La Turquie veut être la première à developper navire porte-drones de combat

Alors que le porte-aéronefs d’assaut TCG Anadolu va bientôt être transféré à la Marine turque, Ankara semble de plus en convaincu par le concept de navire porte-drones de combat, qui représenterait, selon les officiels turcs, une évolution en cours du porte-aéronefs dans les années et décennies à venir. Pour cela, Ankara travaillerait depuis le lancement de l’Anadolu, sur la conception d’un nouveau navire spécialement conçu à cet effet, et qui sera capable de mettre en oeuvre des drones de combat propulsés par hélice comme le TB2 Bayraktar qui rencontre un réel succès sur la scène internationale depuis plusieurs mois, le futur TB3 équipé d’ailes repliables, précisément pour être mis en oeuvre à bord d’un navire de ce type, et d’autres modèles plus lourds équipés de turboréacteurs.

Selon les déclarations d’ismael Demir, le chef de la Présidence des Industries de Défense, à l’agence de presse Anadolu, les autorités espagnoles auraient montré un intérêt pour ce projet, sachant que le TCG Anadolu a été conçu en coopération avec les bureaux d’étude espagnols de Navantia sur la base du porte-aéronef Juan Carlos I de la Marine Espagnole. En revanche, selon cette même interview, il semble que l’hypothèse d’équiper le TCG Anadolu de drones de combat, comme un moment évoqué par les officiels turcs, s’éloigne désormais, et que le navire, privé des F-35B qu’il devait initialement mettre en oeuvre avant que le Congrès Américain exclue définitivement la Turquie du programme et annule sa commande de 100 appareils à la suite de la mise en fonction des S-400 reçus de Russie, se destine à être cantonné aux fonctions de porte-hélicoptères d’assaut.

tcg anadolu en gec 2022 sonunda hizmete girecek Budgets des armées et effort de Défense | Constructions Navales militaires | Coopération internationale technologique Défense
Le TCG Anadolu va rejoindre la Marine turque en 2022. En revanche, il semble qu’il ne sera équipé que d’hélicoptères, et non de drones comme un moment évoqué par les autorités turques

Il faut toutefois prendre ces déclarations avec prudence. En effet, l’Espagne, comme tous les pays européens, est désormais plus circonspecte quant à l’assistance qu’elle pourrait fournir aux industries de défense turque, depuis la mise ne place de sanctions européennes à la suite de l’opération lancée par Ankara dans le nord de la Turquie en 2019 contre les Kurdes Syriens, alliés des européens contre l’Etat Islamique. En outre, les démonstrations de forces de 2020 en Mer Egée contre Chypre et la Grèce ont laissé de profondes marques dans la coopération entre pays européens et la Turquie. Par ailleurs, à plusieurs reprises, les autorités turques ont annoncé des partenariats et des coopérations alors qu’il ne s’agissait en l’état que de discussions préalables. Ce fut notamment le cas à la suite de la rencontre en V.Poutine et R.T Erdogan a Sochi en octobre 2021, lorsque le président turc annonça des coopérations turco-russes dans le domaine des moteurs d’avion et des sous-marins, ce que le Kremlin a immédiatement démenti.

Surtout, l’économie turque, et donc les recettes fiscales sur lesquelles le gouvernement du pays peut bâtir son effort de défense, est au plus mal. Ainsi, a la suite d’une allocution télévisée du president turc le 15 novembre, allocution durant laquelle R.T Erdogan mettait en cause les européens et l’occident au sujet des difficultés rencontrées par le pays, et promettait des réponses fermes de son gouvernement, la Livre turc a chuté de prés de 20% sur les places financières, passant de 88 euros pour 1000 livres à moins de 72 en 5 jours. Au total, la monnaie du pays a dévalué plus de 40% de sa valeur en une année face à l’euro, et de presque 75% de sa valeur en 5 ans. De même, après une croissance fulgurante entre 1995 et 2012, en passant de 130 Md$ à 950 Md$, le PIB turc s’est également effondré entre 2013 et aujourd’hui, revenant à 720 Md$ en 2020, soit son niveau de 2008, et les perspective à venir ne sont guère favorables. Dans ces conditions, les ambitions turques en matière de d’investissement de défense pourraient bien être révisées à la baisse.

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Après le succès du TB2 Bayraktar, l’industrie des drones de combat turcs a de grandes ambitions, notamment pour le developpement de drones rapides équipés de turboréacteurs.
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1 COMMENTAIRE

  1. […] Pour Selçuk Bayraktar, président de la jeune société, par ailleurs gendre du président R.T Erdogan et surtout diplômé du MIT, il n’était cependant pas question de se satisfaire de ce succès. Alors que le TB2 multipliait les succès opérationnels et commerciaux, l’entreprise développa un nouveau drone de combat, plus lourd et bimoteur, l’Akinci, un appareil 6 fois plus lourd que le TB2 avec une masse à vide de 4500 kg, une capacité d’emport de 1.500 kg et une autonomie de 24 heures, capable de jouer dans la même court que le célèbre MQ-9 Reaper américain qui reste, à ce jour, le drone MALE le plus employé au sein des forces armées occidentales. La jeune entreprise fut également appelée à la rescousse par le pouvoir turc pour trouver une alternative à l’éviction d’Ankara du programme F-35, et en particulier pour remplacer les F-35B qui devaient armer le flambant neuf porte-aéronef Anadolu et son sister-ship à venir. De toute évidence, les ingénieurs turcs n’ont guère perdu de temps pour répondre aux besoins du beau-père de leur dirigeant. En effet, à l’occasion du Teknofest Black Sea, Baykar a présenté le drone de combat furtif Kizilelma (en illustration principale), un appareil autonome turbopropulsé destiné à opérer à partir des porte-aéronefs de la marine turque. […]

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