Les forces aériennes chinoises montrent des capacités étendues autours de Taïwan

Les incursions des forces aériennes chinoises dans la zone d’identification aérienne de Taïwan sont quotidiennes depuis plusieurs mois. Mais depuis la démonstration de force du 10 avril dernier avec 52 appareils en vol simultanément, ces missions étaient jusqu’à présent limitées en volume comme en ambition. La mission du 28 novembre fut, quant à elle, notable à plus d’un titre. En effet, non seulement impliqua-t-elle 27 appareils simultanément, soit le plus grand nombre d’appareils depuis avril dernier, mais pour la première fois, un des nouveaux avions ravitailleurs Y-20U des forces aériennes chinoises accompagna les cinq bombardiers H-6 et son escorte de quatre chasseurs J-10C et de deux chasseurs lourds J-16 bien au delà du point tournant habituel pour les chasseurs chinois au sud de l’ile, le vol s’étant poursuivi sur 200 nautiques le long de la cote occidentale de l’ile avant que les appareils ne rebroussent chemin.

Par cette mission, les forces aériennes chinoises ont montré qu’elles avaient désormais la capacité d’agir au delà du premier cercle d’iles entourant la Mer de Chine, et donc qu’elles étaient en mesure non seulement de frapper Taïwan sous différents vecteurs d’approche, mais également de s’opposer au soutien qui pourrait venir des porte-avions américains ou des appareils basés au Japon, et ce bien en amont de l’ile elle-même. En d’autres termes, Pékin voulait montrer qu’il avait désormais la capacité théorique de mettre en place un blocus aérien capable d’épauler un éventuel blocus naval pour prévenir toute action des Etats-Unis pour soutenir Taïwan.

Le chasseur monomoteur J-10C dispose dispose d’une perche de ravitaillement lui permettant d’étendre considérablement son autonomie de vol lorsqu’accompagné d’un avion ravitailleur

Bien évidemment, cette manoeuvre est aujourd’hui avant tout symbolique. En effet, Les forces aériennes chinoises ne disposent à ce jour que de quelques Y-20U de ravitaillement en vol, une flotte insuffisante pour soutenir un blocus aérien. En outre, sur les quelques 2000 avions de combat alignés par Pékin, seule une partie des quelques 450 J-10 B/C et la probable centaine de J-16 actuellement en service sont équipés de perche de ravitaillement. Par ailleurs, au delà des capacités des appareils eux-mêmes, il convient de qualifier les pilotes eux-mêmes à cette délicate manoeuvre, et ce d’autant que cette capacité était jusque là relativement confidentielle au sein des forces aériennes chinoises. Pour autant, elle montre non seulement l’ambition qui est la sienne à court et moyen terme, mais également le dynamisme avec lequel elle intègre ces nouvelles capacités dans sa panoplie opérationnelle.

L’objectif d’une telle manoeuvre est également politique. En effet, Pékin espère toujours que Taïpeï se rende « sans combattre », et rejoigne le giron chinois sans qu’une action militaire ne soit nécessaire. Comme il n’est plus question, aujourd’hui, de séduction potentielle comme ce fut le cas pour Hong-Kong, la seule alternative pour les autorités chinoises, repose sur l’anéantissement du moral des taïwanais eux-mêmes, celui-ci étant intimement lié, selon Pékin, aux promesses de soutien venues des Etats-Unis. En laissant supposer que l’APL peut tenir à distance l’US Air Force et l’US Navy, les autorités chinoises espèrent donc que la population taïwanaise perdra sa volonté de résister, et se soumettra docilement à l’autorité de Pékin. La tache sera toutefois bien difficile pour Pékin, puisqu’un récent sondage sur l’ile a montré que 85% des taïwanais étaient en faveur du « Status quo », c’est à dire d’une ile en autogestion démocratique et défait du controle continental.

La Chasse taïwanaise a décollé en urgence pour suivre la formation chinoise le long de son périple étendu

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