Au PGE Narodowy de Varsovie, l’édition 2026 de Defence24 Days a placé la transformation des forces armées au premier plan en Pologne, avec un objectif annoncé de 500 000 soldats d’ici 2030, répartis entre 300 000 militaires professionnels et 200 000 réservistes de haute disponibilité. Les priorités capacitaires portent sur les drones, la lutte anti‑drones, l’intelligence artificielle, la reconnaissance spatiale et les missiles de longue portée et de précision. « La Fédération de Russie est vulnérable, et notre objectif est de la dissuader », a déclaré le chef d’état‑major général, le général Wiesław Kukuła.
L’inauguration s’est tenue en présence du vice‑premier ministre et ministre de la Défense nationale Władysław Kosiniak‑Kamysz, du général Wiesław Kukuła, du vice‑ministre des actifs d’État Konrad Gołota, du vice‑ministre de l’Intérieur Czesław Mroczek et de Piotr Małecki, président du Groupe Defence24. L’événement est présenté comme la huitième édition par les organisateurs, tandis que d’autres communications évoquent une neuvième, divergence qui n’a pas affecté le déroulement des échanges sur les orientations capacitaires et industrielles.
Le vice‑ministre de l’Intérieur a lié la résilience de l’État à l’implication de la société. Évoquant la pression migratoire venue de l’Est, Czesław Mroczek a assuré que la Pologne avait renforcé sa frontière et affirmé que, pour l’année en cours, aucune personne n’avait franchi la frontière illégalement. Il a replacé ces annonces dans une approche plus large de défense civile, en soulignant l’articulation entre dispositifs intérieurs de sécurité et posture de défense nationale face aux menaces identifiées.
Czesław Mroczek a détaillé une enveloppe prévue de 11,5 milliards de zlotys pour la période 2026 à 2029 destinée à moderniser la Police, notamment par l’introduction de technologies et d’outils d’intelligence artificielle. Il a ajouté que la Pologne consacrerait des moyens croissants à la reconstruction de la défense civile afin d’accroître la résilience de la société. Cette programmation vise des équipements, des systèmes d’information et des capacités de réponse qui doivent soutenir la continuité des services essentiels en période de crise.
Le vice‑ministre des actifs d’État Konrad Gołota a indiqué que les autorités ne se réunissaient plus pour demander si, mais quand et comment mettre en œuvre les chantiers engagés. Il a rappelé les investissements dans la production de munitions de 155 mm, les actions lancées dans le cadre du programme Orka et l’intensification de la production et des livraisons du véhicule de combat d’infanterie Borsuk. Ces axes soutiennent l’effort de dotation et la montée en puissance opérationnelle recherchée par Varsovie.
S’exprimant sur l’Alliance, le général Wiesław Kukuła a appelé à fonder l’approche de la coopération sur les faits plutôt que sur les émotions. Il a rappelé la collaboration active avec de nombreux alliés et la présence sur le territoire polonais de forces d’États européens ainsi que des États‑Unis. Dans ce cadre, il a confirmé l’objectif d’augmenter les effectifs des Forces armées de la République de Pologne à 500 000 personnels, en cohérence avec la priorisation des drones, des moyens anti‑drones et des capacités de frappe de précision longue portée.
Au niveau opératif, le 2e Corps polonais Commandement du composant terrestre, placé sous l’autorité du général de brigade Adam Joks, a été présenté avec sa mission consistant à frapper l’ennemi là où cela fait le plus mal afin de protéger ses propres forces et de préserver leur liberté d’action. Sa vocation première est de planifier et de commander les unités terrestres en cas de conflit armé, dans un cadre interallié et multi‑milieux.
Le 2e Corps se distingue par une intégration étroite aux structures de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord OTAN, en particulier avec le V Corps de l’US Army et le Corps multinational Nord‑Est. Cette interopérabilité vise la conduite d’opérations conjointes sous architectures de commandement alliées, conformément aux plans régionaux et aux priorités de préparation opérationnelle sur le flanc oriental, au contact direct des menaces identifiées.
Lors du débat d’ouverture, les ministres de la Défense de Pologne, de Lettonie, d’Estonie et de Slovaquie ont centré les échanges sur les flancs nord et est de l’OTAN, en soulignant la nécessité d’une coopération accrue et d’une planification resserrée. « L’Europe prend enfin la responsabilité de sa sécurité », a déclaré Magdalena Sobkowiak‑Czarnecka, représentante du gouvernement pour SAFE. Les autorités ont indiqué qu’un accord avec la Commission européenne devait être signé vendredi pour emprunter 43,7 milliards d’euros au titre de SAFE, incluant notamment des achats communs.
Selon les indications présentées, ce financement doit couvrir des systèmes de défense aérienne, des véhicules Borsuk, des obusiers Krab, des véhicules Rosomak, ainsi que des munitions et des drones. Ce dispositif s’inscrit dans l’effort de dotation accélérée affiché par Varsovie, en complément des mesures nationales de production et de livraison. Les volets industriels et capacitaires ont été évoqués comme des facteurs d’exécution clés pour la tenue des calendriers annoncés et la consolidation des stocks stratégiques.
Sur le plan politico‑stratégique, le Bureau de la Sécurité nationale BBN a transmis au Conseil des ministres le texte approuvé de la Stratégie de sécurité nationale. Le général de brigade Andrzej Kowalski a indiqué que la version convenue entre l’exécutif présidentiel et le gouvernement avait été adressée et devait être soumise au Président avec la signature du chef du gouvernement. En juillet 2025, le Conseil des ministres avait annoncé l’adoption du document, avant un refus de signature par le Président Karol Nawrocki en septembre de la même année.