samedi, novembre 29, 2025
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Les Shortfin australiens pourraient faire de l’Australie un leader des batteries Lithium-ions

Traditionnellement, l’industrie de la Défense et la recherche y attenant constituaient un des principaux moteurs de développement technologique des pays industrialisés. La France ne serait certainement pas un leader mondial du marché aéronautique et spatial sans l’épopée militaire Dassault ou les hélicoptères de Sud-aviations, comme l’Allemagne un leader métallurgique et automobile sans Krupp et RheinMetall. Cette caractéristique de l’industrie de Défense à été progressivement oubliée, et aujourd’hui, il est commun d’attendre de la recherche civile des solutions innovantes et de nouveaux équipements qui pourront être « militarisés ».

L’exemple australien nous rappelle les vertus de l’investissement industriel et recherche Défense pour l’économie nationale. En effet, l’Australie est le premier producteur mondial de Lithium en matière de réserve, mais son industrie ne s’est, pour l’heure, pas intéressée aux batteries Lithium-Ions, qui sont aujourd’hui indispensables dans bien des domaines, allant du Smartphones à la voiture électrique. Or, les 12 sous-marins Shortfin Barracuda construits par Naval Group en Australie utiliseront des batteries de ce type, batteries qui seront produites sur place, avec les transferts de technologies, nécessaires. 

L’opportunité pour l’économie Australienne de se positionner comme un acteur majeur sur le marché des batteries elles-mêmes, et non simplement comme fournisseur de matière première, n’a pas échappé au gouvernement du pays, qui y voit un moyen de compenser ses investissements de Défense.

Un exemple qui devrait inspirer les décideurs français parfois réticents à financer la recherche de Défense, mais également les industriels qui pourraient valoriser de manière proactive les retombées technologiques civiles des programmes militaires.

Les F-35 israéliens nt effectué leurs premières missions opérationnelles

Alors que les sujets d’inquiétudes et les réserves concernant le F-35 ne cessent de s’accumuler, il était indispensable d’occuper le terrain médiatique avec des annonces concrètes. C’est précisément le rôle du communiqué de l’IAF, annonçant que les F-35A Israéliens ont mené des opérations de combat dans le ciel Syrien et libanais, et par deux fois menés des frappes aériennes.

L’annonce Israélienne est assez laconique et ne donne pas de détails sur le rôle exact des « Adir » (Nom donné aux F – 35A Israéliens), mais elle est suffisante pour mettre fin à la polémique selon laquelle l’appareil, déjà produit à plus de 300 exemplaires, n’était toujours pas apte au combat.

Il est probable que cette annonce s’inscrit dans un plan médiatique visant à contrer les doutes britanniques concernant la confirmation de la commande de 90 F-35, contestée par une partie du gouvernement du fait des coûts excessifs de l’appareil. A ce titre, les sites « Défense » britanniques redoublent d’imagination pour publier des articles exaltants les performances extraordinaires de l’avion de Lockheed, dont les premiers exemplaires devraient prochainement être livrés à la Royal Air Force, tout en dénigrant le Typhoon, histoire de faire bonne mesure.

Il est intéressant d’analyser l’extraordinaire maitrise de la communication autour de cet avion de la part de son écosystème, mêlant à merveille et dans un timing impeccable les déclarations industrielles, les « témoignages » d’autorités militaires en fonction, et les articles de presse à la gloire de l’appareil. Ainsi, le jour même de la publication des réserves britanniques, pas moins d’une dizaine d’articles de ce type ont envahit la sphère communicante du Royaume-Unis, et chaque article était extrêmement répliqué et commenté sur les réseaux sociaux, Twitter en tête.

La coopération franco-allemande de Défense inquiète les sénateurs français

Après avoir faits parts de leurs réserves concernant l’applicabilité de la LPM 2019-2025, le Sénat évoque des inquiétudes concernant les projets de partenariat franco-allemandsqui doivent être lancés durant cette période : programme SCAF, char de combat de nouvelle génération, Patrouille maritime nouvelle génération et système d’artillerie du futur. 

Les objections émises par les sénateurs qui, rappelons le, sont majoritairement dans l’opposition (LR et PS), ne sont pas nouvelles, et avaient à plusieurs reprises été expliqués par les commentateurs de la Défense comme Michel Cabirol (la Tribune), Vincent Lamigeon (Mes Echos), Michel Goya (la voie de l’épée), et peuvent se résumer en 2 points majeurs :

  • Le non alignement stratégique de la France et de l’Allemagne, impliquant des perceptions éloignées voir antagonistes des besoins opérationnels, du marché Défense et des interventions extérieures. 
  • Le déséquilibre de moyens entre la France et l’Allemagne pouvant entrainer des déséquilibres en matière de capacité opérationnelle des équipements conçus en commun, et en matière de retour sur investissement.

Du coté allemand, ce partenariat stratégique n’est pas sans objections, principalement articulées autour du manque de concertations coté français, et de considérations pour ses partenaires européens.

Pour autant, les bénéfices potentiels d’un partenariat stratégique équilibré et solide entre la France et l’Allemagne seraient très importants, en fédérant une population de prés de 145 millions d’habitants, soit autant que la Russie, un PIB de plus de 7.000 Md€, une force militaire commune potentielle de 500.000 hommes, et en servant de pôle d’attraction et d’alternative à la toute puissance des Etats-Unis, vis-à-vis des autres pays Européens. Ce rapprochement est donc tout autant stratégique pour l’Europe qu’il l’est pour les deux pays, et les protagonistes ne doivent pas perdre de vue qu’il s’agit probablement de l’unique opportunité pour faire effectivement avancer la construction européenne et mettre un frein aux poussées nationalistes qui secouent le continent


Sikorsky intègre une analyse économique concurrentielle face à Leonardo au Canada

Le Canada a lancé une consultation afin d’évaluer les options pour la modernisation ou le remplacement de ses 14 hélicoptères Leonardo Cormorant, dérivés de l’EH-101 Merlin, assurant les missions de recherche et sauvetage.

Alors que Leonardo a, très logiquement, proposé une offre de modernisation des appareils existants, l’américain Sikorsky propose une version de son S-92, en annonçant que son offre coutera moins cher aux finances publiques Canadiennesque la simple modernisation des hélicoptères de Leonardo.

En effet, selon le constructeur américain, l’enveloppe intégrant l’achat des appareils et les frais de maintenance et de maintien en condition opérationnelle concernant le S-92 seront inférieurs que les couts de modernisation, de maintenance et de maintien en condition opérationnelle du Cormorant.

Il faut remarquer que lors des dernières décennies, les coûts de maintenance et de maintien en condition opérationnelle ont connu une envolée très sensible. Alors qu’un F-16 ou un mirage 2000 ne coutait que 5000 $ d’entretien par heure de vol à la fin des années 90, celle-ci atteint les 15.000 $ aujourd’hui pour un Rafale, 20.000$ pour un Typhoon, jusqu’au 60.000 $ du F-35. Il en va de même pour les hélicoptères et les blindés. Cette variable est devenue essentielle dans la soutenabilité de l’investissement, et donc dans le dimensionnement de la force militaire, au point de parfois produire des effets inverses de ceux rechercher. En effet, si la technologie est sensée apporter performances et polyvalence, elle ne parvient pas à compenser une faible disponibilité ou un parc trop restreint. Dés lors, la capacité opérationnelle effective des forces militaires, particulièrement des forces militaires européennes, ont eu tendance à fortement se déprécier.

En privilégiant le mélange d’équipements technologiques avancés et d’équipements de plus anciennes générations mais aux couts raisonnables, la Russie et la Chine ont, eux, su allier le recours technologique pour créer la rupture ou comme coefficient multiplicateur de forces, et les équipements d’anciennes générations modernisés disponibles en grands nombres et aux couts réduits, pour créer la saturation et la supériorité.

Le plan décennal d’armement russe GPV 2027 analysé

L’institue royale des affaires internationales britanniques, Chatham House, a publié une analyse concernant la GPV 2027, la loi planifiant les acquisitions d’équipements de défense russe sur une période de 10 ans. Il faut rappeler que, selon cette loi, les armées russes vont bénéficier d’un budget moyen annuel de 2 trillions de rouble, soit 30 Md€ au taux de change actuel, soit l’équivalent de l’ensemble des budgets d’équipements des pays européens en 2025.

Ce chiffre peut paraître exagéré, alors que le budget des armées russes en 2018 a été officiellement ramené à 56 Md€, et très largement repris par la presse russe pour justifier l’absence d’attitude menaçante de la Russie. Et pourtant, ce même ministère russe a annoncé cette semaine que le budget 2018 dédié aux achats d’équipements était en 2018 de 1,5 Tr rb, soit 22 Md€, de quoi remettre en doute la sincérité du budget global annoncé, puisqu’il ne resterait que 34 Md€ pour payer les soldes, les pensions, les infrastructures, les entrainements et le maintien en condition opérationnel de l’ensemble de son armée.

Il faut rappeler également que les forces russes prévoient de recevoir cette année, pas moins de 45 avions de combat de tout type (Su30/34/35 et Mig35), 60 hélicoptères, 180 chars de combat modernes (T72B3M/80BVM/90M), 6 frégates et corvettes et 3 sous-marins, pour ne traiter que des exemples les plus flagrants. Et c’est effectivement plus que l’ensemble des équipements que recevront tous les membres de l’OTAN hors Etats-Unis. 

Quelle est la stratégie navale chinoise aujourd’hui ?

La force navale chinoise en construction suscite de nombreuses interrogations et de nombreuses craintes aujourd’hui. Et pour cause !

Pour la première fois depuis l’effondrement de l’Union Soviétique il y a 30 ans, la suprématie navale américaine pourrait être contestée, et ce dans des zones stratégiques, menaçant les intérêts des Etats-Unis et certains de ses alliés les plus importants, comme le Japon, la Corée du Sud, Taiwan et même l’Australie.

Composée de 3 flottes (Nord, Est et Sud), chacune disposant de capacités d’intervention et de projection de force, la Marine Chinoise prévoit officiellement de construire 6 porte-avions, 2 par flotte, 3 porte-hélicoptères (1 par flotte) et 6 navires d’assaut (2 par flotte), lui procurant une capacité navale majeure sur l’ensemble de la zone Pacifique occidental. Appuyée par un réseau de bases navales et aériennes, perlant toute la zone, la marine Chinoise pourra tenir tête à l’US Navy, même si celle-ci consacrait la moitié de ses moyens à cette seule zone.

Toutefois, même si le discourt officiel chinois ne cesse de répéter que son but n’est pas de contrer « globalement » la puissance américaine, l’outil industriel conçu pour la marine chinoise n’a pas été dimensionné pour une flotte limitée à 6 porte-avions et 3 LHD, mais pour une flotte au moins deux fois plus importante. En effet, ces objectifs affichés comme « absolus » par les autorités chinoises seront atteint en 2030/2035, alors que les ¾ des navires chinois auront moins de 20 ans. Il est donc très peu probable que, soudainement, les autorités chinoises réduisent par 2 ou 3 leur production navale, alors que la majorité des outils industriels auront à peine 15 ou 20 ans, et seront loin d’avoir été amortis. 

Si l’on se base sur une durée de vie de 30 ans des navires chinois, et une production constante de son industrie, la Chine viserait une force de 12 porte-avions, d’une vingtaine de navire d’assaut, et d’une centaine de croiseurs et destroyers. C’est précisément le format de l’US Navy à horizon 2030.

L’US Air Force doit renouer avec son passé en matière de méthodologie de l’innovation

Les annonces dans les forces armées américaines se succèdent, et se ressemblent. Après l’US Army et l’US Navy qui ont annoncé vouloir mettre en œuvre des politiques d’équipements plus encadrées, et plus opérationnelles, c’est au tour de l’US Air Force, la championne des programmes pharaoniques, de faire des annonces pour traiter ce qui apparaît de plus en plus comme un décrochage technologique des Etats-Unisface à la Russie et la Chine.

Ainsi, après n’avoir parlé que de furtivité pendant prés de 20 ans, l’Air Force aujourd’hui ne semble plus s’intéresser qu’aux armes hypersoniques, consciente du retard pris par les Etats-Unis (et pas qu’eux) dans ce domaine. 

Alors que plusieurs pays s’interrogent sur leur participation au programme F-35 en raison de ses couts trop importants de maintenance, l’US Air Force semble, elle, garder le cap de son avion fétiche, et annonce plusieurs programmes visant à combler certaines défaillances de l’appareil, notamment sa dépendance aux réseaux et échanges de données, sachant que chinois comme russes, ont développé des solutions de brouillage particulièrement performantes.

Mais surtout, l’Air Force appelle au retour de programmes basés sur des prototypes, avec des gains technologiques plus limités, et donc une gestion du risque mieux maitrisé. En d’autres termes, il s’agit du retour des programmes X- qui permirent aux Etats-Unis de s’imposer sur le plan technologique. 

C’est également, si l’on regarde en détail, un aveux d’échec pour ce qui concerne les programmes « de ruptures », comme le F-22 et le F-35, des appareils conçus pour des gains technologiques trop ambitieux, engendrant délais supplémentaires et explosion des couts, comme c’est le cas du F-35, qui devait initialement être un avion à 50 m$ et des couts de maintenance comparables à ceux du F-16.

A noter que cette stratégie n’est pas éloignée de celle réclamée par le GIFAS, basée sur la conception de démonstrateurs permettant l’étude et la fiabilisation des technologies qui seront par la suite intégrées dans les avions de combat de nouvelle génération.

Les incertitudes de la LPM (en partie) mises en avant par le Sénat

Dans le cadre du vote de la LPM 2019-2025 par le parlement, le sénat a émis plusieurs réservesportant principalement sur sa faisabilité et son équilibrage. Sans surprise, le sénat étant à majorité « LR », la sincérité de la loi de programmation militaire a été questionnée, notamment sur les points douteux, comme le report de l’effort sur les deux dernières années de cette LPM, hors mandat présidentiel.

La révision de la LPM en 2021 a également été un sujet d’inquiétude, avec la crainte que les objectifs soient révisés à la baisse si la croissance n’est pas au niveau des prévisions gouvernementales.  Enfin, les limites de l’effort de modernisation ont été pointées, notamment en matière de blindés et d’hélicoptères.

Réserves prises, le sénat a voté la LPM 2019-2025.

Le ressenti vis-à-vis de la LPM à venir est très variable selon que l’on prenne un biais économique, politique, industriel ou opérationnel, ce qui explique les réactions très disparates à son encontre.

Si la LPM marque une rupture avec 20 ans de baisses de crédits, son articulation prête effectivement à inquiétude, notamment dans sa progression déséquilibrée. Mais ce qui est souvent ignoré, volontairement ou non, dans les avis portés, est que LPM est une LPM de transition, et que la reconstruction effective des armées n’interviendra qu’à partir de 2026. En effet, à cette date, et dans l’hypothèse ou la LPM soit effectivement respectée, les armées bénéficieront d’un budget global de 50 Md€ chaque année, soit 70% du plus qu’aujourd’hui, dont 12 Md€ seront dédiés aux programmes d’équipement, contre 6 Md€ aujourd’hui. De fait, la capacité réelle de reconstruction des armées ne sera à plein potentiel qu’à la fin de cette LPM, et les programmes annoncés ne font que combler les déficits opérationnels majeurs tout en permettant une montée en puissance progressive des capacités de production de l’industrie de Défense nationale.

De ce point de vue donc, si appliquée, la LPM est parfaitement équilibrée.

En revanche, si l’on se place du point de vue de la menace, la LPM semble bien avoir une guerre de retard. En effet, en conservant le format des armées établi par le LBSDN2013, elle ne traite pas de la montée en puissance de menaces d’états, qu’elles soient russes, chinoises, iraniennes, turcs ou autre.

Ainsi, en limitant le nombre de char de combat à 200, et des pièces d’artillerie autotractée à 130, le nombre d’avions de combat à 225, celui des hélicoptères de combat à 77, et le nombre de frégates à 15, les capacités « haute intensité » françaises sont réduites au minimum, non pas pour être efficace, mais pour conserver les compétences militaires.

Cette situation n’est pas sans rappeler le plan d’armement des armées françaises lancé en 1938, qui prévoyait que les armées auraient atteint leur capacité opérationnelle optimale en 1942. 3 ans trop tard, de toute évidence.

La Chine et la Russie peuvent-elles prendre l’avantage contre les forces aériennes américaines ?

La puissance militaire des Etats-Unis repose en grande partie sur sa capacité à s’assurer de la supériorité aérienne, celle-ci dépendant pour beaucoup de ses avions de détection avancés, comme le E3 Sentry, le E8 JSTAR ou le E2 Hawkeye.

Cette capacité à opérer ces systèmes est aujourd’hui fortement compromise par les progrès des forces russes et chinoises. C’est en tous les cas le constat fait par le Secrétaire à l’Air Force, Heather Wilson, face aux membres du parlement américain.

Selon elle, les forces aériennes des deux pays disposent désormais de la capacité à éliminer ces appareils, même les plus récents comme le E-8C, dés le premier jour d’un affrontement hypothétique.

Cette annonce n’a en fait rien de surprenante pour qui suit de prés les forces militaires russes et chinoises. Ainsi, les Su-35, opérés par les deux forces aériennes, disposent d’une allonge de plus de 1500 km, et peuvent mettre en œuvre le missile R-77M1 qui, équipé d’un statoréacteur, est l’équivalent du Meteor Européen, et est donné pour porter à plus de 175 km. La Chine met également en œuvre ce missile et cet appareil, et dispose également du chasseur furtif J-20, dont tous les analystes s’accordent à dire que sa fonction principale sera d’éliminer les avions de soutiens de l’ennemi, comme les avions de détection et les ravitailleurs. La Chine risque bien de prendre prochainement un avantage décisif dans ce domaine, avec le missile PL-15 an cours de développement, dont la portée atteindrait, selon les sources, de 320 à 400 km. Ce missile est spécialement conçu pour éliminer ces avions de soutien et de détection, il n’est d’ailleurs probablement pas capable d’intercepter un chasseur manœuvrant. 

La perte des moyens de détection aériens avancés nuirait également à la capacité des F-22 et F-35 US à opérer de manière furtive, puisque les appareils devront utiliser leurs puissants radars pour détecter les menaces. En revanche, l’échange et la fusion de données entre les appareils permettra d’utiliser certains F-35/F-22 comme avions de détection, et d’autres comme plate-forme d’attaque, ces derniers restants en mode passif, donc furtifs. 

Quoiqu’il en soit, la supériorité aérienne absolue qui constitua le socle de la stratégie de défense des Etats-Unis et de l’OTAN depuis des décennies, est aujourd’hui compromise, au mieux. Sachant que les forces occidentales terrestres ont toujours été numériquement inférieures aux forces russes ou chinoises, l’hégémonie militaire occidentale semble être très largement contestée aujourd’hui.

Le premier destroyer lourd chinois Type055 entamera bientôt des essais

Le premier destroyer lourd de 13.000 tonnes chinois Type055 a été déplacé sur un quai d’embarquement, indiquant que le navire entamera prochainement ses premiers essais à la mer. Cette classe de navires, relevant d’avantage du croiseur que du destroyer, emporte 124 missiles en silos verticaux, de multiples pièces d’artillerie, met en œuvre deux hélicoptères de la classe 10 tonnes, et dispose d’un radar AESA de dernière génération, faisant d’elle une des plus puissantes classes de navire dans un futur proche, ne cédant qu’aux Kirov russes.

La Chine construit aujourd’hui simultanément 6 destroyers Type055, à différents stades de finition. Le nombre de navires prévus n’est actuellement pas connu, mais il est probable que la classe dépasse les 15 unités, eu égard aux besoins d’escorte croissante de l’APLN, que ce soir vis-à-vis de ses porte-avions, des ses porte-hélicoptères que de ses navires d’assaut.

Le type055 pourrait bien être, également, le premier navire à recevoir un Rail Gun, le canon à propulsion électromagnétique qui peut atteindre une portée de 400 km, et dont la Chine a testé un prototype cet hiver sur un de ses navires.

La technologie du Rail Gun est de nature à entrainer de profonds changements dans les stratégies navales, et par voie de conséquences, dans la construction même des navires de combat. S’il ne remplacera pas les missiles, qui resteront indispensables, il est de nature à compléter ceux-ci, que ce soit contre des cibles navales, terrestres ou aériennes. Contrairement aux missiles, par nature présent en quantité limitée, le Rail Gun dispose d’une capacité de tir très importante, même vis-à-vis de l’artillerie classique, n’ayant plus besoin de stock de poudre. En outre, la vitesse initiale très importante des projectiles du Rail Gun, alliée à sa vitesse de tir, le rende potentiellement efficace contre les armes hypersoniques qui aujourd’hui, semblent parées du titre d’arme absolue.

Enfin, rien n’empêche un navire disposant de la puissance électrique suffisante de mettre en œuvre plusieurs de ces canons, bien que le recul important imposerait des navires de tonnage important. 

De fait, cette technologie, associée au besoin croissant d’emport de missiles, est de nature à réhabiliter les navires de surface combattants de fort tonnage, comme les croiseurs et croiseurs lourds, qui pourraient bien devenir les navires étalons des forces navales, alors que les frégates et corvettes emportant missiles de croisière et de défense anti-aérienne longue portée se démocratisent.