samedi, novembre 29, 2025
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Les besoins de Défense anti-aérienne à courte portée s’imposent aux armées occidentales

Suite à la crise Ukrainienne, les Etats Baltes en appelèrent à l’OTAN pour renforcer leur sécurité face au renforcement des forces russes à leurs frontières. Les principales armées de l’alliance engagèrent des moyens pour assurer cette protection. Mais contrairement aux déploiements précédents, l’adversaire potentiel, les forces russes, dispose de moyens aériens et technologiques importants. C’est ainsi que de nombreuses armées redécouvrirent les besoins inhérents à ce type d’engagements, parmi lesquels la défense anti-aérienne rapprochée des unités.

Au sein de l’US Army, plusieurs solutions court terme sont mises en œuvre, dont le redéploiement de missiles Stingers, le Stryker MSL équipé de missile Hellfire Longbow, sensés être efficace contre les avions lents, hélicoptères et drones, ou encore le Stryker MEHEL, équipé d’un laser de 5 Kw.

Les forces françaises disposent, elles, du missile Mistral, un missile à mi-chemin entre le MANPAD et le missile embarqué, dont une version modernisée est en cours de conception. 

Cependant, en France, comme aux Etats-Unis, au Royaume-Unis ou en Allemagne, il n’existe plus de solutions d’accompagnement des forces mécanisées, comme l’était le Roland et Roland2. L’occident privilégie une défense anti-aérienne basée sur la supériorité aérienne et l’utilisation de missiles longue-portée, comme le Patriot ou l’Aster30. Mais aucune de ces solutions n’apporte la réactivité et la flexibilité indispensable à la manœuvre mécanisée dont bénéficient les forces russes, avec le très performants Pantsir, le TOR-M1 et une importante panoplie de canons anti-aériens.

Il est probable que l’entreprise occidentale entrera en premier sur le marché avec un système mécanisé mobile et blindé, équipé de missiles courte portée efficaces contre l’intégralité du spectre des menaces, et d’un système d’artillerie AA performant, remportera une part importante d’un marché à venir prometteur.

Les Etats-Unis se préparent-ils à mettre un embargo sur les armes en Turquie ?

Les Etats-Unis s’apprêteraient-ils à suspendre la livraison des 100 F-35 commandés par la Turquie ? C’est en tout cas une hypothèse qui sera très sérieusement étudiée dans les prochains jours par le comité des forces armées de la chambre des Représentants du congrès américain, dans le cadre de l’étude de la Loi National Defense Autorization Act. Car l’attitude de la Turquie, face à l’OTAN, et surtout face aux Etats-Unis, passe de plus en plus difficilement à Washington. Au point que plusieurs sénateurs et représentants ont ouvertement appelé à la mise en place d’un embargo sur les armes technologiques à destination d’Ankara.

Le gouvernement Turc, par la voix de son ministre des affaires étrangères, a fait savoir que si une telle mesure était appliquée, la Turquie « userait de représailles »sans préciser leurs natures ni leurs cibles. D’ailleurs, en pleine campagne électorale, le président Erdogan a déclaré dimanche que de nouvelles opérations à la frontière turque seraient prochainement lancées, là encore sans donner plus d’informations, ce qui aura sans doute renforcé l’inquiétude de la coalition anti-Daesh. Le président Turc n’avait pas fait grand mystère de sa volonté d’étendre l’intervention turque en Irak, notamment dans la région de Mossoul, ce qui serait de nature à aggraver la situation politique en Irak, et de mettre les occidentaux opérant dans cette zone dans une posture très délicate.

En outre, les médias gouvernementaux turcs mènent depuis plusieurs mois une campagne de dénigrement de l’OTAN, de l’Europe et des Etats-Unis, créant un basculement lent mais sensible de l’opinion public turque contre des symboles de l’occident. 

Il apparaît donc que, bien au delà de l’affaire des S-400 souvent mise en avant, la rupture entre la Turquie et l’OTAN est engagée sur des bases beaucoup plus profondes et longs termes, et la sortie de l’alliance qui se dessine devient de plus en plus irréversible. Dans ce contexte, et à moins de disposer des moyens pour ramener la Turquie dans le camps occidental, il est en effet plus qu’indispensable de limiter les transferts de technologie, directs ou induits, vers un pays qui risque, dans les années à venir, de rejoindre le bloc sino-russe. Quand on voit ce que les ingénieurs chinois ont réussi à faire à partir d’un prototype de Su-33 ukrainien a moitié démonté (le chasseur embarqué J-15), on imagine ce qu’ils pourraient faire à partir d’un F-35 en état de vol …

Seuls 10 Typhoon allemands seraient opérationnels aujourd’hui

Après les sous-marins Type212, les frégates, les Leopard 2, les Tornados, c’est au tour des Typhoon allemands de faire la une de la presse outre-rhin en raison d’une très mauvaise disponibilité opérationnelle.

En effet, l’hebdomadaire « Der Spiegel » a publié le chiffre ahurissant de seulement 10 Typhoon opérationnels sur les 128 dont dispose la Luftwaffe, soit un taux de disponibilité réel inférieur à 8%. Et ce n’est pas un problème isolé dans le temps, seuls 39 Typhoon auraient été disponibles sur l’année 2017. Pour achever la bête, il apparaît qu’en fait, seuls 4 Typhoon seraient effectivement capables de mener des opérations de combat, du fait du manque de munitions … 

Les raisons de cette disponibilité, qui touche au ridicule, ne peuvent se trouver dans le seul aspect budgétaire. En effet, le ministère allemand des armées dispose d’un budget sensiblement comparable à celui des armées françaises qui, bien que sous pression, rempli un nombre infiniment supérieur de missions. Ainsi, les procédures d’achats et de passassions de contrats sont tellement longues et complexes en Allemagne que de nombreuses aberrations sont crées, comme cette société qui fabrique en Allemagne une pièce indispensable au Typhoon, et qui ne peut livrer depuis 6 mois suite à un changement de propriétaire, tant que la validation administrative n’aura pas été achevée.

On se demande comment, dans ces conditions, la Chancelière Merkel a pu penser que l’Allemagne pouvait devenir le pivot de la Défense Européenne ? Quitte à heurter la fierté teutonne, ne devraient-ils pas tenter de s’inspirer du fonctionnement du couple MINARM-DGA pour redéfinir leur modèle économique ?

Les Etats-Unis réactivent la 2ndFlotte pour faire face à la Russie en Atlantique Nord

Afin de faire face au renforcement des capacités de la marine et de l’aéronavale Russe en Atlantique nord, la Marine américaine a annoncé la réactivation de la 2èmeFlotte, en charge de ce théâtre. Cette flotte avait été dissoute en 2011 suite à la baisse des menaces, à un moment ou la Russie, présidée par Dimitri Medvedev, était dans de meilleures dispositions vis-à-vis de l’occident. Cette flotte était, avec la 6eme flotte qui opérait en Méditerranée, un symbole de la guerre froide, en charge de protéger la circulation des éventuels convois de renforts venus des Etats-Unis et du Canada vers l’Europe en cas de conflit avec l’URSS.

Toutefois, la situation a changé depuis les années 80. L’URSS disposait alors d’une flotte de haute mer puissante, et de plus d’une centaine de sous-marins d’attaque, ainsi que d’une dizaine d’escadrons de bombardiers à long rayon d’action pouvant frapper les convois dans l’Atlantique Nord.

Aujourd’hui, la Russie ne dispose plus que d’une cinquantaine de sous-marins d’attaque, dont seule une trentaine sont suffisamment modernes pour représenter une menace, et de seulement 3 régiments de bombardiers longue portée. Quand sa flotte de haute mer, héritée de l’époque soviétique,  elle n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fut. De fait, aujourd’hui, les flottes européennes seules seraient en mesure de faire face aux forces navales russes, même si une part importante d’entre elles se trouve en Méditerranée (Italie, Espagne, FAN française, Grèce).

En revanche, en zone côtière, comme en Mer Baltique, ou en Mer Noire, la flotte russe dispose de nombreux petits bâtiments très bien armés, et de sous-marins comme les 638.3 Improved Kilo, très performants, et très discrets, et donc susceptibles de gêner considérablement les flottes et forces de l’OTAN, notamment avec leurs missiles Kalibr.

Quoiqu’il en soit, pour l’heure, l’activation de la 2èmeflotte tient d’avantages de l’exercice de communication visant à rassurer les alliés européens, voir à appuyer un peu sur la dépendance Européenne à la défense US, alors que de gros contrats sont en cours de négociation, plutôt qu’à traiter une menace avérée. L’US Navy a, aujourd’hui, bien plus à faire face à la Chine que la Russie… Mais cette annonce sera de nature à inciter la Russie à renforcer ses moyens navals, et donc, peut-être, de le faire au détriment du renforcement de ses moyens terrestres. Or, aujourd’hui, c’est dans ce domaine que les forces russes surpassent nettement les forces de l’OTAN…

La mer noire, le second front de l’OTAN

Si l’attention médiatique concernant les frictions entre forces militaires de l’OTAN et russes se porte essentiellement sur les Pays Baltes, ce n’est pas la seule zone de crise à laquelle fait face l’Alliance. Ainsi, les pays bordant la Mer noire, la Bulgarie et la Roumanie, mais également les pays alliés comme l’Ukraine, ou la Géorgie, font face à une augmentation sensible des actions militaires russes

C’est la raison pour laquelle l’OTAN a également déployé une brigade mécanisée américaine en Roumanie il y a quelques mois, et a renforcé la présence des aéronefs de l’alliance, initiée en 2014, dans une mesure de réassurance similaire à celle déployée dans les pays Baltes. 

Le jeu trouble de la Turquie vis-à-vis de l’alliance et de la Russie ajoute aux incertitudes rencontrées sur ce théâtre, d’autant que les tensions avec la Grèce en Mer Egée ne cessent de croître, et qu’Ankara détient « les clés » des détroits permettant le passage en mer noire. 

Florence Parly annonce la commande du 5eme Barracuda et du Tigre Mk3

Le Ministère des armées, par la voix de la ministre Florence Parly, a annoncé la commande officielle du 5eme sous-marin nucléaire d’attaque Barracuda de la classe Suffren, pour la Marine nationale, qui aura pour nom de baptême « Casabianca ». Le premier navire de la classe, le Suffren, aura connu quelques retards industriels, retardant la livraison du sous-marin, initialement prévue pour 2012, puis 2015, à 2020. Le second navire, le Duguay-Troin, devrait entrer en service en 2021, puis un navire sera livré tous les 2 ans. Remplaçant les SNA Rubis, les Suffren renforceront sensiblement les capacités sous-marines françaises, étant plus de deux fois plus volumineux que les rubis, et pouvant mettre en œuvre des missiles de croisière MdCN.

Concomitamment, Me Parly a également annoncé le lancement du programme visant à porter la flotte des hélicoptères Tigres français et allemands au standard Mk3, incluant le renforcement de la survivabilité des appareils, et un nouveau système d’armes utilisant un nouveau missile anti-char dont la réalisation sera confiée à MBDA. Ce nouveau missile permettra le tir coopératif, et il semble raisonnable de penser que les Tigres Mk3 pourront interagir finement avec les multiples drones qui opéreront sur le champ de bataille de demain, d’autant que l’objectif de ce standard est de permettre au tigre de rester efficace jusqu’en 2040.

Des navires russes ont gêné le tir des missiles MdCN en Syrie

Le CEMA, le Général Lecointre, et le CEMM, l’Amiral Prazuk, se sont exprimés sur le sujet de l’incident de tir concernant les missiles MdCN de la frégate Aquitaine contre les installations chimiques en Syrie lors de l’opération Hamilton. Les deux officiers généraux ont indiqué que des navires russes, dont une frégate de la classe Gregorovich, auraient eu des comportements inamicaux ayant empêché le tir par la frégate Aquitaine de ses missiles. C’est la frégate de redondance de moyens qui aura fait feu, ainsi que le rafale de réserve. Les officiers ont insisté sur le fait que les objectifs ont été atteints, et que ce type de situation avait été anticipé par les planificateurs de la mission, raison pour laquelle il y avait 3 frégates et 5 Rafales sur zone. 

Le type de nuisance exercée par les navires /russes n’a par contre pas été commenté par les deux chefs d’état-major français, indiquant que cela relevait du secret des opérations militaires. Et effectivement, une fois que l’on a éliminé l’hypothèse du rayon russe magique qui paralyse les réseaux des navires français, et celui de la frégate volante, l’hypothèse la plus probable est que la frégate russe s’est approchée du dispositif français avec un important brouillage actif, incluant probablement les fréquences GPS. Dans ce cas, qu’elles étaient les options françaises ?

  1. Si le brouillage était effectivement un problème pour le tir des missiles, les frégates françaises disposent désormais d’importantes informations sur le fonctionnement de ce brouillage, sa portée, son efficacité, et donc le moyen de le contrer. 
  2. Si le brouillage n’était pas un problème, ne pas tirer laisse également les russes dans l’expectative, puisqu’ils ne savent pas si c’est un choix français ou un problème effectif.

Dans les deux cas, il est effectivement important de compartimenter l’information et de surtout ne pas la laisser filtrer dans la presse, ce qui ruinerait l’avantage ainsi acquis. 

Quoiqu’il en soit, le problème reste que cette information n’aurait, dés le départ, pas dû filtrer dans la presse. Cette fuite devrait rappeler aux directeurs de publication que la quête du scoop peut avoir des conséquences plus importantes que le coup médiatique recherché (Qui connaissait la Lettre A avant cela ?). En outre, les procédures de confidentialité dans les armées, et dans l’entourage de celles-ci, qu’ils soient industriels, politiques ou médiatiques, devront faire l’objet d’un sévère rappel à l’ordre.

Renault Truck Defense TD devient ARQUUS

Après la procédure de vente de l’année dernière, qui aura vu les offres de Nexter/KNDS et du belge CMI jugées insuffisantes par Volvo, Renault Truck Défense change de nom pour devenir Arquus, arc en latin. 

Arquus est un acteur majeur du programme SCORPION, intervenant tant sur les EBRC que sur les VBMR, et dispose aujourd’hui d’un confortable carnet de commandes de presque 2 Md€, soit 5 années d’activité. Le groupe a également signé un important contrat avec le Koweit pour la livraison de plusieurs centaines de véhicules blindés, notamment des VAB Mk3.

Reste que l’échec de la procédure de vente aura laissé des traces, ainsi qu’un arrière gout d’occasion ratée, alors que l’industrie de Défense européenne doit impérativement se concentrer. Peut-être eut-il été intéressant pour CMI et Nexter, plutôt que de se concurrencer, de s’associer en utilisant RTD et le programme SCORPION Belge comme ciment de collaboration. Alors que de nombreuses voix en Belgique s’élèvent pour dénoncer l’absence (pour l’instant) de compensation industrielle pour la commande des Griffons et Jaguars belges, ce qui joue même en défaveur du Rafale dans ce pays, une telle collaboration aurait été de nature à baisser le poids financier de chaque acteur, tout en ouvrant de nouvelles opportunités de collaborations…

L’Ukraine au secours de l’OTAN

La société ukrainienne Antonov Airlines a annoncé qu’elle serait en mesure de fournir suffisamment de ressources supplémentaires du gros porteur An124 pour combler le retrait de la société russe Volga-Dniepr du SALIS, le service de transport stratégique de l’OTAN.

La société russe a en effet fait savoir qu’elle ne fournirait plus de service pour l’OTAN et armées occidentales, à compter de la fin d’année 2018. Or, ces appareils assuraient une part importante des besoins de transport logistique de l’OTAN, mais également des forces françaises, engagées au Levant et au Mali.

Une fois encore, l’Ukraine, et son industrie aéronautique, montre qu’elle représente un partenaire important pour l’occident, qui pourtant a une attitude plutôt dédaigneuse avec elle. Ainsi, il y a quelques jours, c’est la Turquie, certes encore membre de l’OTAN, mais pour combien de temps, qui a annoncé un partenariat stratégique avec Antonov pour la conception et la fabrication de l’An188, un avion de transport stratégique de 200 t, a mi-chemin entre l’A400M et le C17, dont quelques exemplaires auraient certainement leurs places dans les inventaires des armées de l’air européennes…

La Russie teste l’Intelligence Artificielle appliquée à sa défense anti-aérienne

La Russie a annoncé avoir procédé au premier test grandeur nature de l’intégration de moyens d’intelligence artificielle au profit du pilotage de sa défense anti-aérienne. Selon les déclarations russes, l’intelligence artificielle serait utilisée pour analyser rapidement les schémas tactiques en provenances des différents capteurs d’un système comme le S-300, le S-400 ou le Pantsir, pour proposer les meilleures options d’intervention aux personnels en charge de la zone.

Cette approche permettrait d’optimiser les moyens pour répondre aux différents types d’adversaires, allant du drone au missile balistique, en passant par une attaque massive de missiles de croisière. Il faut noter que cette approche intègre à la fois des technologies d’engagement coopératif et d’intelligence artificielle, deux domaines considérés comme de pointe, et dont seul les Etats-Unis avaient, jusqu’à présent, démontrés des capacités opérationnelles. 

Encore une fois, cela montre qu’en dépit d’une communication limitée, la recherche russe en matière de technologie de Défense, est loin d’être en retard sur l’occident. Il serait temps de cesser de croire que la technologie occidentale est un bouclier insurmontable. La France et le Royaume-Unis pensaient également être très en avance technologiquement en 1939 …