LPM 2023 : 5 opportunités capacitaires pour préparer les armées françaises à la haute Intensité

La série d’articles consacrées à la Loi de Programmation Militaire 2023 touche à sa fin. Nous avons, jusqu’ici, abordé de nombreux sujets, qu’ils soient stratégiques comme le devenir du format d’armée globale hérité du Général de Gaulle, ou de sujets purement techniques, comme l’opportunité de doter la Marine nationale de sous-marins à propulsion conventionnelle aux cotés de ses SNA. Si ces articles permirent de presenter de manière relativement exhaustive les enjeux mais également les contraintes qui s’appliqueront à cette LPM, les deux derniers articles qui concluront cette série, traitent, pour leur part, de Quickwin potentiels, capacitaires d’une part, technologiques de l’autre, susceptibles de procurer aux armées des bénéfices opérationnels significatifs en matière d’engagement de haute intensité, pour des couts sensiblement inférieurs à ceux auxquels elles sont soumises pour developper des capacités similaires, et avec des délais compatibles avec l’exécution de la Loi de Programmation.

Ce premier article traite des Quickwins capacitaires, pardonnez l’anglicisme, mais il n’existe guère de terme dans la langue française susceptible d’aussi bien d’écrire cette notion de gains rapides et à effort restreint, que l’on peut caractériser par le respect de 3 critères strictes, à savoir un gain capacitaire supérieur à 20% vis-à-vis de l’existant, un cout inférieur à 35% du prix standard, et des délais de mise en application inférieurs à 7 ans, donc permettant un gain capacitaire avant 2030. Cet article, non exhaustif, a identifié 5 de ces Quickwins, portant sur la flotte de chasse de l’Armée de l’Air, la flotte de surface et de patrouille Maritime de la Marine Nationale, ainsi que la flotte de chars et d’hélicoptères de combat de l’Armée de Terre, toutes fortement concernées par l’évolution de la menace d’engagement de haute intensité.

1- Ramener le parc de chars Leclerc de l’Armée de Terre à 270 unités

La Loi de programmation militaire 2019-2025, reprenant le format édicté par le Livre Blanc de 2014, prévoit, à ce jour, de ne moderniser que 200 chars Leclerc pour constituer la force de frappe des unités terrestres françaises jusqu’au moins 2035 et l’arrivée des premiers blindés issus du programme MGCS. Or, ce nombre obligera l’Armée de terre à diminuer la dotation de ses 4 régiments de chars armant les 2 divisions françaises, à savoir le 1er régiment de chasseur de Thierville-sur-Meuse en Lorraine, le 501ème régiment de chars de Mourmelon-le-Grand, le 12ème Régiment de cuirassiers d’Olivet, et le 5ème régiment de Dragons de Mailly-le-Camp, ainsi que de supprimer la dotation de 15 Leclerc au 5ème régiment de cuirassiers positionné aux Emirats Arabes Unis. Afin de doter ces 4 régiments des 60 chars Leclerc dont ils ont besoin, et de préserver la dotation du 5ème régiment Cuirassier d’une part, et du 1er Régiment de Chasseurs d’Afrique de Canjuers qui forme les équipages, l’Armée de terre aurait besoin non de 200 chars, mais de 270 Leclerc modernisés. Or, ce besoin pourrait être aisément satisfait, et à moindre frais.

Le Leclerc demeure un char de combat très mobile et efficace, y compris vis-à-vis des chars les plus modernes.

En effet, l’Armée de terre alignait encore au début des années 2010, 356 chars Leclerc. En dehors des 220 exemplaires encore en service, les 136 exemplaires ont été mis sous cocon. Comme souvent dans ce cas, ils servirent pour beaucoup de stock de pièces détachées, d’autant que les années 2010 étaient marquées par des budgets faméliques et une pression opérationnelle loin d’être négligeable. Toutefois, à ce jour, une cinquantaine de ces chars pourraient effectivement être sortis de leur reserve et, moyennant une remise en ordre technique et une modernisation MLU, pourraient fort bien venir compléter l’inventaire des régiments de chars français. Au total, les 50 chars préservés, ainsi que les 20 unités encore en service, représenteraient un gain capacitaire de 35% pour l’Armée de terre dans ce domaine clé pour la haute intensité. Les investissements nécessaires pour une telle remise à niveau devraient représenter, pour leur part, entre 3 et 4 m€ par blindé, soit 35% du prix d’un Leclerc modernisé, si tant est que cette notion ait du sens puisqu’il est impossible à la France de produire de nouveaux Leclerc depuis de nombreuses années et le démontage de la Ligne de production. Enfin, les travaux nécessaires pourraient sans grandes difficultés être réalisés dans le courant de la LPM à venir, c’est à dire avant 2030, respectant donc la définition donnée initialement au Quickwin.

2- Acquérir les Mirage 2000-9 Emirati pour l’Armée de l’Air et de l’Espace


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