navires va devoir subir une procédure de maintenance supplémentaire, afin de palier les risques inhérents à ce défaut aux conséquences potentiellement catastrophiques, surtout en temps de tension ou de guerre, alors que les sous-marins doivent mettre à profit l’ensemble de leur potentiel opérationnel pour prendre l’avantage sur leur adversaire. Si les défauts ont d’ores et déjà été constatés sur plusieurs sous-marins nucléaires d’attaque de la classe Virginia, l’ampleur et la durée de la fraude laisse désormais craindre que d’autres classes, comme les sous-marins nucléaires d’attaque Seawolf et Los Angeles, mais également certains sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de la classe Ohio, aient également été victimes de cette fraude.

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Même les SNLE de la classe Ohio, piliers de la dissuasion nucléaire américaine, pourraient avoir souffert de la fraude de la fonderie de Tacoma.

En conséquence, l’US Navy va devoir mener désormais des inspections approfondies sur près de la moitié de sa flotte de sous-marins. Et même si, selon ses propres déclarations, les risques sont faibles et les mesures de corrections relativement rapides et « peu onéreuses » (une notion très relative lorsqu’il s’agit de sous-marins), cette crise intervient à un moment particulièrement difficile pour la Marine américaine, qui ne parvient pas à suivre le rythme industriel imposé par les chantiers navals chinois, et ce d’autant qu’aujourd’hui, sa flotte de sous-marins nucléaires constitue incontestablement son meilleur atout pour contenir les aspirations des dirigeants chinois, notamment vis-à-vis de Taïwan. Malheureusement, les libertés prises par la dirigeante de la fonderie de Tacoma, sont loins d’être une exception dans le domaine de la construction navale américaine.

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