Fort de son succès opérationnel et commercial, peut-on décliner le principe du CAESAR ?

De tous les équipements militaires qui ont connu la célébrité en Ukraine, le système d’artillerie sur camion de 155 mm CAESAR, conçu et construit par le français Nexter, est incontestablement l’un de ceux qui a rencontré le plus important succès opérationnel. et qui a conforté son succès commercial de ce fait. Selon les informations ukrainiennes, les 18 Caesar envoyés par le France en Ukraine à partir du mois de Mai, auraient en effet détruit des centaines d’armements et de positions russes, de 180 types de matériels différents. Dans le même temps, il semble qu’un seul CAESAR aurait été détruit au combat, même si la plupart des systèmes doivent désormais passer en maintenance de régénération, du fait de leur utilisation intensive.

Quoiqu’il en soit, le CAESAR a montré la pertinence de son concept associant puissance de feu et mobilité, permettant aux systèmes d’avoir une efficacité et une survivabilité au moins aussi performantes, y compris en engagement de haute intensité, que les systèmes chenillés sous blindage comme le M109 américain, le Krab polonais ou le Pzh2000 allemand, des systèmes pourtant considérablement plus onéreux que ne l’est le CAESAR.

En outre, les caractéristiques propres au système permirent de developper des tactiques propres, comme les raids d’artillerie permettant de frapper dans la profondeur du dispositif adverse et de se retirer avant même que celui-ci puisse répliquer. Il n’est donc en rien surprenant que plusieurs systèmes inspirés du CAESAR ont été conçus par la plupart des grandes BITD mondiales, de la Chine aux Etats-Unis, de la Russie au Japon et Israel.

Fort de ce succès, on peut se demander si le concept ayant donné naissance au CAESAR, c’est-à-dire l’association d’un système d’artillerie automatisé à un véhicule sur roues très mobile, privilégiant cette mobilité à la protection passive comme le blindage, ne peut être décliné ou étendu à d’autres équipements, permettant de faire du CAESAR non plus un système, mais une réelle famille d’équipements d’artillerie pouvant mettre à profit non seulement certaines convergences technologiques, mais également doctrinales et logistiques. Il semble bien que Nexter, ainsi que l’ensemble de la BITD terre française, disposent en effet des compétences mais également des systèmes nécessaires à une telle déclinaison.

Lg1 MkIII Analyses Défense | Artillerie | Conflit Russo-Ukrainien
L’obusier léger de 105mm LG1 de Nexter est en service dans 7 forces armées dans le Monde, dont les forces canadiennes ici présentées

Ainsi, l’industriel français spécialisé dans les armements terrestres, dispose dans son catalogue d’un obusier léger de 105mm extrêmement performant, le LG1. D’une masse de seulement 1,6 tonnes, il permet de frapper des cibles jusqu’à 17 km, avec des obus spécialisés ou à propulsion additionnée. Son système de chargement permet en outre de soutenir une cadence de tir de 12 coups par minute, ce qui en fait une arme très appréciée des forces amenées à opérer en environnement difficile, comme les armées malaysiennes, indonésiennes, thaïlandaises et colombiennes, qui doivent pouvoir les employer dans la jungle.

Ce système d’artillerie pourrait, à l’instar du canon de 155 mm du CAESAR, prendre place à bord d’un véhicule sur roues, qu’il soit 6×6 ou même 4×4, puisque sa masse en tant compte de ses munitions et servants, reste inférieur à 2,5 tonnes. Un véhicule blindé 4X4 comme le Serval, et même des véhicules blindés légers à grande mobilité comme le Scarabée d’Arquus, pourraient ainsi être équipés du LG1, pour en faire un couple tout aussi redoutable que ne l’est le CAESAR aujourd’hui pour une version « commando » de l’artillerie automotrice.


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3 Commentaires

  1. […] Comme déjà évoqué sur ce site, l’augmentation du calibre de l’artillerie conventionnelle aurait certains attraits, notamment de pouvoir effectivement envoyer, comme le précisait l’annonce chinoise, un projectile de 85kg, soit le double d’un obus de 155mm, avec une vitesse de sortie de bouche de 920 m/s, soit la vitesse atteinte par un obus de 155mm avec un tube long. De tels objectifs permettrait au canon chinois d’atteindre des cibles distantes de l’ordre de 40 à 50 km avec un obus conventionnelle, et de l’ordre de 80 km avec un obus à propulsion additionnée. En outre, un tel obus aurait effectivement une importante puissance destructrice, pour venir à bout par exemple de bunkers conçus pour résister aux obus de 155 mm ou aux roquettes de 122mm, comme il ne manquera probablement d’en avoir si une opération contre Taïwan venait à être lancée. […]

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