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Les projets de coopération militaires franco-allemands menacés

Suite à la protestation officielle d’Ursula von der Leyen, la ministre allemande de la Défense, au sujet des arbitrages budgétaires défavorables de son ministère, les médias allemands se sont faits les échos des programmes qui risquaient de pâtir de ces restrictions.

Premier programme concerné, la co-construction avec la Norvège d’une version améliorée du sous-marin Type212, dont l’Allemagne s’était engagée à commander 2 exemplaires et à financer 50% des couts de R&D. Les conséquences d’une telle décision serait désastreuse pour les chantiers allemands TKMS, qui perdraient non seulement un très important contrat, mais qui pourrait également perdre les bénéfices de la tentative de rapprochement avec le néerlandais Damen.

Le second programme identifié par la presse allemande est le projet de base support commune pour la mise en œuvre des C130 français et allemands. Les conséquences économiques seraient, évidemment, moins importantes. Mais le signal envoyé à Paris risquerait fort de mettre à mal les divers partenariats stratégiques en cours.

C’est d’autant plus vrai que l’opposition allemande, et dans une certaine mesure, les alliés du SPD de la chancelière Merkel, n’hésitent pas à remettre en question l’intérêt d’un projet de chasseur de nouvelle génération franco-allemands, sachant que, sans le nommer, le F35 existe déjà.

En Allemagne comme en France, les bénéfices économiques de l’investissement de Défense semblent largement ignorés de la classe politique…

La Chine pourrait lancer prochainement les études d’un nouvel avion d’attaque furtif

Un ensemble de témoignages indirects et une série de photos publiées par l’avionneur AVIC chinois laisse supposer que la Chine lancera prochainement les études d’un nouvel avion de chasse furtif destiné à remplacer l’avion d’attaque JH-7 actuellement en service dans l’APL. Cela signifierait que le nouvel appareil entrerait en service à l’horizon 2030.

Parallèlement, alors que beaucoup d’indices laissaient penser que le J-20 bénéficierait d’une version navalisée pour équiper les porte-avions à catapultes chinois, de récents contrats semblent indiquer que ce sera en réalité l’avionneur Shenyang qui sera en charge de cet appareil, avec très probablement une version navalisée du FC-31 gyrfalcon. Un prototype devrait voir le jour d’ici l’année prochaine, ou 2020. Il est pour l’heure identifié par le code J-XY, et devrait entrer en service en 2025, avec l’arrivée du second porte-avions CATOBAR chinois.

Depuis 1988, la Chine aura lancé 8 nouveaux chasseurs et avions d’attaque

1988 – JH7- avion d’attaque bimoteur – 270 exemplaires

1998 – J10 – chasseur polyvalent monomoteur – 300+ exemplaires

1998 – J11 – chasseur bimoteur – 250+ exemplaires

2003 – JF17 – chasseur polyvalent léger monomoteur export – 150+ exemplaires

2009 – J15 – chasseur polyvalent embarqué bimoteur – 40+ exemplaires

2013 – J16 – chasseur polyvalent bimoteur – 50+ exemplaires

2011 – J20 – chasseur furtif lourd – 20+ exemplaires

2013 – FC-31/J-XY- chasseur polyvalent embarqué furtif bimoteur 

Soit un rythme d’un nouvel appareil tous les 5 ans. En outre, si le JH7 était l’équivalent du F111 à sa sortie, un avion de 20 ans son ainé, les dernières productions chinoises sont parfaitement au niveau des productions occidentales du moment. En d’autres termes, la Chine a fait un bon technologique de 60 ans en 40 ans, une fois et demi plus rapide que les productions occidentales. Ce constat ne s’applique pas uniquement aux avions de chasse, mais à toute la production Défense chinoise, tant en matière navale que de missiles ou d’armements terrestres.

De fait, les cycles générationnels occidentaux actuels ne sont plus adaptés, sous peine de commencer rapidement à accuser des retards technologiques marqués d’ici 2030. Or, la perte de leadership des occidentaux risque fort de ne pas être une notion facilement acceptable, tant par les industriels que les politiques. Cette prise de conscience douloureuse, mais indispensable pour éviter le déclassement technologique, entrainera nécessairement la révision des cycles générationnels entre familles d’équipement, et l’abandon du fantasme de l’arme absolue qui remplace toutes les autres, celui-là même qui sous-tend le programme F-35, mais également, dans une certaine mesure, le programme Rafale.

C’est d’ailleurs précisément ce que cherche mettre en place le général Mattis au Pentagone, preuve s’il en fallait, qu’un changement de paradigme s’impose pour rester au contact de l’industrie chinoise, et russe.

En corolaire, un article du national interestsoutient que les Etats-Unis, et par extension l’occident, ont d’ores-et-déjà perdu l’initiative technologique dans le domaine des armes hypersoniques.

Ainsi, Avec le missile Kinjal et le planeur hypersonique Avangard, la Russie a montré qu’elle avait, aujourd’hui, une avance technologique d’une dizaine d’années, si ce n’est plus, en matière d’armes hypersoniques. La Chine n’est pas en reste avec le DF-17, et son prototype Wu-14 de planeur hypersonique. Selon de nombreux experts, les Etats-Unis ne seront pas en mesure de disposer d’armes équivalentes avant 2030. La France non plus, puisque tant le programme AS4G que le programme de missile de croisière nouvelle génération, ne devrait être opérationnels avant cette date.

L’occident a semble-t-il oublié que la Russie avait déjà su surprendre les stratèges et industriels occidentaux, avec le vol de Gagarine bien sur, mais également avec le Mig25 ou le sous-marin Alpha. Et la présentation officielle du Kinjal, du Status-6 et de l’Avagard par V.Putin, comme les tests enregistrés des missiles DF-17 et du planeur Wu-14, ont probablement généré les même sentiments dans les Etats-Majors d’aujourd’hui que les premiers échos radars du Mig25 en Turquie en 1972.

La Chine développe un nouvel avion ravitailleur

L’industrie aéronautique militaire chinoise est extrêmement dynamique, et il ne se passe pas un mois sans qu’une annonce importante ne soit faite, ou qu’une information ne filtre sur un nouvel appareil chinois. 

Ainsi, aujourd’hui, cette industrie produit simultanément 6 avions de combat, un avion d’entrainement et d’attaque, 2 bombardiers, 3 avions de transport, 2 EAW, 2 ravitailleurs,  1 Patmar, 5 hélicoptères militaires de tout types, 3 drones MALE/HALE et travaille sur 1 nouvel avion 5eme génération (le FC-31) et pas moins de 5 drones de combat furtifs.

C’est ainsi que le nouvel avion de transport chinois, le Y-20, serait en cours de transformation pour en faire une version de ravitaillement en vol, comme le montre plusieurs informations concordantes.

Le  Xian Y-20 est un quadriréacteur de transport ayant une masse maximum au décollage estimée à 200 tonnes, entre l’A400M (140 t) et le C-17 (250 t), ayant effectué son premier vol en 2013, et dont l’entrée en service date de 2016. 

Arbitrages défavorables pour le budget du ministère des armées allemand

La Ministre des armées allemande, Me Ursula Von der Leyen, a officiellement émis une protestation contre les arbitragesrendus vis-à-vis de l’augmentation limitée du budget des armées dans le budget fédéral pour 2018 et 2019.

Alors que les annonces sur les limitations opérationnelles très importantes que rencontre les forces armées allemandes se sont succédées ces dernières années, et malgré les annonces qui laissaient espérer que le budget allemand des armées allait effectivement croitre très sensiblement, le projet de budget approuvé par Angela Merkel limite la hausse à 1,5 Md€ en 2018, pour atteindre 38,5 Md€. En 2019, il devrait croitre de 3 Md€, pour atteindre 41,5 Md€. Là ou ce budget devait croitre de 12 Md€ de 2019 à 2023, un minimum pour récupérer une capacité opérationnelle planchée, le plan budgétaire de Olaf Scholz, le ministre du budget allemand, ne prévoit que 5 Md€.

Ces arbitrages défavorables sont la conséquence des résultats des élections allemandes, obligeant la chancelière Merkel à s’allier avec le très rigide SPD, alors que la CDU soutenait activement une croissance rapide du budget des armées pour atteindre 2% du PIB en 2025. Aujourd’hui, il n’est que de 1,28%. En outre, le budget allemand souffre d’un très important volet « frais de personnels », les armées allemandes étant obligées de prendre grand soin de ses militaires dans un pays ayant un très faible taux de chômage, et des salaires élevés.

Selon les médias allemands, le ministère prépare d’ores-et-déjà des mesures d’économies, qui se porteront bien entendu sur les programmes d’équipements. Ainsi, il est question de se retirer du programme de coopération avec la Norvège concernant la conception partagée d’une version nouvelle génération du sous-marin T212. 

La Russie pourrait rejoindre le programme de chasseur nouvelle génération Turque

Alors que des voix s’élèvent au congrès américain pour suspendre la livraison de F-35A à la Turquie, celle-ci a confirmé que des contacts avaient été pris avec l’industrie aéronautique russeau sujet du chasseur de nouvelle génération TF-X, annoncé officiellement le 26 avril.

Cette annonce intervient à la suite d’une autre annonce, confirmant non seulement l’achat de 6 systèmes S-400 par la Turquie, mais d’éventuels commandes supplémentaires, des transferts de technologies et même l’achat éventuel du futur système S-500, spécialisé dans la lutte antibalistique, alors même qu’une nouvelle conférence rassemblant russes, turcs et iraniens s’est tenue hier au sujet de la Syrie.

Il semble de plus en plus évident que le président Receipt Erdogan agit pour provoquer une scission avec l’OTAN, et l’occident. Le Luxembourg a, à ce titre, officiellement posé la question d’une éventuelle exclusion de la Turquie de l’alliance atlantique.

Entrer dans le jeu d’Erdogan, et laisser la Turquie sortir de l’OTAN, n’est certainement pas une décision facile, ni sans conséquence, pour l’alliance. La Turquie représente, numériquement parlant, la seconde armée de l’OTAN, et a toujours été un point d’appui fort tant dans l’est de l’Europe qu’au Moyen-Orient.

En outre, la Turquie contrôle les détroits reliant mer noire et méditerranée, et le basculement d’alliance mettrait tous les pays bordant la mer noire en situation de faiblesse, que ce soit la Bulgarie, la Roumanie, l’Ukraine ou la Géorgie, cette dernière se retrouvant singulièrement isolée dans ce cas.

Enfin, en Méditerranée orientale, le basculement d’alliance de la Turquie entrainerait la dégradation rapide de la situation en mer Egée, mais également à Chypres. Or, la Grèce commence à peine à se remettre de la très sévère crise économique qui l’a mise à genou, et ses capacités à soutenir son effort de Défense sont pour le moins limitées. Mais c’est clairement dans l’optique d’une Turquie renouant avec son passé expansionniste que la Grèce avait demandé à la France la possibilité de louer pour 5 ans 2 frégates FREMM et de leurs missiles MdCN, alors même que la Turquie a annoncé vouloir étendre la portée de ses missiles de croisière.

Premiers investissements pour le fond DefInvest

Le fond DefInvest, géré par Bpi pour le compte du ministère des armées, et doté d’une enveloppe annuelle de 50 m€, est entré au capital de la start-up française Kalray, spécialisée dans la conception de processeurs « intelligents ». Il s’agit du premier investissement du fond lancé à l’automne dernier, avec pour objectif de garder en France les start-ups à portée stratégique pour la France. 

Les start-ups comme Kalray ont en effet une importance stratégique pour l’industrie de Défense française, en réduisant la dépendance aux Etats-Unis (mais également au Japon ou à l’Allemagne), pour les semi-conducteurs. Or, comme le montre l’actuel dossier concernant la signature d’une nouvelle commande de Rafale égyptiens conditionnées par une autorisation américaine concernant le missile SCALP EG, la législation américaine ITAR est très largement susceptible de nuire à la liberté d’exportation française.

L’initiative ministérielle est d’autant plus indispensable que de nombreuses sociétés cataloguées Défense affirment faire face à des difficultés pour trouver des investisseurs ou des partenaires financiers en France.

Il sera très probablement nécessaire pour l’écosystème Défense français de faire évoluer sa stratégie de communication, et notamment vers le grand public, de sorte à mieux faire valoir le potentiel économique et stratégique de l’investissement Défense dans la population, et de tordre le coup aux idées reçus qui nuisent grandement aux capacités d’innovation du pays dans ce domaine.

Le Danemark s’équipe du mini-drone Black-Hornet

Après les armées britanniques, norvégiennes et allemandes, c’est au tour des forces armées danoises de se doter du mini-drone Black Hornetde la société norvégienne Prox Dynamics.

Ce mini-drone, un hélicoptère d’à peine 18 grammes pour 10 cm de long, peut atteindre la vitesse de 18 km/h. Le dispositif d’emport, pesant moins de 2 kg, se compose de 2 drones, un écran multifonction, et une poignée de commande intuitive. Il permet de contrôler une drone à une distance allant jusqu’à un kilomètre. 

Conçu pour être mis en œuvre par les unités d’infanterie pour la reconnaissance tactique, ce drone est à la fois discret et peu bruyant, pouvant s’approcher d’une cible à « quelques mètres » sans être détecté. Il est mis en œuvre en quelques secondes. Selon Prox Dynamics, la société norvégienne a déjà livré plus de 400 drones, soit 2000 systèmes à presque 200.000 $ l’unité.

Si les mini-drones investissent les forces armées aujourd’hui, leur utilisation est toutefois limitée par les capacités de brouillages de plus en plus présentes sur les champs de bataille. Les systèmes comme le Black-Hornet, contrôlés directement par un operateur, et agissant de manière isolée, auront rapidement une utilité très restreinte. La réponse actuelle à ce problème est l’utilisation de drones filoguidés. C’est le cas du drone de reconnaissance du T-14 Armata. Toutefois, le fil, s’il procure une autonomie quasi-illimitée au drone, en limite très sensiblement la portée, et la discrétion.

Les mini-drones représentent un potentiel opérationnel très important en utilisant la fonction d’essaim. En effet, déployer un essaim de drone permet de contrer les effets du brouillage électromagnétique, en créant des points de relais faiblement espacés pour constituer un réseau de communication, ou en créant un maillage de positionnement permettant de palier l’absence de signal GPS.

Associés à des capacités d’intelligence artificielle en essaim, ils pourront également mutualiser des capacités d’analyse et de traitement de l’information tout en économisant l’énergie des drones.

La Marine Chinoise se dote d’un avion de guerre électronique embarqué

Quelques jours à peine après le J-16D, la version guerre électronique du chasseur lourd J-16 chinois, c’est au tour du J-15, le chasseur embarqué lourd chinois dérivé du Su-33, d’apparaître sous forme d’avion de guerre électronique, le J-15D.

Après la version biplace J-15S destinée à l’attaque, c’est la troisième version du chasseur embarqué chinois, qui a part ailleurs servi aux tests des catapultes électromagnétiques qui équiperont le 3eme porte-avions chinois en construction.

Il faut rappeler que plusieurs informations et présentations laissent penser que le chasseur furtif J-20 aura droit à une version embarqué sur les porte-avions disposant de catapultes. 

La Chine a aujourd’hui 4 chasseurs en production simultanée : le J-10 monomoteur léger, le J-15 polyvalent embarqué, le J-16 polyvalent lourd, et le J-20 , son chasseur furtif. Comme pour sa flotte de surface combattante qui comprend des destroyers lourds (T055 de 13.000 t), des destroyers moyens (T052 de 6500 t), des frégates (T054 de 4500 t) et des corvettes (T056 de 1800 t), la Chine semble se démarquer très nettement des doctrines occidentales cherchant à unifier au maximum ses équipements. Les Etats-Unis ne fabriquent aujourd’hui que 2 chasseurs (F35 et F18) pour leurs propres forces, et 2 navires de combat de surface (Burke et LCS)

La Russie semble s’aligner sur le modèle chinois (à moins qu’elle en soit l’inspiratrice), avec le Mig29/35, Les Su30, Su34 et Su35 en fabrication, et prochainement le Su-57.

Des détails sur la flotter de haute-mer russe

Le blog RedSamovar a publié un excellent dossier traitant de la flotte hauturière russe, en d’autres termes sa flotte de haute mer, flotte qui n’a reçu aucun bâtiment post éclatement de l’Union Soviétique, et ce en dépit des multiples annonces russes concernant de nouvelles classes de destroyer, frégates etc..

En revanche, et pour palier les différents ratés industriels de cette décennie, la flotte russe a lancé de nombreux programmes de modernisation, profitant de l’extrême dynamisme de sa branche missile et de sa branche électronique.

Si les chantiers navals russes parvenaient à résoudre leurs problèmes industriels à l’issu des programmes de modernisation lancés depuis plusieurs années, les navires russes de surface pourraient rapidement rattraper en qualité et en performance leurs homologues occidentaux.

Modernisation en cascade pour les chasseurs légers de l’OTAN

La Grèce a annoncé un plan de modernisation de 85 de ses 150 chasseurs F-16pour les amener au standard Vyper, avec de nouveaux équipements comme un radar AESA et des réservoirs conformes. Le contrat s’élève à 1,45 Md$. 

Parallèlement, les forces aériennes de république Tchèque ont annoncé avoir achevé la modernisation de ses 14 chasseurs suédois Gripen au standard MS 20, incluant la modernisation de l’électronique et de l’avionique, ainsi que de nouvelles capacités d’emport d’armes.

L’arrivée des chasseurs de nouvelle génération, comme le Typhoon, le Rafale ou le F-35, a créé une césure au sein de l’OTAN, divisant l’alliance en 3+1 catégories :

  • les pays pouvant payer de tels appareils, comme la France, l’Italie, L’Allemagne, Norvège ou le Royaume Unis
  • les pays pouvant se payer de tels appareils au prix d’une importante réduction de format, comme les Pays-Bas, le Danemark, la Belgique, l’Espagne
  • les pays ne pouvant pas se payer ses appareils, obligés de s’équiper en chasseurs légers modernisés ou chasseurs d’occasion. C’est le cas la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie, la République Tchèque, la Slovaquie, la Grèce, le Portugal.
  • Enfin, les pays qui ne peuvent pas financer une force aérienne de chasse, même si le besoin est très marqué, comme les 3 états baltes.

Il est pertinent de se demander si l’axe actuel pris par les avionneurs tant européens qu’américains ne risque pas de créer de plus en plus de pays entrant dans la 3eme catégorie, au lieux de tenter de niveler par le haut l’alliance ?