La Grande-Bretagne veut doubler son budget défense à 100 Md£ par an d’ici 2030

La Grande-Bretagne et sa nouvelle Première Ministre entendent bien demeurer la première puissance militaire européenne dans les années à venir. C’est en substance ce qu’a déclaré Ben Wallace, le Secrétaire à La Défense de la nouvelle administration mise en place par la première Ministre Lizz Truss, dans une interview donnée au quotidien The Telegraph. Concrètement, Londres entend amener d’ici 2030 ses dépenses de défense à 100 Md£ par an, une hausse de plus de 100% et de 52 Md£ vis-à-vis du budget 2022, et recoller ainsi à un effort de défense supérieur à 3% de son PIB comme c’était le cas jusqu’au début des années 80, pour répondre aux enjeux sécuritaires imposés par la Russie mais également par d’autres puissances sur la planète. Un tel effort, qui suppose une hausse de plus 6 Md£ par an, soit 7,5 Md€, est plus de deux fois plus important que celui que prévoit de consentir Paris jusqu’en 2024. Cela amènerait également la Défense Britannique à très nettement dépasser l’effort de défense allemand, qui lui vise un effort de 2% de son PIB à cette date, soit 80 Md€.

Pour l’heure, il ne s’agit que d’une annonce globale, et aucun axe stratégique n’a été ne serait-ce qu’abordé par Ben Wallace lors de l’interview, si ce n’est certains aspects spécifiques en terme de guerre électronique, de renseignement électroniques ou de lutte contre les drones qui sont loins de nécessiter de tels investissements. En outre, à l’instar de Berlin ou de Paris, il est peu probable que Londres puisse significativement augmenter le format de ses armées, et ce quel que soit le budget alloué, sauf à constituer une réserve de grande ampleur. Il est donc probable que l’essentiel de cette hausse de crédits soit destiné à soutenir un effort industriel de très grande envergure, notamment dans le domaine aérien avec la poursuite et probablement l’accélération du programme Tempest qui deviendrait encore plus attractif sur la scène internationale, ainsi que l’extension de la flotte de la Royal Navy, de sorte à reconstruire ce qui constituait le principal atout de la Grande Bretagne ces 300 dernières années. On peut, enfin, supposer qu’un effort particulier sera fait pour renforcer la dissuasion britannique, avec l’ajout probable d’une composante aérienne à sa seule composante sous-marine aujourd’hui.

L’avenir du programme Tempest vient de s’éclaircir par cette annonce de Ben Wallace

Au delà d’une recomposition des équilibres industriels en Europe en matière de défense, cette annonce engendrera également de nombreux remous sur le vieux continent, y compris en Allemagne qui n’a cessé de se presenter, depuis plusieurs semaines, comme la futur grande puissance militaire fédératrice en Europe. La France également sera mise sous pression, le budget britannique pouvant, en l’état de la planification, être le double de celui de l’hexagone dans ce domaine, ce qui, bien évidemment, constituerait un puissant camouflet pour Paris qui a toujours cherché à rester au contact de Londres dans ce domaine. Enfin, avec un tel budget, la Grande-Bretagne se parerait d’une aura et d’une attractivité incomparable en Europe, susceptible de mettre à mal tous les efforts européens en faveur d’un effort concerté de défense dans le cadre de l’UE.


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