La Marine pakistanaise a mis en service le 30 avril 2024, à Sanya (Hainan, Chine), le PNS Hangor, premier sous-marin de la nouvelle classe éponyme. La cérémonie, présidée par le chef de l’État Asif Ali Zardari aux côtés de l’amiral Naveed Ashraf, a été présentée par Islamabad comme un « jalon historique ». Organisée en Chine, elle souligne l’ampleur du partenariat naval entre les deux pays et ouvre la phase opérationnelle d’un programme de huit unités appelé à transformer les moyens sous-marins pakistanais dans la mer d’Arabie et l’océan Indien.
Conclu en 2015 pour un montant annoncé d’environ 5 milliards de dollars, l’accord couvre huit sous-marins, dont quatre construits en Chine et quatre réalisés au Pakistan par Karachi Shipyard & Engineering Works au titre d’un transfert de technologie. Selon la planification communiquée par la Marine pakistanaise, l’intégration des bâtiments assemblés en Chine est programmée d’ici 2028. La première unité avait été lancée en avril 2024 avant d’être admise au service actif fin avril lors de la cérémonie de Sanya, qui a réuni délégations civiles et militaires des deux pays.
Le PNS Hangor dérive du sous-marin chinois de la famille Type 039A, souvent désigné Yuan, et affiche un déplacement d’environ 2 800 tonnes. Sa propulsion diesel‑électrique est associée à un système anaérobie AIP permettant des périodes prolongées en plongée sans schnorchel, ce qui réduit les besoins d’exposition en surface et améliore la discrétion en mission. L’unité reçoit des capteurs de dernière génération pour la détection et la veille, avec une architecture adaptée aux patrouilles de longue durée et aux opérations sur l’arc maritime allant du littoral pakistanais aux approches de l’océan Indien.
Côté armement, la classe est configurée pour l’attaque, avec des tubes lance‑torpilles capables d’employer des torpilles lourdes contre les menaces sous‑marines et des missiles antinavires contre les bâtiments de surface. Le bâtiment est également présenté comme apte à l’emport et au déploiement de nageurs de combat. Les forces navales pakistanaises décrivent le Hangor comme destiné à devenir la colonne vertébrale de la protection de la souveraineté maritime et des routes de communication maritimes, dans un rôle de surveillance et de dissuasion au large des côtes du Pakistan.
Au cours de la cérémonie, l’amiral Naveed Ashraf, chef d’état‑major de la Marine pakistanaise, a mis en avant l’apport capacitaire de ces sous‑marins et l’importance d’« intégrer des armes avancées, cruciales pour maintenir la stabilité de l’ordre maritime basé sur des règles » dans la région. Le président Asif Ali Zardari a, pour sa part, salué un « jalon historique », liant l’entrée en service du Hangor à la consolidation du partenariat stratégique avec la Chine et à l’objectif de sécuriser durablement les voies maritimes d’énergie et de commerce desservant le pays.
Le dispositif industriel figure au cœur du programme. Les quatre unités à produire au Pakistan doivent être réalisées par Karachi Shipyard & Engineering Works dans le cadre d’un transfert de technologie conclu avec les chantiers et équipementiers chinois. Cette approche vise à renforcer les capacités locales dans la construction et le maintien en condition des sous‑marins. Les autorités pakistanaises présentent cette montée en puissance comme un objectif prioritaire, dont la portée dépendra de la mise en œuvre effective des transferts et de l’appropriation des procédés au fil des prochaines tranches.
Selon les éléments communiqués lors de la signature de 2015, les huit sous‑marins à propulsion anaérobie devaient rejoindre la flotte de manière échelonnée entre 2023 et 2028, avec une production menée en parallèle en Chine et au Pakistan. L’entrée en service du PNS Hangor fixe désormais un premier jalon opérationnel, tandis que les autres unités construites en Chine sont annoncées pour une intégration d’ici 2028. Les échéances relatives aux unités locales suivront le rythme des chantiers de Karachi, où les travaux doivent accompagner la montée en compétence des équipes.
En parallèle du segment sous‑marin, la flotte de surface pakistanaise continue de se renforcer. Les deux dernières frégates de la classe Tughril, issues des quatre Type 054A/P commandées à la Chine, viennent d’être remises lors d’une cérémonie aux chantiers Hudong Zhonghua de Shanghai. Les travaux du programme avaient débuté en 2018, les deux premières unités ayant été livrées en 2021 et 2022. Ces bâtiments de 134 mètres et environ 4 100 tonnes en charge, dotés de 32 silos verticaux, accroissent l’endurance et l’armement de la marine de surface au large du littoral pakistanais.
Le Pakistan a également reçu en décembre 2025, à Istanbul, la corvette PNS Khaibar, deuxième unité du programme MILGEM conduit avec l’entreprise turque ASFAT depuis 2018. Ce contrat porte sur quatre navires, dont deux construits en Turquie et deux au Pakistan, avec un volet de transfert de capacités industrielles. À son arrivée à Karachi, le Khaibar a été intégré à la flotte et présenté par la Marine pakistanaise comme une composante de son dispositif de protection maritime, en complément des nouvelles frégates de conception chinoise et des sous‑marins en cours d’admission.
Enfin, la Marine pakistanaise a annoncé l’essai d’un missile balistique antinavire P‑282 Smash développé localement, tiré depuis un bâtiment de surface. Selon l’Unité des relations publiques interarmées, le missile a atteint sa cible à grande distance et met en œuvre un guidage associant navigation inertielle, géolocalisation et tête chercheuse radar active. Sa portée annoncée avoisine 290 kilomètres, avec une tête militaire d’environ 384 kilogrammes. Cette capacité de frappe navale s’ajoute aux moyens embarqués sur les frégates et aux armements des sous‑marins nouvellement admis au service.