samedi, novembre 29, 2025
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Naval Group s’allie à SNC en Roumanie pour répondre à l’appel d’offre sur 4 Corvettes

Naval Group a annoncé la signature d’une alliance avec les chantiers roumains SNC, pour la construction de corvettes Gowind2500. Dans le cadre de la modernisation de ses forces armées, la Roumanie a lancé en mars 2018 une consultation pour la construction de 4 corvettes polyvalentes, devant impérativement être construites en Roumanie. Seul le Néerlandais Damen disposait d’un chantier en Roumanie, et le contrat semblait donc lui être promis. 

Changement de contexte avec cette annonce de Naval Group, permettant dès lors au groupe français de concourir avec sa corvette Gowind2500, déjà commandée à prés de 20 unités à travers le monde. En novembre 2017, le président Macron avait également proposé la Gowind2500 à la Bulgarie, qui cherche à acquérir 2 corvettes modernes, et ce modèle est toujours sur la table des négociations avec la Grèce, qui semble toutefois privilégier les solutions plus lourdes, comme les FTI Belh@rra.

Emportant un canon de 76mm, 16 silos verticaux pour missile surface-air courte portée Mica VL, 8 missiles antinavires MM40 Exocet et 2 lance-torpilles triples équipés de Mu-90, les Gowin2500 sont très bien armées, et dispose d’une suite de détection Air/Surface et sous-marine très performante, avec notamment un radar 3D Smart-S Mk2 et un sonar tracté CAPTAS-2.

Le déploiement de 4 ou 6 Gowind2500 serait de nature à sensiblement changer le rapport de force en mer noire.

Selon D.Trump, les membres de l’OTAN devraient aligner leur effort de défense sur les US à 4%

Alors qu’il rencontrait cette semaine le général Jens Stoltenberg, le président Trump a estimé que le seuil de 2% de dépenses de Défense que les pays membres se sont engagés à respecter en 2025 était un chiffre très faible, et qu’ils devraient plutôt être de 4%. Pour rappel, cet effort est de 4,63% aux Etats-Unis en 2018. Il a par ailleurs déclaré que les pays qui ne respecteraient pas leurs engagements allaient être « traités », mettant particulièrement l’accent sur l’Allemagne.

Le seuil des 2% est, comme nous l’avons déjà vu, un indicateur qui a ses propres limites, et ses limites sont sensibles avec le cas allemand. En effet, l’Allemagne aurait en effet les moyens d’attribuer 2% de son PIB à son effort de Défense, elle n’aurait pas la capacité à utiliser cette manne financière de manière efficace. Ainsi, aujourd’hui, avec un budget Défense équivalent à celui de la France, le niveau opérationnel des forces allemandes est très limité, et ce dans les 3 armées. 

Les raisons sont multiples, et doivent être toutes traitées avant de pouvoir augmenter le budget des armées de manière efficace :

  • Les contraintes administratives et légales en matière de passation de contrats entre les armées allemandes et les industries de Défense sont trop importantes, entrainant retards et ruptures de service
  • Le pilotage politique de la Défense est, paradoxalement, trop politisé, et les contraintes imposées par le parlement allemand sur les programmes d’armements sont parfois antinomiques avec la plus simple expression opérationnelle.

Mais surtout, l’Allemagne fait face depuis deux décennies à un ralentissement très marqué de la natalité, entrainant un déséquilibre flagrant de sa courbe des âges. Alors que sa population ne cesse de vieillir, les jeunes générations ont la lourde tache de compenser leur faible nombre par une productivité accrue. De fait, l’Allemagne ne peut se permettre de faire croitre ses forces armées numériquement au delà d’un seuil relativement bas : non seulement cela couterait cher en matière de budget, les militaires allemands étant très bien payés pour pouvoir attirer les bons candidats, mais chaque militaire doit être considéré comme un actif qui ne produit pas, et donc un manque à gagner net pour l’équilibre du modèle social.

Pour autant, l’Allemagne pourrait contribuer d’avantage à la sécurité collective de l’OTAN, car de nombreux pays européens disposent de réserves démographiques, mais n’ont pas les moyens de les équiper et de les entrainer convenablement. De fait, l’Allemagne, comme la France ou l’Italie, pourraient augmenter leur effort de Défense sans déstabiliser leur modèle social, en changeant les paradigmes mêmes de l’effort de Défense.

Il est évident que le pilotage de l’effort de Défense au seul vu de l’indicateur %PIB ne permet pas de prendre en compte ce type de complexité. Il serait donc utile de développer de nouveaux indicateurs, moins médiatiques, mais plus efficaces politiquement, économiquement et du point de vu opérationnel.

La Grande-Bretagne pourrait réviser à la baisse ses commandes de F-35

Le Secrétaire à la Défense britannique, David Williamson, a annoncé que le gouvernement étudiait la possibilité de renoncer à l’achat de 90 des 138 F-35que la Grande-Bretagne devait acquérir, pour les remplacer par des appareils « européens » aux couts moins élevés. Ce scénario sera étudié à l’occasion de la rédaction de la revue Stratégique de ‘l’industrie aéronautique de combat, dont le spectre sera de maintenir les compétences et les emplois de la filière au delà de 2050.

A cette annonce, l’écosystème F-35 s’est immédiatement mobilisé, « rappelant » que l’industrie britannique bénéficiât de compensation industrielle représentant 13 Md£ et de 19.000 à 25.000 emplois. La presse spécialisée s’est également mobilisée pour rappeler que le F-35 est un appareil très supérieur aux autres, ce qui en dit long sur l’indépendance des commentateurs de l’actualité Défense au Royaume-Uni.

La crise qui s’annonce au sein du gouvernement britannique au sujet du cout des F-35 démontre le besoin de disposer d’un modèle pour comprendre et pondérer les couts, mais également les retours économiques et fiscaux, liés à l’investissement de Défense. En effet, les chiffres annoncés par Lockheed, 13 Md£ d’investissements économiques estimés, et de 19 à 25 000 emplois, n’ont pas de valeur probante, car n’étant pas définis dans la durée, et dans un périmètre. En outre, personne ne connaît les effets économiques, sociaux et fiscaux d’une nouvelle commande de Typhoon en Grande-Bretagne, commande qui pourrait bénéficier de certaines synergies avec le choix de l’Allemagne de remplacer ses Tornado par le même appareil …

Il faut rappeler que l’US Air Force elle même envisage de réduire de prés de 500 unités ses commandes de F-35 si les prix ne baissaient pas, et plus particulièrement les prix de maintenance, qui peuvent être estimés aujourd’hui à plus de 60.000$ par heure de vol, soit 3 à 4 fois le cout pour un Typhoon ou un Rafale. 

Avec l’Italie qui pourrait également sortir du programme F-35 du fait de l’opposition des partis politiques vainqueurs des élections, l’Allemagne qui semble ferme pour résister aux sirènes de Lockheed, le Japon qui demande à Lockheed de concevoir un nouvel appareil, la Turquie qui pourrait être mise sous embargo, et même Israël qui annonce privilégier la commande de nouveaux F-15 à celle de F-35, le magnifique château de cartes F-35 risque bien de s’effondrer sous le poids de ses coûts pharaoniques et des visées hégémoniques trop visibles de l’administration Trump.

Cette annonce intervient également alors que le gouvernement britannique semble vouloir transformer le programme de drone de combat franco-britannique en collaboration technologique, visant à développer des briques élémentaires pour le développement de drones furtifs, alors que la France propose à la Belgique de rejoindre le programme SCAF, et que l’Allemagne semble déterminée à remplacer ses Tornado par des Typhoon probablement épaulés par l’UCAV franco-allemand.

A la différence du programme F-35, les projets franco-allemands s’inscrivent dans la durée, et visent à construire non seulement un chasseur de nouvelle génération, mais un système global de combat aérien intégrant ces chasseurs et ceux de génération plus ancienne, des drones de combat et de reconnaissance, avec l’ensemble des recherches en matière de matériaux, moteurs, radars, communication, optronique, Intelligence artificielle et fusion de données qui vont avec. Le gouvernement Britannique, et Bae avec lui, ne manquent pas de se rendre compte que ce programme est bien plus ambitieux à moyen et long terme pour l’industrie de Défense, que l’offset consenti par les Etats-Unis.

En tout état de causes, le couple franco-allemand serait bien avisé de se montrer bienveillant envers la Grande-Bretagne dans la démarche qu’elle pourrait entamer, et préparer un scénario de travail intégrant rapidement d’autres partenaires majeurs, comme l’Italie, voir l’Espagne, tout en conservant un pilotage stricte et opérationnel du projet, en limitant les interactions politiques au minimum nécessaire.

Le Charles de Gaulle à nouveau à la mer

Après 15 mois de cale sèche, et une refonte d’un nombre important de ses systèmes critiques, le porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle est retourné dans son élément le 16 mai. 

Le navire amiral de la Marine national aura reçue, entre autre, durant son Indisponibilité PEriodique (IPER) à mi-vie, un nouveau radar de veille aérienne, un nouveau radar de navigation, un nouveau système d’assistance à l’appontage, et un nouveau système de combat SENIT8. Les travaux auront également permis passer le navire au format « tout Rafale », en supprimant les bancs tests destinés aux SEM, et à recharger les réacteurs nucléaires en combustible.

Le navire va pouvoir prochainement entamer ses essais à la mer, avant de commencer les entrainements visant à retrouver sa pleine capacité opérationnelle, en début d’année prochaine.

Cette rénovation/modernisation de l’unique porte-avions français, qui aura couté 1,3 Md€, aura nécessité 4 millions d’heures de travail effectué par 2000 personnes dont 1000 contractants sur site, et rassemblé 160 prestataires. Elle aura également permis à Naval Group de maintenir son savoir-faire en matière de porte-avions, alors que les travaux d’étude pour le futur porte-avions français ont été actés par la LPM 2019-2025.

J’aimais l’entretien et l’indisponibilité d’un navire de la Marine nationale n’aura suscité autant d’intérêts et de questionnements de la part de la société civile. Et alors que la France ne dispose plus que d’un porte-avions depuis prés de 20 ans, jamais la nécessité d’un second navire de ce type ne s’est autant fait ressentir.

Sous-marins Husky, missiles Zircon et drone Poséidon, l’avenir de la flotte sous-marine russe

Alors qu’aujourd’hui, l’essentiel des 65 sous-marins employés par la Marine russe sont hérités de l’époque soviétique, comme les SNA Akula, les SSGN Oscar, les SNLE Delta et les SSK Kilo, de nouvelles classes de sous-marins ont commencé à être livrées, comme les SNLE Boreï, les SNA Iassen , ou les SSK Lada.

Mais au delà des ces nouveaux sous-marins symbolisant le renouveau de l’industrie navale russe, celle-ci développe une nouvelle classe de submersibles qui constituera le cœur de la marine russe au delà de 2030 : la classe Husky.

Présenté comme un sous-marin de 5eme génération, le Husky sera une classe cadre polyvalente, permettant de produire à la fois des sous-marins d’attaque, des sous-marins mettant en œuvre des missiles de croisière longue portée, et des sous-marins lanceur d’engins balistiques. 

Le développement de la classe Husky s’effectue concomitamment à ceux d’armes de nouvelles générations, au premier rang desquels le missile hypersonique antinavire Zircon, pouvant être lancé à partir d’un navire, un sous-marin ou un aéronef. Donné pour dépasser les mach 8 en phase finale et pour avoir une portée de 1000 km, le Zircon, dont le prototype a été testé l’année dernière, ne peut être intercepté par aucun des systèmes anti-missiles existants aujourd’hui.

La Russie développe d’autre part la torpille autonome Status-6, désormais dénommée Poséidon. Propulsée par une chaufferie nucléaire miniaturisée, cette torpille est dite avoir une portée supérieure à 6000 km, soit assez pour traverser l’océan Atlantique. Entièrement autonome et pouvant atteindre des profondeurs supérieures à 1000 m, elle emporte une charge nucléaire ou conventionnelle. Ainsi parée, elle serait en mesure de remplir de nombreuses missions, mais c’est sa capacité à imposer un blocus sur un port militaire ou civil qui apparaît comme le plus efficace. A noter que certains experts ont émis l’hypothèse que cette arme pouvait être utilisée pour déclencher des mouvements tectoniques ou sismiques capables d’engendrer des Tsunamis, alors que d’autres jugent cette idée farfelue.

On le voit, en matière de guerre sous-marine comme pour le combat de blindés ou la supériorité aérienne, la Russie a su concentrer ses ressources pour développer des systèmes d’armes et des tactiques exploitant au mieux les faiblesses de son adversaire potentiel, à savoir l’OTAN. C’est une des raisons qui explique qu’un pays économiquement et démographiquement inférieurs aux membres européens de l’OTAN, parvienne à imposer une pression militaire intense à l’Europe, nécessitant la protection permanente des Etats-Unis.

Présentation publique du Jaguar EBRC, le remplaçant de l’AMX-10RC

A l’occasion de la préparation du salon EuroSatory, Nexter a présenté le prototype de l’EBRC(Engin Blindé Reconnaissance  et Combat) Jaguar, qui remplacera dans les armées françaises les AMX10RC, ERC90 et VAB Mephisto. Ce char léger 6×6 est équipé d’une tourelle 40 CTAS emportant le canon de 40mm CTC, d’une tourelle escamotable mettant en œuvre 2 missiles antichars MMP, et d’une mitrailleuse 7,62mm télé opérée.

Intégré au programme SCORPION, les jaguars échangent et reçoivent les données tactiques du champs de bataille numérisé avec les autres véhicules intégrés au programme : Chars Leclerc, Canon Caesar, VBCI ou VMRB Griffon. 

L’EBRC est, en quelque sorte, un blindé typiquement français, parfaitement adapté à la doctrine de manœuvre française mise en évidence lors de l’opération Serval par exemple. Contrairement aux américains, britanniques ou allemands, les forces françaises privilégient la mobilité, parfois au détriment de la protection ou de la puissance de feu. Ainsi, alors que les Puma allemands ou les Stryker américains cherchent à renforcer leur résistance aux roquettes et missiles antichars, le Jaguar se contente d’un blindage efficace contre les armes légères et les shrapnels d’artillerie. 

Toutefois, si cette caractéristique peut apparaître comme une faiblesse, il s’avère que le regain de mobilité procuré par l’allègement du blindé s’est souvent révélé être un avantage décisif au combat, que ce soit dans le désert Irakien en 1991, les montagnes afghanes ou les dunes maliennes. 

En revanche, ces blindés risquent fort d’être vulnérables dans un environnement haute intensité, comme la majorité des blindés SCORPION français à l’exception du Leclerc. Il faut se rappeler que ce programme a été conçu alors que les perspectives d’engagements étaient focalisées autours des combats anti-insurrectionnels, face à un adversaire mettant en œuvre des armements relativement rustiques, et surtout légers. Pour y palier, l’EBRC comme le VBMR disposera d’une protection de type Soft kill composée de détecteurs de menace, de système de brouillage, leurres et fumigènes, à laquelle pourra s’ajouter si besoin une protection Hard Kill, qui pourront intercepter une menace (missile, obus, roquette) avant l’impact.

La France propose un partenariat industriel et militaire à long terme à la Belgique

A la demande du premier ministre belge, Charles Michel, une délégation française emmenée par le ministère des armées, s’est rendue à Bruxelles pour détailler son offreconcernant le remplacement des F-16 belges.

Après avoir initialement mis l’accent sur la dimension économique promettant « 5000 emplois » à la partie belge, la France construit articule aujourd’hui son offre autour de sa dimension stratégique. Ainsi, Paris propose à Bruxelles de devenir un acteur à part entière du programme SCAF franco-allemand, alors même que les appels de Londres pour rejoindre ce programme ont été poliment « reportés ». Il s’agit, bien évidemment, d’un geste politique très fort, qui a dû être préalablement négocié avec Berlin, montrant la volonté des deux capitales de chaque coté du Rhin de promouvoir l’Europe de la Défense. 

Au delà de cet aspect stratégique à long terme, la France propose un partenariat organique entre les forces aériennes des deux pays, mutualisant les efforts de formation, de maintenance, et de défense du ciel. Plus anecdotique, et pourtant symboliquement important, Paris propose à la Belgique d’acquérir une partie de ses Rafale au standard M, pouvant être embarqués sur le porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle. Cette hypothèse avait déjà était abordée par Christian Cambon, le président de la commission des affaires étrangères et de Défense du Sénat, il y a quelques mois.

Comme le titre « La Tribune », il se pourrait bien que la Belgique ait les clés de l’initiative de Défense Européenne. En l’invitant à rejoindre le programme SCAF au coté de la France et de l’Allemagne, les autorités françaises montrent qu’elles sont prêtes à concéder une part de leur propre souveraineté en faveur de l’Europe de la Défense. En donnant son accord, Berlin, pourtant membre du consortium Eurofighter, montre qu’elle soutien l’offre française, et que l’Allemagne s’investira également de manière importante pour faire aboutir la construction de l’Europe de la Défense.

Pour autant, les oppositions à l’offre française sont nombreuses en Belgique. Il y a d’une part les inconditionnels du F-35, comme le ministre de la Défense Steven Vandeput, qui est en train de payer politiquement ce soutien un peu trop inconditionnel, ou comme l’état-major des forces aériennes belges. A l’instar de beaucoup de forces aériennes de l’OTAN, les officiers belges ont subit, depuis 15 ans, un véritable conditionnement au sujet des performances supposées du F-35, et de son ainé, le F-22. 

D’autre part, la communauté flamande belge tend à promouvoir le rapprochement avec les Pays-Bas, qui ont fait le choix de s’équiper de F-35, quitte à diviser par deux leur force aérienne. 

Enfin, une part significative de la population a perçu l’offre française, hors du cadre de l’appel d’offres, comme un manque de respect vis-à-vis des institutions et de la souveraineté belge. Il est à ce titre intéressant de constater que la problématique du coût, pourtant instrumentalisé par l’opposition Belge, n’est que rarement mis en avant comme préoccupation par l’opinion publique. 

En déplaçant le cœur de l’offre du cadre économique vers le cadre politique, les autorités françaises ont donc habillement répondu aux préoccupations d’une partie de l’opinion publique. Mais il demeure que, pour beaucoup, l’avion français est technologiquement dépassé, une idée reçue volontiers relayée par les tenants de l’offre de Lockheed. 

Une fois encore, l’industrie de Défense nationale, et le ministère des armées, négligent la communication vers l’opinion publique de ses prospects, se concentrant sur les décideurs clés. Pourtant, ces mêmes décideurs clés répondent à l’opinion publique, et donc, y sont sensibles. 

Il faudra bien, un jour, que la France évolue sur ce domaine …

Les industriels russes présentent de nouveaux véhicules blindés

La gamme des véhicules blindés modernes proposée par l’industrie Russe s’étend avec une haute vélocité, avec la présentation de deux nouveaux blindés par leur fabricant, la société Uralvagonzavod.

Le BMMP est un véhicule de combat d’infanterie amphibiedestiné aux troupes de marines russes. Equipé d’un canon de 57mm et capable de dépasser les 70 km/h sur route et 30 km/h dans l’eau, le BMMP utilise le châssis du nouveau véhicule de combat d’infanterie Kurganet-25, et servira de base au développement d’une famille de blindés, allant du char léger équipé d’un canon de 125 mm au véhicule blindé de commandement ou de reconnaissance. Il emporte 10 soldats équipés, et est mis en œuvre par un équipage de 3 personnes. Les premières livraisons de ce blindé pourraient intervenir dès 2023.

La famille Armata s’agrandit également avec le TOS-2, un lance-roquettes multiple capable de lancer 24 roquettes thermobariques de 220mm. Evolution du TOS-1A dont il reprend la tourelle, il utilise le châssis du T-14 Armata, son équipage de 3 membres disposé dans une capsule autonome de sécurité, ainsi que le blindage afghanit. Aucune date de livraison n’est communiquée concernant le TOS-2, mais il est peu probable qu’elle n’intervienne avant 2025, la production du T-14 et du T-15 étant régulièrement reportée et diminuée, du fait de difficultés techniques et d’un prix élevé des unités.

L’articulation des programmes européens est-elle efficace

L’industrie de Défense Européenne n’a pas spécialement brillé ces dernières années par sa capacité à mettre en œuvre des programmes multinationaux. Avec 7 partenaires industriels, 3 constructeurs aéronautiques (Airbus, Dassault et Leonardo) et 4 équipementiers (Thales, Hensodt, Indra et Elettronica), le projet de drone Moyenne Altitude Longue Endurance (MALE) européen, officieusement dénommé EuroMale, cumule plusieurs difficultés. Ainsi, Airbus, le maitre d’œuvre, n’aurait pas, démontré ses capacités à concevoir des appareils à vocation militaire, alors que plusieurs acteurs du programme, sous les démonstrations d’entente cordiale, auront beaucoup de mal à collaborer. Enfin, les perspectives limitées du programme pourraient amener les industriels à privilégier les programmes plus ambitieux, comme le SCAF.

Il est évident que ces arguments ne sont pas issus de l’imagination fertile du journaliste, et qu’ils reflètent des positions exprimées par les industriels, et notamment les industriels français. Elles sont la conséquence des échecs ou semi-échecs de programmes passés, comme l’A400M, et qui ne semblent pas avoir donné lieu à un retour d’expérience suffisant, notamment au niveau de la décision politique. 

Mais le principal problème réside dans le manque de perspectives du programme, conçu comme programme mono-produit, et non comme la base d’une initiative globale des industries européennes en matière de drones de surveillance. Comme ce fut le cas avec le NH90, et l’A400M, l’EuroMale est un programme qui laisse les industriels sans bénéfice industriel à long terme, chacun n’ayant développé qu’une part nécessaire mais non suffisante du drone. Eu égard aux choix technologiques, comme l’utilisation de 2 moteurs, le prix de cet appareil sera élevé, et il aura des difficultés pour s’imposer sur le marché export face à la concurrence américaine, israélienne et surtout chinoise, très agressive sur les tarifs. De fait, les industriels sont appelés à investir dans des savoir-faire avec de faibles perspectives exports, un marché domestique limité, et sans vision de développement de gamme de produit. 

Reconnaissons que, dans ces conditions, le programme est très peu engageant …

En revanche, si le programme était conçu comme la brique initiale d’une famille de drones de surveillance, travaillant sur l’ensemble du spectre des besoins, chaque développement alimentant les autres de ses retours d’expériences et de ses succès commerciaux ; les industriels appréhenderaient le sujet avec une vision très différent, et envisageraient la collaboration industrielle avec de nouvelles perspectives, pouvant aboutir à la création d’un co-entreprise, comme ce fut le cas, par exemple, de MBDA. 

C’est une des approches développées dans le programme Socle Européen de Défense, qui est un volet de la doctrine Défense à Valorisation Positive.

L’extension de bases chinoises menace directement Taïwan et le Japon

De récentes photos satellites montrent que la base chinoise de Xiapu, sur la côte de la province de Fuijan, fait l’objet de nombreux travaux visant à renforcer sensiblement ses capacités opérationnelles. Ainsi, 24 abris durcis pouvant recevoir un chasseur lourd comme les Su-30/35 ou J-11/16 ont été construits et dispersés sur la base, s’ajoutant aux 20 abris durcis déjà présents. Cette base permet aux appareils chinois d’être à mois de 250 km de Taipei, la capitale taiwanaise, et à 350 km des côtes japonaises de l’ile d’Okinawa. 

Ce renforcement s’inscrit dans une escalade des tensions dans la zone, alors que les forces chinoises multiplient les missions et les déclarations belliqueuses au sujet de l’ile de Taiwan, et que plusieurs bases sur les ilots contestés des Spratleys ont fait l’objet de consolidations et de renforcements de leur défense, avec le déploiement de missiles anti-aériens H-9 et YJ-12 antinavires.

Les autorités Taiwanaises ont récemment multiplié les appels pour acquérir de nouveaux appareils américains, notamment le F-35B à décollage vertical/court, afin de faire face à d’éventuelles frappes préventives chinoises. Les Etats-Unis n’ont pour l’heure pas donné suite à cette demande, malgré l’intervention de deux éminents membres du congrès en sa faveur. En revanche, les autorités US ont donné leur accord pour procéder à la modernisation des 160 F-160 mis en œuvre par les forces aériennes taiwanaises, ainsi que pour assister l’industrie locale à concevoir de nouveaux sous-marins pour remplacer ses submersibles issus des stocks américains des années 50.