Depuis samedi 25 avril 2026, une offensive coordonnée conduite par le Front de Libération de l Azawad et le Jamaat Nusrat al Islam wal Muslimin, groupe lié à al Qaïda, a pris Kidal et frappé d autres localités du nord du Mali. Les combattants ont également visé la région de la capitale. Des positions à Aguelhok et Tessalit ont été isolées. La coalition réunit des groupes séparatistes touaregs et des éléments jihadistes qui affirment agir de concert. Les opérations se sont déroulées de manière simultanée sur plusieurs axes, avec des prises temporaires de sites militaires puis des replis.
Des attaques qualifiées de sans précédent ont touché plusieurs points du pays, dont Bamako et la ville garnison de Kati. À Kati, une voiture piégée conduite par un kamikaze a visé une résidence hautement protégée. D autres sites militaires ont été brièvement occupés dans des villes mentionnées par des témoins à Gao, Kidal et Sévaré. Des échanges de tirs et des explosions ont encore été signalés à Kidal le lendemain, tandis que des mouvements de groupes armés restaient en cours dans le nord.
La résidence du ministre de la Défense Sadio Camara à Kati a été prise pour cible lors de ces attaques. Les autorités maliennes ont annoncé sa mort à son domicile, certains récits évoquant aussi des victimes parmi ses proches. D autres sources ont affirmé qu il n était pas présent et avait survécu. Le journaliste Nicolas Haque d Al Jazeera a rappelé son influence au sein de la direction militaire, plusieurs observateurs le présentant comme un possible successeur au sommet de l État avant ces événements.
De la théorie des dominos à la contagion des conflits : un risque systémique mondial en 2026-2030″]Selon des informations concordantes, le président de la transition Assimi Goita a été mis en sécurité au moment des premières offensives et a conservé la conduite des opérations. Il a reconnu une situation extrêmement difficile tout en assurant qu elle restait sous contrôle. Il a également mentionné un appui de forces de sécurité russes pour protéger des points stratégiques autour de la capitale. Les attaques menées près de Bamako ont toutefois révélé une capacité des assaillants à frapper à proximité immédiate du centre du pouvoir.
À Paris, le porte parole touareg Mohamed Ramadan a revendiqué l objectif d établir le contrôle sur l ensemble du nord malien, comprenant Gao, Tombouctou et Ménaka. Il a déclaré que la junte de Bamako tomberait tôt ou tard. Il a ajouté que les Touaregs n avaient pas de différend avec la Russie en tant que pays, mais qu ils voulaient chasser la présence russe d Azawad. Ces prises de position ont été formulées alors que l offensive se poursuivait sur plusieurs théâtres.
L Africa Corps, formation liée au ministère russe de la Défense et présentée comme le successeur des éléments du groupe Wagner à partir de 2023, avait été déployé au Mali en 2022 après le départ des forces françaises et le retrait de la mission de paix de l ONU. Des unités russes ont combattu aux côtés des Forces armées maliennes, notamment durant la défense de Gao et la réorganisation autour de Bamako. Des images diffusées en ligne montrent l emploi de drones armés Orion par des unités gouvernementales pendant les combats.
Le 25 avril, un hélicoptère russe de type Mi 8 transportant des personnels de l Africa Corps a été abattu près de Gao. Des canaux russes sur Telegram ont relayé des messages de deuil, confirmant la perte de l appareil. Dans les heures et jours suivants, des négociations avec les groupes adverses ont été rapportées, suivies du début d évacuations depuis Kidal, Tessalit et Aguelhok, avec transfert de blessés et de matériels lourds. Des sources ont aussi évoqué l abandon de la position de Tessit à l ouest du fleuve Niger, à la suite d accords locaux.
Plusieurs récits divergent sur l étendue de la présence russe après l offensive. Tandis que des témoignages décrivent un retrait du nord, Assimi Goita a mis en avant un soutien russe sur des sites sensibles autour de la capitale. L Africa Corps a indiqué le retrait de certaines de ses forces le lundi suivant l offensive, sans préciser publiquement le périmètre complet ni le calendrier détaillé. Ces éléments coexistent sans qu un tableau unifié de la posture russe ne se dégage à ce stade.
Un précédent marquant avait eu lieu le 9 mars près de Lugel au sud ouest de Nampala, dans la région de Ségou. Une embuscade revendiquée par le JNIM avait visé un convoi de l armée malienne escorté par des éléments de l Africa Corps. Plus de dix combattants pro gouvernementaux avaient été tués selon des sources locales, dont au moins trois ressortissants russes. L attaque était intervenue peu après des accusations d exactions contre des civils près de la frontière mauritanienne imputées à des unités maliennes et à leurs accompagnateurs.
Durant l offensive de fin avril, des estimations ont évoqué de très lourdes pertes dans les rangs de la coalition FLA JNIM, avec plus d un millier de combattants tués et de nombreux véhicules détruits. Ces chiffres n ont pas fait l objet d une vérification indépendante. Par ailleurs, des combattants affirment avoir saisi une station de contrôle au sol pour drones de type TB 2. En parallèle, des séquences vidéo montrent des frappes attribuées à des drones Orion contre des colonnes motorisées.
Le Mali est l un des principaux producteurs d or du continent, au troisième rang africain selon des estimations couramment citées. Des potentiels en lithium et en hydrocarbures sont régulièrement mentionnés. Des réserves d uranium ont été identifiées, sans exploitation active à ce jour contrairement au Niger voisin. Les combats actuels affectent des régions clefs du nord, où se trouvent des axes logistiques et des zones de transit indispensables aux activités économiques et minières.
Des responsables sécuritaires indiquent que des groupes qui s affrontaient auparavant ont officialisé l an dernier leur coopération et qu ils mettent désormais en œuvre des plans communs. Des analystes anticipent des combats supplémentaires pour le contrôle de localités et d infrastructures jugées stratégiques dans les jours à venir. Les Forces armées maliennes poursuivent des opérations de sécurisation à Sévaré et à Gao, tandis que des échanges de tirs sporadiques sont encore signalés autour de Kidal.