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Le Y-20 a effectué son premier exercice de largage de parachutistes chinois

L’avion de transport stratégique Y-20 représente, avec le chasseur furtif J-20, et le futur bombardier stratégique H-20, un pilier des forces aériennes chinoises, et une démonstration au monde que l’industrie aéronautique chinoise a, aujourd’hui, rattrapée les industries russes et occidentales.

Avec des performances à mi-chemin entre l’A400M et le C17, il offre des capacités de projection jusque là inaccessibles à l’APL. C’est dans ce cadre que, début Mai, un exercice de largage de parachutistes et de fret a été effectué, avec succès, par le nouvel avion chinois.

Avec cette démonstration, la Chine renforce sa capacité de projection de forces, parfaitement complémentaire des LPD Type071 en service dans la Marine chinoise, et des 3 LHD de 36.000 tonnes Type075 en construction, faisant de la Chine le second acteur mondial dans ce domaine, après les Etats-Unis, mais devant la Russie.

Entré en service en 2016, le Y-20 est livré à un rythme de 9 exemplaires par an à l’armée de l’air chinoise, et ne semble pas rencontrer de problemes majeurs depuis. Il est prévu que l’APL perçoive au moins 45 Y-20 d’ici 2020/2021.

Démonstration du mortier automatisé par l’US Army

Comme l’ensemble des composantes d’une force militaire moderne, l’artillerie est en pleine mutation aujourd’hui. Les progrès des moyens de détection, la précision des munitions et leur portée accrue, créent de nouvelles doctrines, mais également de nouvelles contraintes. Ainsi, le temps dont dispose une batterie d’artillerie pour se déployer, tirer ses munitions et s’évader, a considérablement diminué. 

C’est ce constat qui mena Nexter à développer le canon automoteur CAESAR, capable de se mettre en batterie, tirer ses projectiles et évacuer la zone de tir en moins d’une minute, réduisant ainsi sa vulnérabilité des tirs de riposte ou de contre-batterie.

C’est ce même constat qui présida à la conception du mortier automatisé de 81mm de la société Ardec Armements, dans le cadre du programme ADIM. Monté sur un véhicule HMMWV, cette pièce est capable de traiter ses cibles en tir tendu ou indirect, de manière automatisée, donc dans des délais très courts.

Lorsque l’on sait que les canons russes sont aujourd’hui capables d’atteindre des cibles à plus de 70 km avec une précision métrique, cette capacité semble être appelée à se généraliser sur les théâtres haute intensité. A ce titre, Nexter travaille sur une technologie similaire montée sur le VBMR, appelée à remplacer les vénérables mortiers de 120 mm qui équipent aujourd’hui encore plusieurs unités d’artillerie légères françaises.

Quelques détails sur les équipements terrestres présentés lors de la parade du 9 Mai 2018

Comme chaque année, les célébrations de la fin de la seconde guerre mondiale ont donné lieu à une grande parade militaire sur la place rouge, en présence du président Putin. 

Cette année, plusieurs véhicules étaient présentés pour la première fois :

  • Le BMPT Terminator 2, un blindé d’appuis feu, à la fois chasseur de char et escorte de blindés en zone urbaine
  • Le véhicule de combat d’infanterie Kurganet-25 disposant, comme le T14, d’une tourelle entièrement automatisée
  • Le véhicule de combat d’infanterie 8×8 Boomerang, qui est appelé à remplacer les BTR
  • Le drone blindé de déminage Uran 6 et le drone blindé de reconnaissance armée Uran 9
  • Le drone de reconnaissance tactique Korsar et le drone de reconnaissance et d’attaque hélicoptère Katran

Le char de combat T14 armata était également présent, pour la 4eme année consécutive.

Concernant ce dernier, une annonce du ministère de la Défense Russie indique que la commande initiale de T-14 Armata était de 50 chars associés à plusieurs dizaines de T-15, le véhicule de combat d’infanterie lourd dérivé du T14.Parralèlement, les livraisons de chars modernisées T72B3, T80BM et T90M diminueront pour atteindre le rythme de 100 unités par an, la moitié étant composée des chars modernisés, l’autre des chars neufs.

Il semble donc que la Russie soit en train de modifier ses priorités stratégiques, basculant d’une pression à base de forces  conventionnelles vers une pression basée sur les récentes armes stratégiques présentées par Moscou, comme le drone sous-marin Stratus-6, le planeur hypersonique Avangard, les missiles hypersoniques Zircon et Kinjal.

Le programme d’avion d’attaque léger de l’US Air Force progresse, mais perd de son intérêt

La seconde phase de test concernant les finalistes du programme « Light Attack Aircraft » de l’US Air Force, l’Ambraer A29 Super Tucano et le Textron AT-6B Wolverine,  a débuté le 7 Mai dans la Sierra Nevada. Ce programme, lancé en 2016, a pour ambition de sélectionner un avion d’attaque léger destiné à effectuer des missions de type anti-insurrectionnel en zone de faible intensité, et de remplacer les avions de combat actuellement engagés, comme les F16 et les A10, dont les couts sont jugés trop élevés aux vues des missions effectuées.

Toutefois, alors que l’US Air Force mettait l’accent sur ce programme il y a 2 ans, elle communique beaucoup moins sur le sujet aujourd’hui, au point que l’on peut se demander s’il sera mené à son terme. En effet, initialement, ce programme était, pour l’US Air Force, une réponse aux oppositions du congrès concernant le retrait des A10, jugés indispensables par l’US Army, du fait de ses capacités à rester longtemps sur zone et à apporter un appuis feu important. En outre, il s’agissait pour l’US Air Force de s’opposer aux demandes de l’US Army d’opérer ses propres avions légers de soutien et d’appui feu.

Avec la montée en puissance de la menace russe et chinoise, le maintien des A10 imposé par le congrès, et le programme d’hélicoptères de nouvelle génération de l’US Army qui évolue vers un appareil de reconnaissance et d’attaque, le programme LAA perd de son intérêt. Il risque fort de rejoindre les rangs des projets entamés, presque terminés, et abandonnés, par le Pentagone…

La Grande-Bretagne se rapproche de l’Europe de la Défense

Alors que pendant quatre décennies, la Grande-Bretagne s’est opposée au sein de l’Union Européenne à toutes les initiatives de Défense, qu’elle considérait comme redondante et inutile vis-à-vis de l’OTAN, le gouvernement de Theresa May a annoncé qu’il soutenait l’initiative française visant à maintenir des liens industriels et militaires étroits avec le Royaume-Unis suite au Brexit.

Il a également déclaré qu’il soutiendrait l’initiative visant à créer une force de réaction rapide à l’échelle européenne.

Il faut dire que depuis l’arrivée de Donald Trump dans le bureau ovale, les positions britanniques sur les dossiers internationaux et de sécurité, se sont bien plus souvent retrouvées proches des positions françaises que des positions américaines. En outre, les armées françaises et britanniques ont sensiblement accru leur collaboration et leur interopérabilité suite aux accords de Lancaster House. 

Enfin, les industries de Défense françaises et britanniques ont développé des liens étroits, notamment grâce au missilier MBDA dont l’ADN est franco-britannique, et de Thales, qui a su investir au Royaume-Unis sans dénaturer la dimension nationale des entreprises assimilées.

Cette annonce éclaire également les pays européens sur la position des britanniques suite au Brexit sur ce dossier, alors que de nombreux projets se retrouvaient impactés par le choix des britanniques de sortir de l’UE.

La Chine a lancé plus de 60.000 tonnes de navires militaires de surface en 4 mois

Le site EastPendulum a publié une synthèse des dernières unités navales militaires lancées par les chantiers navals chinois. Et ce ne sont pas moins de 5 unités qui auront été lancées ces 2 derniers mois : un destroyer lourd Type055, deux corvettes anti-sous-marine Type056, un navire d’analyse acoustique sous-marine Type927 et un navire banc d’essais type 910. 

Depuis le début de l’année 2018, 8 navires de surface ont été lancés, pour un tonnage total dépassant les 60.000 tonnes, dont le sixième bâtiment de débarquement Type071 de 25.000 tonnes, unité qui inquiète les autorités taiwanaises, et le destroyer Type055 de 13.000 tonnes, l’unité navale de combat de surface la plus puissamment armée du moment, emportant plus de 120 missiles de tous types.

L’industrie navale militaire chinoise construit depuis plusieurs années entre 120.000 tonnes et 180.000 tonnes de navires de surface chaque année, pour une moyenne de 140.000 tonnes, auxquels d’ajoutent 10.000 tonnes de sous-marins.

Ce sont donc en moyenne 150.000 tonnes de navires militaires de tous types qui sont livrés chaque année à la Marine Chinoise, et l’extension des chantiers existants ne laisse pas envisager de baisse de l’activité dans les années à venir, au contraire.

Les navires chinois ayant une durée de vie opérationnelle de 30 ans dans l’APL, la Marine chinoise vise dont un tonnage total de plus de 4,5 millions de tonnes, contre seulement 1.400.000 tonnes aujourd’hui, dépassant les 3 millions de tonnes de l’US Navy. 

En outre, l’APL n’a pas, contrairement à l’US Navy, fait d’impasse sur les petites unités, en continuant à produire des corvettes modernes spécialisées dans la lutte anti-sous-marine côtière Type056 (60 unités commandées), des frégates type054 spécialisée en lutte antinavires et anti-sous-marines en haute mer, et de destroyers anti-sous-marins et anti-aériens, comme les Type052 de 7500 tonnes et les Type055 à venir.

La force amphibie de l’APL s’étoffe également, avec l’entrée en service des type071, un TCD de 25.000 tonnes, et l’arrivée prochaine des LHD de Type075 de 36.000 tonnes, pouvant mettre en œuvre une trentaine d’hélicoptères.

La force aéronavale chinoise recevra avant la fin de l’année son second porte-avions, le Type002, dépassant les 50.000 tonnes, et pouvant mettre en œuvre une trentaine de chasseurs lourds J-15. La construction du prochain porte-avions, qui sera cette fois doté de catapultes, et qui devrait avoisiner les 75.000 tonnes, aurait d’ores et déjà commencé.

La flotte sous-marine chinoise est particulièrement peu connue au niveau public. Toutefois, l’arrivée prochaine de nouvelles classes de sous-marins nucléaires, comme le SNA Type09V et le SNLE Type09VI, semblent permettre à la Chine de recoller technologiquement avec les productions occidentales. Un nouveau complexe dédié à la construction de ces sous-marins a fait l’objet de plusieurs références dans la presse chinoise.

Quoiqu’il en soit, la Marine Chinoise est dans une dynamique très importante, tant du point de vue qualitatif que quantitatif, au point de tangenter la puissance navale américaine à l’horizon 2035. 

La première corvette russe Karakurt entame ses essais

Si la Russie peine à produire des unités navales majeures, comme le montre les difficultés rencontrées par les frégates Admiral Gorshov, elle excelle pour produire des unités navales de petite dimension particulièrement bien armées.

C’est le cas de la classe Karakurt, une corvette de 800 tonnes commandées à 18 unités par la Marine Russe, et dont la première unité, L’Uragan, vient d’entamer sa phase de test.

Cette corvette de seulement 67 mètres, la Taille d’un OPV, et qui ne tire que 2m sous la ligne de flottaison, est ainsi équipée de 8 silos emportant des missiles de croisière Kalibr ou des missiles antinavires longue portée P800 onyx. Elle dispose également d’un système d’auto-défense anti-aérien Pantsyr-M, version navalisée de l’excellent système Pantsir utilisé par les forces terrestres russes, ainsi que d’un canon de 76mm. 

Revers de la médaille, les Karakurt ne disposent que d’une autonomie à la mer limitée, de 2 semaines, pour une distance franchissable inferieure à 3000 nautiques. 

Conçus pour opérer sur le plateau océanique, et harceler les forces navales et terrestres adverses, elles semblent cependant parfaitement adaptées à cette mission.

Les forces russes auraient expérimenté des drones terrestres en Syrie

Les forces russes ont confirmé avoir expérimenté les drones blindés robotisésUran6, spécialisé dans le déminage, et Uran9, spécialisé dans la reconnaissance de combat, en zone opérationnelle, à savoir en Syrie.

En revanche, aucun détail n’a été donné sur les conditions réels de ces engagements, ni sur les résultats. Toutefois, dans la mesure ou les deux robots de combat ont été présentés pour la première fois lors de la parade militaire du 9 Mai 2018, on peut penser qu’ils auront donné satisfaction.

De nombreux équipements nouveaux auront été présentés lors de cette parade, dont les nouveaux véhicules de combat d’infanterie Kurganet basé sur le châssis du T14, et Boomerang, un VCI 8×8, le véhicule de combat de char BMPT Terminator 2, les drones de reconnaissance Korsar et Katrai, ainsi que les Mig31 équipés de missile hypersoniques Kinjal.

La Russie a mis en place une approche industrielle différente de celle qui se pratique en occident, en déployant des prototypes et des équipements récents en zone de combat, pour en évaluer les performances et les contraintes. Ainsi, les prototypes du nouveau véhicule blindé de combat de char, le BMPT Terminator 2, aura été observé en Syrie, tout comme le très médiatique PAK-FA, dont la présence en Syrie pour 2 jours aura alimenté le fantasme de plusieurs commentateurs, y voyant déjà une réponse aux F22 américains.

Cette pratique avait déjà été observée en Ukraine, dans le Donbass, ou les observateurs de l’OSCE avaient, à de nombreuses reprises, identifiés des équipements à peine entrés en service dans les forces russes, aux mains des soi-disant forces rebelles. Ce fut le cas du char T72B3M ou du canon automoteur Msta-S. Avec le déclenchement de l’opération en Syrie, les autorités russes préférèrent déployer ces équipements neufs sûr ce théâtre, plus intense, et moins sujet aux observations controversées.

En outre, le théâtre syrien présente de nombreux points d’intérêts, car y sont concentrés de très nombreux moyens occidentaux, notamment les radars qui équipements les avions de l’OTAN : Rafale, Typhoon, F22, F16, F18 … 

Cette approche n’est pas sans rappeler les tests des armements allemands en 1936 lors de la guerre civile d’Espagne.

Le radar Sea Fire qui équipera les frégates FTI entre en phase de production

Thales a annoncé que le radar Sea Fire 500, qui équipera les Frégates de Tailles Intermédiaires de la Marine nationale, est entré en phase de production, signifiant la fin de la phase de test. Le SeaFire 500 représente une nouvelle génération de radar multifonction, utilisant 4 antennes fixes actives AESA, permettant de détecter des mobiles supersoniques. 

Selon le constructeur, ce radar présente des performances inégalées en Europe, avec un spectre de capacités de détection très étendu, et une portée importante. Ce radar est optimisé pour la mise en œuvre du missile Aster30 de défense anti-aérienne, et le missile Aster30Block1 de défense antimissile, tout en permettant de mettre en œuvre des missiles moyenne et courte portée, comme l’Aster15, le Mica VL et le Mistral. 

Grace à ses 4 antennes actives fixes, ce radar ne subit pas les inconvénients des antennes rotatives, rapidement dépassées face à des mobiles supersoniques, et totalement inefficace des lors qu’ils dépassent mach 3. Or, de plus en plus de missiles antinavires évoluent à des vitesses supersoniques élevées. Il n’est donc pas exclut que ce type de radar remplacera le radar Herakles des FREMM lors de leurs refontes à mi-vie.

La Suisse pourrait choisir le radar passif pour assurer la surveillance de son ciel, et détecter les avions furtifs

Dans le cadre du programme « AIR 2030 », la confédération helvétique étudie de manière très sérieuse la possibilité de déployer non pas un système de radars conventionnels, mais de radars passifs, utilisant le rayonnement électromagnétique lié aux activités humaines.

Ce type de radar présente de nombreux avantages, entre autre celui de pouvoir détecter les avions « furtifs », mais également un fonctionnement passif. Contrairement aux radars actifs traditionnels, les radars passifs ne sont pas détectables par les avions détectés, qui ne peuvent, dés lors, mettre en œuvre des parades comme du brouillage, ou des leurres. 

En revanche, ces radars nécessitent pour être efficace une importante densité du rayonnement électromagnétique d’origine humaine, comme celui généré par le réseau de téléphonie mobile, ou la TNT. Cette densité est effective sur le territoire helvète.

Toutefois, un système passif ne peut être utilisé comme unique solution, et un système traditionnel, actif, devra être conservé pour palier l’ensemble des scenarios.

Quoiqu’il en soit, et comme nous l’avions déjà observé, les outils de détection des appareils furtifs comme le F22, le F35 ou le Su-57, sont appelés à se généraliser dans la décennie à venir, de sorte que cette furtivité ne représentera plus d’avantages significatifs au delà de 2030. Un élément à garder à l’esprit lorsque l’on s’apprête à commander un appareil beaucoup plus cher que les autres, et qui devra durer 50 ans, sur la promesse d’une furtivité qui n’excèdera pas 10 ans.