dimanche, novembre 30, 2025
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L’exécution de la LPM mise en danger par les difficultés économiques nationales

Largement marqué par la crise des Gilets Jaunes, le tour de force budgétaire au sujet du financement des opérations extérieures et intérieures de la Loi de Finance Rectificative, semble précéder de graves conséquences au sujet de l’exécution de la Loi de Programmation Militaire 2019-2025.  

Pour rappel, les armées ont provisionné 750 millions d’euro pour financer les surcouts liés aux opérations extérieures et intérieures. Le solde, représentant l’écart entre ce montant provisionné et les dépenses réelles, soit 1,3 Md€, devait être pris en compte, en fin d’année, par la « solidarité interministérielle », comme prévu dans la LPM précédente, la loi de finance 2018, et la LPM 2019-2025. Or, dans la loi de finance rectificative présentée au parlement au mois de novembre, et avalisée par celui-ci, ce solde sera, finalement, à la charge du Ministère des Armées.

Si une partie des montants requis ont été prélevée des marges de sécurité budgétaires ou d’économies réalisées (volontairement ou non), sur le « Titre 2 », à savoir les dépenses de personnel, une partie significative a été prélevée sur le « Titre 5 », à savoir les dépenses d’équipements, entrainant des reports de commande. 

Alors que la LPM2019-2025 se voulait volontaire et « en rupture » avec les années précédentes, ce retour aux « bonnes vieilles ficelles » de Bercy a de quoi inquiéter sur l’exécution de la LPM. D’autant qu’il n’y a aucune raison de penser que la situation sera différente en 2019, même si la provision budgétaire OPEX a été amenée à 950 m€. En l’absence de financement interministériel, le portage intégral des dépenses OPEX/OPINT par le budgets des armées entrainera, de 2018 à 2023, une perte de prés de 2 Md€ pour les armées, soit une baisse de 7% de l’augmentation de crédit prévue.

Mais la principale menace à l’exécution de la LPM n’est pas cet artifice budgétaire, mais la croissance française, qui refuse obstinément de reprendre des couleurs. Les hypothèses de croissance utilisées pour concevoir la LPM risquent fort de ne pas être atteinte en 2019, et probablement pas en 2020. Le gouvernement va donc devoir faire face à un arbitrage difficile, accepter ou bob de baisser les dotations d’autres ministères pour soutenir l’exécution de la LPM. Or, eu égard à la situation sociale explosive dans le pays, la tentation sera grande de faire l’impasse sur la grande muette, alors même que cette LPM est jugée, de l’avis de tous les spécialistes de la question, indispensable pour éviter un effondrement capacitaire déjà entamé.

Plus que jamais, il est nécessaire d’étudier rapidement de nouveaux modèles de financement de la Défense, qui permettraient de sécuriser et même d’étendre l’exécution de la LPM, sans impacter les dépenses d’Etat, comme la doctrine Défense à Valorisation Positive. 

SCAF, MGCS, EuroMale … La coopération franco-allemande en matière de Défense pourrait être structurellement instable

Depuis l’élection du président Macron, la coopération industrielle en matière de Défense avec l’Allemagne est devenue un axe plus que prioritaire de la politique industrielle de Défense française.

Ainsi, en moins de deux ans, 4 projets de coopération majeurs ont été annoncés : le SCAF pour un système de combat aérien à horizon 2040, le MGCS pour un nouveau blindé de combat lourd à horizon 2035/2040, le CIFS pour l’artillerie de nouvelle génération, et le MAWS pour un nouvel appareil de patrouille maritime post 2030. A cela s’ajoute le programme EuroMale, de drone moyenne altitude, longue endurance européen, avec l’Espagne et l’Italie.

Les travaux préparatoire de ces projets ont d’ores et déjà été entamé, ainsi que les questions de partage industriel entre les pays : A la France le pilotage du SCAF, l’Allemagne assurant celui du MGCS et de l’EuroMale. Des tensions sont à ce titre déjà apparues, que ce soit au sujet du pilotage du volet « Système de Systèmes » du SCAF, réclamé par Airbus DS, ou au sujet d’un possible rapprochement entre Rheinmetall et Krauss-Maffei Wegman, qui serait de nature à sensible déséquilibrer le rapport de force avec le français Nexter dans le groupe KNDS, faisant craindre des effets négatifs sur le partage industriel et la chaine de sous-traitance française.

Mais c’est surtout les choix faits sur l’équilibrage industriel des projets qui sont de nature à mettre en danger, non pas un programme, mais l’intégralité de la coopération franco-allemande.

En effet, en distribuant les responsabilités et le partage industriel entre les programmes, et non au sein des programmes, les autorités françaises et allemandes ont artificiellement lié leur destin, de sorte que si un des programmes venait à être abandonné ou suspendu, c’est l’ensemble de la coopération qui se retrouverait déséquilibrée, avec un risque majeur d’implosion.

En outre, cela sera également de nature à créer des déséquilibres structurels si un programme venait à s’ouvrir à d’autres pays européens, et pas les autres. Ceci expliquant probablement le manque d’empressement de Paris vis-à-vis de la demande Espagnole au sujet du SCAF.

Notons enfin que cette coopération n’est pas sans susciter une forte opposition en Allemagne, de nombreux élus estimant qu’elle est très déséquilibrée, et largement à la faveur de la France. Et force est de constater que l’écart de volume financier potentiel entre le SCAF, et les autres programmes, sont tels qu’il sera très difficile d’équilibrer les retombées fiscales et sociales entre les deux pays, d’autant que le marché exportation dans 20 ans reste une inconnue forte.

Une solution pourrait être de convenir d’une clause de rééquilibrage des recettes sociales et fiscales entre les deux pays, déclenchée lorsque les écarts constatés dépassent un certain seuil. Une telle mesure serait de nature à limiter les effets de méthodes de surévaluation des engagements d’acquisition, tout en fournissant des mécanismes évitant qu’un déséquilibre important ne s’installe en cas de variations entre les prévisions de volume, et la réalité constatée.

En outre, cette approche permettrait d’avoir une connaissance approfondie de l’écosystème des deux pays, et des effets de l’investissement de Défense, et donc d’évaluer les effets de telle ou telle décision vis à vis de la chaine de sous-traitance, des emplois induits, et du coefficient de retour fiscaux et sociaux de l’investissement industriel de Défense. Il serait même possible de proposer des modèles optimisés par programme, ou par sous-programme, de sorte à obtenir la meilleure efficacité budgétaire entre les deux pays.

Associé à une conception sous forme de « Programme de programmes » pour prendre en compte les divergences liées aux exportations, la compensation budgétaire et la connaissance de l’efficacité budgétaire des investissements des deux cotés du Rhin, permettraient de diminuer très sensiblement les risques structurels qui menacent l’ensemble de la coopération de Défense franco-allemande.

Comment répondre aux appels de l’Ukraine face à la Russie ?

Depuis plusieurs semaines, avant même l’épisode des navires ukrainiens arraisonnés manu militari par la Marine russedans le détroit de Kersh, les autorités ukrainiennes ne cessent d’alerter sur le renforcement très notable des forces russes déployées à sa frontière, comme en mer d’Azov, faisant craindre une intervention militairevisant à assurer la continuité territoriale entre la Russie, le Donbass et la Crimée.

Parmi les arguments avancés par les ukrainiens, il y a la constitution récente d’une nouvelle division blindéeforte de deux régiments de char, et deux régiments d’infanterie mécanisée, positionnée à la frontière Ukrainienne au nord du Donbass, et présentant les caractéristiques d’une forte préparation opérationnelle. D’autre part, des concentrations anormales de blindées, notamment de chars T62 et T64 modernisés, cela même massivement employés par les séparatistes du Donbass, ont été repérées par des images satellites. Coté navale, la flotte de la mer noire a été visiblement la priorité en matière d’équipements navales, ayant reçu cette une nouvelle frégate légère de la classe Grigorovitch, de nouveaux patrouilleurs armés, et un nouveau sous-marin de la classe Kilo. En 2019, l’effort sera maintenu, avec la livraison de 12 nouveaux bâtiments, 6 bâtiments de combat, et 6 bâtiments de soutiens, à cette flotte. A noter que des patrouilleurs armés ont également été temporairement transférés de la flotte de la mer Caspienne, à celle de la mer Noire, et positionnés en mer d’Azov.

D’autre part, Les forces russes ont très sensiblement renforcé les capacités de défense déployées en Crimée, avec la mise en service d’un nouveau régiment S-400, de batteries côtières, et le renforcement des moyens aériens déployés en permanence sur la péninsule, notamment un régiment de Su30 et un de Su24.

Par ailleurs, les autorités ukrainiennes craignent que l’affaiblissement sensible des gouvernements européens, entre la crise des gilets jaunes en France, les difficultés du Brexit en Grande Bretagne, et l’affaiblissement de la chancelière allemande, ainsi que les conjectures au sujet de collusion entre le président Trump et la Russie, n’encourage la Russie à passer à l’acte à la veille de l’hiver, sachant que de nombreux pays européens, dont l’Ukraine, restent particulièrement dépendant au gaz russe en cette période.

Enfin, certains analystes ont pointé la baisse sensible de popularité du président Poutine, au plus bas depuis le début de l’intervention en Ukraine, liée à la réforme des retraites impopulaire, n’incite le président russe à remobiliser le pays via une intervention militaire symbolique.

Si ces arguments ont incontestablement du poids, on ne peut non plus exclure la proximité des élections présidentielles en Ukraine. Le président sortant Poroshenko n’étant pas donné favoris eu égard à son impopularité élevée, la thèse de la manipulation des informations en vue de précipiter les évènements, pour remobiliser le pays, et pour éventuellement sursoir à l’élection, ne peut être écartée, même si il est peu probable que les élections ukrainiennes ne mettent au pouvoir un gouvernement favorable aux positions russes.

Reste qu’il existe, en Europe comme aux Etats-Unis, la crainte de voir l’Ukraine forcer la main de ses alliéspour faire face à la Russie, en agitant un risque imminent de conflit, voir même ne le provoquant. Cette théorie est pourtant très peu probable. En effet, jusqu’à présent, le soutien occidental à la cause ukrainienne a toujours été très inferieur aux attentes des autorités ukrainiennes, et la majorité des ukrainiens, pourtant initialement très favorables à l’Union Européenne, considèrent désormais qu’aucune aide significative ne viendra de l’occident en cas de conflit avec la Russie. C’est d’ailleurs pour cela que le pays a consenti un effort considérable pour renforcer sa puissance militaire depuis 2014, et l’armée ukrainienne en cette fin 2018 n’a plus grand chose à voir avec celle qui du reculer initialement dans le Donbass. Ceci dit, coté russe, la progression a été très sensible également, de sorte que le rapport de force reste, aujourd’hui, très en faveur de ces dernièrs.

La position des capitales européennes, notamment de la France et de l’Allemagne, arque boutées sur l’application des accords Minsk II, et sur l’espoir que les sanctions économiques imposées à la Russie suffiront à contraindre le pays, n’est plus en lien avec la réalité. De fait, si l’Europe veut empêcher qu’un conflit majeur n’éclate sur le sol européen, elle devra changer de stratégie, et ce rapidement.

Parmi les options européennes, le déploiement d’une force d’interposition sous commandement européen (et non OTAN), semble de loin la plus susceptible de figer la situation, et d’empêcher un embrasement catastrophique. Cette force permettrait non seulement d’empêcher les forces belligérantes d’entrer en contact, mais limiterait les capacités de mouvements de troupes et de matériels des deux cotés. 

Quoiqu’il en soit, l’évolution de la situation en Ukraine, dépendra certainement des actions, ou du manque d’action, des Européens. Nous ne pourrons pas nous réfugier, comme ce fut le cas avec la Bosnie, ou la Crimée, derrière l’argument de la surprise.

Face à la crise, que faire pour sauver la LPM 2019-2025 ?

La Loi de Programmation Militaire  2019-2025 sera donc une LPM 2019-2018. Selon les informations transmises, les annonces initiales visant à répondre aux attentes exprimées représentent 12 à 15 Md€ de dépenses et de réductions des recettes pour les caisses de l’Etat. 

Une crise économique doublée d’une crise budgétaire

La croissance en 2018 devrait perdre entre 0,4 et 0,6% face aux prévisions budgétaires, soit 20 Md€ de recettes sociales et fiscales supplémentaires. En outre, avec une croissance inferieure à 1,5%, le chômage repartira à la hausse. Mouvement de fond, le 4eme trimestre devait atteindre 0,8% de croissance pour atteindre les 1,7% sur l’année, ce qui était irréalisable, même sans les gilets jaunes.

Les pertes pour les finances publiques seront donc probablement de 25 à 30 Md€ sur 2019, représentant plus de 15% du budget de l’Etat. Les déficits sociaux devraient également repartir à la hausse, sachant que l’Etat est en devoir de compenser budgétairement ces déficits chaque année.

En outre, les effets économiques ne sont restreints à la crise des gilets jaunes. Elle s’accompagne d’une crise de confiance marquée, et profonde, qui va contraindre les investissements en France pendant plusieurs années. Ainsi, l’augmentation des déficits cumulé à la baisse de la croissance, entraineront l’augmentation des taux d’intérêts, pour l’Etat comme pour l’économie nationale. 

Or, le gouvernement ne peut pas dépasser les 3% de déficit public ; il lui restera donc à trouver 20 Md€ d’économies à trouver. 

Il faut cependant reconnaître que l’absence de réponses aux attentes exprimées par la crise des Gilets Jaunes engendrerait des effets sociaux et économiques encore pire que ceux envisagés.

La LPM, cible de choix pour le gouvernement

Face à la colère palpable, ces économies devront être reparties sur les dépenses à faible réactivité sociale, dont la défense est en tête de liste. La Ministre de la Défense a déjà, ce lundi, et sans surprise, annoncé que « le budget des armées pourrait être réduit pour participer aux efforts budgétaires requis ». 

Or, renoncer à la LPM aurait des conséquences catastrophiques, pour les armées comme pour l’écosystème Défense, que l’on peut chiffrer à 30.000 emplois directs détruits dans la BITD, et 100.000 emplois au total. Cela entrainera également le déclassement irrémédiable des armées et de l’industrie de Défense française, comme du rôle et de l’autonomie de décision de la France. Il faudra enfin s’attendre à un durcissement sévère des difficultés des armées à maintenir leurs effectifs. 

Peut-on sauver la LPM ?

La sauvegarde de la LPM est désormais entre les mains de l’écosystème Défense, qui doit proposer un modèle alternatif acceptable et réaliste pour financer l’augmentation de crédits requise par la Défense Nationale. La réponse politique a montré ses limites, et son attention sera concentrée sur les considérations sociales.

Si les armées et l’écosystème Défense veulent préserver l’outil de Défense, ce sont donc à eux de proposer une solution permettant de maintenir et éteindre l’investissement de Défense, de façon forte et coordonnée. Les appels à la responsabilité politique, la présentation des conséquences à venir, et autres tribunes presse ou TV, outils traditionnellement employés par l’écosystème Défense, ne pourront être ni ne seront entendus. On ne prête aucune attention aux discours sur l’isolation dans une maison qui brule

C’est dans ce contexte que la doctrine Défense à Valorisation Positive, et le modèle Socle Défense, prennent tous leurs sens. La DVP propose une lecture pluridisciplinaire des effets de l’investissement de Défense, notamment dans l’industrie de Défense, pour équilibrer les recettes sociales et fiscales liées aux dépenses d’Etat de Défense, de sorte à construire un modèle basé sur le solde budgétaire et social de l’investissement d’Etat, pour le pilotage de l’investissement Défense, en lieu et place du pilotage à la Dépense en cours depuis 50 ans.

Le Socle Défense applique la DVP à l’ensemble de l’effort de Défense, pour redéfinir l’investissement de Défense comme un investissement économiquement et socialement performant pour l’Etat, tout en procurant aux armées les moyens humais, matériels et technologiques requis. Dans ce modèle, l’augmentation de 15 Md€ des investissements en matière d’équipements de Défense génère 1,1 million d’emplois, dont 350.000 emplois industriels et 70.000 militaires, finance l’augmentation du budget des armées de 40 Md€, et génère 15 Md€ de recettes et économies nettes par an pour les finances publiques.

Il est donc urgent et indispensable que l’écosystème Défense, industries Défense, sous-traitants, armées et représentants politiques locaux, prennent la mesure de la crise qui arrive et décident d’une action proactive plutôt que de faire, une fois encore, le dos rond. Les solutions existent, il ne manque plus que la volonté d’agir.

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Kinzhal, S500, T14, Su57 … En 2025, la Russie pourrait prendre l’ascendant technologique militaire sur l’Europe

Selon l’agence TASS, le chasseur Su-57 sera équipé d’un missile aux performances comparables à celles du missile hypersonique Kinjal. Il s’agit d’une nouvelle preuve du dynamisme de l’industrie de Défense russe, et de l’écart croissant qu’elle creuse avec l’industrie occidentale. 

Depuis le début de l’année 2018, et les annonces faites par le président Poutine lors de la campagne présidentielle au sujet des nouveaux systèmes d’armes développés par l’industrie de l’armement russe, les annonces se multiplient, au point de menacer ce que toutes les capitales européennes prenaient, et prennent encore, pour acquis : la supériorité technologique des armées occidentale.

Durant cette conférence, le président russe présenta plusieurs systèmes d’armes en cours de développement : Le missile hypersonique Kinjal, la torpille drone transocéanique Status-6 Kanyon, le missile de croisière à propulsion nucléaire Burevestnik, le missile stratégique intercontinental Sarmat et le planeur hypersonique Avangard.

Vue dartiste du planeur hypersonique Avangard russe Analyses Défense | Armes et missiles hypersoniques | Aviation de chasse
vue d’artiste du planeur hypersonique Avangard

Les annonces ont fait l’effet d’un coup de massue en Occident, mais des doutes subsistaient sur la réalité de ces développements, et leurs calendriers. Depuis, les choses sont devenues beaucoup plus claires :

  • Le missile hypersonique Kinjal, atteignant mach 6 et une portée supérieure à 2000 km, est d’ores et déjà en service. Il est transporté par des Mig31 spécialement modifiés, et sera prochainement adapté pour les bombardiers stratégiques navals Tu22M3M. Avec une telle portée, le Kinjal peut atteindre l’ensemble des nœuds stratégiques de l’OTAN à l’est de l’axe Londres-Paris, sans qu’il soit nécessaire au porteur de pénétrer l’espace aérien européen.
  • Le missile de croisière Burevestnik, capable de voler à vitesse supersonique élevée sur une distance dépassant la circonférence terrestre, serait également entré en service, à en croire l’analyse des lois promulguées cet été en Russie.
  • L’entrée en service du planeur hypersonique Avangard est prévue pour 2019. Ce planeur conserve une très importante capacité de manœuvre en phase de rentrée atmosphérique à vitesse hypersonique, le rendant à la fois très précis, et très difficile à intercepter.
  • Le missile ICBM SARMAT entrera en service en 2021, et remplacera progressivement les missiles SATAN.
  • Le statut de la torpille drone Kanyon reste plus confidentiel, mais certaines informations indiquent que les tests ont déjà commencé, et que l’entrée en service est prévue avant 2025.
poseidon Analyses Défense | Armes et missiles hypersoniques | Aviation de chasse
animation du lancement de la torpille drone Poseidon / Kanyon

A ces armes stratégiques, ayant capacité à transporter une charge nucléaire, s’ajoute de nombreuses armes conventionnelles qui, bien que n’ayant pas été abordées par le président Poutine, vont sensiblement renforcer les capacités militaires russes, parmi lesquelles :

  • Le système antiaérien et anti-missile S-500, qui remplacera initialement les S-300 dans leurs missions antibalistiques, puis renforcera le S400 sur l’intégralité du spectre antiaérien et déni d’accès
  • Le missile antinavire hypersonique Zircon, dont les tests à partir de plateformes navales et sous-marines débuteront en 2019
  • Le missile air-air R37M d’une portée de 300 km, conçu pour éliminer les ravitailleurs et les Awacs de l’OTAN, doit entrer en service dès 2019
  • Le char de combat T14 Armata,dont les premiers exemplaires arriveront dans les unités russes en 2019
  • Le chasseur Su57 de « 5eme génération », qui entrera en service à partir de 2020
  • Le système de protection anti-drone laser Perevest, d’ores et déjà en service
  • Le drone de combat lourd Okhotnik, dont le premier vol interviendra en 2019

Enfin, de nombreux équipements de nouvelles générations aux performances largement étendues sont ou vont très prochainement entrer en service, comme le système de défense anti-aérien courte portée SOSNA, le système naval de défense de zone et de déni d’accès Poliment-redut, le système d’artillerie autotracté 2S35 Koalitsya, ou les sous-marins Iassen et Lada. 

Le systeme de defense anti aerienne a courte portee russe SOSNA SA24 qui va remplacer les systemes SA13 Gopher Analyses Défense | Armes et missiles hypersoniques | Aviation de chasse
Le système de défense rapprochée SOSNA

L’ensemble de ces équipements ont des performances comparables voir, pour certains, supérieures aux meilleurs équipements en fonction ou bientôt en fonction dans les armées occidentales. D’autres programmes sont en cours de développement, comme le bombardier stratégique de nouvelle génération PAK-FA, un hélicoptère de combat à haute vitesse, un supercalculateur mobile de 2,2 petaflops, et les hypothétiques chasseur à atterrissage et décollage court et vertical et chasseurs hypersoniques.

L’entrée en service de ces équipements sera évidemment, progressive, et les forces russes resteront encore longtemps équipées de version très largement modernisées de systèmes d’armes hérités de l’époque soviétique, comme les chasseurs Su30/34/35, les chars T72B3M, T90M, les systèmes antiaérien TOR, BUK et S300/400 ou les sous-marins 636.3 Improved Kilo. 

T90M russe Analyses Défense | Armes et missiles hypersoniques | Aviation de chasse
Char de combat T90M en cours de dotation dans les forces russes

Cependant, l’entrée en service de ces nouveaux systèmes, même en petit nombre, donnera, pour la première fois depuis l’apparition du MIG15 dans le ciel Coréen, l’ascendant technologique aux forces russes sur les forces occidentales, et surtout sur les forces européennes, qui restent aujourd’hui contraintes par une vision économique défaillante des gouvernants.

La force de la Russie, dans ce domaine, au delà d’une volonté politique forte, même en période de vaches maigres (comme entre 2013 et 2017 lorsque le baril de pétrole était à moins de 40$), repose sur une conception pragmatique et redondante de la majorité des équipements en service et en production (Su30 vs Su35, T14 vs T90M, S500 vs S400 etc..), des productions en petites séries destinées à évaluer les performances opérationnelles des équipements, et un tuilage des programmes, pour lisser les ruptures technologiques.

C’est ainsi que la Russie, malgré son PIB inferieur de 30% à celui de la France, parvient à égaler et même dépasser, d’ici 2025, la puissance militaire de l’Union Européenne, tant du point de vue technologique qu’opérationnel.

Le système de combat laser « Perevest » serait d’ores-et-déjà en service dans les forces russes

Les armes à énergie dirigée, comme les laser, ont la faveur des cercles innovation défense aux Etats-Unis et en Europe depuis plusieurs années. L’US Navy a commencé à en équiper certaines unités, comme le LPD USS Ponce, et prévoit de remplacer les 2 canons de 155 mm des destroyers Zumwalt par ce type d’armes. L’US Army a, quand a elle, annoncé le déploiement prochain laser de 5 KWh embarqués sur les véhicules blindés Stryker, et destinés avant tout à éliminer les drones, le MEHEL.

Si la Russie avait une avance en matière d’armes hypersoniques, avec le Kinjal, le Zircon et le planeur Avangard, il était admis que l’occident conservait une avance technologique en matière d’armes à énergie dirigée. 

La Surprise fut donc importante lorsqu’en mars 2018, les autorités russes diffusèrent une vidéo d’un système laser automoteur destiné à éliminer drones, missiles de croisière et aéronefs, selon le communiqué laconique qui l’accompagnait.

Alors que dire de l’annonce faite ce 5 décembre, selon lequel le Perevest, nom donné à ce système en l’hommage d’Alexander Perevest, un moine soldat héro de la Russie médiévale, serait d’ores-et-déjà opérationneldans les unités russes. Il faut noter que des indiscrétions parues il y a 2 mois laissaient déjà penser que le système était en court de déploiement, et que les équipages étaient en formation opérationnelle.

En l’absence d’informations techniques plus complètes, notamment en matière de puissance et de type de laser utilisé, il est impossible d’évaluer la capacité opérationnelle effective et la fonction de Perevest. Il n’empêche, selon toute probabilité, le système serait le premier système laser offensif effectivement opérationnel dans une force armée. Après le choc de l’entrée en service du missile Kinjal, des tests liés aux systèmes Avangard, Zircon, Burevestnik et Stratus 6, l’entrée en service du Perevest démontre, une fois encore, a quel point l’industrie de Défense Russe a non seulement rattrapée son retard sur l’industrie occidentale, mais dépassée celles-ci dans de nombreux domaines, même les plus improbables.

La Marine Indienne confirme le lancement de son 2eme porte-avions, équipé cette fois de catapultes et brins d’arrêt

Alors que l’utilité du porte-avions est encore (et toujours) remise en cause par certains acteurs de la scène Défense française (en général proches de l’armée de l’air..), de nombreux pays semblent, eux, considérer le porte-avions comme indispensable à leur arsenal naval.

C’est la cas de marine Indienne, qui dispose d’un porte-avions à tremplin de 40.000 tonnes d’origine russe, le Vikrant, et dont le chef d’état-major de la Marine vient d’annoncer que le début de la construction d’un second bâtiment, cette fois équipé de catapultes et d’un tonnage de 65.000 tonnes, débutera dans 3 ans.

Cette annonce fait écho à la confirmation officielle par la Chine de la mise en chantier d’un troisième porte-avions, également équipé de catapulte, alors que le second porte-avions chinois continue ses essais à la mer. Il faut noter que selon certains clichés satellites, il semble que les chantiers navals chinois aient entamé la construction d’un second porte-avions à catapulte simultanément, mais cette information n’a pas été confirmée officiellement. Selon les projections de production actuelles, la marine chinoise devrait disposer, en 2030, d’une flotte de 6 à 7 porte-avions, majoritairement équipés de catapultes. 

La montée en puissance de la force aéronavale chinoise explique en grande partie l’entame de la construction du second porte-avions indien. La Marine indienne a, par ailleurs, lancé un appel d’offres pour l’acquisition d’une cinquantaine d’avions de combat embarqués, pouvant être embarqués sur les deux types de porte-avions dont elle dispose. Selon les informations disponibles, la décision se ferait entre le F 18 E/F Super-Hornet américain et le Rafale M français.

D’autres marines du théâtre pacifique semblent envisager l’utilisation de porte-avions, ou de porte-aéronefs. C’est le cas du Japon qui vient d’annoncer la commande prochaine de F35B pouvant être embarqué sur ses destroyers porte-hélicoptères de la classe Izumo, qui pourraient recevoir un tremplin pour l’occasion. De même, la Corée du sud s’est dire intéressée par le F35B à décollage/atterrissage court ou vertical pour équiper ses 2 LHD de la classe Dokdo. 

En Europe, l’Italie a entamé la construction d’un porte-aéronef de 25.000 tonnes, le Trieste, pouvant embarqué des F35B lui aussi, comme le Cavour, l’autre porte-aéronefs italien. Le Royaume-Unis va prochainement recevoir la deuxième unité de la classe Queen Elizabeth, le Prince of Wales, un porte-avions STOBAR à tremplin de 65.000 tonnes, spécialement conçu pour mettre en œuvre 24 F35B. 

Enfin, la Turquie et le Brésil ont également des programmes de porte-avions ou porte-aéronefs, alors que la Russie envisage, à plus long terme, de s’équiper de 2 à 4 bâtiments de ce type.

Au total, en 2030, plus de 35 porte-avions de 12 marines différentes navigueront sur les océans. Il serait ridicule que la France, qui dispose aujourd’hui d’un savoir faire partagé uniquement par l’US Navy en matière de conception et d’opération aéronavale embarquée, ne fasse l’impasse sur cette capacité, alors même que la majorité des marines d’importance, elles, font des efforts inédits pour s’en doter. 

Il ne faudrait pas se retrouver dans le même cas que la patrouille maritime britannique qui, entamée par des arbitrages défavorables et un lobbying hostile, avait perdue toutes ses capacités dans les années 2000, pour devoir en urgence acquérir des P8 américains et tenter, depuis, de récupérer ses capacités opérationnelles perdues en seulement quelques années.

La Russie va renforcer ses capacités de projection de force

Bien qu’ayant une flotte de haute mer inférieure à celle de l’OTAN, l’Union Soviétique a toujours disposé d’une importante flotte destinée aux actions de projection de force. Les navires d’assaut ont longtemps servi de navires logistiques dans la flotte russe depuis l’effondrement soviétique, mais depuis quelques années, un effort significatif a été entrepris pour reconstruire cette capacité.

C’était l’objectif de l’achat des Bâtiments de Projection et de Commandement de la classe Mistral à la France, contrat suspendu puis annulé par les autorités françaises suite à l’annexion de la Crimée et le soutien russe aux forces insurrectionnelles dans le Donbass. Malgré les rodomontades médiatiques russes, et de quelques séides français, l’annulation de la livraison des bâtiments français eu des conséquences importantes sur la reconstruction de la marine Russe. 

En dépit des ambitions affichées, et des déclarations concernant un éventuel transfert de compétence français aux chantiers russes, ceux-ci ne sont toujours pas parvenu à concevoir un bâtiment similaire aux BPC français. 

A défaut de Mistral, les chantiers navals russes ont lancé un type de bâtiment qu’ils connaissent bien, le LST (pour Landing Ship Tank), avec la classe Ivan Gren. Les travaux concernant le navire tête de série avaient débuté en 2004, et il fallut attendre 2012 pour que le bâtiment soit finalement lancé. En outre, de nombreuses difficultés et mauvais fonctionnements sont venus entacher les tests à la mer débutés en 2016, le bâtiment étant particulièrement instable en haute mer.

Quoiqu’il en soit, l’Ivan Gren a finalement été admis au service actif cet été, et son sistership, le Peter Morgunov, devrait lui rejoindre la marine russe en 2019. La construction de 2 bâtiments supplémentairesa été annoncée, version modifiée de l’Ivan Gren, afin de renforcer les capacités de projection russes

La doctrine russe de projection navale de forces diffère sensiblement des doctrines occidentales. Elle privilégie des actions de contournement des lignes adverses pour porter un coup sévère dans les lignes de ravitaillement adverses et désorganiser sa chaine logistique, et non pour constituer une tête de pont offensive, mission principale des MAU américains. 

Les forces russes renforcent leur préparation opérationnelle

Alors que la crise en devenir concernant la sortie des Etats-Unis du traité INF focalise l’attention des médias spécialisés, les forces russes, elles, renforcent très sensiblement leur préparation opérationnelle.

Le Ministre de la Défense russe, le général Shoigou, a en effet annoncé à l’occasion du début des entrainements hivernaux le 3 décembre, que les forces russes participeront à plus de 4000 exercices et 8500 entrainements opérationnels de tout type au cours de l’année 2019. Il a également assuré que les inspections opérationnelles surprises seront maintenues, de sorte à garantir l’état de préparation opérationnelle et la capacité de réponse rapide des forces.

A ces exercices et entrainements, s’ajouteront les déploiements en zone de conflits, que ce soit en Syrie de façon officielle, ou dans le Donbass, de façon plus officieuse. Rappelons que les observateurs de l’OSCE ont à de nombreuses reprises observés dans le Donbass des équipements lourds en service uniquement dans les armées russes, comme le lance-roquette TOSS, ou le char T72B3M.

Cet effort de préparation des forces s’accompagne d’un effort inédit depuis la fin de l’Union Soviétique en matière d’équipements. Les armées russes vont, en effet, recevoir pour 20 Md$ d’équipements nouveaux au cours de l’année 2019, presque 3 fois le budget dédiés aux programmes à effets majeurs en France, alors même que les équipements russes sont entre 2 et 3 fois moins chers que les équipements occidentaux une fois la conversion en dollar effectuée.

Parallèlement, le ministre de la Défense a annoncé un nouveau plan destiné à soutenir les familles des militaires, une annonce très largement attendue par les militaires professionnels représentant désormais plus de 60% des effectifs des armées russes. 

En à peine 10 ans, depuis les réformes de 2008 faisant suite à la guerre contre la Géorgie, les capacités de réponses opérationnelles des forces russes ont cru très significativement. Ainsi, en septembre 2018, l’exercice Vostok 2018 a rassemblé presque 300.000 militaires russes, dont 100.000 avaient été déployés dans les plaines de Sibérie orientale. 

Cette préparation opérationnelle inquiète particulièrement le chef d’état-major ukrainien, le général Viktor Muzhenko, d’autant que, selon lui, les forces russes auraient constitué une nouvelle division blindée « de rupture », composée de 2 régiments de chars de combat, et deux régiments d’infanterie mécanisée, positionnée à quelques encablures de la frontière ukrainienne. Plus que jamais, l’état-major ukrainien craint que la Russie n’engage une action visant à relier la Russie et la Crimée, et accessoirement, priver l’Ukraine d’un accès à la mer d’Azov.

Il faut cependant prendre certaines réserves avec ces déclarations, l’Ukraine ayant déjà à plusieurs reprises annoncé l’imminence d’une offensive russe sur le sud du pays. 

Il est cependant certain que les très importants efforts des armées russes pour disposer de forces à un niveau opérationnel et de réactivité, ne sont pas destinés uniquement à donner le change sur la scène médiatique internationale. Reste à en déterminer les objectifs avérés, et de s’y préparer…

La sortie des Etats-Unis du traité INF va renforcer la position russe à moyen terme en Europe

Après la carotte, à savoir l’appel à la négociation lancé par un tweet du président Trump pour contrôler la course aux armements en cours, le bâton est arrivé aujourd’hui, lorsque le département d’Etat américain a officiellement adressé un ultimatum à la Russiepour se mettre en conformité avec le traité INF sous 60 jours, faute de quoi les Etats-Unis en sortiront.

Cela fait plusieurs années que les Etats-Unis ont appelé la Russie à respecter les engagements de ce traité, interdisant la construction et le déploiement de missiles balistiques d’une portée de 500 à 5000 km. Or, selon les autorités US, le nouveau missile des bureaux d’étude Novator, le 9M729, aurait une portée le situant dans ce créneau, ce que les autorités démentes.

D’autres missiles russes font l’objet de soupçons de ce type, comme le système Iskander,  dont les dimensions laissent penser que le missile pourrait dépasser les 480 km de portée maximale annoncées.

Il est cependant peu probable que les autorités russes ne cèdent aux invectives américaines. D’ores-et-déjà, elles ont annoncé qu’une sortie des Etats-Unis du traité INF entrainerait un renforcement des forces de dissuasion russes. En outre, elles ont également déclaré que tous les pays hébergeant des systèmes américains deviendraient des cibles pour les missiles russes.

Car, dans les faits, la dénonciation du traité INF par les Etats-Unis serait sensiblement au bénéfice de la puissance russe à court et à moyen terme, en Europe tout du moins. En effet, contrairement aux pays européens, et aux Etats-Unis, la Russie a maintenant un important programme de développement de missiles balistiques de courte portée. Il sera très facile aux forces russes d’étendre et de redéployer des missiles à portée intermédiaire, notamment basés sur le système Iskander. Les progrès technologiques des systèmes de guidage russe, démontré avec les tirs de missiles Kalibr en Syrie, et les compétences maintenues en matière de système balistique, permettront à la Russie de rapidement déployer des systèmes capables de menacer tous les sites stratégiques en Europe à partir du territoire russe. En outre, le retour d’expérience en matière d’armes hypersonique, basé sur le missile balistique aéroporté Kinjal, procurera aux systèmes russes une importante capacité à déjouer les systèmes antimissiles modernes, comme le THAAD ou le Patriot PAC-3.

La réponse américaine et européenne à ces systèmes ne pourra, pendant de longues années, se limiter qu’au volet stratégique, à l’exception notable du système préstratégique Rafale-ASMPA français. Surtout, l’occident ne dispose d’aucun système balistique moyenne portée à charge conventionnelle, comme l’Iskander ou le Kinjal, étant limité aux missiles de croisière, beaucoup plus vulnérables et lents que les armes balistiques. En cas de crise avec la Russie, cette dernière aura donc un avantage important, en étant capable de frapper en profondeur le dispositif de l’OTAN, sans devoir risquer des appareils en territoires hostiles, fussent-ils furtifs, comme l’OTAN.

Quoiqu’il en soit, la sortie du traité INF des Etats-Unis serait largement au bénéfice de la Russie pendant plusieurs années, il est donc très peu probable que le kremlin ne cède aux injonctions occidentales, d’autant qu’il a conçu une position médiatique suffisamment crédible pour pouvoir s’y tenir, et générer un soutien populaire intérieur.

Deux crises majeures avaient amené le bloc soviétique et l’OTAN au bord de la guerre nucléaire pendant la guerre froide, la crise des missiles cubains et celle des euromissiles. Alors que nombreux sont ceux qui s’interrogent encore sur la réalité de cette nouvelle « guerre froide » qui a déjà commencé, l’histoire semble s’accélérer avec une nouvelle course aux armements, et une nouvelle crise des euromissiles en gestation.