dimanche, novembre 30, 2025
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Le missile antichar MMP de MBDA est testé par la Marine Nationale

Durant les années 70 et jusque dans les années 90, les missiles anti-chars franco-allemands Milan et HOT étaient plébiscités par les armées mondiales. Malheureusement, dans les années 2000, MBDA n’a pas su convaincre les gouvernements des deux pays de la nécessité de poursuivre l’effort, et de nouveaux acteurs, dont l’Israélien Rafael, se sont positionnés sur le marché.

Le missile MMP annonce la renaissance de cette dynamique française dans le domaine des armes antichars d’infanterie. Capable d’engager des cibles à plus de 5 km, avec un système de guidage performant permettant des tirs masqués tout en gardant l’homme dans la boucle, le MMP est aujourd’hui un des missiles les plus performants sur son segment, et les premiers missiles et postes de tirs ont été livrés cette année aux forces françaises.

Les performances de ce nouveau missile ne sont pas passées inaperçue pour la Marine Nationale, qui vient de mener, avec MBDA, une campagne d’essais du missile à partir de plates-formes navales, notamment à partir de RHIB ECUME (embarcation souple rapide pour commando) qui équipent les bâtiments français comme les FREMM et les futurs FTI.

Ainsi équipés, le RHIB peuvent engager des cibles terrestres comme des cibles navales légères, comme des patrouilleurs ou des corvettes légères. La portée du MMP est en effet supérieure à celle des canons de 30 ou 40 mm qui équipent souvent ces types de bâtiment. Le profil de vol et d’attaque plongeante du MMP, associé à sa charge creuse de 2 kg en tandem, peuvent mettre hors de combat, voir couler, un bâtiment léger.

Ainsi, le MMP s’intègrera parfaitement dans la gamme des capacités de réponses de la Marine, avec l’ANL (Antinavire Leger) qui équipera prochainement les hélicoptères navals, et l’Exocet MM40 Block III, en attendant le Futur Missile Antinavire / Futur Missile de Croisière franco-britannique.

La France met en œuvre son plan pour contrer ITAR avec la Sono-Flash de Thales

Depuis prés de 18 mois, la France négocie avec l’Egypte la commande de Rafale supplémentaires. Longtemps bloqué par des considérations financières, le programme a ensuite été suspendu en raison de l’interdiction américaine d’exporter le missile de croisière SCALP à l’Egypte, l’arme utilisant des composants américains soumis à autorisation via la législation ITAR.

Si cette législation a été initialement conçue pour empêcher que des technologies US ne soient utilisées contre les intérêts et les armées américains, elle a évolué vers une forme de contrôle du marché exports des concurrents de son industrie de Défense. C’est précisément ce qui s’applique au cas égyptien, les industriels US espérant que le Caire se retournera vers leurs solutions technologiques de Défense.

Pour contrer cette dépendance aux technologies américaines potentiellement opposables, la Ministre des Armées, Florence Parly, a lancé en … un plan visant à retrouver l’indépendance technologique au niveau des équipements de Défense français, et de développer des systèmes ITAR-Free. Cet objectif a été transposé au niveau européen, et notamment dans les projets franco-allemands de système de combat aérien du futur, de chars et d’artillerie de nouvelle génération, et d’avion de patrouille maritime NG.

C’est en lien avec ce nouveau programme que THALES présentera, lors du Salon EURONAVAL 2018, une nouvelle bouée de détection acoustique « Sono-Flash », indépendante de toute technologie US, donc « ITAR FREE »

Les bouées acoustiques sont de petits systèmes sonar largués traditionnellement par les avions de patrouille maritime et les hélicoptères navals pour détecter, puis engager et détruire, les sous-marins adverses. Jusqu’à présent, les bouées étaient de deux types distincts : les bouées passives qui permettaient de localiser à grande distance le sous-marin adverse, larguée en chapelet et écoutées par les opérateurs sonars à bord de l’aéronef ; et les bouées actives, qui émettent le fameux « Ping » que l’on entend dans les films de guerre, et qui permettent de localiser avec précision le submersible pour pouvoir l’engager à l’aide d’une torpille à guidage acoustique ou des charges de profondeur. 

Le « Sono-Flash » combien les deux fonctions dans une même bouée, permettant de passer d’un mode à l’autre, offrant ainsi un potentiel d’action et de détection renforcé au dispositif ASM en place. En outre, ces nouvelles bouées sont compatibles avec les sonars Flash de Thales qui équipent les NH90 de la Marine Nationale, ouvrant un vaste domaine d’engagements coopératifs entre les avions de patrouille maritime, les hélicoptères et drones embarqués, et les frégates et corvettes ASM.

La Marine Nationale et l’industrie de défense française sont, aujourd’hui, reconnues comme étant parmi les plus performantes, tant technologiquement qu’en matière de savoir-faire, pour la lutte anti-sous-marine. Ce niveau de performances est un argument important pour le potentiel export de notre industrie, et la nouvelle bouée acoustique de Thales renforcera encore d’avantages ce domaine d’excellence français.

Le F-35B est (enfin) « Combat Prooven », mais est-il performant ?

Ca y est ! Trois ans après avoir officiellement atteint le premier palier de sa capacité opérationnelle, le F35-B, la version à décollages et atterrissages courts et verticaux de l’appareil de Lockheed, a effectué le 27 septembre sa première mission de guerre, en effectuant un bombardement de précision en Afghanistan au bénéfice des troupes au sol.

Au delà des slogans sur les bannières et leaflets de salons aéronautiques, et des débats sans fins entre pro et anti, cette étape était attendue avec impatience par l’ensemble de l’écosystème gravitant autour de l’appareil. Alors, certes, la mission effectuée était à la portée de n’importe quel avion de la coalition, en particulier des F16, F18, AV8B et A10 que le F35 doit remplacer. Mais il faut rappeler que le Rafale, comme le Typhoon, ont eux aussi effectué leurs premières missions de combat dans le ciel afghan, sans grands risques pour l’appareil ou son équipage.

Mais on ne peut résumer cette mission à cette seule comparaison. En effet, les F35B qui effectuèrent cette attaque avaient décollé de l’USS Essex, un navire d’assauts de la classe WASP de l’US Marines Corps, croisant dans  le nord de l’Océan Indien, et durent traverser le ciel Pakistanais pour atteindre l’Afghanistan, soit un vol de 800 km, et probablement 1 ou 2 ravitaillements sur place. 

Pour le Marines Corps, il s’agit d’une extension très sensible de sa capacité d’action vis-à-vis des AV8B Harrier II, permettant aux 7 Marines Expedionnary Units de disposer d’une capacité d’action et d’une autonomie renforcée dans sa conduite de mission. Cela permet au commandement du Marines Corps de décider de ses missions en autonomie, sans devoir s’adapter aux impératifs de l’US Navy qui embarque aujourd’hui encore de nombreux escadrons de F18 du Marines Corps sur ses porte-avions.  

Alors, le F35B serait-il un appareil parfait ?

Revenons pour répondre à cette question à la principale contrainte appliquée à l’US Marines Corps, l’interdiction de disposer de ses propres porte-avions à catapultes. Aux Etats-Unis, comme parfois en Europe, les Armées sont très attentives au respect strict de leurs périmètres respectifs. Pas question pour l’US Army de disposer d’une flotte d’avions d’attaque au sol comme le A10, même si l’US Air Force veut se séparer de l’appareil. De même, les porte-avions sont la prérogative unique de l’US Navy. Et peu importe si le Corps de Marines bénéficierait grandement de porte-avions à catapultes légers pour protéger et appuyer ses corps expéditionnaires. C’est dans ce cadre que le F35B, comme le Harrier avant lui, sont arrivés aux Etats-Unis. Leurs capacités à être déployés à partir d’un navire d’assaut les rends indispensables aux Marines, bien d’avantages que la logique ADAC/V telle qu’elle fut imaginée dans les années 60, pour disposer d’une aviation de combat lorsque les terrains d’atterrissages auront été tous mis hors service par l’adversaire. Notons au passage que cette considération revient en grâce dans les Etats-Majors, et que deux armées de l’air, et non des moindres puisqu’il s’agit de celles d’Israël et de Taiwan, envisagent d’acquérir le F35B dans cette optique.

Dans les faits, cette fonctionnalité unique du Harrier, et aujourd’hui du F35B, n’aura été utilisé en combat qu’une seule fois, lors du déploiement de Harrier du Marines Corps sur une piste impraticable dans le sud de l’Arabie Saoudite lors de l’opération Desert Storm. 

Quoiqu’il en soit, c’est d’abord et avant tout cette contrainte concernant les porte-avions qui amena le Corps de Marines à acheter le Harrier, développé le Harrier II, et réclamer le F35B. 

On peut donc dire que c’est un appareil très performant, et même au delà des espérances, en tenant compte de l’absurdité politique qui lui aura donné naissance.

Concernant les marines européennes qui auront préféré choisir la solution de porte-avions à tremplin équipés de F35B, comme les britanniques ou les Italiens, la logique perd beaucoup de son sens, en l’absence de cette contrainte principale. Le rayon d’action et les capacités de ravitaillement en vol des appareils modernes ont fait perdre beaucoup d’intérêts à la logique ADAC/V, hormis pour des pays sans capacités de recul, comme justement Taïwan et Israël. A contrario, les contraintes liées à ce type d’appareils, surtout lorsqu’ils sont embarqués, restent les mêmes : rayon d’action et capacité d’emport limitée, absence de flotte de soutien, prix plus élevés. 

Dans le cas de l’Italie, comme de la Corée du Sud ou de Japon, qui veulent utiliser de manière limitée les appareils à partir de bâtiments d’assaut à faible cout de fabrication, comme le Trieste Italien qui coutera moins de 1 Md€, le choix du F35B peut s’avérer un calcul cohérent.

En revanche, dans le cas du Royaume-Unis, qui aura construit deux porte-avions de 60.000 tonnes chacun, et ayant couté plus de 3 Md€ l’unité, le raisonnement est très discutable. Pour un investissement comparable, surtout en s’associant avec la France comme il en était question, le Royaume-Unis aurait pu disposer de deux porte-avions à catapulte, pouvant mettre en œuvre des appareils comme le F18 Super Hornet ou le Rafale, et pourquoi pas de F35C, ainsi que d’un ensemble d’appareils de soutien, allant du E2-C/D Hawkeye au drone de ravitaillement MQ25 Stingray, et disposer ainsi d’une capacité d’action infiniment supérieure à celle retenue.

En choisissant cette configuration, les britanniques se sont donc volontairement mis dans un environnement contraint dont le corps de Marines rêveraient de s’extraire, et n’ont d’autres choix que de rester accrocher au choix du F35B, et à ses performances exceptionnelles … compte tenus de ses contraintes.

Pour étendre le sujet, article en français (4 min)

Avec le T-X Trainer Program, Boeing bouleverse les habitudes du marché de la Défense US

Durant ces 30 dernières années, la division Défense de Boeing n’a pas été à la fête, ne remportant que deux contrats majeurs, la conception et la fabrication de l’avion ravitailleur KC-46 et le P8 Poseidon, sur la dizaine de programmes aéronautiques lancés par les armées américaines. Surtout, le savoir-faire en matière de conception de chasseurs risquait de ne pas survivre à la fin des lignes de production du F15 et du F18. 

En remportant le contrat visant au remplacement des T-38 Talon de l’US Air Force pour la formation des jeunes pilotes de chasse, le constructeur de Seattle reprend pied sur ce marché, après avoir déjà enregistré un beau succès de 800 m$ pour la construction du drone de ravitaillement embarqué MQ-25 Stingray, et dans l’attente de l’étude du prochain chasseur embarqué de l’US Navy, projet qui bénéficie à partir de 2019 de 5 Md$ par an sur le budget de la Marine.

Mais cette victoire industrielle s’est construite sur une approche industrielle et financière en rupture avec ce qui se pratiquait depuis 30 ans aux Etats-Unis en matière de contrat de Défense.

En premier lieu, l’offre de Boeing, soit 351 T-X et 46 simulateurs pour un montant global de 9 Md$, est une offre ferme, le prix est garanti par le constructeur, dans une logique de budget maitrisé et prévisible. Ce montant est d’ailleurs 10 Md$ moins élevé que l’enveloppe initiale prévue par l’US Air Force pour le programme, ce qui en dit long sur les efforts consentis par Boeing pour gagner ce contrat.

La conception même de l’appareil représente un retour aux sources pour l’industrie US. Fini les objectifs technologiques délirants, ou les promesses inaccessibles, le T-X est conçu sur la base de technologies de pointe, certes, mais éprouvées, au bénéfice du meilleur rapport performance-prix de l’appareil.  Il faut reconnaître que pour 20 m$ l’unité, le T-X propose de nombreuses capacités, comme l’emport de nombreux types de munitions, un cockpit des plus moderne, la capacité d’être ravitaillé en vol, et de très bonnes performances en terme de manœuvrabilité.

Enfin, la technologie embarquée ne s’est pas faite au détriment de la maintenance et de la disponibilité de l’appareil. Au contraire, un effort particulier a été apporté pour une maintenance rapide, efficace et économique de l’appareil. Là encore, il s’agit d’une rupture avec les derniers programmes aéronautique US.

Le volet économique n’a pas été négligé, puisque Boeing a présenté un plan de retombés industrielles de 17.000 emplois directs et de sous-traitance aux Etats-Unis, couvrants 34 Etats. Sur la base de la fiscalité américaines, ce volume assurera un retour fiscal de plus de 6 Md$ sur 10 ans, sans tenir compte des exportations possibles.

Certes, il ne s’agit que d’un programme d’appareils d’entrainement, par nature moins soumis aux impératifs et aléas technologiques que les avions d’armes. Mais la somme des ruptures engagées dans l’approche de Boeing sous-tend probablement une évolution profonde de la politique d’acquisition du Pentagone, conformément aux objectifs annoncés par le secrétaire à la Défense, James Mattis, lors de sa prise de fonction.

Ce changement de stratégie des armées US est surtout la conséquence des bouleversements rapides en cours dans le monde. Depuis 2 ans, la doctrine US envisage la possibilité d’un conflit majeur sur deux fronts ou plus, face à des pays qui développent rapidement leurs puissances militaires, comme la Chine et la Russie. Il n’est plus question, aujourd’hui, de développer la performance technologique et industrielle US, mais de disposer dans des délais courts, d’équipements performants, fiables et en nombre suffisant pour répondre aux enjeux sécuritaires qui ne manqueront pas d’apparaître à partir de 2025.

Les leaders politiques européens et la Défense, histoire d’une incompréhension grandissante

L’affrontement qui vient d’avoir lieu en Allemagne entre la ministre de la Défense, Ursula Von der Leyen, et son homologue des Finances, Olaf Sholtz, est symptomatique de l’incompréhension qui sévir en Europe entre la classe politique et les sujets de Défense, incompréhension qui n’a fait que s’aggraver depuis la fin de la guerre froide.

Alors que les armées allemandes font face à de très graves problèmes de disponibilité et de modernisation de ses équipements, d’entrainement de ses forces et de recrutement de ses personnels, une part importante de la classe politique allemande a fait barrage au plan d’augmentation du budget des armées, pouvant mettre à mal les engagements de la Chancelière Merkel sur la scène internationale et envers ses partenaires européens. Le cas allemand n’est pas isolé, des situations similaires ont lieux aujourd’hui en Italie, aux Pays-Bas, en Belgique, et même en France.

Quelles sont les raisons du divorce entre la classe politique européenne, et les questions de Défense, au point que de nombreux spécialistes du sujet, qu’ils soient militaires et civiles, ne cessent aujourd’hui de tirer la sonnette d’alarme face aux risques à venir ?

  1. Une mauvaise perception des évolutions géopolitiques

En premier lieu, et c’est regrettable, mais une majorité de leaders politiques ont un intérêt très limité des affaires internationales, et de l’évolution de la situation géopolitique mondiale. Ainsi, de nombreuses menaces sont sous-évaluées, voir ignorées, entrainant une perception du risque altérée, renforcée par un élan idéologique issu des mouvements antimilitaristes des années 70 et 80, et par l’illusion des « bénéfices de la Paix » des années 90.

  • Des positions dogmatiques quand à la Russie et la Chine

Une part significative de la classe politique européenne a une position très dogmatique concernant la menace potentielle Russe ou Chinoise. En France, ce mouvement couvre quasiment l’ensemble des mouvements politiques, bien que plus représenté aux extrêmes. En refusant de concevoir le réarmement russe et chinois comme un risque, ces leaders politiques construisent une vision fantasmée d’un monde sans menace majeur, ignorant que ces deux pays, eux, perçoivent l’Europe comme un adversaire potentiel, et s’équipe et d’entraine pour la vaincre militairement.

  • Le dialogue de sourd avec les militaires

Avec la fin de la guerre froide, toutes les armées européennes ont été réformées pour s’adapter à l’évolution de la menace, d’intensité et de nature bien différente de celle du pacte de Varsovie. Lorsque les réformes sont allées trop loin, les militaires ne cessèrent d’alerter les politiques quand aux risques de rupture dans les armées. Mais, fidèles à leurs engagements, elles ont toujours répondu présent lorsque le besoin s’est fait sentir, quitte à user le potentiel militaire bien au delà du raisonnable. En conséquence, il s’est développé dans la classe politique, comme dans la haute administration, un sentiment selon lequel les militaires surévaluaient leurs besoins. Ainsi, le dialogue entre les militaires qui expriment leurs besoins et leurs inquiétudes, et les politiques et leurs conseils, s’est transformé en « dialogue de sourds », engendrant des crises comme la démission du Chef d’Etat-major Français en juillet 2017.

  • La vision du « lobby des armes »

La perception politique de l’industrie de l’armement est la directe conséquence de la perception publique de cette industrie, souvent désignée comme « le lobby des armes », révélant au passage une imprégnation forte des thèses antimilitaristes. Ainsi, pour beaucoup, les industries de l’armement agissent avant tout pour engranger des bénéfices, quitte à créer des menaces imaginaires.

L’industrie elle-même n’est pas étrangère à cela, en fournissant parfois à des pays douteux avec des contrats tout aussi douteux des équipements de Défense. En outre, l’industrie de Défense néglige beaucoup sa communication publique, estimant qu’elle n’a aucun potentiel décisionnaire, oubliant que le publique conditionne bien souvent les actions et décisions politiques …

  • Une perception économique erronée

Comme l’économiste Keynes, l’immense majorité des hommes et femmes politiques adhèrent à l’idée que l’investissement de Défense est un investissement non rentable, que ce soit pour l’économie comme pour les finances publiques. De fait, en période de crise économique, les budgets de la Défense ont été largement amputés pour concentrer les ressources sur des sujets perçus comme plus rentable. Or, ce paradigme est faux, et la baisse des investissements de défense a impacté des pans entiers de l’économie et de la production industrielle européenne. Des doctrines économiques comme la Défense à Valorisation Positive montrent le potentiel économique, social et budgétaire de l’investissement de Défense, dépassant bien souvent l’ensemble des mesures économiques déployées ces 30 dernières années.

  • Un manque de retour politique de la Défense 

Enfin, le manque d’intérêt des électeurs eux-mêmes pour les questions de Défense engendre, en grande partie, le désintérêt des politiques eux-mêmes, phénomène renforcé par l’écart entre le temps politique et le temps long de la Défense. Ainsi, un leader politique n’a que très peu de chances de pouvoir exploiter politiquement l’entrée en service d’une équipement qu’il aurait décidé sur sa mandature, ou de voir les bénéfices d’allocations de moyens supplémentaires. 

Là encore, l’écosystème Défense n’est pas exempt de responsabilité, puisque rassemblant prés d’un million de personnes en France (militaires et réservistes, civils de la Défense, pensionnés de la Défense, personnels de l’industrie de Défense..), il est incapable de convertir cette masse en pouvoir électoral, comme le font les chasseurs, par exemple. 

Surtout, c’est la conséquence d’un manque très sensible de sensibilisation du public européen aux questions et enjeux de Défense, le laissant évolué dans une perception très idéalisée des menaces et des risques.

Bien souvent, le premier reflexe de l’écosystème Défense européen est de blâmer les politiques pour leur manque de considération pour les questions de défense, leurs enjeux et leurs besoins. Or, nous le voyons, les causes sont bien souvent liées aux actions, ou inactions, de ce même écosystème, et les solutions potentielles ne peuvent être mises en œuvre que par lui. 

Comme pour la Défense à Valorisation Positive qui s’appui sur un changement de paradigme pour proposer une approche nouvelle de l’économie de la Défense, l’écosystème Défense devra faire table rase de nombreuses de ses propres paradigmes pour renouer un dialogue efficace et objectif avec la classe politique.

Le missile Air-Air très longue portée russe R37M entrera bientôt en service

Avec plus de 4000 avions de combat modernes de tout type, l’OTAN dispose de la plus formidable force aérienne au monde, très supérieure aux forces russes (1300 appareils), et chinoises (1500 appareils). 

Conscient qu’ils ne pourront jamais rivaliser numériquement avec cette force, la Russie a développé une stratégie de défense aérienne multi-couches reposant sur des systèmes de défense anti-aérienne à longue, moyenne et courte portée, intégré dans une réseau global, et coordonnant  ses actions avec l’importante flotte de chasseurs russes de plus de 800 appareils Su27-30-35 et MIG29, et les 130 intercepteurs MIG31. Ainsi organisée, la défense anti-aérienne russe pose un challenge important aux forces aériennes occidentales, qui doivent utiliser des avions de brouillage ou des appareils furtifs pour espérer garder la supériorité aérienne.

Pour articuler cette puissance aérienne, qui représente aujourd’hui 80% de la puissance de feu de l’Alliance selon le British Defense Comitte, l’OTAN déploie un nombre important d’appareils de veille aérienne Awacs, de surveillance électronique, et une flotte massive d’avions ravitailleurs. 

Le missile à longue portée hypersonique R37Ma été développé pour engager et abattre ces appareils, avec une portée supérieure à 300 km et une vitesse supérieure à mach6. Destiné à équiper les intercepteurs rapides MIG31 et les chasseurs lourds furtifs Su-57, le R37M permettra de repousser les appareils de soutien de l’OTAN très loin de la zone d’engagement, limitant de fait très sensiblement leurs performances. Un appareil qui, comme le F35, n’a qu’un rayon d’action de 1000 km, sera ainsi largement contraint s’il doit se ravitailler à 500 km de ses objectifs. En outre, les forces russes auront la possibilité de mener des « raids tactiques », des incursions rapides destinées à porter le danger au plus profond du dispositif adverse, suivit d’un retour rapide dans la zone de supériorité alliée. Au delà des Awacs et ravitailleurs, le nouveau missile menacera donc l’ensemble des appareils lourds de l’alliance atlantique, incluant les avions de transports en charge du train logistique transatlantique indispensable, ainsi que les appareils de patrouille maritime, surtout ceux évoluant à moyenne altitude comme le P8 Poseidon, très exposés dés lors qu’ils évolueront à moins de 2000 km d’une base aérienne russe.

Les mêmes causes ayant les même conséquences, la Chine a développé elle aussi un missile à très longue portée, estimée à 400 km, et destiné à abattre les appareils de soutien occidentaux. Le nouveau missile, dont la nomenclature est encore floue, a déjà été aperçu sous les ailes des J-11 et des J-16 de l’Armée Populaire de Libération.

Ce type de missile n’a pas d’équivalent en occident. En effet, les forces aériennes chinoises et russes dépendent beaucoup moins des appareils de soutien que leurs homologues occidentaux. En revanche, les états-majors de l’OTAN ont privilégié des missiles d’une portée inferieure, de l’ordre de 150 km, mais très efficaces contre les agiles chasseurs adverses, comme le missile européen Meteor.

L’entrée en service du R37M devra donc engendrer une rapide évolution des doctrines aériennes de l’OTAN, comme dans la conception des appareils lourds, qui devront nécessairement être équipé de systèmes d’autodéfense performants capables de détecter, brouiller et leurrer de tels missiles.

Engagement Coopératif et opérations multi domaines, le bouleversement de la doctrine US en cours

Avec le retour des confrontations possibles entre grandes puissances, les armées américaines sont aujourd’hui en pleine mutation. Cela se caractérise par le lancement de très nombreux programmes de Défense sur un modèle et un budget plus contraint, et des délais plus courts, rompant ainsi avec les programmes pharaoniques des années 2000 comme le destroyer Zumwalt ou le chasseur F-35. 

Mais surtout, pour la première fois depuis 30 ans, les Etats-Unis font faces à des adverses potentiels capables de mobiliser des forces appuyées par des technologies potentiellement équivalentes, parfois supérieures, aux leurs. Il était donc nécessaire aux forces armées US d’adapter leurs doctrines de combat, marquées par 20 années de guerres anti-insurrectionnelles et hybrides. 

Pour ce faire, l’Etat-major américain se repose sur un domaine qu’il maitrise mieux que personne, les échanges de données et la coopération de réseaux. Cette nouvelle doctrine, désignée par le terme opérations multidomaines, repose sur les capacités de connecter et d’échanger des données de plusieurs réseaux, de sorte à faire coopérer et optimiser les actions des forces terrestres, aériennes, navales spatiales et cyber, qu’elles soient ou non sur le théâtre d’engagement.

Le corolaire de cette doctrine est l’engagement coopératif, permettant à plusieurs acteurs du combat de mettre en œuvre des moyens complémentaires de sorte à maximiser le résultat. L’exemple typique est d’utiliser une frégate qui détecte une menace, et qui dirige le missile tiré par un autre bâtiment. 

Mais les Etats-Unis ne sont pas les seuls à explorer les possibilités offertes par ces nouveaux paradigmes. Ainsi, la défense anti-aérienne russe, composée de plusieurs « couches » de protection, est désormais intégrée dans un unique réseau permettant d’attribuer le meilleur moyen en fonction des menaces, permettant de traiter de manière coordonnée l’ensemble des avions, hélicoptères, missiles de croisière et drones qui peuvent saturer un système de défense plus classique.

Les pays européens travaillent également à développer des réseaux permettant des opérations multidomaines, et des engagements coopératifs. Mais à notre grande habitude, nous développons presque autant de systèmes qu’il y a de pays. 

Rail Gun, missile hypersonique, radar quantique… Chine et Russie, le grand Bluff ?

Depuis le début des années 2010, les annonces en matière de nouvelles technologies à potentiel militaire par la Chine et la Russie se succèdent, au point que parfois, on peut estimer que l’occident n’aurait plus l’avantage technologique qui fut pendant la guerre froide au cœur de sa stratégique de Défense. Mais de nombreuses voix s’élèvent pour mettre en doute la véracité de ces annonces, laissant planer le doute d’un grand bluff. 

En une décennie, Russie et Chine ont fait montre d’un réel volontarisme en matière de programme de Défense, avec les avions dits de 5eme générations J-20 et Su-57, les blindés de nouvelle génération T-14 ou T-99, les systèmes de défense antiaérien et antimissiles S400/500 et HJ16 pour ne citer que quelques exemples. Parallèlement, les moyens militaires de ces deux pays ont été considérablement modernisés et renforcés, au point de représenter, désormais, une menace sérieuse pour les états-majors occidentaux. Mais ce sont les annonces concernant les programmes de recherche de pointe qui aujourd’hui inquiètent et interrogent. 

Commençons par étudier le cas chinois 

En 2016, la Chine annonçait avoir effectué une percée majeur dans le domaine des ordinateurs quantiques, relayée en 2017 par l’annonce du premier ordinateur quantique opérationnel, et il y a quelques semaines, par un nouveau palier en chargeant 18 qubits dans 6 photons intriqués, publié cette fois dans plusieurs revues scientifiques mondiales.

supercal Sunway Taihulight quantique Analyses Défense | Armes et missiles hypersoniques | Aviation de chasse
LE supercalculateur Sunway Taihulight chinois, est considéré comme étant le plus puissant et le plus rapide de la planète.

En 2016 toujours, les premiers clichés de satellites d’observations d’un centre d’expérimentation destiné à tester une catapulte à vapeur, et une catapulte électromagnétique, étaient diffusés sur quelques réseaux sociaux spécialisés. En 2017, les autorités chinoises confirmaient l’existence de ces expérimentations, et en 2018, il ne fait plus guère de doutes que le prochain porte-avions chinois, Type 003, utilisera des catapultes électromagnétiques pour lancer ses avions de combat, avions de veille aérienne et drones de combat furtifs.

Les autorités chinoises n’avaient jamais communiqué sur un programme de canon électromagnétique, ou Rail Gun. Pourtant, en mars 2018, un navire de débarquement de la Marine chinoise était photographiéavec ce qui ressemblait beaucoup à un Rail Gun sur sa plage avant. La Marine Chinoise a finalement admis qu’il s’agissait bien d’une campagne d’essais destinés à évaluer un modèle de Rail Gun. 

Si ces trois cas sont aujourd’hui, plus ou moins vérifié, ce n’est pas le cas d’autres annonces, comme celle de la construction d’un EM-Drive en 2017, ou d’un radar quantique il y a quelques jours. Pour l’heure, nous ne disposons d’aucun élément permettant d’affirmer ou d’infirmer ces déclarations, dont les implications technologiques et militaires seraient très importantes. En effet, un EM-Drive permettrait à un vaisseau spatial de ne plus dépendre de réserves de carburant/comburant pour sa propulsion, un réacteur nucléaire fournissant l’énergie électrique pour créer la poussée. Un voyage vers mars ne prendrait que quelques semaines au lieu de 8 mois aujourd’hui, et un vol vers la lune s’effectuerait en 3 heures, et non 3 jours. Un radar quantique serait, quand à lui, insensible aux technologies furtives ainsi qu’aux systèmes de brouillages actuels. 

EM Drive CHina Analyses Défense | Armes et missiles hypersoniques | Aviation de chasse
EN 2017, les autorités chinoises ont annoncé avoir réussi a faire fonctionner leur prototype de moteur EM-Drive, ce qui représenterait une avancée technologique considérable pour l’exploration spatiale

En l’absence d’informations techniques pour évaluer la véracité de ces déclarations, on ne peut que conjecturer quand aux objectifs probables de telles déclarations. En effet, la Chine est aujourd’hui dans une dynamique ayant pour objet de rattraper au plus vite les technologies et la puissance militaire des occidentaux, et plus particulièrement des Etats-Unis, aidée en cela par l’inertie occidentale qui a beaucoup de mal à sortir de la période post guerre froide et du fantasme des bénéfices de la paix. De plus une telle annonce sans démonstration n’entrainera pas de changement de doctrines ou de positions des Etats-Unis, ou de ses alliés japonais, sud-coréens et australiens dans le Pacifique occidental. Du point de vue intérieur, ce type d’annonces n’a que très peu d’écho, d’une part du fait de sa nature très complexe, mais également du fait des inquiétudes liées aux sanctions et droits de douanes imposées par l’administration US, un sujet qui focalise l’attention des masses.

De fait, il n’y a pas de véritables bénéfices pour l’Etat chinois à faire des déclarations mensongères sur le sujet. En outre, la maitrise de ces technologies a été démontrée dans d’autres projets. On ne peut toutefois pas écarter des exagérations venant des entreprises et laboratoires portant les projets, de sorte à préserver leurs investissements ou avantages dans un régime extrêmement centralisé. 

Intéressons nous maintenant à la Russie

Le cas de la Russie est très différent. Nous sommes habitués aux perpétuelles exagérations de la propagande russe, et des déclarations très exagérées des leaders politiques et industriels du pays, comme les 2000 T-14 livrés en 2020 (probablement lié à une erreur d’interprétation savamment entretenue par Moscou), ou les 17 destroyers Lider livrés en 2025, alors que l’industrie navale russe peinait encore à finir la première frégate Admiral Gorshov au bout de 12 ans. De fait, il faut toujours faire preuve d’une grande prudence dans l’analyse des déclarations russes. 

Char de combat T14 Armata en entrainement de defile Analyses Défense | Armes et missiles hypersoniques | Aviation de chasse
Initialement, la Russie avait annoncé qu’elle disposerait de 2000 chars modernes en 2020, ce qui fut interprété par les occidentaux comme 2000 chars T14. En réalité, il s’agissait des versions modernisées des T72B3, T80BV et T90, dont plus de 1500 exemplaires sont bel et bien opérationnels en 2020.

A contrario, le président V.Putin a créé la surprise en annonçant, en mars 2018, lors de la campagne présidentielle, une série de nouveaux armements stratégiques, dont le missile hypersoniques Kinjal, le planeur hypersonique Avangard, la torpille stratégique transocéanique Kanyon (ex Poseidon, ex Status-6), et le missile de croisière à propulsion nucléaire Burevestnik. La majorité de ces programmes étaient inconnus du public, même des mieux informés, et les services de renseignement n’en avaient qu’une vision très limitée. Or, tous ces programmes sont soit d’ores-et-déjà en phase de test, comme le Kinjal ou le Kanyon en 2019, soit en développement avancé. 

Il n’est donc pas question ici, de douter de leurs véracités, même si l’on peut parfois en questionner la pertinence, particulièrement pour le Burevestnik.

Burevestnik nuclear powered cruise missile Analyses Défense | Armes et missiles hypersoniques | Aviation de chasse
Moscou a diffusé plusieurs images montrant le missile Burevestnik, mais les informations précises sur son fonctionnement restent très parcellaires

Contrairement à la Chine, les objectifs de ces annonces, tout comme ceux des exagérations précédemment citées, sont parfaitement connus. Elles visent avant à consolider le soutien au gouvernement qui flatte le sentiment nationaliste de la majorité des russes. Sur le plan international, comme la Chine, la Russie n’a aucun intérêt à déclencher une réaction occidentale trop importante, car elle ne pourrait pas faire illusion longtemps 150 millions d’habitants et un PIB de seulement 1700 Md$. C’est la raison pour laquelle, au delà des exagérations de circonstance, l’accent est mis d’abord et avant tout sur des technologies de dissuasion.

En conclusion, la Chine comme la Russie n’ont que très peu d’intérêts à faire des déclarations inexactes concernant des technologies de pointe, car les bénéfices intérieurs seront faibles, et les conséquences extérieures risquent, au contraire, d’être rapidement contre-productives.

On peut également s’interroger sur les raisons qui nous poussent, nous occidentaux, à autant de circonspection face à ces annonces. Ne serions-nous pas, nous mêmes, victimes de nos propres exagérations et de notre désir de rester leader en matière de technologie ? 

Quoiqu’il en soit, les prochains mois risquent forts d’apporter des confirmations qui pourraient sonner la fin de nombreuses illusions …

La LPM tient le cap en 2019, mais les inquiétudes persistent

Depuis la publication du budget 2019, de nombreux articles de la presse généraliste et spécialisée ont été consacrés à l’analyse de l’augmentation du budget de la Défense. Conformément à la Loi de Programmation Militaire, le budget des forces armées a été augmenté de 1,7 Md€ pour atteindre 35,7 Md€, et dont 1,3 Md€ sont consacrés sont dédiés aux crédits d’équipement. Le seul titre des programmes à effets majeurs est passé de 6,5 Md€ à 7,2 Md€, permettant de lancer des programmes comme le remplacement des 3 Pétroliers Ravitailleurset les 6 Patrouilleurs de la Marine Nationale, ou d’accélérer la livraison des avions de ravitaillement en vol A330 MRTT Phoenix et du programme Scorpion.

Pourtant, l’enthousiasme n’y est pas dans les Etats-majors français, et les inquiétudes qui transparaissent ne sont pas sans rappeler celles des années 2010. En effet, les résultats très mitigés de l’économie et de la croissance française, font peser une menace permanente sur l’exécution intégrale de la LPM. Les déclarations de la Ministre des Armées ne font pas le poids face à 20 années de privation et frustration expérimentées par les militaires, sans pour autant faire un jugement de principe de l’action du gouvernement qui, jusqu’à présent, respecte ses engagements.

Conscient du problème, le ministère des armées a concentré cette année sa communication sur les nouveaux équipements qui seront perçus dans les forces, en y ajoutant les modernisations pour présenter un facial plus attractif, tout en insistant sur les mesures concrètes pour la vie des soldats, et sur les éléments de langage comme « une LPM à hauteur d’homme », qui est systématiquement répété à chaque interview de la ministre ou des chefs d’Etat-Major. Malheureusement, ces artifices de communication, pas plus que les engagements effectivement tenus par le gouvernement cette année, ne seront en mesure de rassurer pleinement les militaires. Le spectre de l’arbitrage de Bercy, des crédits gelés ou de la révision de la LPM en 2021, sont dans toutes les têtes. 

En outre, les documents cadres qui définissent la politique de Défense française, la Revue Stratégique de 2017, et le Livre Blanc de 2013, sont tous deux en décalage, parfois fort, avec les évolutions géopolitiques en cours, comme l’a sous-entendu de CEMA lors de son audition par la commission sénatoriale en Juillet, et les militaires le savent pertinemment.

De fait, lorsque vous vivez avec une épée de Damoclès budgétaire permanente, et en sachant que vos moyens seraient insuffisants s’ils venaient à être effectivement nécessaires, on peut comprendre le malaise qui sévit aujourd’hui dans les forces armées.

Peut-être serait-il nécessaire de faire un « Grenelle de la Défense », qui permettrait de partir d’une feuille vierge pour, enfin, étudier de manière honnête et innovante les besoins en matière de Défense, et les solutions pour y parvenir, dans le respect des contraintes économiques et sociales du pays ?

Pour étendre le sujet, article en français (4 min)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/la-france-poursuivra-en-2019-la-hausse-de-son-budget-de-defense-791440.html

La Chine annonce avoir développé un radar quantique

Les autorités chinoises ont annoncé que le Nanjing Research Institute of Electronics Technology dans la province de Jiangsu avait développé un prototype de radar quantique fonctionnel et capable de détecter des mobiles à une distance atteignant 100 km. Si l’information est avérée, il s’agirait d’une avancée majeure de la technologie chinoise en matière de détection et de radar, ainsi que la confirmation de la maitrise des technologies quantiques par la recherche chinoise, un an après avoir annoncé avoir développé un ordinateur quantique fonctionnel, sans qu’il n’ai été possible, depuis, de confirmer l’information.

Un radar quantique n’émet ni ne reçoit pas d’ondes radio comme les radars traditionnels. Il utilise le principe de l’intrication quantique des photons pour détecter les changements d’état d’un photon émis en observer son photon intriqué. Cette technologie présente de très nombreux avantages, comme la détection des avions furtifs même à grande distance, même de petite taille, l’inefficacité des systèmes de brouillages contre ce type de radar et sa discrétion.

Selon le communiqué, le prototype développé n’est destiné qu’à des fonctions de démonstrateurs et de test. Reste que, pour l’heure, aucun laboratoire n’était parvenu à concevoir un modèle opérationnel basé sur ce phénomène, bien que la théorie soit connue depuis les années 30.

Outre les avantages technologiques et opérationnels évident que procurerait cette technologie aux forces chinoises, sa maitrise est un signe majeur de l’avance prise par la recherche du pays dans des domaines des technologies avancées, comme ce fut le cas avec l’annonce du premier prototype d’EM-Drive fonctionnel en 2017. Là encore, il n’a jamais été possible de valider la véracité des déclarations chinoises, et de nombreux spécialistes estiment que le prototype montré n’était pas un véritable EM-Drive, mais d’une technologie de propulsion électrique proche.  

La Chine a investi de très importants moyens dans ces domaines, et nous commençons a peine à en percevoir les résultats. Reste qu’aujourd’hui, il semble bien que l’empire du milieu ait pris l’ascendant sur l’occident dans ces domaines, comme la Russie en matière de mobiles hypersoniques, utilisant la recherche de Défense pour dynamiser l’ensemble du portefeuille technologique du pays. Etonnement, si les Etats-Unis ont bel et bien pris la mesure des bouleversements en cours au niveau géopolitique et technologique, il semble que les européens restent dans une perception micro-centrée sur eux-mêmes.Ce manque de réalisme et de pragmatisme des européens, renforcé par des considérations éthiques qui n’ont plus lieu d’être dans le monde d’aujourd’hui, risquent fort de sonner le déclassement de l’Europe du point de vu militaire, mais également industriel et technologique.