Ces 7 technologies qui vont révolutionner le champs de bataille d’ici 2040

Si les dernières années de la guerre froide fut l’occasion de nombreuses et importantes avancées technologiques dans le domaine des armements, avec l’arrivée des missiles de croisière, des avions et navires furtifs et de systèmes de commandement et de géolocalisation avancés, cette dynamique fut stoppée nette avec l’effondrement du bloc soviétique. En l’absence d’un adversaire majeur et téchnologiquement avancé, et en raison des nombreuses campagnes disymétriques auxquelles participèrent les forces armées, bien peu d’avancées significatives furent enregistrées du point de vue technologique entre 1990 et 2020, à l’exception notable de la généralisation des drones aériens de tous types. Mais avec l’émergence, depuis le début des années 2010, d’une Chine déterminée à rattraper son retard et à surpasser téchnologiquement l’ensemble des acteurs mondiaux d’une part, et la reconstruction de l’outil militaire et de la recherche russe, le tempo technologique de défense s’est à nouveau considérablement accru ces dernières années, au point de faire émerger de nouvelles technologies susceptibles de radicalement changer la conduite des opérations militaires et le rapport de force dans les 20 années à venir.

Dans cet article, nous présenterons les 7 technologies en cours de developpement, et qui sont à des stades différents de maturation technologique, mais qui toutes ont le potentiel de transformer en profondeur le champs de bataille d’ici 2040, au point de créer de nouvelles formes de guerre ou de confrontations jusqu’ici inconnues, voire de rendre obsolètes certaines technologies qui aujourd’hui représentent un pivot stratégique de l’organisation de La Défense : les armes à énergie dirigée, les ordinateurs quantiques, les armes hypersoniques, l’intelligence artificielle, les rail gun, la robotique et les controversés détecteurs à neutrino.

1- Les armes à énergie dirigée

2022 sera une année clé dans l’émergence des technologies d’armes à énergie dirigée, à savoir les armes laser et les canons à micro-ondes. En effet, c’est cette année que le Guardian de l’US Army, également appelé DE-SHORAD pour Direct Energy – Short Range Air Defense, entrera au service. Le Guardian sera en effet le premier système de défense anti-aérienne et anti-drone mobile de forte puissance à rejoindre des unités de combat, avec une puissance de 50 Kw suffisante pour prendre à partie les drones de catégorie 1 à 3, c’est à dire de moins de 25 kg, mais également pour intercepter et détruire les obus d’artillerie et de mortier, ainsi que les missiles air-sol les plus légers. Cette même année, le destroyer USS Preble de la classe Arleigh Burke Flight IIA se verra doter lui aussi d’un système laser d’auto-défense, le système Helios, d’une puissance de 60 Kw. En Israël, le premier ministre Naftali Bennet a confirmé, le 1er Février, que les armées disposeront, « dans moins d’une année », d’un système d’arme laser désigné « Laser Wall » employant un laser de 100 Kw pour renforcer et en parti remplacer le système Iron Dome pour défense le pays des attaques à la roquette et au mortier menées par le Hamas.

le DE-SHORAD Guardian de l’US Army entrera en service cette année – remarquez les importants dissipateurs thermiques qui recouvrent la coque du véhicule

Cet engouement pour les armes à énergie dirigée répond à un besoin urgent, afin de contrer les attaques potentielles de drones légers, de munitions vagabondes, de roquettes et d’artillerie, avec une technologie économiquement plus performante que les missiles actuellement en service, et téchnologiquement plus efficace que les systèmes d’artillerie CIWS classiques. En effet, la majorité de ces menaces ont un cout unitaire ridiculement bas, permettant à l’adversaire de mettre en oeuvre des campagnes de saturation à moindre frais, alors que dans le même temps, les missiles employés pour les contrer ont un cout unitaire 10 à 50 fois plus important. En outre, un laser de 100 Kw peut détruire une cible jusqu’à 20 km, là ou un système CIWS d’artillerie ne peut être efficace qu’à moins de 4 km, souvent moins, obligeant à déployer 25 fois plus de systèmes CIWS pour couvrir un périmètre identique. Pour autant, le developpement des armes à énergie dirigée n’en est, aujourd’hui, qu’à ses balbutiements, et de nombreux obstacles technologiques restent à franchir pour utiliser le plein potentiel de ces nouveaux systèmes.

Le premier d’entre eux est la puissance même de ces armements, car si un laser de 50 ou 100 Kw peut éliminer effectivement des drones légers ou des roquettes artisanales, il est nécessaire de fournir une puissance bien supérieure, au delà de 300 Kw, pour être efficace contre des missiles de croisière, des aéronefs ou des drones plus lourds. Or, l’augmentation de la puissance des laser de combat est tout sauf un sujet trivial, puisqu’il est non seulement nécessaire de disposer de la technologie pour créer un laser de cette puissance, mais qu’il faut, en outre, être en mesure d’alimenter ces systèmes en énergie électrique. Par ailleurs, qu’il s’agisse de la production de puissance comme du laser lui même, tous produisent une très importante quantité de chaleur qu’il est nécessaire de dissiper pour soutenir un engagement soutenu et répété, ceci posant d’importants enjeux en matière de matériaux, mais également de rayonnement infra-rouge, alors que la furtivité multispectrale est devenue une priorité pour toutes les forces combattantes. Reste que des efforts très importants sont déployés, en particulier aux Etats-Unis, pour répondre à ces difficultés, avec l’objectif annoncé de disposer d’une panoplie complète de systèmes de protection à haute énergie aussi bien pour les forces terrestres que navales et aériennes, avant la fin de la décennie.

2- les ordinateurs quantiques


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